Les disparus d’Arkantras (De rouage et de sang, #1) d’A.D. Martel

  • Titre : Les disparus d’Arkantras (De rouage et de sang, #1)
  • Autrice : A.D. Martel
  • Éditeur : Scrinéo
  • Catégories : jeunesse, steampunk

À peine arrivé à la maison, le premier tome de la série De rouage et de sang, n’a pas eu le temps de rejoindre ma PAL. Ayant adoré Les larmes de Saël, je n’ai pu résister à M. Gratouille, non je rigole (enfin presque).

Dans les quartiers pauvres d’Arkantras, la rumeur court. Un monstre se cacherait dans les profondeurs de la ville et se repaîtrait de chair fraiche. Rowena n’y croit pas trop, jusqu’au jour où son meilleur client, Œil-de-Pirate, disparaît de son antre où il se calfeutrait. En parallèle, le journaliste paumé Eugène Bassompière est mis sur le coup de ses étranges disparitions. Ses deux âmes que tout oppose vont découvrir la vérité sanglante et terrifiante.

Les engrenages des Disparus d’Arkantras se meuvent avec lenteur. L’autrice prend son temps pour poser les fondations de l’histoire et la présentation des nombreux personnages avant d’enclencher la vitesse supérieure avec des révélations prévisibles pour les lecteurs aguerris (sauf une que je n’ai pas du tout vu venir). Je rappelle qu’il s’agit d’un livre jeunesse et que je ne suis pas le public cible. Malgré le rythme en deux temps, je ne me suis pas ennuyée lors de la première moitié du roman, car l’écrivaine a la manière de croquer, puis de dessiner en profondeur les traits de ses personnages et de son univers.

Basée sur les villes européennes du XIXe siècle, Arkantras se divise en deux strates sociales : les nantis et les pauvres. Les premiers vivent dans des maisons luxueuses et des espaces pures, tandis que les démunis survivent au milieu des vapeurs toxiques des usines et des bâtisses insalubres. Leurs rues sont surveillées par les policiers le jour et la nuit par des sentinelles qui punissent ceux qui osent braver le couvre-feu.

Née au cœur des ordures, Rowena possède plus d’un tour de manivelle dans son sac. Débrouillarde et courageuse, cette orpheline a appris à voler dès son plus jeune âge pour le compte de son horrible famille d’accueil. Délivrée de leur joug, elle se dirige vers un marché plus lucratif grâce à sa passion pour la mécanique et aux connaissances qu’elle a acquises dans le domaine. Accompagnée de son fidèle M. Gratouille, elle se fait appeler Capitaine par les enfants. J’adore son répondant mesuré. Sa fierté ne l’aveugle pas, ce qui en fait une marchande hors pair pour ses 13 ans, ou du moins, assez pour rester en vie et acheter de quoi manger. Malgré sa force, elle demeure une enfant dont les histoires de monstre ébranlent la confiance et la réalité.

M. Gratouille est (vous l’aurez deviné) un matou particulier. Malmené dès ses premiers jours sur terre par les déchets chimiques des usines, il possède une patte mécanique et de super lunettes d’aviateurs qui pallient ses problèmes de vue. Il entretient un lien singulier et puissant avec Rowena. Ils se comprennent, se soutiennent même si le chat se conduit parfois de façon étrange.

À deux, ils vont se lancer à la recherche d’Œil-de-Pirate, ce vieux bougon d’inventeur qui bricole des automates aussi mignons que dangereux. En dépit de son caractère aigre, il a un cœur en or, surtout envers les animaux qu’il répare.

Leur chemin va croiser à plusieurs reprises celui d’Eugène. Répudié par la haute société après la parution d’un article dénonciateur, ce journaliste démotivé se voit obliger par L’Oratoire des secrets d’enquêter sur les disparitions dans les bas-quartiers. Peu téméraire, mais pétri d’idéaux de justice, il s’investit progressivement dans cette affaire auquel il n’est pas au bout de ses surprises. D’abord dédaigneux des démunis, ses préjugés vont tomber un à un. Il se rend compte que leur humanité s’avère bien plus pure sous la crasse que les nantis polis à coup de savon parfumé.

Au détour des ruelles et des avenues, A.D. Martel tirent le portrait d’autres figures qui ont un impact plus ou moins faible sur le récit. Je ne vais ni les décrire ni les lister. Sachez juste qu’ils sont tous palpables et utiles au déroulement. Parmi ceux dont j’ai dressé le profil, j’apprécie particulièrement qu’elle se tourne vers des personnages vraisemblables, prudents. Si Eugène revêt le masque du journaliste avide de vérités (ou du moins avant le scandale), il n’endosse pas la cape du superhéros invincible et téméraire. Son vécu l’ayant profondément marqué, il doit se réapproprier sa ligne de conduite, son leitmotiv et son courage pour affronter ses démons et redevenir lui-même.

Rowena, quant à elle, rappelle les personnages des écrivains du XIXe siècle : futés et débrouillards des ruelles pauvres. La romancière s’en détache en rajoutant une couche féministe vu qu’elle brise le genre des métiers. Toutefois, notre adolescente subit les remarques de certains hommes en dépit de son talent. Comme Eugène, Rowena ne se jette pas la tête la première à la poursuite du monstre. Elle tremble, hésite et doit attiser les flammes de sa bravoure pour avancer.

Les disparus d’Arkantras dépeint ce monde inspiré du XIXe siècle à travers les filtres contemporains : les effets de la pollution, la dénonciation du gaspillage, la surconsommation émaillent le parcours du lecteur. Le thème le plus important aborde les limites que certains osent franchir pour des raisons terribles et pourtant encore si courantes. Ces raisons qu’on nous balance pour justifier la restriction des libertés et la manipulation.

En bref, le premier tome de Rouage et de Sang s’est révélé être une lecture divertissante durant la première moitié du bouquin, puis addictive dans la seconde. Les rebondissements s’y enchainent pour nous dévoiler l’horreur humaine. Le tout, porté par des personnages nuancés et réalistes, est saupoudré de problématiques de notre ère.  

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Le requiem d’un soupir de Tiffany Schneuwly

  • Titre : Le requiem d’un soupir
  • Autrice : Tiffany Schneuwly
  • Éditeur : Livr’s Editions
  • Catégorie : young adult

Le requiem d’un soupir fait partie des genres que je lis le moins. Pourtant, la couverture toute douce réalisée par l’autrice elle-même et la thématique principale m’ont donné envie de me le procurer.

Le roman débute sur un chapitre-choc durant lequel Mercedes subit une crise d’asthme d’une ampleur effrayante. Cette jeune femme de 19 ans supporte les affres de cette maladie depuis quelques années alors qu’elle ne désire qu’une chose : vivre sa vie à fond.

Malgré le sujet sensible de cette histoire, je n’ai pas vraiment accroché même si je suis allée au bout de ma lecture. Les raisons en sont multiples. En prenant comme point de départ, le décès de Mercedes (elle apparaît sous forme fantomatique dès le premier chapitre) le déroulement du récit revête l’aspect d’un flashback démarrant environ à la rentrée scolaire jusqu’au moment fatidique qui se produit durant un épisode important dans son existence. Des souvenirs de son enfance refont surface, mais ils sont englobés dans ces moments. Cette structure m’a fait penser au défilement du passé du défunt lorsque la faucheuse s’empare de son âme.

Sauf qu’ici, la narratrice choisit ce qu’elle souhaite retracer. Du coup, le récit est rythmé par des instants de vie (joués) et des épisodes racontés pour faire les liens entre les scènes ou introduire celles qui suivent. Les deuxièmes étant plus nombreux que les premiers, ce qui a empêché mon immersion. Parmi les fous rires entre copines et les doux mots entre amoureux, quelques passages ont quand même réussi à caresser mon cœur. Mais dans l’ensemble, je suis demeurée détachée de Mercedes. D’autant plus que plusieurs points paraissaient trop lisses et parfaits. En gros, si on exclut les crises et les disputes avec la maman surprotectrice, le reste relève plus de la lecture doudou. Certains personnages ne sont pas nuancés.

Mercedes est l’ado typique qui se rebelle contre et contrôle de sa mère sur sa vie. Elle veut profiter malgré le degré de danger de sa maladie. Parfois, elle a même un comportement cruel envers sa maman. Introvertie, elle ne s’ouvre qu’à ses amies et à son amoureux, car elle a peur d’être un poids pour tous.

Les fameuses copines d’enfance sont confinées à un rôle assez stéréotypé. D’un côté, on a la studieuse qui ne fait jamais rien de travers. De l’autre, la rebelle qui change de petit ami tous les trois jours et pour laquelle on finit par s’inquiéter sur des sujets qui ne peuvent tomber que sur elle.

Enfin, on a Arnaud, le copain de Mercedes qui est trop parfait, trop beau, trop gentil, toujours prévenant, mature… bref il n’a pas de zones d’ombre. Le seul défaut que j’ai réussi à lui trouver, et encore c’est subtil, il est dominateur au lit. Il est possible que ce choix s’inscrive dans la volonté de Mercedes à retracer uniquement les bonheurs de cette année passée avec lui, mais je n’ai pas apprécié cette perfection.  

L’asthme permet d’évoquer des thématiques liées à l’adolescence. Au départ, l’autrice nous dépeint la relation qu’entretient Mercedes avec sa maladie, mais aussi les autres. Elle présente le détachement que certains posent comme un masque, car ils ne savent pas comment gérer la difficulté, voire l’angoisse, que les crises peuvent engendrer. La gestion de ce type de pathologie n’est pas aisée pour tous, surtout pour d’autres adolescents qui préfèrent ignorer la situation par pudeur et par crainte. C’est pour cela que Mercedes ne veut pas reste en retrait et ne sympathise pas.

Ainsi, la question de l’interaction et de l’intégration des ados parmi leurs semblables est abordée d’une certaine manière. La maladie symbolise aussi le rapport des adolescents à leur corps. On sait tous qu’il s’agit d’une période difficile, car il change et on prend conscience du regard des autres, surtout quand on est une fille. Mercedes ne contrôle pas ses poumons alors qu’elle souhaite vivre normalement. Elle étouffe dans sa propre chair qu’elle tente d’appréhender.

En bref, Le requiem d’un soupir est une lecture distrayante qui apporte peu de surprises, en dépit du sujet principal. Le manque de nuance et le rythme répétitif du roman (basé sur Une inspiration [vie]… une expiration [crise]… un soupir [rétablissement]) appartiennent au point qui m’ont empêché de plonger dans ce drame qui paradoxalement s’apparente durant la majeure partie du livre à de la guimauve réconfortante.   

Le codex de Paris (Paris des limbes, #1) de C.C. Mahon

  • Titre : Le Code de Paris (Paris des limbes, #1)
  • Autrice : C.C. Mahon
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : fantastique

Quatrième lecture du partenariat avec Les plumes de l’imaginaire, Le codex de Paris est le premier tome de la série Paris des limbes dont l’intrigue prend place, je vous le donne dans le mille, la capitale française.

Germain Dupré possède un cabinet d’enquêteur dans la cave d’un bâtiment haussmannien et un secret que seul le gang de Mathieu connait : c’est un vampire. Lorsque Nadine Leroy lui demande de retrouver son mari qui s’est enfui avec un précieux codex, il ne s’attendait pas à renouer avec son passé, le moment où sa vie a basculé ni aux alliances qu’il se trouve contraint de signer.

L’autrice nous plonge illico presto dans l’ambiance des venelles sombres de Paris dès les premières lignes. Truand et désinvolture se mêlent grâce au choix précis des noms de rues, la façon de parler de notre vampire ou les termes dépeignant la mise en scène. Cette atmosphère laisse ensuite place à la rencontre légère et drôle entre Germain et sa copropriétaire, Romane. Le récit alterne entre ces deux mondes et m’a rappelé au début les histoires de détectives privés des années 1950, les cigarettes et le côté macho en moins. Comparaison qui s’arrête assez vite dans le déroulement.

En effet, si notre vampire se lance dans une enquête classique qui consiste à interroger l’associer du disparu, celle-ci avance par la suite grâce à la magie plutôt qu’à découverte d’indices, à la déduction et au flair du limier. Ensuite, les attaques-surprises prennent la relèvent pour aider le développement de l’histoire. Ainsi, Le codex de Paris n’est pas à considérer comme un polar surnaturel bien ficelé, mais bien un récit fantastique saupoudré de polar. Par ailleurs, l’objectif de Germain dévie rapidement de la cible de sa cliente, lorsqu’il apprend la nature du grimoire.

Le roman présente une belle dentition (désolée pour le jeu de mots de bas étage) de personnages principaux comme secondaires. Son assurance, Germain Dupré la doit aux siècles qu’il a traversés depuis sa métamorphose. La sagesse acquise au fil de ses (més)aventures lui permet de se fondre parmi les humains et d’éviter d’être démasqué. Cependant, la confiance en ses capacités lui a tout de même joué un tour et précipité dans les crocs du magnat de la drogue, Mathieu, dont il souhaite se libérer, tout comme il a réussi à bannir ses penchants de vampire grâce à l’avancée médicale. Oui, notre détective déteste plonger ses canines à la source pour épancher sa soif de sang et tuer les humains en raison de….Bon je ne vais pas trop en dire non plus.

De prime abord, Romane incarne l’étudiante joyeuse qui garde le courage d’avancer malgré la perte de ses parents. Yogiste et fervente protectrice des animaux, elle horripile et attendri Germain à la fois par son caractère rayonnant et sa solidarité. Néanmoins, tout soleil possède son ombre et celle de la jeune femme va se révéler plutôt inattendue dans ses conséquences. Son secret sera bien utile à notre vampire. Les actions de Romane vont prouver sa détermination et ses paroles justes dans ce monde qui induit un comportement paradoxal aux humains.

— Vous vous êtes associée à cette abomination en connaissance de cause ? s’exclama le frisé. Qu’êtes-vous ?

— Ouverte d’esprit, fit Romane.

Zagan est un démon superhéros. Bon OK pas totalement : il désire empêcher l’arrivée de l’apocalypse surtout pour préserver les Enfers. Le sauvetage de l’humanité n’est donc qu’une cause collatérale de la mission qu’il veut accomplir à tout prix. Pourtant, il reste honnête pour un démon. Je l’apprécie beaucoup, voir plus que Germain qui, en dépit des centaines d’années passées sur terre, garde une certaine naïveté envers les gens issus de la caste qu’il a fréquentés dans sa jeunesse.

Dans les personnages secondaires, je vais uniquement en évoquer deux. Sofia, la médium, car elle a une répartie incroyable. Je l’ai tout bonnement adorée et sa réserve, voire sa méfiance par rapport aux démons, ne m’a pas du tout rebutée. Chaton ! Ce matou qui s’échappe du sac de Romane et trouve refuge dans le bureau de Germain apparait peu et n’a pas un énorme impact dans cette histoire, mais…c’est un chat et je suis faible devant eux.

La plume de la romancière est fluide et colorée, comme déjà citée ci-dessus. Parfois, elle utilise trop de répétitions, mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ma lecture. Son humour est un véritable délice avec des répliques et des punchlines à tomber. De plus, elle va au fond des choses dans son récit, en transformant Germain en guide touristique de Paris, mais aussi en incluant un point qui m’est cher de par ma formation. En abordant le début de l’enquête sur le vol d’une antiquité, elle met l’accent sur l’importance de la conservation des objets d’art c’est-à-dire la régulation des conditions hydrothermiques du milieu afin que l’œuvre traverse le temps en ralentissant sa détérioration un maximum. Cela peut vous paraitre bête. Toutefois, c’est un élément qui m’a touchée, car trop de personnes pensent que la manière de manipuler ou de ranger un témoin du passé est sans importance.

En bref, Le codex de Paris fut une lecture divertissante. Si je m’attendais au départ à une enquête relevant plus de la recherche d’indices qui nous emmènerait dans les tréfonds de la magie, je n’ai, pourtant, pas été déçue du voyage grâce aux personnages nuancés qui amènent des visions justes et réelles de notre existence qui ne repose pas toujours sur la belle logique que notre société nous dépeint. La ligne entre le bien et le mal est plus floue que l’on ne le pense, et les choix sont souvent bien plus difficiles que cette simple question manichéenne.   

Les larmes de Saël (#1) d’A.D. Martel

  • Titre : Les larmes de Saël (#1)
  • Autrice : A.D. Martel
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : post-apocalypse

Les Larmes de Saël est ma troisième lecture du partenariat avec Les plumes de l’imaginaire. Pour rappel, il s’agit d’un groupe sur Facebook rassemblant des autrices autoéditées ou hybrides qui s’allient pour promouvoir leurs romans et échanger avec les lecteur.rices. N’hésitez pas à nous rejoindre. Ce roman fait partie d’une saga en trois tomes. Toutefois, il peut se lire comme one-shot. En effet, l’écrivaine n’avait pas prévu d’en faire une série et malgré la fin, il se déguste très bien en solo.

Arcana réside dans la ville prospère de Ceylan protégée du monde extérieur par un bouclier. L’air, les températures, les énergies sont mesurés au millimètre près pour en faire un havre de paix où les habitants puissent vivre sans crainte. À l’approche de l’âge adulte, elle ne sait toujours pas ce qu’elle souhaite pour l’avenir. Ce choix lui est enlevé par trois faits : son père qui veut la marier, l’explosion qui endommage le cœur de Ceylan et le jugement des terroristes devant la population. Mues par ses envies de liberté, elle s’engage à épouser avec Ashkan selon les lois à l’étonnement de toute la citée. Leur union à peine célébrée, ils sont expulsés à Saël. Arcana va devoir apprendre à survivre dans ce Nouveau Monde aussi austère que galvanisant.

A.D. Martel propose un univers mêlant le post-apocalyptique et la fantasy orientale. On comprend qu’une catastrophe et des guerres ont propulsé la terre à l’époque où se déroule le récit. Mis à part Ceylan et Saël, on ne sait rien des contrées alentour. Et pour cause, les citoyens de la première ville demeurent à l’intérieur d’une bulle de protection contrôlée dans sa globalité et possédant une technologie avancée. Les connaissances d’Arcana découlent uniquement de ses professeurs et du gouvernement. C’est pourquoi, elle va débord découvrir Saël à travers ses préjugés qui vont tomber au fur et à mesure qu’elle appréhende le territoire et son fonctionnement empreint d’orientalisme rustique avec son soleil de plomb et le clanisme, mais aussi la signification à la fois terrible et belle des larmes de Saël.

Vous l’aurez compris, les deux nations sont l’opposée l’une de l’autre. La prospérité de Ceylan est contrebalancée par un système politique profondément patriarcal, qui régule le quotidien et la vie de ses citoyens par des mesures strictes telles la loi de l’enfant unique et la gestion des cultures raisonnées. Toutefois, la cité exploite la denrée la plus précieuse avec excès : l’eau. Leur technologie repose entièrement sur elle. Chacun possède un bracelet, une sorte de montre connectée, qui permet de contacter ses proches, prendre des notes ou activer les passerelles entre la basse et la haute ville. Il s’agit d’un outil de dépendance dont Arcana arrivera à se priver sans trop de mal.

Saël, quant à elle, a une politique presque matriarcale. Je dis presque, car les hommes ont un pouvoir décisionnaire conféré par leur statut spécial et involontaire. Le peuple vit en tribus sous la tutelle d’une assemblée d’anciennes. La vie ou plutôt survie est archaïque, la technologie n’existe pas et l’eau est précieuse.

Arcana se retrouve donc confrontée à un changement radical suite à sa décision d’épouser Ashkan et sa naïveté ainsi que son égo démesuré. Cette prétentieuse fille de conseiller possède une haute estime d’elle-même et un caractère fort. Je crois n’avoir jamais rencontré un pareil personnage au cours de mes lectures. Durant le premier chapitre, je ne l’appréciais pas du tout. Dès le deuxième, je l’ai adoré, adoptée. Pourtant, elle revêt toujours son côté princesse aux penchants superficiels et capricieux, mais sa soif de liberté et son courage pour se dresser face à l’adversité (son père représentant l’autorité parental et gouvernemental pour son statut), puis les politiciens, m’ont tout de suite subjugués. Aucune incohérence ne se glisse dans son personnage. Son caractère fort se révèle nuancé et logique, bien qu’elle pèche aussi par orgueil. D’ailleurs, la confiance en ses capacités va en prendre un coup quand elle se rendra compte qu’on la manipule. Malgré cela, elle ne baissera jamais les bras. Elle évoluera au fil de ses contacts avec sa nouvelle famille dont les relations sont tendues au début et des habitants de Saël. Les erreurs parcourent son chemin d’apprentissage et d’intégration. Erreurs qu’elle n’avouera pas toujours à haute voix, mais qu’elle prendra à cœur de réparer. Un comportement bien plus efficace qu’une faute confessée, d’autant plus qu’il reste cohérent avec sa personnalité et lui confère une part d’ombre réaliste.

Les autres protagonistes sont tout aussi profonds et nuancés, surtout les féminins que j’adore. Commençons par les masculins : Ashkan est ténébreux est intriguant. Toutefois, son côté bougon et ses problèmes de communication m’ont un peu refroidie. Son petit frère, Zachary est l’exact opposé grâce à sa douceur, sa compréhension et cette timidité adorable. Donya est la matriarche du clan. Sa langue ferme et sévère convient aux vieilles femmes qui doivent porter l’honneur et le respect des leurs, en dépit des années et de la méchanceté qu’elles ont vécues. Enfin, nous avons le troisième membre de la famille, la mutique et espiègle, Mina, qui se révèle touchante derrière la solitude qu’elle subit en raison de sa différence.

L’autrice aborde de nombreux thèmes et les consolide grâce à son savoir d’historienne. Elle emploie la fameuse gloire des vainqueurs qui embellissent leur victoire en dissimulant leurs exactions et leurs horribles stratégies. Dans le roman, chaque détail a son importance, même ceux qui semblent les plus anodins comme les sculptures du ministère de Ceylan. L’endormissement de la population sous couvert de bien-être, l’assouvissement des femmes, mais aussi des hommes. Elle opère un inversement plus qu’intéressant, je vous laisse découvrir de quoi je parle, car je n’ai pas envie de spoiler.

En bref, A.D. Martel m’a conquise avec ce premier tome qui a grignoté mes heures de sommeil. Les larmes de Saël nous plonge dans un univers oscillant entre science-fiction et fantasy orientale teinté des couleurs de l’importance de l’intégration dans une nation étrangère, l’ouverture d’esprit, le féminisme et le respect.

Révélations (James Holt, #1) d’Aline Godefroid

  • Titre : Révélations (James Holt, #1)
  • Autrice : Aline Godefroid
  • Éditeur : Livr’S Éditions
  • Catégories : jeunesse, science-fiction

L’annonce d’une jeune autrice de la part d’une maison d’édition que j’apprécie beaucoup ne pouvait que titiller ma curiosité. Écrire une saga à 13 ans au point que celle-ci soit publiée ! Le rêve de toute personne qui désire devenir auteur.rice. À la lecture du résumé promettant orphelin, surnaturel et course-poursuite dans la capitale belge, je ne pouvais qu’assouvir mon appétit de découverte.

À 12 ans, James Holt n’a connu que l’orphelinat Saint-Victor qu’il déteste au plus haut point. Surtout sa directrice Madame Reybard qui l’enguirlande, ses amis et lui, à la moindre respiration. De plus, il soupçonne que sa haine est tellement forte qu’elle le dénigre auprès de chaque parent adoptif potentiel. James vit donc une vie normale d’adolescent en crise contre les adultes, jusqu’au jour où des événements étranges se produisent dans l’établissement. La crainte et son envie de rébellion le poussent à accepter la proposition de son pote William. Une nuit, ils fuguent ensemble vers la liberté. Enfin, c’est ce qu’ils croyaient, car l’aventure va les entraîner d’une folle course-poursuite vers les mains de la destinée de James. 

Le roman commence par un prologue relatant l’explosion du vaisseau La Martas due un monstre conférant tout de suite sa couleur au récit. Ensuite, celui-ci se déploie sous la forme de courts chapitres centrés sur le quotidien de James et ses camarades jusqu’aux fameuses révélations promises dans le titre, ainsi que le rebondissement final qui prépare le terrain du second tome.

L’univers de James Holt est bien ficelé, même s’il ne comporte pas beaucoup de surprises scénaristiques. J’utilise ce mot issu du cinéma, car l’image globale que j’ai du texte ressemble à un film d’action dans lequel les respirations sont peu nombreuses. Le début m’a paru de prime abord scolaire. L’autrice y dépeint en quelques chapitres la pléthore de personnages et brosse la situation initiale en quelques coups de descriptions. Dès le départ, on remarque que les dialogues sont maîtrisés, mais j’ai ressenti un manque d’ambiance pour être réellement prise dans l’histoire. Cependant, cette impression disparaît quand la fugue, et donc l’action, arrive. Aline Godefroid déploie une plume fluide qui joue avec le rythme et les mots pour construire des scènes mêlant tensions et acrobaties avec brio. On voit qu’elle a passé des heures à travailler cet aspect jusqu’à faire sien ce genre.

Par contre, il s’agit aussi de sa faiblesse, si je puis le dire ainsi. Au moment où la course-poursuite démarre, on s’arrête peu, voire pas du tout pendant presque une centaine de pages, créant un manque de respiration pour le lecteur et un rythme identique sans fluctuation, un peu comme le Boléro de Ravel ou la musique de Game of Thrones qui répètent inlassablement les mêmes notes. Le peu de changement n’apporte pas assez de relief à mon goût et empêche l’évolution des personnages auxquels je n’ai pas réussi à m’attacher.

Pendant le passage de la fuite, James est confronté à plusieurs révélations que je ne vais pas lister ici pour ne pas en dire trop. L’une d’elles est sans doute la plus déstabilisante pour lui étant donné qu’il s’agit de la véritable identité de son meilleur ami. Quand celui que vous connaissez depuis toujours vous avoue une telle chose, il me semble que tout adolescent se poserait des questions ou douterait en partie de la bonne foi de cet allié qui vous a menti. Pareil pour ces nouvelles capacités qui se déclenchent de façon aléatoire et dont il ne semble pas craindre une seule fois la puissance. James n’a pas le temps de cogiter. Et, c’est comme ça pour à peu près tout ce qui se produit. Il accepte tout sans rechigner, un peu trop pour un adolescent en pleine rébellion selon moi.

On passe ainsi de la situation A au point B sans ressentir son évolution ou la vivre. Je n’ai pas réussi à m’attacher aux autres protagonistes non plus, particulièrement en raison de l’incohérence entre la description initiale racontée par la romancière et les lignes de dialogues et d’action qu’elle leur prête. Je pense notamment à Sophie qui est censée être timide au point de parler très peu, mais qui s’ouvre sans difficulté. Je sais qu’elle le fait devant ses amies et que ça peut se justifier, mais ses quelques apparitions ne m’ont jamais montré ces caractéristiques-là. Je pense que le contexte du départ aurait peut-être dû être développé un peu plus, le temps d’ancrer les acteurs plutôt que de les esquisser en quelques mots.

Un autre élément qui m’a dérangée est le côté unidimensionnel des personnages de l’histoire. Ils ont peu de nuances, voir pas du tout. Les méchants sont simplement mauvais et certains relèvent du cliché, comme la cruelle régente de l’orphelinat. Il y a bien un protagoniste qui m’a plu avant de m’ennuyer par sa continuelle folie. Il s’agit de Roxane. Déterminée à atteindre son but, elle n’hésite pas à martyriser et à jouer avec James et William comme un chat le ferait avec une souris. Au départ, j’aimais beaucoup son côté badass et son cynisme, mais le manque de nuance a fini par me lasser. Même son background ne m’a pas convaincu, tout comme celui de William qui n’a pas réussi à m’émouvoir. De nombreux personnages sont également très forts, ce qui empêche une identification qui, pour moi, est primordiale dans un roman jeunesse.

L’autrice y aborde des thèmes étonnamment matures. À travers les extra-terrestres, elle dépeint un reflet de notre société. Ceux-ci se croient évolués contrairement à notre espèce qui ose utiliser encore ses cordes vocales pour communiquer. Pourtant, leur civilisation repose sur un système de caste. Les Mylosiens en bas de l’échelle, sont bien entendu des renégats, des déchets que les « bons » aliens gardent par pure bonté. Étrangement, ils dégagent plus d’animosité et de barbarie primitive que les humains malgré leur technologie avancée.

Elle parle également de la gestion de la crise de l’adolescence qui est au cœur même de son récit. Les changements ressentis dans son corps symbolisés par la naissance du pouvoir de James, la recherche de sa propre identité (surtout quand on ne sait pas d’où on vient, mais aussi une fois que l’on connait ses racines) et la gestion des émotions fortes qui bouillonnent et font sauter le couvercle de la casserole avant de manière impromptue.  

Révélations possède ainsi une richesse insoupçonnée, portée par une plume solide, mais inégale. Aline Godefroid captive par son habilité à dompter l’action et le genre dans lequel elle écrit. Elle mélange les tropes de la science-fiction et s’amuse à y distiller des éléments des mythologies grecques et égyptiennes pour construire son univers.

En bref, le premier tome de James Holt est un livre jeunesse plein de promesses malgré les faiblesses qui y transparaissent. Au cours du récit, l’autrice démontre son travail acharné pour appréhender cette discipline ingrate qu’est l’écriture d’un roman. Si le dosage entre révélations et actions ainsi que le manque de substance des personnages ne sont pas encore maîtrisés, la qualité de sa plume reste indéniable et j’ai hâte de voir si ses efforts porteront ses fruits dans le second opus.

Le jour de ton arrivée d’Isabel Komorebi

  • Titre : Le jour de ton arrivée
  • Autrice : Isabel Komorebi
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégories : romance, science-fiction

Le jour de ton arrivée est le second livre tiré de la box L’amour sous toutes ses formes d’Escape with a Book, que j’ai lu. Avec son résumé, il promettait une histoire de reconstruction de soi grâce à l’amour entre deux personnes opposées. Un garçon taciturne et une fille haute en couleur.

Dix-neuf ans plus tôt, Eux sont arrivés. Ces êtres venus d’ailleurs ont rencontré les humains qui les ont rejetés. Malgré cela, ils restent au-dessus de la Terre, dans leurs pentacles, pour les accompagner vers leur destinée. Enfant, Logan gardait les yeux levés au ciel à les observer jusqu’au jour ou son monde à basculer. Un jour, Tammy le bouscule dans les couloirs de son université. Et, sa vie goûte de nouveau la saveur du bonheur.

Le début de ce roman court (à peu près 200 pages) est captivant. Il plante le décor étrange et mystérieux de cette époque que j’ai eu dû mal à situer tant les indices sont donnés au compte-goutte. D’abord, j’ai cru qu’il s’agissait d’un futur plus ou moins proche dans lequel la terre aurait subi un changement climatique avec l’arrivée d’une nouvelle ère glaciaire. Les températures restent froides tout au long de l’année avec une pointe de gel mortifère aux heures obscures de la nuit. Cependant, on apprend que c’est le cas sur l’ensemble de la planète. Au vu des modifications de biotopes, j’ai alors supposé qu’il s’agissait d’une ère plus lointaine.  Les éléments de décors s’avèrent peu présents et aucune innovation technologique ne pointe le bout de son nez, au contraire, tous portent à croire que cette société est similaire à la nôtre, comme si ça faisait longtemps qu’elle avait cessé d’évoluer. Ainsi, on vogue entre le présent et l’avenir. Bref, c’est assez déroutant.

Toutefois, ce contexte, même flou, permet de comprendre la léthargie et la routine dans laquelle les humains vivent. Un quotidien rassurant dans lequel on vit à court terme. L’éphéméride rythme les cœurs et les histoires sans lendemain, ce qui agace Logan qui ne veut pas faire semblant que tout va bien.

Ce garçon cassé est pessimiste, voire fataliste, et mélancolique. Il étudie sérieusement sans pour autant avoir de rêves. Matt est sa bouée qui le maintient au-dessus de l’eau. Ce sportif possède des caractéristiques qui au départ ont l’air clichées : beau, extrêmement grand, musclé et coureur de jupons. Toutefois, sa gentillesse et son empathie transparaissent vite au fur et à mesure des échanges entre les amis.

Tammy provient du ciel. Logan le voit directement dans ses yeux. C’est le coup de foudre au premier regard. Au cours d’une nuit, d’un rendez-vous, ils vont se découvrir, l’humain s’ouvrit et reprendre le gouvernail de sa vie auprès de celle qu’il aime. D’elle, on connait peu de choses. Les chapitres qui lui sont dédiés, permettent de savoir que leur rencontre n’est pas un hasard, car on lui a confié une mission et qu’elle a quelque chose d’important à lui transmettre. À travers son regard, on voit l’humanité autrement, comme un observateur extérieur étonné et intrigué par les comportements volatiles de cette espèce que l’on compare à ceux de la sienne. Le flou autour de Tammy m’a empêchée de l’apprécier, surtout qu’à la lecture du résumé, je m’attendais à un personnage rayonnant qui m’aurait étreint le cœur par sa personnalité et ses réparties.

Le thème central de ce roman (à côté de l’importance de la communication, du deuil et de l’écologie) est la reconstruction d’une âme qui a perdu son étincelle de vie. Le choix du coup de foudre comme électrochoc m’a dérangée, car il élimine la transition entre les deux états de Logan. D’un regard, il quitte sa peau d’homme taciturne pour revêtir celle débordante de vie et d’amour. Il parle de son passé sans difficultés ni réticences à cette inconnue, seule une légère peur de rejet lui serre le cœur lorsqu’il attend avec impatience le rendez-vous. J’aurai préféré un développement en douceur, car personne n’évolue en un claquement de doigts dans la vie. Surtout si le monde se trouve à la limite de son effondrement et que la dépression nous suit depuis des années. 

En dépit de cette irréalité et le manque de vraisemblance dans les personnages, je tiens à préciser que j’ai apprécié ma lecture. La plume de l’autrice est agréable, quoiqu’un peu répétitive. Durant la moitié de l’histoire, on ne connait pas les prénoms des amoureux. Malgré la narration à la première personne du singulier, cela aurait pu conférer un caractère impersonnel, mais sa maîtrise du « je » et la couleur qu’elle insuffle à son écriture a empêché ce sentiment de naître.

Néanmoins, une belle plume ne suffit pas. Les vingt dernières pages tirent en longueur pour amener LA révélation qui n’en était pas réellement une. Je n’ai ressenti aucun vertige, malgré l’insistance de l’autrice à ce propos. Le risque que Logan fasse demi-tour en y étant confronté, était élevé. Le problème pour moi ne vient pas de la faiblesse de la révélation, mais de la manière d’interrompre sans cesse la progression de l’histoire par des baisers incessants et des épisodes qui ne font que répéter des informations dévoilées plus tôt et qui coupent le moment véridique. La technique a tourné à l’effet gadget plutôt que page turner.

En bref, Le jour de ton arrivée est une ode au sentiment de l’amour et aux sensations. Le roman relate la rencontre de deux êtres étrangers qui va ranimer le cœur de Logan. Si la manière de reconstruire ce personnage et le manque de consistance des extra-terrestres apportent une faiblesse à l’histoire, la plume de l’autrice a réussi à m’immerger dans la relation de ce couple durant la majeure partie du roman.

Les chaînes du silence de Céline Chevet

  • Titre : Les chaînes du silence
  • Autrice : Céline Chevet
  • Éditeur : Éditions du chat noir
  • Catégorie : fantasy

Après la découverte de La fille qui tressait les nuages, je n’ai pas pu résister au second roman de Céline Chevet publié aux Éditions du chat noir, malgré le thème principal ou, plutôt devrais-je dire, la créature dont il traite. Je n’ai jamais été très versée dans les vampires d’une manière générale. La mythologie qui les entourent, le visuel et surtout l’approche de plus en plus sexualisée de ces humanoïdes suceurs de sang, n’ont pas réussi m’amadouer avec le temps. Pourtant, la couverture à l’ambiance mystérieuse et le résumé des Chaînes du silence ont titillé ma curiosité.

Nathanaël va mourir d’une grave maladie. Il y a six ans, sa vie a basculé lors d’une nuit ou des vampires échappaient à la colère de ses semblables. Sa rencontre avec Kael bouleverse ses certitudes et sa vision du monde. Il raconte son histoire, leur histoire dans un journal intime qui tombe entre les mains d’un Vampire qui est à la recherche de Kael, car celui-ci détient un savoir qui lui permettrait de retrouver sa sœur en dépit des lois.

On suit deux histoires en parallèle. Celle issue du journal de Nathanaël et du Vampire. Dans un premier temps, on ne voit pas tout de suite le lien entre les deux récits, jusqu’au moment où l’autrice les entrelace avec patiente et maîtrise. Peu à peu, on comprend les enjeux de la quête du Vampire qui prend sous son aile une fillette comme nourriture de réserve au cas où la fatigue s’emparerait de lui. Un acte qui changera sa vision sur la vie, les relations entre les espèces et le monde.

Les chaînes du silence possède un rythme majoritairement lent et la plupart du temps contemplatif. Il repose principalement sur les propos du narrateur. Les dialogues sont peu présents et pour cause, puisqu’il reflète l’univers créé par Céline Chevet dont les choix stylistiques sont cohérents en plus d’exhaler une certaine poésie quand elle décrit l’art vampirique. On ressent l’élaboration réfléchie et profonde qu’elle a opérée avant la rédaction, engendrant une originalité qui est loin de me déplaire.

J’ai vécu ma lecture comme une découverte sociologique de la civilisation des vampires, car ceux-ci diffèrent drastiquement des codes habituels. Ils sont divisés en clan dans la nature (à l’ombre des bois) en parallèle des humains qui les craignent tout en commerçant parfois avec eux. Leur langage repose sur la sensation, une sorte de lien télépathique qui transmet leurs idées, car utiliser leurs cordes vocales s’apparente à un acte de bassesse, trop humain, trop dégoûtant et rabaissant. Ainsi, ils communiquent grâce au ressenti qui ressemble à des sons de clochette. Une autre particularité est l’absence de nom. Aucun vampire n’est nommé, parce que donner un nom l’enferme dans une cage, une boite, restreint sa liberté, son essence même. Alors, quand Nathanaël appelle celui qui devient son maître Kael, cet acte entraîne une évolution mal vue parmi les créatures de la nuit.

Ce lien bouleverse la vision de l’un et de l’autre qui apprennent à se connaître chacun à sa manière. L’empathie naît et engendre de nouveaux horizons qui toucheront également le Vampire et la fillette. La différence et la connaissance de l’inconnu permettent de comprendre le monde et d’évoluer vers un avenir plus positif, c’est l’une des morales que l’on pourrait tirer de cette histoire.

L’univers de Céline Chevet repose sur un entre-deux. Un moment proche de la rupture quand un monde disparait au profit d’un autre. Les racines de l’écologie s’étendent dans ce récit. Les humains vivent dans une inspiration du XVIIe ou XVIIIe. Cette période où le travail manuel et la sueur humaine cohabitent avec la croissance de l’industrie métallurgique qui grignote de plus en plus de ressources naturelles, impliquant le recul de la forêt. Le lieu de vie des vampires et des Bêtes se trouvent ainsi menacés par l’expansion humaine.

Les Bêtes sont des créatures ancestrales mi-animales, mi-végétaux qui confèrent une esthétique digne des plus grands films d’animation japonaise au Chaînes du silence. L’ambiance générale qui sent dégage met rappelle énormément ces films (notamment Princesse Mononoke des studios Ghibli), leur côté contemplatif de la nature et magique ainsi que les nœuds d’intrigues inattendus. Si le roman se veut un miroir de la société européenne, l’impact des œuvres nippones se ressent dans son atmosphère globale et artistique en en faisant une histoire marginale et inclassable.

En bref, Les Chaînes du silence est un livre qui ne laisse pas indifférent. Par sa singularité, il ne plaira pas à tout le monde. Cependant, il possède une originalité indéniable quand on omet les choix narratifs cohérents, mais qui s’éloignent drastiquement de la mode actuelle. Il offre une vision nouvelle sur les vampires à travers les filtres de la cohabitation, de l’empathie et de l’écologie.

L’odyssée de Jason de Julien Maero

  • Titre : L’odyssée de Jason
  • Auteur : Julien Maero          
  • Éditeur : Éditions Maïa
  • Catégorie : science-fiction

J’ai accepté de chroniquer L’odyssée de Jason, lorsque son auteur me l’a proposé, sans avoir lu le résumé. Aventureux ? Pas vraiment, car la lecture de son recueil de nouvelles L’écume des âmes m’avait déjà permis de découvrir son univers et de voguer sur l’océan de ses visions de notre monde. De plus, je suis assidument sa page Facebook sur laquelle il publie des textes. Je me délecte de sa plume qui joue sur les mots à chaque fois. Si vous souhaitez vous familiariser avec son style, n’hésitez pas à y faire un tour.

L’odyssée de Jason est une livre de science-fiction. Ne vous fiez pas à sa couverture qui sent bon la jeunesse, car ce récit interpellera aussi les adultes à travers les questions qu’il aborde. Cette chronique se centrera principalement sur ces sujets. Je tiens à préciser que mes propos refléteront ce que je pense et non les idées de l’écrivain. S’ils me sont chers, je me rends bien compte qu’il n’a pas forcément voulu abonder dans mon sens. Chaque acte, parole des personnages et thème sont utilisés de manière à amener la finalité de l’histoire, à la construire de manière cohérente et indémontable. À noter que je vais faire l’impasse sur certaines problématiques pour ne pas spoiler le dénouement, mais sachez que le livre va bien au-delà de ce que je vais en dire. Je remercie Julien Maero pour la confiance qu’il m’accorde à nouveau.

Vivant à Last Chance Neighborhood, Jason mène une vie d’adolescent tout ce qu’il y a de plus normale. Il se lève chaque matin pour se rendre au lycée en compagnie de son meilleur pote, Franck, et de sa petite amie, Vanessa. Un quotidien similaire au mécanisme d’une horloge bien entretenue, qui se dérègle le jour où un SDF bouscule ses certitudes. Une fois les engrenages de la réflexion mis en route, Jason n’arrive plus à les arrêter, surtout face aux réactions des personnes qu’ils pensaient connaître depuis toujours.

La construction de l’intrigue repose sur de curieuses coïncidences qui succèdent à la rupture du quotidien de Jason. Le premier chapitre dessine un monde et un personnage principal lisses. Une perfection ennuyeuse, mais nécessaire pour la suite du récit. L’adolescent est gentil, bien élevé. Il rentre dans les rangs à la minute où on le lui ordonne. Il aime papoter en classe, par exemple. C’est son seul défaut. Néanmoins, une remarque du professeur le fait taire.

Dès le deuxième chapitre, cette perfection s’efface au profit du doute qui s’insinue dans l’esprit de Jason. Le rythme s’accélère au point d’en devenir haletant à mesure que le malaise grossit, l’impression de vivre avec un voile sur les yeux. Après les paroles du SDF, le protagoniste réagit comme tout enfant de son âge le ferait, il questionne les adultes qui l’entourent afin de trouver l’apaisement. Cependant, leur réponse renforce son trouble qui le pousse à quitter les limites de son confort. Au lieu d’oublier d’enterrer ses interrogations, il renonce à son quotidien rassurant pour découvrir la vérité.

« La plupart des gens ne veulent pas vraiment la vérité, ils veulent juste être constamment rassurés sur le fait que ce qu’ils croient est la vérité… »

Les échanges avec ses parents, ses professeurs et ses amis le confrontent à des réalités de la société. Les paroles reflètent le formatage du monde avec les formules toutes faites que l’on sort pour se conformer aux grands principes promulgués par le bien commun, l’esprit civique. Ces citoyens bien pensants qui rejettent la marginalité en la qualifiant de poison, de maladie psychiatrique, car tout le monde le sait : notre monde est parfait. Tout va bien et tout est beau dans le meilleur des mondes en d’autres mots. Alors quand une voix s’élève contre la majorité, elle ne peut venir que d’un être fou dont il faut étouffer la ferveur et pousser au ban de la société. Pourtant, cette différence est essentielle, car c’est de la différence que naît l’avenir. Elle engendre l’éveil, l’imagination, la création et l’évolution des civilisations.

À travers son récit, Julien Maero oppose ainsi l’esprit collectif et l’individualisme. Toutefois, il ne les représente pas de manière manichéenne. Si le premier est important pour vivre ensemble sans se détruire, le second reste essentiel pour contrer les visions dominantes et totalitaires où l’expression de la diversité est anéantie. C’est la marginalité qui éveille Jason de son doux rêve dissimulant la réalité. Or, il faut se confronter à la réalité pour avancer. Inversement, un individualisme trop prononcé mène à l’égoïsme, et quand celui-ci devient la norme, il engendre un déséquilibre qui peut être fatal.

Quand le doute s’insinue dans l’esprit de Jason, celui-ci se tourne d’abord vers ses professeurs. J’ai trouvé cet élément intéressant, car il pose la question de l’importance de l’éducation et la confronte à la vision que l’on voit souvent partagée sur les réseaux sociaux ou transmise lors de manifestation. Je précise, avant de continuer, qu’il s’agit surtout de mon point de vue ici. L’éducation est brandie tel un bouclier contre l’ignorance et l’effet mouton. Pour ma part, je pense que l’enseignement est en réalité une arme. Il peut, certes, ouvrir l’esprit des enfants et des adultes à la tolérance, le vivre ensemble et les aider à développer un esprit critique, mais mal employé, il peut aussi leur faire un lavage de cerveau grâce au pouvoir des mots. Ceux qu’on rabâche à l’infini, qui s’insinuent et s’ancrent dans les esprits en étouffant les questionnements. J’ai, donc, trouvé rafraichissant de donner un rôle de berger aux professeurs qui répètent les saintes paroles de la société dans L’odyssée de Jason.

Cette richesse thématique est portée par une plume fluide et originale qui recourt à des tournures singulières. Julien Maero emploie des adjectifs inhabituels qui colorent son récit à côté des dialogues empreints de nuances (notamment avec l’humour matheux de l’un des profs) et les figures de style.

En bref, L’odyssée de Jason décortique le fonctionnement de la société en brisant le reflet de perfection qu’elle nous fait miroiter. L’auteur bouscule les esprits en jouant à l’équilibriste marchant sur la corde tendue entre l’esprit collectif et l’individualisme pour construire une réflexion sur le monde, notre monde, avec un dénouement interpellant.

La porte des Rois démons (La compteuse d’âmes, #1) de Mariann Helens

  • Titre : La porte des Rois démons (La compteuse d’âmes, #1)
  • Autrice : Mariann Helens
  • Éditeur : autoéditions
  • Catégorie : fantasy

La porte des Rois démons est un roman de fantasy de Mariann Helens. J’ai lu cette autoédition dans le cadre du partenariat avec Les plumes de l’imaginaire. La série La Compteuse d’âmes devrait dénombrer quatre livres.

Lorsque la nuit plonge sur le patelin d’Ibma, elle apporte les Creux. Des êtres sans âme qui mordent les humains pour agrandir leur troupe. Mesha se laisse surprendre et prend la fuite à la suite d’un combat rudement mené. Le lendemain, elle retourne dans le village pour subtiliser vivres, biens et têtes décapitées. Les premiers pour survivre, les dernières pour les rapporter à Galore afin que le mage puisse les examiner. Les Creux ont une origine mystérieuse. Depuis des siècles, leurs attaques se calquent sur un même schéma. Sauf que cette nuit change la donne. Plus nombreux, ses monstres désincarnés et aveugles semblent voir Mesha alors qu’aucune peur ni trace de sang frais ne la recouvrent. En chemin vers Ardeville, la mercenaire fait la rencontre d’Ascelin Brocardier. L’un des survivants de l’attaque d’Ibma, qui garde bien des secrets sur sa véritable identité.

L’univers de La Compteuse d’âmes se calque beaucoup sur notre Moyen-âge et la Renaissance en ce qui concerne la situation géopolitique. Nous sommes à une époque durant laquelle la religion patriercane a remplacé les anciennes croyances qu’elle enterre à coup de prosélytisme, de tortures et de bûchers. Vous noterez l’utilisation de la racine identique au mot patriarcat sur lequel l’autrice a basé cette religion. En effet, celle-ci est profondément misogyne. Les prêtres peuvent pratiquer la magie, mais quand une femme l’emploie, on l’accuse de sorcellerie et de servantes des démons. Vous voyez le topo. Les puissances magiques reposent sur un système bien pensé sur lequel je ne vais pas m’attarder. Je vous laisse le découvrir lors de votre lecture.

Lors des allocutions des moines, les citoyens et citoyennes sont séparés. Les hommes entendent en premier les paroles saintes, viennent ensuite celles offertes aux femmes. La romancière met donc en exergue l’obscurantisme à travers son livre en le renforçant et en le dénonçant grâce aux échanges de Mesha et d’Ascelin qui représentent la tolérance et l’ouverture d’esprit.

Les Anciens Dieux pourraient bien être à l’origine du mal qui va bientôt se déverser sur le monde des humains. Le récit de La porte des Rois démons fait office de préambule qui dépeint le contexte imaginé par Mariann Helens. Elle décrit son univers et sa mythologie passée et présente de long en large, ce qui donne quelques longueurs à ce premier roman. En effet, l’élaboration du suspense n’est pas maîtrisée, car beaucoup de nœuds d’intrigue et révélations sont prévisibles pour les lecteurs aguerris de fantasy. L’enjeu majeur apparait au début et ne subit son évolution qu’à la toute fin. Entre les deux, le récit se déroule en combats et discussions pour expliquer l’univers. L’absence de sous-trame, d’histoires parallèles (propre au tome un, j’entends) au fil conducteur global de la trilogie m’a dérangée, car je préfère les séries plus fournies en rebondissements. De plus, le manque de suspense a fortifié cette impression de faiblesse. L’écrivaine distille bien quelques mystères au cours de son récit, mais j’en ai vite compris l’issue. Par exemple, le secret de Mesha m’est apparu dès les premières pages lorsqu’elle est dans la taverne à écouter les deux paysans.

Malgré cela, j’ai apprécié ma lecture pour diverses raisons :

Mesha et Ascelin sont des personnages hauts en couleur. La mercenaire n’a rien d’une héroïne d’épique fantasy. Elle fuit dès qu’elle peut le village d’Ibma au lieu de tout faire pour le sauver. Elle a une vision de la vie qui oscille entre réalisme et pessimisme. Du coup, elle évalue les situations et les stratégies en n’omettant jamais les conséquences désastreuses qui pourraient en découler si elle défaillait. Néanmoins, elle ne renonce jamais à poursuivre son but et elle hésite peu à recourir à des méthodes brutales.

Ascelin est l’archétype du bourgeois gentilhomme bien élevé dont la vie a basculé. Il est doux, attentif et fait preuve d’une curiosité immense. Son intérêt et son sens de l’honneur ouvrent peu à peu le cœur de sa compagne de route avec laquelle il va se lier d’amitié en dépit de son passé. De prime abord, il pourrait paraître trop lisse, mais plus on pénètre dans son intimité et dans son âme plus on y voit une sorte de… fanatique d’un autre genre.

La plume de l’autrice est fluide et agréable à lire. Elle maîtrise la technicité des combats et de la verve médiévale. Le vocabulaire est précis sur l’armement et la façon de donner les coups. Cela démontre une grande recherche de sa part. Certains passages possèdent un peu trop de répétitions à mon goût. Certaines descriptions m’ont parue superflues, car elles n’ont pas d’impact dans l’histoire. Par exemple, celle des fortifications et des ponts étroits d’Ardeville dont elle appuie la puissance défensive longuement. Je m’attendais à une scène qui s’y déroulerait par la suite sans avoir à répéter l’aspect insaisissable de la place en brisant l’action au vu du soin que l’autrice prend à l’ancrer en nous. Cependant, on n’y retourne plus.

En bref, La porte des Rois démons, est un premier tome qui jette les bases d’une histoire qui aura sans doute plus d’éclat dans le second opus. En dépit de son classicisme, de sa linéarité et du manque de suspense, j’ai adoré la cristallisation de la misogynie du christianisme à travers le nom et les principes de la religion patriercane, ainsi que les personnages attachants et nuancés que sont Mesha et Ascelin.

L’âme perdue (Le Livre des Âmes, #3) de Sylvie Ginestet

  • Titre : L’âme perdue (Le Livre des Âmes, #3)
  • Autrice : Sylvie Ginestet
  • Éditeur : Livr’S Editions
  • Catégorie : fantastique

Avec l’approche d’Halloween, j’ai eu envie de me plonger à nouveau dans l’univers de Sylvie Ginestet avec le troisième tome du Livre des Âmes. La dernière page s’est tournée en me laissant un goût doux-amer sur le cœur.  

John est un employé modèle sans histoire. Pourtant, sa vie bascule en même temps que la rambarde du toit de l’immeuble de son boulot. Sur le chemin de la lumière, il se fait happer par une force dans les limbes où il fera la rencontre de la mystérieuse et incroyable Sophie qui refuse de quitter cette terre mortifère sans avoir accompli une tâche qui lui tient à cœur. La Mort part à sa rescousse, mais il trouvera sur son chemin les sbires de Victus.

Avec ce nouveau volet, l’autrice nous emmène visiter une partie de l’au-delà. Les limbes sont constitués d’âmes en décomposition qui engendrent une atmosphère horrifique et pestilentielle. Dans ce monde composé de différentes strates, les défunts peuvent subir la souffrance, ou pire devenir la cible du maître des lieux. On découvre également l’emplacement et le but de la Tour sombre.

Je n’ai pas accroché à ce tome qui m’a semblé manquer de profondeur. Parlons d’abord de l’antagoniste. Victus était un soldat qui a combattu durant la bataille de Poitiers. Il domine à présent les limbes et en veut à la Mort. Ces deux lignes résument ce que l’on apprend au cours de ce troisième opus. Pendant ma lecture, diverses questions m’ont traversé l’esprit sans trouver de réponse : pourquoi l’âme de Victus est-elle si pervertie ? Comment a-t-il fait pour s’approprier cette terre hostile ? D’où lui vient cette puissance qui l’a aidé à la conquérir ? Pourquoi la Mort ne peut-elle pas le vaincre ? Ainsi, Victus revêt la cape de méchant, mais le squelette qui la porte ne possède ni chaire, ni muscle ou encore ni peau dont les tatouages et les cicatrices nuanceraient le personnage.

Le deuxième élément qui m’a chiffonnée concerne la Mort et ses faiblesses mentionnées par l’écrivaine. L’histoire se déroule d’une telle manière que celles-ci me paraissent bien dérisoires par rapport à la puissance de la Mort. J’ai ressenti plus son infaillibilité que ses déficiences. Du coup, les combats n’amènent pas de tension ou de suspense. La seule partie du récit qui en dégage tourne autour de la figure de Sophie et de son secret jusqu’à ce que celui-ci soit dévoilé.

L’âme perdue est censé représenter un moment charnière dans la relation entre la Mort et Bethany. La première l’entraine avec elle dans les limbes qui ébranlent sa petite main préférée. La réalité dont elle devient la témoin doit la faire évoluer. Personnellement, je n’ai pas ressenti l’évolution de Bethany, car elle ne traverse pas d’épreuves en tant que telles. Son maître la protège même en l’envoyant sur une autre mission. Ainsi, les changements évoqués par Sylvie Ginestet ne m’ont pas paru palpables.

Enfin, je n’ai pas saisi l’importance de Josh pour la Mort. Certes, il s’agit d’une âme volée par Victus, déviée du chemin vers l’au-delà et le paradis, mais il s’avère que l’impact de son enlèvement décrit au début ne trouve pas de raison valable au fil de la lecture. Je n’ai vraiment pas compris pourquoi la Mort doit absolument retrouver Josh et le sauver. L’évocation de la pureté de son âme ne me satisfait pas comme explication, car à la fin du livre, je n’ai pas eu l’impression qu’il était si différent des autres âmes perdues.

En bref, L’âme perdue est une lecture en demi-teinte. J’ai aimé retrouver La Mort et Bethany ainsi que découvrir le paysage morbide des Limbes, mais je n’ai pas adhéré au développement de l’histoire qui m’a paru trop léger et manquant de nuances en ce qui concerne l’antagoniste. J’espère que le quatrième tome sera meilleur.