Sous la loupiote de Janvier 2023

Janvier diffuse une lueur précieuse et blanchâtre qui invite à nous rouler en boule sous la couette bien chaude avec un bon livre. J’ouvre ce bilan mensuel pour présenter mes lectures du mois. Vous verrez en avant-première les petites étoiles qui ont éclairés mon chemin dans l’aventure imaginaire ainsi que les bouquins qui ne feront pas l’objet d’une chronique.

Les romans :

J’ai lu trois services presse. Le second opus de Revival d’A.D. Martel m’a accompagné lors du passage de l’an. Les températures glaciales et le retour de la maudite neige m’ont donnés l’envie de rejoindre la Russie de C.C. Mahon avec Le secret du Tsar. Enfin, désirant diversifier mes lectures, je suis retournée vers le polar en découvrant la plume de ma compatriote Ziska Larouge avec L’affaire Octavia Effe que j’ai dévoré.

Après un an sans avoir touché un livre en anglais, j’ai sorti de ma PAL le deuxième tome de The Invisible Library. J’ai mis deux semaines à terminer, The Masked City, pour deux raisons. La première concerne le manque de temps, car j’ai suivi des stages d’écriture en soirée. La seconde est inhérente au récit. Je vous expliquerai cela dans ma chronique.

Zoé prend la plume m’a fait sortir de ma PAL La rumeur des racines de Julie David, suite à son commentaire sur mon bilan du Pumpkin Autumn Challenge. Une plongée dans la forêt japonaise et son folklore si captivant.

Non-fiction :

L’un des stages dont j’ai parlés plus haut était consacré à la fantasy. Étant bonne élève, j’ai suivi le conseil d’approfondir ses connaissances en lisant des mythes fondateurs. J’ai emprunté sur Lirtuel Les naissances du monde – Mythologies chinoise, indienne, égyptienne, romaine, et les héros grecs de Jean-Charles Blanc, Claude Helft, Florence Noiville. Si certains écrits furent juste un rafraîchissement de ma mémoire, d’autres mythologies (Chinoise) constituent une découverte. Un passage m’a marqué, car il y a un côté visionnaire dans la conception de l’homme. Une version explique qu’ils seraient né des…puces d’un dieu. Le parallèle avec ce parasite est plutôt judicieux dans notre monde actuel.

Chaque soir, je lis la note descriptive d’une créature dans Le grand livre des esprits de la nature écrit par Richard Ely et magnifiquement illustré par Fréderique Devos.

Qu’avez-vous lu en janvier ? Avez-vous déjà lu l’un de ces livres ? Aimez-vous les mythes et quelles sont vos références favorites ?

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Le trésor du Pink Lady (De rouage et de sang, #2) d’A.D. Martel

  • Titre : Le trésor du Pink Lady (De rouages et de sang, #2)
  • Autrice : A.D. Martel
  • Éditeur : Scrinéo
  • Catégories : jeunesse, steampunk

Je suis fière d’avoir lu peu de mois après sa sortie le second et dernier tome De rouages et de sang. J’ai la sale habitude de commencer des séries en mettant un temps dingue à poursuivre celles qui comptent déjà plusieurs livres parus. J’aimerai beaucoup arrêter de m’éparpiller. Le Pumpkin Autumn Challenge m’a bien aidée en 2022 avec sa sous-catégorie Deux citrouilles en valent mieux qu’une du menu Automne douceur de vivre. Celle-ci demandait de lire soit une duologie soit d’en lire un livre. Vu que j’avais lu Les disparus d’Arkantras au début de l’année, j’ai profité pour le placer la suite dans ma PAL du PAC.

Le roman reprend là où l’histoire s’est terminée dans le premier opus. Comme d’habitude, je vous déconseille de lire cet avis si vous n’avez pas lu le précédent tome.

Rowena, M. Gratouille et Œil de Pirates ont réussi à s’échapper sur un navire pour quitter la milice d’Arkantras. Mais leur répit est bref, car il sont encerclé par leurs aéronefs. Les chances de fuir une seconde fois semblent minces quand des pirates surgissent ! Le trio, rejoint par Eugène, se retrouve ainsi sur le Pink Lady pour le pire comme le meilleur. Côtoyer cet équipage particulier pourrait bien s’avérer salutaire et ouvrir leur horizon de bien des manières.

Le trésor du Pink Lady nous fait entrer dans le monde de la piraterie où l’avidité règne. Sauf que les apparences sont parfois trompeuses. Butcher est autoritaire et fière. Elle dirige ses hommes d’une main de velours dans un gant de fer comme le prouvent à maintes reprises le respect et la crainte de Seth et de Carl. Nos deux compères ont un côté bêta, surtout quand ils veulent montrer leur méchanceté alors que ce sont des cœurs tendres. C’est ce qui sauve dans un premier temps Rowena au moment de l’abordage du vaisseau. Car oui, le but des pirates n’était pas de secourir les pauvres d’Arkantras, mais de piller le bateau et d’emprisonner les passagers. Ému par la présence de cette adolescente, Seth l’enferme dans une cabine à part. L’aplomb et la détermination de notre héroïne la pousseront à affronter l’impitoyable Capitaine Butcher en lui proposant son aide pour réparer le Pink Lady grâce à ses talents de mécanicienne. Cela lui donnera également du temps pour retrouver Gratt et Œil-de-Pirate.

En intégrant l’équipage du navire, Rowena va faire montre de courage pour défendre les gens qu’elle aime, même à son amie défunte. Habituée aux rues d’Arkantras, elle conquiert rapidement le cœur des deux matelots et du cuisinier. Hercule est un géant aux difficultés d’élocution. Sa bonté est vraiment touchante et possède la force de faire flancher Butcher lorsqu’elle dépasse les bornes.

À côté de ces êtres ambivalents qui revêtent, pour la plupart, une attitude de méchant pirate pour la forme, nos amis évoluent. Rowena va découvrir la puissance des liens familiaux, ceux qui ne découlent pas du sang. Eugène va faire un bon gigantesque en avant. Au départ, il a une soif de justice et souhaite à tout prix réaliser le vœu de Beatrice : aider les plus pauvres. Il commence avec Rowena. Toutefois, il se rend compte que la gamine est bien plus mature que lui. Il finit par comprendre qu’elle est comme un poisson dans l’eau. Elle a appris à survivre alors que lui s’y noie. L’éducation du journaliste et la réalité de ses sentiments se heurtent. Cependant, il entrevoit, puis acquiert les principes de vie qui lui apporteront le bonheur : profiter du moment présent, savoir apprécier les petites joies, s’affranchir du regard d’autrui, vivre comme on l’entend sans craindre ce que les autres diront. Eugène est sans doute le personnage qui évolue le plus. Rowena affirme une personnalité déjà exposée dans le premier tome, tandis que lui change de niveau. Quant à Œil-de-Pirate, il ose enfin se confronter à son passé. Il accepte ses faiblesses et sa lâcheté pour agir dans le bon sens grâce à son amour pour Rowena et à la franchise de Butcher qui se bat de toutes ses forces pour protéger ses trésors !

Un trésor bien énigmatique au départ qui se révèle original quand on le découvre. C’est une richesse à préserver, une richesse qui apporte de l’espoir sous les nuages qui dissimulent la beauté des étoiles.

Les aventures de Rowena sont relatées avec une plume dynamique et fluide. Les scènes sont dépeintes avec une efficacité redoutable pour sculpter les ambiances et jouer avec nos émotions. Il y a un épisode en particulier qui m’a fait craindre le pire. Je me résonnai au moment de lire les phrases menant vers la résolution : « C’est un jeunesse, elle ne peut PAS faire ça ».

En bref, Le trésor du Pink Lady est une aventure mêlant piraterie et tendresse avec brio. En prenant de l’altitude, nos héros découvrent l’immensité de la planète et du cœur humain. L’espoir d’une vie meilleure flotte comme étendard et rassemble ces êtres si différents en une famille unie qui veulent protéger leur monde. Une histoire pleine de rebondissements dans laquelle la cruauté est sabordée par l’amour et l’union.

Sur l’écorchure de tes mots de Pascaline Nolot

  • Titre : Sur l’écorchure de tes mots
  • Autrice : Pascaline Nolot
  • Éditeur : Éditions du Chat noir
  • Catégorie : young adult

Après l’excellent Rouge et même si je lis moins de young adult ou la magie est absente, je n’ai pas hésité à me procurer Sur l’écorchure de tes mots sur le site des Éditions du Chat noir au moment de soldes.

Il y a six ans, un drame déchire la famille Castel. Défigurée à vie, Emma vit recluse avec sa mère. Son traumatisme l’empêche de sortir. Le regard des autres sur sa face monstrueuse la paralyse. Pourtant, elle ose se rendre à l’enterrement de celui qui l’a sauvée lors de l’accident. Le destin la pousse à revoir son frère, Sid. Une rencontre fugace, sans mots, qui marque un nouveau départ pour eux.

Dès les premières lignes, le mal-être d’Emma m’a serré le cœur. En quelques minutes, le contexte est brossé avec brio. On a envie de connaître ce qu’il s’est passé et comment elle va évoluer après avoir croisé son frère. Cette histoire de seconde chance est rondement menée. L’autrice dépeint des comportements qui paraissent de prime abord, ordinaires, mais qui cachent des problèmes plus profonds qui sont à la source de la rupture familiale. Je n’ai pas envie de divulguer le thème qui se dissimule derrière eux, car je préfère que vous viviez cette révélation étonnante comme je l’ai vécue. Je pense que ne pas s’y attendre permet également de mieux sensibiliser au sujet les lecteur.rices. Après que ceux-ci se soient attachés aux personnages.

Rompre avec le passé n’est pas chose aisée, surtout quand celui-ci est marqué sur son visage au fer rouge. Cependant, Emma en a marre de la situation. Elle en a marre d’espérer un changement de la part de Sid qui la fuit depuis l’accident. De ce fait, elle décide de couper définitivement les ponts par une lettre d’adieu dont il ne tient pas compte. Loin de les éloigner, cela va les rapprocher, grâce aussi par l’intermédiaire d’un ange : Maïsane.

Il s’agit de la meilleure amie d’Emma, qui va surprendre Sid dans une position douteuse. Cette fille est lumineuse, positive et ne se fie pas aux apparences. Au début, j’avais un peu peur que son rôle se limite à une amourette avec Sid qui servirait à un rapprochement avec sa sœur. Si elle est bien une intermédiaire, mes appréhensions ont vite été levées par ses mots percutants qui filent tel un flèche, droit au cœur. Son honnêteté et sa franchise en font presque un être irréel, surtout qu’elle semble dépourvue de défauts. Cette absence de noirceur m’a, toutefois, fait un bien fou. Probablement en raison de la négativité qui émane d’Emma et de Sid.

Emma s’enfonce dans sa grotte dont les murs sont tapissés de livres. Déjà petite, elle les dévorait par bibliothèque entière. Elle adorait en particulier le théâtre dont elle déclamait les proses. Elle espérait fouler les planches en récitant ses actes préférés. Un rêve partit en fumée en même temps que son visage. La jeune femme n’en a pas délaissé l’amour de la littérature pour autant. Elle a un blog Les mots écorchés, sur lequel elle partage les extraits qui entrent en résonance avec ses émotions, et ses propres écrits. Ce site est sa fenêtre ouverte sur le monde, son échappatoire qui lui donne l’impression de vivre en dépit des haters et des pervers. Les références bibliographiques parsèment le roman de manière judicieuse.

Il est amusant de noter que les mots écorchés sont aussi l’apanage de Sid. Lui, ne s’épanche pas sur le Net. Il n’a d’ailleurs aucun compte sur les réseaux sociaux qu’il fuit pour rester libre. Une belle illusion, car la réalité est tout autre. Le garçon peine à exprimer ses véritables sentiments. Dès qu’il souhaite partager une émotion sincère, celle-ci se bloque dans sa gorge, se distord et sort par sa bouche avec dédain ou rigolade. L’esbroufe lui confère un côté rebelle et l’attitude d’un adolescent immature et impertinent qui se fout de l’école et du monde du travail. Pourtant, il souffre de cette situation. De son incapacité à s’exprimer, à soulager les épaules de son père qu’il voit se courber sous les menaces patronales qui l’obligent à appliquer des décisions qui vont à l’encontre de ses valeurs. Il souffre de sa faiblesse face à la catastrophe, alors qu’il n’avait que 11 ans à l’époque !

En bref, Sur l’écorchure de tes mots est un livre d’espoir, de rédemption et d’amour qui prouve que rien n’est définitif. Un mot, un regard, une main tendue peut libérer la parole, la rendre droite, douce et guérisseuse. Emma et Sid trouvent tous deux le chemin de bonheur qu’ils vont parcourir ensemble pour balayer à jamais la honte qui pèse sur leur cœur.

Faites vos jeux de Julia Richard

  • Titre : Faites vos jeux
  • Autrice : Julia Richard
  • Éditeur : Éditions du Héron d’Argent
  • Catégorie : Thriller

J’ai exhumé Faites vos jeux de ma pal pendant l’automne, où il attendait depuis la Foire du livre de Bruxelles de 2019. Il s’agit de ma première lecture de la ME le Héron d’Argent.

Huit personnes se réveillent autour d’une table. Attachées à une chaise, les yeux bandés, elles apprennent le destin funeste qui les attend. Elles sont enfermées dans une maison close. Seul deux d’entre elles pourront sortir. Parmi elles, un loup détient une partie du code. Le pire ? Elles ont toutes un détonateur inséré dans le cœur. Une télécommande qui confère aussi un pouvoir précis qu’elles devront découvrir grâce aux boîtes qui ne s’ouvrent qu’à certaines conditions.

Ce roman reprend les bases de tout huis clos appelant au meurtre pour survivre. Pourtant, il s’en détache par les comportements des personnages. Contrairement à d’habitude, je ne vais pas m’attarder sur les psychologies et l’évolution de ceux-ci en raison de la construction de la narration qui est multiple. Ce thriller est partagé en huit sections, sous-divisées en chapitre. Une partie égale un joueur. Ce choix nous fait découvrir les pensées intimes du narrateur et le portrait qu’il dresse de ces malheureux colocataires. Si les identités sont variées, nous n’avons pas de réel psychopathe qui profiterait de ce moment pour libérer ses envies de meurtre. Il y a juste une femme psychologiquement instable, mais qui n’est une menace que pour elle-même.

Le contexte du huis clos démarre donc sur des personnes relativement « normales ». L’intérêt repose sur l’évolution des relations de ces inconnus qui sont amenés dès le début à douter à cause de la présence d’un loup. Ce doute qui ronge les cerveaux les plus doués et affûtés. Ce doute qui est alimenté par les morts inattendues. Ce doute qui crée un effet de meute, car ce qui est le plus évident pour des êtres normalement constitués de notre société est de refuser de tuer. Des stratégies de groupe sont mises en place. Pourtant, la pression va amener des actes communs sordides, des comportements anormaux que les survivants vont devoir supporter sur leur conscience. Pression accentuée par la connaissance ou non de son pouvoir ou celui des autres.

La tension augmente lorsque les mémoires et les langues se délient. Des liens entre les personnages sont dévoilés. Cependant, il y a plus intrigant : c’est le lien entre certains prisonniers et la maison. Tous ces éléments alimentent les discussions et les théories sur l’identité du loup.

En bref, Faites vos jeux est une expérience sociale glauque qui présente des comportements interpellant de la part de personnes sans déviances psychologiques. La partie se déroule étrangement pour un jeu de la mort. Ne vous attendez pas à un jeu subtil de manipulations à la Liar Game ou une boucherie comme Battle Royal. Si le suspense ne m’a pas captivé, j’ai apprécié découvrir l’évolution psychologique et les tournures dramatiques et dérangeantes des situations créées par ces humains.

Le Père Noël a perdu sa barbe de S.A. William

  • Titre : Le Père Noël a perdu sa barbe
  • Autrice : S.A. William
  • Éditeur : Livr’S Éditions
  • Catégorie : jeunesse

Après avoir lu la magnifique histoire La loutre et le prince, j’ai eu envie de me plonger dans un autre récit de S.A. William. J’ai profité du Salon du Livre de Wallonie à Mons pour me procurer Le Père Noël a perdu sa barbe et l’ai sorti de ma PAL pour Noël.

Sophie adore faire des bêtises. Cependant, elle craint le jugement du Père Noël. Elle ne veut absolument pas finir sur la liste des enfants méchants. Chaque année, elle laisse ses mauvais coups au placard et se comporte en petite fille modèle dès le 1er décembre. Un jour, elle se promène dans les champs lorsqu’elle aperçoit le Père Noël ! Le vrai ! Elle l’interpelle, mais celui-ci s’enfuit en oubliant sa barbe. Avec l’aide de son chien Filou et de ses amies souris, Sophie est bien décidée à sauver la célébration en la lui rapportant.

Ce court texte accompagné des magnifiques illustrations de Lycoris, est une lecture parfaite à lire au coin du feu avec votre enfant. La positivité de Sophie et sa détermination sont touchantes, tout autant que le vœu qu’elle a écrit dans sa lettre au Père Noël. Ne vous attendez pas à trouver d’ombres, de méchants sanguinaires ou d’antagonistes à anéantir qui empêcherait Sophie d’atteindre son but. Il n’y en a pas. On est sur une histoire toute douce, emplie de magie et de rêves. Cette simplicité qui témoigne de la volonté d’une petite fille fait du bien. Un parfait récit cocooning à lire au coin du feu avec un chocolat chaud !

Tout ira bien d’Elena Tenace

  • Titre : Tout ira bien
  • Auteur : Elena Tenace
  • Éditeur : Liv’S Éditions
  • Catégories : young adult, fantastique  

La thématique et la beauté déchirante de la couverture (confection d’Alexandra Gille) de Tout ira bien m’ont de suite attirées lorsque Livr’S Éditions l’a proposé en précommande.

Le harcèlement scolaire apparaît quelques fois dans mes lectures (par exemple : Éliott et la bibliothèque fabuleuse de Pascaline Nolot). Toutefois, je lis peu de romans centrés exclusivement sur ce fléau. Ce n’est pas un désintérêt de ma part, c’est juste que je n’ai pas forcément envie de côtoyer cette réalité terrifiante dans les livres. Le harcèlement dans le milieu scolaire (et même professionnel) est bien trop présent et répandu dans notre société.

Je sais, cependant, que ce type de récit est nécessaire (voire essentiel), car il peut être une révélation, une bouée de secours, un moyen pour les victimes de comprendre qu’elles ne sont pas en tort. Elles n’ont rien fait de mal et qu’elles ont le droit de demander de l’aide. De la même manière, il peut contribuer à faire bouger les témoins (les professeurs comme les proches, souvent démunis face à ce crime). D’ailleurs, cher.ère.s enseignant.es, vous pouvez contacter Livr’S Éditions pour vous procurer un dossier pédagogique sur le sujet.

J’ai lu Tout ira bien dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge.

Emma se réveille dans une chambre d’hôpital. Elle a oublié les raisons qui l’y ont amenée. Très vite, elle se rend compte qu’elle est devenue un spectre dont le corps est plongé dans le coma. Chaque fois, qu’elle touche une personne ou un objet qu’elle a connu, elle voit des morceaux de son passé. Lors de sa quête de la vérité, elle rencontre Pablo, l’esprit d’un rhétoricien décédé qui va la guidez et égayer son entre-deux monde grâce à son cynisme et sa douceur.

L’enquête retrace la vie d’Emma en choisissant son arrivée à l’Institut Saint-Joseph comme point de départ. C’est le mot idéal, car il s’agit d’une nouvelle école, pour une nouvelle vie. Toutefois, elle rencontre des difficultés à s’intégrer à cause de sa timidité. Seule Fanny, sa meilleure amie, tentera de la protéger des agressions orales, psychologiques et physiques qu’elle subit.

Nous suivons principalement le point de vue d’Emma entrecoupé par la narration de sa mère qui nous envoi un coup de poing dans la figure tant celle-ci se sent désarmée par la situation de sa fille, qu’elle souhaite aider du plus profond de son cœur. Elle culpabilise à mort. Elle cherche les mots, l’absence de mots, les actes manqués qui ont conduit à cette tragédie. Qu’a-t-elle fait de travers pour en arriver là ? Elle représente les victimes collatérales du harcèlement qui n’ont pourtant rien à se reprocher, surtout s’iels ont été à l’écoute. C’est déchirant, bouleversant de voir l’impuissance des proches qui gardent toujours cette note d’espoir qui leur susurre à l’oreille : Tout ira bien.

Ce roman ne nous expose pas seulement les événements horribles, il nous montre la force de cette élève brimée. Elle poursuit sa quête malgré le fait qu’elle vive une seconde fois cette violence. Il représente également les œillères immenses que des profs et l’école portent pour se dédouaner de leur immobilisme, en évitant d’évoquer celle dont la chaise est vide dans la classe. Il faut dire que cela fait tache pour l’image de l’institution et qu’il vaut mieux enterrer ça le plus vite possible tout en laissant les coupables vivres en toute liberté. Cette réalité révoltante est tellement véridique.

De nombreux harceleurs restent victorieux et insouciants. Ils ne sont ni blâmés ni emprisonnés. À peine punis. C’est toujours la victime qui paie et il est temps que cela cesse.

Bien que cette part d’ombre, cette réalité crue est présente dans Tout ira bien, le récit se veut positif. Il lance, non pas un appel, mais une main tendue vers les trop nombreuses Emma de par le monde.

En bref, Tout ira bien est un court texte percutant, à la fois doux et puissant. Il traite du harcèlement scolaire en nous faisant vivre et analyser le passé d’Emma de manière intelligente. Sortez les mouchoirs si vous le lisez, mais surtout sortez les mains de vos poches pour aider ceux qui en ont besoin. Une oreille attentive et sans jugement peut sauver des vies innocentes.

Bad Karma (Bayou détective, #1) de C. C. Mahon

  • Titre : Bad Karma (Bayou détective, #1)
  • Autrice : C. C. Mahon
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégorie : policier, fantastique

Ayant reçu le premier tome de la série Bayou détective de C. C. Mahon dans le cadre du partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire, je l’ai sélectionné dans ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge dans le Menu Automne Frissonnant. L’histoire se passe en Louisiane, riche en fantômes et démons, elle était parfaite pour la catégorie Ghost Hunt.

Noter que Bayou détective se déroule après la trilogie Bayou Fantasy que je n’ai pas lue. Je n’ai pas été gênée lors de ma lecture, car l’autrice insère certains éléments du passé des deux détectives privés. Ça pourrait s’apparenter au divulgâchage. Toutefois, j’ai tellement apprécié les personnages que ça m’a donné envie de me plonger dans le récit de leur rencontre.  

Prudence et Moore se rendent à Beau Séjour pour enquêter sur un mystérieux fantôme qui balance des objets à la tête des touristes. Juju, imminent sorcier et ami, leur a seulement demandé de vérifier la véracité des faits et la présence réelle d’un spectre à exorciser. Cependant, le professionnalisme de Moore le pousse à découvrir l’identité et le meurtrier du poltergeist au grand dam de sa collègue qui redoute son expérience passée avec le monde surnaturel. Leur investigation va déterrer plus d’un secret terrifiant et scandalisant.

L’univers de Bad Karma se déroule au cœur de La Louisiane historique avec ses plantations de cannes à sucre dirigées par les maîtres blancs qui exploitent les esclaves noirs. De nos jours, Beau Séjour est devenu un lieu touristique qui privilégie la suprématie des maîtres à la réalité des opprimés. La majestueuse demeure est mise en avant alors que le quartier des esclaves est soigneusement dissimulé sous la végétation. Enfin, c’était la gestion de l’ancien directeur : Auguste Gauthier. Sa remplaçante, Grace Morgan, a une tout autre vision. L’application de ses décisions semble coïncider avec le début des événements mystérieux.

« Ce n’est pas parce que le passé est désagréable qu’il faut le glisser sous le tapis. »

Le récit oscille entre sphère humaine et fantastique. À un moment, on se demande si l’origine des maux prend sa source dans la première, l’instant d’après, on croit que la vérité se trouve dans la seconde. J’ai adoré la façon dont l’autrice tisse la toile de cette intrigue. Même si les thèmes (racisme, esclavagisme) et la trame de fond ont déjà été exploités par pléthore d’écrivain.es, sa manière de tricoter l’histoire m’a entraînée dès les premières pages. D’autant plus que ses protagonistes sont attachants.

Prudence a abandonné ses études. Les épreuves qu’elle a endurées ont baissé l’estime en ses capacités. Elle se sent plus fragile qu’elle ne l’est. C’est pourquoi Juju lui a fabriqué un bracelet protecteur. Au fil de l’enquête, elle va apprendre les ficelles du métier de détective. Les bons, comme les mauvais côtés. Son empathie rend l’exercice du rôle d’actrice difficile. Elle n’aime pas interroger les personnes ébranlées par la disparition de leur proche ni mentir pour obtenir des informations sans éveiller la méfiance. À travers ce personnage, C. C. Mahon exploite la complexité et la noirceur de l’âme humaine par la question : doit-on rendre justice à un criminel qui a été assassiné ?

Moore est un ancien policier originaire de New York. Né pour investiguer, il se reconvertit en détective privé et entraîne son amie pour l’aider à reconstruire une confiance en elle. Il croit en ses aptitudes et est déterminé à lui prouver. Prudence le nomme le chevalier servant, car il a une nette tendance à protéger la veuve et l’orphelin et à courir délivrer la princesse en détresse. Derrière sa droiture se cache un homme qui n’hésite pas à tirer profit de son côté beau gosse pour charmer les suspect.es et leur extorquer les indices.

J’aime leur duo. Leur amitié est palpable dans leurs gestes, leurs paroles et leurs disputes. Ils se taquinent en jouant sur leur différence du Nord et du Sud. Cette touche d’humour donne une légèreté au roman dont le style fluide élabore une atmosphère tantôt énigmatique tantôt terrifiante.

En bref, j’ai dévoré Bad Karma. Si le décor des plantations ne lui confère pas un cachet original, la construction de l’intrigue et son duo attachant ont verrouillé mon âme, à coup de signes Hoodoo, dans le monde élaboré par C. C. Mahon. Les tomes suivants et la série précédente sont d’or et déjà inscrits à ma wishlist.   

Je vais choper mon boss (#2) d’A.D. Martel

  • Titre : Je vais choper mon boss (#2)
  • Autrice : AD Martel
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : comédie romantique

Après avoir dévoré le premier tome des aventures sentimentales d’Alexis, j’ai sauté rapidement sur le second livre qui clôt avec surprise, humour et brio cette romance.

Comme d’habitude, je vous conseille de vous plonger dans cet avis lorsque vous aurez lu le précédent tome. Ce serait malheureux de vous gâcher les éléments croquants de cette délicieuse comédie.

Alexis se réveille dans l’appartement de David Langlois avec une gueule de bois carabinée. Comment est-il arrivé chez lui ? Et pourquoi est-il tout nu sur son canapé alors qu’un gamin, Henry, mange son bol de céréales en compagnie de sa licorne ? Notre garde du corps n’est pas au bout de ses surprises lorsqu’il rencontre Lise, une adolescente malmenée par sa mère, et qu’il retrouve Nadège, la voisine de palier de son collègue !

La fin de la première partie nous avait laissés avec une tonne de questions : comment Alexis va-t-il réintégrer son poste après son erreur à New York ? S.J. pardonnera-t-il son comportement envers Andrew ? Risque-t-il de se faire émasculer par Christine ? En parallèle des interrogations personnellement liée au petit cœur d’Alexis, la menace pesant sur le boss d’Électronic Dreams ressurgit sous la forme de la berline noire qui rôde dans le quartier de David.

Déboussolé et perdu, Alexis accepte la proposition du premier de la classe et reste loger chez lui malgré l’exigüité des lieux. En remerciement, il s’investit dans la cuisine et endosse le rôle de garde du corps à son insu. Entrer dans l’intimité de David va bousculer les idées préconçues qu’Alexis portait dans le premier tome. A.D. Martel déconstruit avec habilité les apparences. Elle montre ce que la chemise à carreaux parfaitement repassée de David dissimule.

Nous vivons dans une société de tabous et de faux-semblants. Les humains revêtent des masques pour cacher leurs sentiments et leur authenticité. Ils font de leur mieux en dépit des émotions négatives et de la dure réalité qu’ils subissent. Ils affichent un sourire dans les moments où ils aimeraient pleurer toutes les larmes de leur corps.

David entre dans cette catégorie d’homme qui donne le meilleur de soi-même malgré les difficultés qui pèsent sur ses épaules. Son extrême gentillesse résulte de ses efforts et des épreuves du passé. Il est prévenant et possède une qualité que peut de personnes ont : l’altruisme. Quand il offre son toit, qu’il tend la main, il ne demande rien en retour. Il est prévenant sans être invasif, ce qui déroute un Alexis aux nombreux secrets. Pourtant, David n’est pas aussi pur que les premières interactions le laissent entendre. La lumière ne peut vivre sans obscurité. Progressivement le masque de bonté se fissure. Cela commence par le cynisme pour dissimuler les blessures, juste avant d’éclater pour laisser déborder la noirceur. Une ombre triste qui m’a juste donné l’envie de surgir dans le roman pour réconforter notre pauvre David.

Dans le premier tome de Je vais choper mon boss, David m’avait déjà tapé dans l’œil alors qu’il s’agissait d’un personnage secondaire (voire tertiaire ?). Je ne sais pas si c’est l’atypisme de ce genre de personnage dans la comédie romantique qui m’a touchée où si les compétences en écriture de l’autrice ont un tel niveau d’expertise dans la manipulation qu’elle a réussi à tisser, l’air de rien, son filet pour que David capture mon cœur. Vous l’aurez compris, plus je lisais et entrais, comme Alexis, dans le monde de son collègue, plus j’adorais ce protagoniste.

Les nouveaux personnages ne sont pas en reste dans cette aventure. La mignonne attitude d’Henry m’a fait sourire à plusieurs reprises. Ce petit bonhomme muet en raison de ce qu’il a vécu et possède, comme son père, une vraie force (surtout avec sa copine Licorne). Sans mot, il arrive à véhiculer ses sentiments avec puissance.

Lise est un vrai ouragan. De primes abords, on pourrait croire qu’il s’agit juste d’une adolescente rebelle qui a de mauvaises relations avec une mère tout aussi perdue que sa fille. Cependant, les apparences sont tout aussi trompeuses pour elle que pour David. Derrière le mur d’enceinte qu’elle a construit, se cache un oiseau blessé par la vie. Ses querelles avec Alexis, en plus d’être divertissantes, témoignent de l’insécurité que la présence de l’homme engendre chez elle. Elle considère David comme un père et la venue d’un autre chaton éclopé de la vie dans la famille l’effraie au plus haut point.

Enfin, nous retrouvons l’adorable grand-mère du chapitre un : Nadège. On apprend pourquoi elle ne pouvait plus venir au café. Elle secoue et soutient Alexis à plusieurs reprises au cours de cette nouvelle aventure. On découvre une mamie pleine d’énergie qui n’a pas sa langue dans sa poche, surtout quand il s’agit de fermer le bec aux préjugés sur les personnes âgées.

À travers ces relations qui se font, se défont et se reconstruisent, A.D. Martel nous parle de liens familiaux, de la force de ceux qui ne découlent pas du sang. Elle nous parle de solidarité, de rédemption. Alexis va comprendre ses erreurs ou plutôt, celles-ci vont lui exploser en pleine face avec une telle puissance qu’il lui faudra du temps pour les digérer. Toutefois, il se donnera à fond pour réparer les dégâts qu’il a causés. Il s’investira dans la protection de David et Henry, et même de Lise qui subit des horreurs dans le milieu scolaire.

Et S.J. Park dans tout ça me direz vous ? Il est toujours bien présent dans ce roman et on découvre une autre facette de l’homme. Derrière l’impassibilité de son visage, se dissimule un chat qui aime jouer avec les souris. Et la souris dans ce tome, c’est Alexis bien sûr. Cependant, il ne le malmène pas au point de le faire pleurer, je vous rassure. Il y a une même une volonté de lui faire comprendre les choses tout en se vengeant un peu quand même des émotions que les actes de son garde du corps lui font ressentir.

Je pourrais sans doute encore écrire pas mal de choses sur la deuxième partie de Je vais choper mon boss. La chronique parait plus de deux semaines après ma lecture passionnée qui m’a valu des heures de sommeil en moins. Mon cerveau rencontrait des difficultés pour ordonner les mots et formuler mon opinion sur cette histoire bouleversante, renversante et riche en humanité. Elle m’a émue par la force de ses personnages. Ceux-ci sont construits avec réalisme et authenticité. La manière de les découvrir à travers leurs interactions, leurs silences et leurs actes est juste : wouah (une interjection vaut parfois mieux que des mots pour exprimer son ressenti). Les thèmes de la solidarité et de la solidité des liens hors sang sous-tendent l’ensemble du récit qui a insufflé un malstrom d’émotions allant du rire à la colère en passant par la tristesse et l’amour. Bref, cette duologie entre dans mes lectures favorites.

L’Harmonie (La Dernière Guerre des Dieux, Le conte des Sept Chants, #4) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : L’Harmonie (La Dernière Guerre des Dieux, Le Conte des Sept Chants, #4)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégorie : fantasy

Je remercie chaleureusement Cécile Ama Courtois de m’avoir une fois de plus fait confiance pour lire et chroniquer le tome final de sa saga au double titre. D’abord éditée sous Le Conte des Sept Chants, puis rebaptisé La Dernière Guerre des Dieux suite à une volonté de se rapprocher du type d’histoire, le quatrième opus clôture 14 ans d’écriture, d’élaboration du monde et de personnages. En regardant en arrière, on peut comprendre pourquoi ce récit épique a pris autant de temps tant il est riche et diversifié tout en restant cohérent.

Si vous n’avez pas lu les précédents livres, je vous déconseille de lire ma chronique, car certains éléments seront divulgâchés. Vous êtes prévenus.

Après la lecture d’un résumé bienvenu, nous reprenons l’histoire à l’endroit où elle s’est arrêtée au troisième tome. Edoran, accompagné de ses nouveaux acolytes (Bohr et Xano), retourne sur Gahavia par le portail ouvert par Mork Örn. Ils ont pour mission de sécuriser les lieux pour aménager le quartier général de la sorcière Xinthia Laska. Jouer le rôle du démon Bahran lui coûte de plus en plus cher, endommage profondément son âme. Toutefois, il se doit de s’y coller jusqu’au bout. Surtout quand Saraë débarque pour récupérer le dernier chant.

En parallèle, les autres porteurs du chant se dirigent vers l’Arcoa Calya pour opérer le rituel auprès d’Hermanus tandis que les troupes de l’armée coalisée continuent à défendre le pays des Elfes et à repousser l’ennemi malgré de nombreuses pertes.

Les premiers chapitres défilent et remettent en mémoire les pions sur l’échiquier de cet affrontement final. On retrouve ainsi les différents personnages clés du roman, ce qui permet d’éviter un sentiment de confusion. On sait qui est où, et son but. Les principales scènes sont : le camp de Xinthia, la bataille des Gahaviens et le palais des Elfes. Je viens de les énumérer par ordre de tension dramatique, celle que j’ai ressentie personnellement.

La réunion entre Edoran et Saraë est pour moi celle qui est la plus intense et la mieux travaillée. La reine se laisse capturer pour donner une chance à ses amis Olbur et Thésis de quitter le camp des Evinshorkiens avec le dernier chant. Autant vous dire que j’ai détesté ce moment pour deux raisons. D’un, car pour moi, Saraë renonçait après avoir vu Edoran/Bahran et de deux…. Je ne vous l’exprimerais que de cette manière : on sait pourquoi Olbur était nommé l’Inattendu par l’Unique. En tête à tête avec la sorcière, les deux amants vont combattre leur propre démon. Le métamorphe résiste à l’envie de prendre sa bien-aimée dans ses bras et celle-ci lutte contre la tentation d’user de son pouvoir pour dégommer son ennemie, ce qui la plongerait dans les Ténèbres.  

Pendant ce temps, la bataille fait rage et les nombreuses pertes dans l’armée alliée essoufflent l’espoir. Cependant, les chefs ne fléchissent pas. Contrairement à d’autres romans de fantasy qui décrivent des scènes de combats où épées et haches virevoltent à souhait, Cécile Ama Courtois a choisi de prôner l’intelligence et la bravoure. Les stratégies ingénieuses qu’elle place dans la bouche des êtres considérés comme les plus fragiles prouvent que l’ensemble des peuples de Gahavia sont utiles au combat malgré les apparences. Même les nains surpassent leur fameux amour-propre pour la victoire.

Abordons enfin le rituel de l’Harmonie. Celui-ci m’a un peu déboussolé, car il se déroule sans encombre et assez vite (avant la moitié du roman). Je me suis retrouvée dans le même sentiment que les Evinshorkiens qui y avaient survécu. Que s’est-il passé ? Et que va-t-il advenir ?

La reconstruction. C’est comme cela que l’on peut nommer la deuxième partie de l’histoire qui m’a donné l’impression de lire un long épilogue. Trop long. Si la formule de « prologue » avait bien fonctionné pour le premier tome de la saga, je n’y adhère pas cette fois-ci. L’effet « découverte » n’existe plus et même si j’aime les personnages, je suis le genre de lectrice qui a besoin d’enjeux et de revirements pour avancer. Or, ceux qui sont proposés tel le renoncement de Saraë n’en constituent pas de vrais. Et par vrais, j’entends ceux pour lesquels on doute, on retient notre souffle, on se questionne sur la réussite à le dépasser, à y arriver et à atteindre l’objectif. Je me suis retrouvée à m’accrocher à certains éléments parlant de noirceur avec l’espoir de voir un revirement brutal, comme ceux que l’autrice nous a fait vivre précédemment, mais je me suis vite rendue compte que ça n’arriverait pas, parce qu’elle avait choisi la paix, la puissance de l’Harmonie et l’ouverture d’esprit. C’est sa décision et je la respecte, même si elle ne me convient pas décrite dans autant de pages qui contiennent aussi un bon nombre de récapitulatifs des moments forts de la série. J’avoue que si, cette histoire n’était pas narrée par la plume de Cécile que j’adore, j’aurais sans doute refermé le livre bien avant le point final.

Avec cette écriture fluide et dynamique qui dépeint en profondeur l’âme de ses personnages, elle nous parle de résilience, de rédemption, de transcendance de la différence et du passé. L’Harmonie ayant épargné des membres de la Horde de Mork Örn, les Gahaviens doivent apprendre à connaître ses êtres, à aller au-delà des apparences et à comprendre que la tyrannie emprisonne mentalement certains citoyens et les obligent à exécuter des tâches abjectes par crainte ou par éducation : ils ne se rendent pas compte qu’ils peuvent accéder à des droits et aux valeurs qui dorment au fond de leur cœur. Ils y aspirent sans réellement sans réaliser qu’ils peuvent vivre autrement.

Au bout du récit principal, le tome nous offre des histoires que je nommerai presque des spin-off sous forme de nouvelles. Elles mettent en scène des personnages secondaires : notamment Malcolm et Viane. Je m’attendais à les revoir, mais bien plus tôt que cela. J’ai aimé ces retrouvailles et rencontrer la petite Vaël qui annonce une nouvelle ère.

En bref, L’Harmonie clôture trop vite une série déroutante et riche en émotions. Une sage qui commence tel un faisceau de lumière mangé par les noirceurs les plus abyssales pour ressurgir avec plus d’éclat. L’univers construit par Cécile Ama Courtois mériterait d’être approfondi à la manière de J.R.R. Tolkien, grâce à de nouvelles histoires qui nous permettraient d’arpenter ce monde et peut-être les autres de l’Ambar Neldëa que l’on n’a pas encore pu découvrir.   

La Mélodie d’Émilie Ansciaux

  • Titre : La Mélodie
  • Auteurice : Émilie Ansciaux
  • Éditeur : Livr’S Éditions
  • Catégorie : horreur fantastique

En écrivant ces lignes, je ne sais toujours pas que penser de ce court texte qui m’a attirée par la simplicité et la symbolique de la couverture réalisée par Chris Weyer. Il ne s’agit pas d’une histoire que je peux catégoriser avec aisance sous l’étiquette j’aime ou je n’aime pas. C’est le genre d’histoire qui marque, qui surprend par son côté malsain et glauque. Avant de m’y plonger, j’avais lu d’autres chroniques qui mettaient en évidence la singularité de la seconde partie. Pourtant, je me suis pris une claque. Mon cerveau avait beau avoir lu qu’elle nous emmenait dans les Ténèbres les plus obscurs, il attendait toujours une suite habituelle des récits horrifiants et fantastiques avec juste une écriture plus noire, plus impactante. Le rebondissement fut plus terrifiant, imprévisible et, cependant, il cadre avec l’histoire parfaitement.

Je ne sais qu’expliquer sur La Mélodie. En raison de sa longueur, j’ai peur de trop en dire. Le texte commence sur une note basique. Un type (dont on ne connait pas le nom) déménage dans une nouvelle demeure qu’il a acquise et dont il attend un nouveau départ. Surtout après le goût amer que sa rupture brutale lui a laissé. Bien entendu, il entend soudain une mélodie que nul autre ne perçoit. Peu à peu, elle le rend fou et….

On est happé dans les méandres méphitiques de l’humanité. On dévie de l’histoire horrifique tradionnelle pour emprunter sur des chemins impurs qui donnent la nausée tant les vapeurs nocives nous étouffent. Les questions se bousculent ainsi dans l’esprit : jusqu’où l’être humain est-il prêt pour atteindre ses fins ? Quel est le plus éternel entre la haine et l’amour ? À quel point, l’amour peut-il nous changer ? À quel point la violence peut-elle nous atteindre ? À quel point peut-on laisser notre colère nous corrompre ?

En bref, La Mélodie nous prend la main pour nous entrainer dans un slow innocent. La ballerine nous rassure, nous berce et endort notre vivacité d’esprit en nous contant une histoire basique du genre avant de nous pousser brutalement sur la scène de l’horreur à l’état pur.