La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard

  • Titre : La vie est belle et drôle à la fois
  • Autrice : Clarisse Sabard
  • Éditeur : Charleston
  • Catégories : romance, comédie

Je suis très pointilleuse dans le choix de mes comédies romantiques. Me faire rire n’est pas aisé mais me parler d’amour en me touchant l’est encore moins. De plus, je ne me laisse pas facilement avoir par les titres de noël, car cette fête est trop commerciale à mon goût. Lorsque j’ai entendu parler de La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard, le pitch de départ m’a interpellé.

Léna déteste noël. Pourtant, elle se laisse embobiner par le mail de sa mère qui souhaite annoncer de vive voix une nouvelle importante aux alentours de cette fête. Une fois arrivée dans sa maison et sa ville natales qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir un mot de sa maman les plantant, elle, son frère et sa nièce pour réaliser son rêve. Loin de déguerpir, Léna reste et va pratiquer les traditions de noël à côté de Tom et de Violette. Elle redécouvre Vallenot et renoue avec de vielles connaissances comme Clément.

Si le postulat de départ m’avait attirée, j’ai fini par être déçue par cette intrigue bien trop prévisible et sans originalité. Je n’ai pas adhéré au rythme du livre qui dévoile le fil tellement lentement que les épisodes m’ont semblé anodins et sans réelle incidence sur le changement d’esprit du personnage principal.  L’équilibre des révélations m’a paru mal géré. Je sais que ce n’est pas un thriller mais la vérité sur le passé enfoui qui a engendré la haine de cette fête méritait d’être mieux distillée. Les moments-clés m’ont semblé arriver pour la plupart comme un cheveu dans la soupe. Ils ne sont pas amenés subtilement. Ce n’est seulement qu’à la fin que j’ai commencé à vraiment accrocher.

La plume est plutôt passe-partout. Les tournures de phrases sont simples, légères avec une pointe d’humour. Malheureusement, la mayonnaise n’a pas pris car c’est prévisible et j’ai l’impression d’avoir trop souvent lu ce genre de phrases comiques. A côté de ce style générique, la romancière fait tout de même appel de temps à autres à des termes issus du monde psychologique.

Les personnages ne m’ont pas spécialement marquée. Léna est une entrepreneuse sûre d’elle et qui est cash ce qui l’a rend par moment un peu méchante. Elle est bosseuse et fortement critique. Toutefois, elle a un côté superficiel digne des magazines féminins. Tom est le frère et le père qui aime sa famille mais qui ne sait pas gérer toutes les crises. Il a d’ailleurs parfois du mal avec sa fille Violette qui est gentille et qui cultive son côté rebelle d’adolescente. Le seul acteur qui a retenu mon attention est leur grand-mère: Jacotte. Elle est un mélange entre la mamie gâteau et un certain atypisme par sa façon de penser et sa manière jeune d’agir.

En bref, La vie est belle et drôle à la fois est une comédie romantique qui partait d’une idée alléchante mais qui s’est retrouvé bien fade une fois entamée. Une histoire qui passe le temps et qui ne restera pas dans ma mémoire.

Oblivictus de Sylvine Ploix-Hugé

  • Titre : Oblivictus
  • Autrice : Sylvine Ploix-Hugé
  • Éditeur : Lansdalls éditions
  • Catégories : science-fiction, anticipation, romance

Oblivictus fait partie de mes achats de la Foire du Livre de Bruxelles 2019. Ne connaissant pas l’éditeur, je me suis approchée de leur petit stand. Mon regard s’est porté sur ce bouquin en raison de son titre accrocheur et de sa couverture soignée qui sent bon la science-fiction.

Juillet 2038. Mila attend patiemment à l’extérieur du laboratoire de ses parents pour aller manger avec eux. Ils travaillent dans le domaine de la mémoire. Un sujet qui passionne également leur fille. Soudain, une série d’explosions souffle le bâtiment. Mila se réveille allongée sur un lit d’hôpital où des urgentistes s’affairent autour d’elle. En état post-traumatique, elle se débat et reçoit un tranquillisant. En attendant que celui-ci fasse effet, elle est laissée sous la surveillance d’un infirmier, Rafael Alcaroz, qui profite du moment pour lui faire une injection dans le cou. Elle devient la patiente 34. 

Mila se réveille du coma le mois suivant. Son frère Noa, un as de l’informatique, est à son chevet complètement paniqué par son état et rassuré qu’elle se réveille enfin. Suite au choc de la mort de leur parent, une partie de leur mémoire a disparu. La fratrie va devoir se serrer les coudes pour retrouver l’histoire manquante. La mémoire effacée.

Ce roman d’anticipation explore une réalité basée sur les attaques terroristes réelles de novembre 2015 puis fictives de 2019, et du protectionnisme qui en découle. Le territoire est découpé en communautés soit disant pour raviver la solidarité. La peur de l’intrus reste pourtant forte. Pour passer de l’une à l’autre, des camps d’intégration sont organisés. Une certaine communication via le sport existe tout de même bien qu’elle suscite plus la rivalité que la cohésion. Mila et Noa sont des citoyens de Mirenvella dans l’arrondissement de Bellevue. Après l’attentat à la bombe, ils vont être transférés dans celui de Bonne Aventure.

La première partie de l’intrigue est captivante. Dès le début du prologue, j’ai été happée. Il commence sur une touche un peu philosophique et contemplative, et enchaine sur la description du personnage principal et de l’univers dans lequel il évolue. L’enchantement dans lequel j’étais plongée, s’est rompu dans la seconde partie du livre lorsque l’histoire tourne plus à la romance qu’au combat.

Rafael est le genre soft du bad boy. Il est asocial, antipathique, hautain et peu aimable. Il préfère éviter le contact et la communication mais il prend soin de ses patients. Comme dans beaucoup de romance de ce type, il a un triste passé qui permet d’excuser son comportement odieux auprès de Mila. Celle-ci tombe amoureuse de lui parce qu’il existe un loi universelle disant que deux âmes sont faites l’une pour l’autre et que même si l’autre agit de manière horrible avec elle et lui fait dire qu’elle le déteste, elle ne peut défaire le lien qui les unit. Bref, vous l’aurez compris. Je ne suis pas une adepte du coup de foudre au premier regard juste parce que le mec à une belle nuque et une tablette de chocolat, alors qu’il se comporte comme un enfoiré même après l’évolution de leur relation de couple. Étant une humaine paradoxale ce type de romance peut m’émouvoir. Certains livres ont déjà réussi cet exploit car je peux comprendre que tout le monde n’est pas un génie des relations sociales et que l’on peut agir de façon maladroite. Oblivictus n’entre pas dans le camp des vainqueurs.   

L’intrigue en elle-même est bien développée et plutôt cohérente. Toutefois, en étant attentif il est possible de comprendre les événements, les retournements de situation et les identités des personnages avant qu’ils soient exposés. Contrairement à ce que j’avais compris suite au résumé et à la dédicace de l’autrice, l’histoire ne se compose pas comme une réelle enquête avec des indices dissimulés et une résolution finale. Il s’agit plus d’une suite de révélations qui permet de comprendre pas à pas ce qui s’est passé. Certaines actions m’ont semblé improbables pour une personne blessée. Pour ne pas trop en dire, j’exemplifierai seulement par le passage où Rafael laisse Mila porter un sac à dos sur le ventre alors que son abdomen est suturé. Je doute qu’une personne ayant un bon sens médical comme lui la laisserait faire.

Les personnalités de Mila et de Rafael ont été bien travaillés par l’autrice dans l’ensemble. Néanmoins, la réaction de notre amnésique suite à son sentiment de trahison vis-à-vis de son frère, et à la fin, est trop irréelle et rapide. Vu sa situation et sa condition, elle accepte trop facilement les explications à mon goût.

Enfin, le style de Sylvine Ploix-Hugé est agréable et fluide. Son roman est parsemé de termes et d’explications sur le sujet de la mémoire. Les pathologies sont facilement compréhensibles et ce fut un plaisir d’en découvrir plus sur cette matière. Certains passages furtifs possèdent un côté moralisateur. En plus de l’individualisme et la peur de l’autre, elle met en avant la dépendance à la technologie, l’impatience des gens qui ne savent plus attendre ni prendre le temps d’apprécier ce qui les entoure comme si on avait peur de s’ennuyer.

En bref, l’histoire d’Oblivictus est intéressante pour le côté scientifique sur lesquels il est basé et pour les idées probables et réalistes de l’univers. C’est juste dommage qu’elle change de trajectoire en cours de route et se transforme en romance sur fond de science-fiction.   

Ghost in Love de Marc Levy

  • Titre : Ghost in Love
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Robert Laffont/Versilio
  • Catégories : comédie, fantastique, romance

Lorsque j’ai vu pour la première fois Ghost in Love en miniature sur Internet, j’ai d’abord cru que c’était l’édition anglaise d’un précédent livre de Marc Levy. Non en raison du titre (je n’avais pas vu le sous-titre en français en plus) mais pour sa merveilleuse couverture. Si j’apprécie l’auteur, aucune des illustrations que ce soit des éditions originales ou des nouvelles, ne m’ont jamais marquée. D’où mon erreur quand j’ai aperçu la magnifique Ghost in Love.

Ce roman raconte l’histoire rocambolesque de Thomas qui s’envole vers l’autre côté de l’Atlantique pour exaucer le vœu de son père, ou devrais-je dire sa dernière volonté secrète ? En effet, Raymond est décédé il y a 5 ans en emportant avec lui une partie de sa vie cachée. Il demande à Thomas de parcourir des milliers de kilomètres pour mélanger ses cendres à celles de la femme qu’il a profondément aimée, qui vient de mourir et qui n’est pas la mère de Thomas.

Entre faire entrer illégalement les cendres d’un défunt aux USA et infiltrer l’enterrement d’une inconnue, les protagonistes vont traverser et engendrer des situations absurdes et cocasses. Dans cette intrigue, l’écrivain renoue avec les ingrédients magiques qui avaient fait de son premier livre Et si c’était vrai une aventure trépidante, hilarante et touchante. Fantôme, amour, humour s’entremêlent pour offrir un gâteau savoureux sans avoir autant d’impact que son premier best-seller dont il fait ressurgir Lauren et Arthur.

Bien entendu, Marc Levy ne parle pas uniquement d’amour fantomatique. Thomas se fait limite harcelé par son père et sa mère car sa vie de pianiste professionnel et son caractère ne favorise pas une vie de couple ou de famille. De plus, il n’en a pas vraiment envie. Ce portrait de la vieille génération engluée dans l’image d’une vie réussie et accomplie grâce à la naissance de petits-enfants et qui pressent leur progéniture à se caser et procréer, est réaliste. Bien que les femmes en font plus souvent l’objet que les hommes. Autant vous dire que j’ai ressenti de la compassion envers Thomas dans ces moments. 

La famille et les enfants est un thème cher à l’auteur. En dédiant sa comédie fantastique à son père et en lançant dans le prologue : « Dis, Papa, c’est quoi être un père ? », le sujet ne pouvait pas être évité. Si l’intrigue ne finit pas par un happy end à la sauce conte de fées (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), les balbutiements d’une romance vont apparaitre pour le pianiste et ne va pas empiéter sur l’objectif principal de l’histoire.

Comme toujours, l’écriture du romancier est fluide et les traits d’humour sont croustillants. Bien que les personnages restent assez sobres, naturels et semblables à ses protagonistes passés, je me suis délectée de ce bouquin bien plus qu’Une fille comme elle que j’avais lu au printemps.

En bref, si Ghost in Love n’égale pas Et si c’était vrai, c’est un plaisir de lire à nouveau un Marc Levy mêlant fantastique, fantôme et humour dans une histoire pleine des situations cocasses autour de l’enterrement et de la mort.

Deijan (Nordie, #2) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : Deijan (Nordie, #2)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : L’ivre Book
  • Catégorie : Fantastique médiéval, romance

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome, évitez de lire cette chronique. En effet, je ne peux aborder ce deuxième opus sans évoquer des événements majeurs du premier. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entraînerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Après l’apaisement du tumulte émotionnel qui m’avait envahie lors de la lecture du premier livre, j’ai finalement ouvert les pages du second volume de Nordie de Cécile Ama Courtois avec sérénité. La situation à la fin de l’épisode précédent pouvait suggérer que Guilendria allait se transformer en princesse en détresse. Mais cette pensée est tout de suite à écarter quand on connaît l’autrice.

Si la partie deux de cette duologie porte le nom de Deijan, c’est Guilendria qui reste l’héroïne de l’histoire. L’intrigue reprend là où la romancière s’est arrêtée. Ici, il n’y a pas de bond dans le temps pour lancer la course-poursuite contre les écumeurs. Le premier chapitre s’ouvre sur le château en flamme et la vivacité de Jorel et de Sauge à prendre les choses en main pour sauver Deijan et son personnel de l’incendie. Ensuite, le récit prend un tournant inattendu pour ce genre de roman bien que certains points restent prévisibles. Il se focalise d’une part sur la convalescence du comte et d’autre part sur la bataille de Guilendria pour survivre aux écumeurs et à la réalité qui lui saute aux yeux.

La comtesse de Bucail analyse rapidement la situation et elle se rend vite compte de l’échappatoire qui s’offre aux habitants du château. Elle décide de continuer la lutte psychologique qu’elle a lancée contre Ifhoras mais celle-ci ne la laissera pas indemne et la découverte de sa destinée va lui faire comprendre la naïveté de sa vision du monde et la tâche importante qu’Esca lui a confiée.      

Au cours de sa captivité, elle rencontre des personnages surprenant et surtout des femmes courageuses qui ont réussi à rester vraies malgré les épreuves qu’elles ont endurées. Je pense principalement à Kharyne, la sorcière aux chats qui m’a immédiatement plu.

Parallèlement, Deijan tente de prendre son mal en patience pour guérir et rassembler les troupes pour débusquer les écumeurs et récupérer son épouse. L’incendie signe d’une certaine manière la fin de ce qu’il est devenu après sa prise de fonction à la tête du comté. Toutefois, personne ne change du jour au lendemain même suite à un événement tragique. Dans le précédent volume, j’ai eu envie de le frapper et dans cet ouvrage, j’ai encore été prise par ce désir mais pas pour les mêmes raisons. En gros, on peut dire que Deijan est une tête à claque !

Le comte du Bucail revête la notion de chevalier et de seigneur avec l’ensemble des stéréotypes que l’on attribue habituellement à ce titre. Grâce à Guilendria, il ouvre peu à peu les yeux sur les gens qui l’entourent et la culpabilité le saisit à la gorge à de nombreuses reprises. Néanmoins, Deijan est orgueilleux et c’est sa dignité typiquement masculine qui le fait avancer aux risques d’aggraver sa situation et de faire souffrir autrui. Il est loin d’être aussi posé et intuitif que sa femme. Son évolution est lente et il me fait l’effet d’un enfant naïf qui ne peut comprendre les choses que si on lui explique et qu’on l’aide à ouvrir les yeux. Pour ma part, je pense qu’il a encore beaucoup à apprendre avant d’être pardonné pour son comportement et sa stupidité.  

Dans ce deuxième tome, le royaume de Nordie se dévoile un peu plus. Avec ses conflits, son histoire et la nature des prêtresses d’Esca qui peut être considérée comme la partie magique de ce roman fantastique médiéval sur fond de romance. Cependant, je conçois leurs pouvoirs moins comme une puissance surnaturelle que comme l’expression d’une sensibilité accrue au monde et aux êtres qui les côtoient ainsi qu’à une grande expérience dans l’art médicinal.

En bref, la seconde partie de Nordie laisse de côté la romance pour mettre en avant une histoire faisait place aux valeurs humanistes et à la révélation de soi. Elle est moins riche en émotion mais reste plaisante à lire.

Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2) de Sylvie Ginestet

  • Titre : Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2)
  • Autrice : Sylvie Ginestet
  • Éditeur : Livr’S Editions
  • Catégorie : Fantastique, Romance

« A vous lecteur, cet article sera le dernier si vous êtes allergique au spoiler » C’est avec ce clin d’œil à l’autrice du Livre des Âmes que je vous déconseille de lire cette chronique si vous n’avez pas dévoré le précédent tome. En effet, il m’est impossible d’aborder ce second opus sans évoquer un événement majeur qui se déroule dans le premier livre de cette saga. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entrainerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Le Champ des Loups se situe un certain temps après l’irruption volcanique provoquée par l’ire de la Mort qui n’a pas apprécié la désobéissance d’Arny. La plaine est devenue une terre mémorielle pour la seule survivante : Emma. Celle-ci souhaite reconstruire et redonner vie à sa ville natale. Avec force et persévérance, la jeune femme réussit à avoir l’accord et le soutien du gouvernement pour développer son projet. Elle débarque sur ce lieu de désolation où les loups ont repris leur droit sur le territoire, et elle est déterminée à accomplir le but qu’elle s’est fixée : Faire de cet endroit un lieu de vie et de tourisme en cohabitation avec les loups. Pour cela, elle renomme La Plaine en Champ des Loups.

L’histoire de ce deuxième volume ressemble à un prologue car elle est axée sur la renaissance de ce patelin montagneux et elle établi les relations entre Emma et les autres protagonistes. Vur est devenu un beau loup qui fait office de familier, de guide et de protecteur. Il est le lien entre la Mort et Emma. Ayden est un reporter muté sur place pour couvrir la mission. D’abord perplexe, il va prendre goût à l’aventure et s’investir autant professionnellement que personnellement. Enfin, Paul est le meilleur spécialiste des loups et il est appelé pour édifier une maison d’observation des meutes locales.

Mise à part quelques interventions de la Grande Faucheuse, le roman développe surtout un projet de vie et une histoire d’amour agrémentés d’une pincée de fantastique mortelle à la sauce Sylvie Ginestet bien entendu. Malgré cette impression de prélude, les pages défilent facilement sous les yeux et les doigts grâce à l’écriture fluide de la romancière qui pallie au manque d’action qui était plus présente dans le premier tome. Les personnages principaux sont tous plus attachants les uns que les autres. Et cette fin ! La romancière lance l’intrigue du troisième bouquin qui promet d’être intéressant. Elle sait comment allécher ses lecteurs et délier les cordes de leur bourse.

En bref, Le Champ des Loups est plus calme et paisible que son prédécesseur tout en restant plaisant à lire. Il semble placer les pions sur l’échiquier pour un prochain épisode. Du moins, c’est le sentiment ressenti au fil de la lecture. J’ai hâte de me procurer le suivant.  

Une fille comme elle de Marc Levy

  • Titre : Une fille comme elle
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Pocket
  • Catégorie : Comédie, Romance

Marc Levy et moi c’est une grande et longue histoire. Je mentirai si je disais que je n’avais pas lu tous ses romans (sauf le tout nouveau sorti en 2019) et si je ne gardais pas une petite place dans ma mémoire pour ses sorties annuelles, avec toujours cet espoir que la nouveauté sera aussi passionnante et pleine d’émotion que mon premier amour : Et si c’était vrai. Cette fois-ci, c’est raté.

Loin d’être déplaisante, Une fille comme elle est tout simplement une comédie romantique typée grand public. Elle est facile à lire, peu profonde, malgré les grandes idées sous-jacentes, et terriblement prévisible.   

Deepak travaille depuis des années comme liftier au numéro 12 de la 5eme Avenue et il est fier de son poste. Discret, il monte et descend les locataires de ce petit immeuble en pierre de taille et compte les kilomètres parcourus pour atteindre l’équivalent de trois mille fois la hauteur du Nanda Devi. Deux éléments vont venir perturber son quotidien réglé comme une horloge suisse. Le premier est l’arrivée de son neveu Sanji tout droit venu d’Inde pour développer son entreprise auprès d’investisseurs américains. Le deuxième est l’accident de son collègue de nuit qui est cloué pendant plusieurs mois au lit et qui met en péril le futur professionnel de Deepak. Embrigadé malgré lui dans cette affaire, Sanji accepte de jouer les remplaçants surtout que ça lui permet de se rapprocher de l’atypique et charmante Chloé.

Une fois le décor planté, les protagonistes se révèlent au fil des pages. Leur histoire et les épreuves par lesquelles ils sont passés sont loin d’être faciles. Surtout concernant Chloé dont la vie actuelle commence avec le tristement célèbre « 14h50 » à Boston. Pourtant, j’ai trouvé leurs caractères et leurs manières d’être fortement similaires et légers. Petit fait étonnant, j’ai souvent oublié l’invalidité de Chloé sauf quand l’auteur en fait mention lors de différents passages. Je ne sais pas si c’est le pari de Marc Lévy de la rendre « normale » aux yeux d’autrui et de mettre en avant principalement sa force mentale et sa détermination ou si c’est juste dû à ma nature de voir plus la personnalité des gens que leur handicap ou ce petit élément qui les met au ban de la société. La normalité n’est pas un concept auquel j’adhère. C’est une conception du monde qui est décidée par l’être humain pour faire entrer les gens dans un moule. Nous avons tous nos petites particularités et c’est ce qui forme notre richesse.  

Revenons à nos moutons après ce minuscule intermède philosophique pour parler des points que j’ai le plus appréciés au cours de cette lecture. Le développement de l’intrigue au sein de certains personnages secondaires est bien plus intéressant que la trame principale. Je n’en dirais pas plus pour éviter de spoiler mais un épisode m’a fait sourire. Enfin, le cadre et la dualité ancien-nouveau, humanité-robotique sont plaisants. Je parle évidemment de l’antique ascenseur dont on s’imagine très bien les grilles et le levier actionné par le liftier en costume.

En bref, loin d’être le meilleur récit de Marc Lévy, Une fille comme elle a le mérite de divertir tout en évoquant des concepts importants. Une bonne comédie romantique new-yorkaise sans prétention et sans surprise.

Guilendria (Nordie, #1) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : Guilendria (Nordie, #1)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : L’ivre Book
  • Catégories : Romance, Erotique

Au départ, j’avais jeté mon dévolu sur le recueil de nouvelles Mère-Fée pour poursuivre mon aventure dans l’univers de Cécile Ama Courtois. L’avenir étant rempli d’incertitudes et de surprises, j’ai reçu gratuitement le premier tome de Nordie suite à une promotion pour la journée internationale des droits de la femme. Cette combinaison lors d’un événement qui devrait durer tous les jours de l’année, ne pouvait que m’intriguer.

L’histoire de ce premier opus se déroule dans un monde médiéval imaginé par l’autrice qui puise dans les us et coutumes de notre passé. Si le royaume de Nordie prie la divinité féminine Esca, les mâles ont toujours le rôle de chef de famille et les femmes sont confinées au foyer. Toutefois, on peut compter sur Cécile Ama Courtois pour remédier à cette vision avec éclat.

Guilendria d’Éteule est fiancée depuis son enfance à Deijan de Bucail. De nature discrète, voire transparente, elle nourrit au fil des années l’image du prince charmant et de la vie conjugale idéale. Malgré son érudition et sa connaissance des plantes médicinales, elle n’a aucune ambition sinon de finir dans les bras de celui dont elle rêve.

Aux premiers abords, Deijan semble être l’homme parfait. Second fils du comte de Bucail, il parcourt les terres de sa majesté pour mettre fin aux rapines des écumeurs. Il est reconnaissant envers le travail de ses subalternes, amoureux de sa patrie et libertin. Son indépendance prend fin avec la mort prématurée de son frère ainé car il se doit de revêtir le titre de comte. Mais il a en horreur les devoirs qui sont liés à ses nouvelles fonctions dont celui de donner naissance à un héritier pour la pérennité de la lignée. C’est pourquoi son union avec Guilendria tourne rapidement au cauchemar pour cette dernière. L’attaque surprise des écumeurs va venir pimenter ce drame et révéler la force et la détermination de notre petite poupée de porcelaine au cœur brisé.

Le tome 1 de Nordie est une explosion d’émotions. Je suis passée tour à tour de l’engouement à la colère, de la haine à l’amour, du malaise au confort, du dégoût au désir. J’ai eu envie d’apparaître dans certaines scènes pour secouer les protagonistes ou pour les encourager. Et à la fin de ce maelstrom, je me suis dit en reprenant mon souffle : « c’est bien la première fois, que je vis autant en si peu de pages ». 

Les choix de la romancière facilitent le vécu de ces sentiments et la compréhension des psychologies pourtant complexes de nos deux héros. En effet, les chapitres sont répartis entre Deijan et Guilendria. La narration est à la première personne du singulier ce qui permet d’intégrer plus aisément les deux points de vue et ce qui explique l’aiguille folle de la balance sentimentale qui ne cesse de pointer un côté et son opposé dans un cours intervalle.   

J’aimerais également saluer l’écriture de l’autrice qui adapte son style à l’univers qu’elle dépeint. Dans Nordie, elle emploi un langage proche de la romance courtoise moyenâgeuse sans en emprunter sa lourdeur et en parsemant le récit de réflexions comiques. Ses recherches documentaires préalables à la rédaction se ressentent à travers sa plume et son vocabulaire d’époque. Et, il faut mentionner l’adaptation de certaines expressions telles : « Je me méfiais généralement de ces délations sous cape » qui ont retenues mon attention.

En bref, Guilendria est une romance qui ressemble à une montagne russe émotionnelle avec une héroïne qui déploie ses ressources aux moments opportuns. C’est un roman qui doit se lire dans son entièreté pour en comprendre l’originalité et le côté féministe.