Le cœur de foudre (Les contes de Verania, #1) de T.J. Klune

  • Titre : Le cœur de foudre (Les contes de Verania, #1)
  • Auteur : T.J. Klune
  • Éditeur : MxM Bookmark
  • Catégories : comédie romantique, fantasy

Le mois de juin a été synonyme de période creuse. Je manquais de concentration lors de mes lectures. Le besoin de lire des histoires légères s’est donc refait sentir. Après avoir relu des mangas chouchou, je me suis forcée à retourner ves ma grande PAL qui ne déborde pas de lectures permettant à mes neurones de se reposer. Après tout, j’aime décortiquer les pièces de puzzle que l’auteur.rice me propose. Je me suis alors rappelé Le cœur de foudre que j’avais acheté lors de la campagne de 2021 de L’Op All Star.

Au royaume de Verania, Sam devient l’apprenti du sorcier royal après avoir transformé des voleurs de fripes en pierre. Accompagné de Gary, la licorne gay décornée et de Tiggy, le semi-géant, il passe son temps à échapper aux griffes des créatures et autres magiciens qui le capturent continuellement. Laissant le cadavre déchiqueté de son dernier ravisseur, il rejoint le château où il fuit le fringant et impeccable chevalier Ryan Foxheart qui est le compagnon du prince. Les choses se compliquent quand un dragon kidnappe ce dernier et qu’il doit faire équipe avec Ryan pour le retrouver.

Le cœur de foudre est une comédie romantique MxM baignée dans un univers fantasy basique dans lequel se côtoient diverses créatures. Les principes qui régissent Verania sont simples et peu explorés vu qu’il se focalise sur l’amour. Toutefois, la matérialisation de la magie par une couleur apparaissant dans le champ de vision de Sam s’avère originale. Je ne me rappelle pas avoir croisé cela auparavant. C’est comme si l’auteur intégrait la notion de magie blanche, rouge, verte, etc. en leur donnant corps. Notre héros qui possède de grandes capacités semble voir uniquement le vert et son pouvoir influence la terre (rappel de la pierre évoquée plus haut). Cependant, rien n’indique que la sorcellerie soit élémentaire. Afin de canaliser sa magie et d’éviter de tourner en mage obscur, le sorcier a besoin d’une pierre angulaire. Pour Sam, cette pierre n’est autre que Ryan. Non seulement son cœur bat chamade à ses côtés, mais il s’apaise et se sent sûr de lui. 

Si j’avais quelques problèmes avec le côté pipelet de Sam au début, je me suis vite régalée par ce sauvetage rocambolesque dont les dialogues n’ont parfois ni queue ni tête. Les échanges tournent majoritairement autour du sexe et de l’absence de vie sexuelle du protagoniste qui a une répartie à mourir de rire. Certains passages m’ont tout de même fait grincer des dents, car j’ai l’impression que l’on reprend les tares sexistes des romances ou d’autres récits comme le fait d’user seulement des insultes à connotation féminine (Garce) à tout va entre “copines”. Je n’exprime que mon ressenti de lectrice qui ne lit pas beaucoup ce genre. Du coup, je ne sais pas dire si T.J. Klune inclut de manière inconsciente ce comportement que l’on dénonce, car seuls les personnages féminins en sont l’objet, ou s’il le fait dans un but humoristique vu qu’il se joue déjà des clichés liés aux licornes et aux preux chevaliers. Je n’ai clairement pas les connaissances pour trancher, je vous laisse seul juge. Je précise que je ne lance pas non plus de débat.

Ce premier tome présente des personnages hauts en couleur. On a Morgan des ombres, le maître de Sam qui revêt un masque d’autorité qui s’adoucit au comportement de son élève qu’il connaît par cœur. Gary la licorne diva qui est de bon conseil malgré son égocentrisme. Il suffit d’un compliment grandiloquent pour qu’il change d’avis tel une girouette portée par le vent. Si à première vue, Tiggy est le stéréotype du demi-géant pas très malin, on se rend compte qu’il est bien plus délicat et perspicace que l’on puisse le croire. Il doit juste apprendre certains aspects, certaines nuances de la vie comme un enfant intelligent. Enfin, on a le dragon nymphomane.

Notre héros est bavard, sensible et il possède un grand cœur. Il brandit l’humour comme bouclier lorsqu’il se sent mal ou souhaite dissimuler ses vraies pensées. Il doit son surnom d’Indomptable, car personne n’arrive à lui mettre le grappin dessus. La relation avec Ryan se développe en quiproquo. En bon aveugle, Sam ne se rend pas compte des gros indices comme des montagnes que le comportement de sa pierre angulaire lui lance. Le chevalier est possessif, même s’il est officiellement lié avec Justin par serment et honneur. Il s’insinue dans la vie de l’apprenti sorcier de façon flagrante, créant des moments mignons et tendres qui finissent souvent en scène bien poilante.

Le style de TJ Klune est dynamique, aux couleurs de l’arc-en-ciel et simple tel un spectacle rempli de paillettes et de clownerie qui permet de passer un bon moment si on n’est pas prude. Il dénonce des comportements abjects, comme l’absence de consentement (on ne lèche pas la main d’une personne pour le séduire, par exemple).

En bref, j’ai lu Le cœur de foudre au bon moment. Étant dans une période difficile, cette lecture sans prise de tête, plongée dans un univers de fantasy et de punchlines déjantées, m’a fait l’effet d’un feel-good. Si jamais vous avez des lectures similaires teintées de magie, n’hésitez pas à me les partager. 

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Second Souffle de K. Sangil

  • Titre : Second Souffle
  • Autrice : K. Sangil
  • Éditeur : Nutty Sheep
  • Catégories : romance fantastique, vampires

Je vois déjà vos yeux écarquillés de surprise en lisant romance et vampire. Vos neurones sortir des tiroirs de la mémoire le fameux : “elle n’avait pas dit qu’elle n’aimait pas beaucoup ces deux genres ?”. Vous avez raison, mais je ne pouvais pas passer à côté de cet ouvrage écrit par ma collègue et amie K. Sangil dont j’ai déjà bêta-lu des nouvelles (dont celles de 11 Contes et légendes revisités et 10 destinées). Elle appartient à cette catégorie d’autrices dont la plume réussit à me tirer hors de ma zone de confort et à frayer avec l’en.. euh les créatures et les genres que j’apprécie le moins. Second Souffle m’a-t-il convaincu ? Voici ma réponse : 

À 16 ans, Eustenée Milesi embrasse son destin avec fierté et tristesse. Elle doit porter le dernier souffle du Premier Né vampire pour l’offrir à son successeur. Cette transmission de pouvoir suscite jalousie et avidité, car une partie des suceurs de sang déteste le Traité de Paix avec les sorcières et l’ombre dans laquelle leur condition les oblige à vivre auprès des humains. Sa rencontre avec le traqueur Lajos Walkil va bousculer sa vie et son cœur, pour le bien comme pour le pire. 

Le roman s’ouvre sur une lettre écrite par Ellura Milesi, la mère d’Eustenée. Elle plante la situation initiale et les enjeux de façon succincte et captivante à la fois. L’histoire se déroule en 1890 dans l’empire austro-hongrois dirigé par François-Joseph Ier. Vous savez l’époux de la femme la plus célèbre et tragique de ce pays : Sissi. Juste par la mention de cette duchesse et iméparitrice, je suis sûre que la scène vient de se dessiner d’un coup dans votre esprit : des châteaux, des bals, des robes somptueuses, des conspirations… 

C’est dans ce contexte que prend place la romance entre Eustenée et Lajos. La première partie du livre développe l’amour entre ces deux âmes tandis que la seconde nous plonge dans les complots liés à la révolte populaire qui secouent la Hongrie. J’avoue avoir eu un peu de mal à imbriquer certains passages, car ce morceau d’histoire que je ne connais pas est juste esquissé et sert surtout à renforcer le lien qui unit Eusténée et Lajos. J’aurais d’ailleurs aimé avoir plus de complots et de sournoiseries, mais je comprends qu’il ne s’agit pas d’un roman historique à la Ken Follet dans lequel les coups bas sont roi. Le genre principal est la romance et les fans de ce type littéraire ne seront pas déçus. 

K. Sangil a réussi à briser mon cœur de pierre grâce à l’émotion qu’elle insuffle dans les relations et interactions entre ses personnages. Et ce, même dans les scènes de sexe qui sont bestiales pour certaines. Un point m’a frappé dès les premières pages : l’esprit de famille qui unit Eustenée et ses parents. N’étant pas friande de récits vampiresque, je ne peux affirmer que cet aspect est original. Les férus vont peut-être lever les yeux aux ciels devant mes idées vieillottes et dépassées sur ces créatures. Je ne cache pas que hautains et sensuels sont les mots qui me viennent les premiers en tête pour les décrire. Dans Second souffle, Karey le père respire d’amour pour sa femme sorcière et sa fille. On ressent la chaleur et l’union de cette famille avec une force qui m’a fait fondre. Surtout quand on sait les épreuves que les parents ont dû endurer pour convaincre leur clan à cause de la guerre ancestrale entre vampires et sorcières.

À leur rencontre, Eustenée n’apprécie pas Lajos en raison de son attitude froide et rustre envers sa mère et elle. Du coup, je pensais avoir affaire à un ennemi to lovers. Cependant, ce passage m’a paru tellement rapide que je ne le glisserai que partiellement dans ce trope. Le couple devient inséparable en quelques pages, même si des problèmes surgissent dans leur idylle, notamment dus au statut particulier de Lajos et à ses préjugés. 

Ce chasseur solitaire ne se rend pas compte que certains de ses comportements peuvent engendrer des situations délicates. De plus, son dégoût des sorcières ne facilite pas les relations. Sa fidélité envers Karey, les souvenirs du Premier Né et l’amour qu’il porte à Eustenée vont l’aider à les surmonter à ouvrir la porte d’une nouvelle ère. 

En bref, Second souffle est une romance fantastique mettant en scène la puissance de ce sentiment qui vainc les différences raciales et  les ambitions personnelles d’individus peu recommandables. La plume captivante de l’autrice qui peint les émotions sans filtre m’a plongée dans ce récit flirtant avec l’histoire d’un pays que je connais peu. Même si elle manque de conspirations et faux-semblants pour pimenter les rebondissements à mon goût, elle fait parfaitement son job dans ce genre littéraire.