Je vais choper mon boss (#2) d’A.D. Martel

  • Titre : Je vais choper mon boss (#2)
  • Autrice : AD Martel
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : comédie romantique

Après avoir dévoré le premier tome des aventures sentimentales d’Alexis, j’ai sauté rapidement sur le second livre qui clôt avec surprise, humour et brio cette romance.

Comme d’habitude, je vous conseille de vous plonger dans cet avis lorsque vous aurez lu le précédent tome. Ce serait malheureux de vous gâcher les éléments croquants de cette délicieuse comédie.

Alexis se réveille dans l’appartement de David Langlois avec une gueule de bois carabinée. Comment est-il arrivé chez lui ? Et pourquoi est-il tout nu sur son canapé alors qu’un gamin, Henry, mange son bol de céréales en compagnie de sa licorne ? Notre garde du corps n’est pas au bout de ses surprises lorsqu’il rencontre Lise, une adolescente malmenée par sa mère, et qu’il retrouve Nadège, la voisine de palier de son collègue !

La fin de la première partie nous avait laissés avec une tonne de questions : comment Alexis va-t-il réintégrer son poste après son erreur à New York ? S.J. pardonnera-t-il son comportement envers Andrew ? Risque-t-il de se faire émasculer par Christine ? En parallèle des interrogations personnellement liée au petit cœur d’Alexis, la menace pesant sur le boss d’Électronic Dreams ressurgit sous la forme de la berline noire qui rôde dans le quartier de David.

Déboussolé et perdu, Alexis accepte la proposition du premier de la classe et reste loger chez lui malgré l’exigüité des lieux. En remerciement, il s’investit dans la cuisine et endosse le rôle de garde du corps à son insu. Entrer dans l’intimité de David va bousculer les idées préconçues qu’Alexis portait dans le premier tome. A.D. Martel déconstruit avec habilité les apparences. Elle montre ce que la chemise à carreaux parfaitement repassée de David dissimule.

Nous vivons dans une société de tabous et de faux-semblants. Les humains revêtent des masques pour cacher leurs sentiments et leur authenticité. Ils font de leur mieux en dépit des émotions négatives et de la dure réalité qu’ils subissent. Ils affichent un sourire dans les moments où ils aimeraient pleurer toutes les larmes de leur corps.

David entre dans cette catégorie d’homme qui donne le meilleur de soi-même malgré les difficultés qui pèsent sur ses épaules. Son extrême gentillesse résulte de ses efforts et des épreuves du passé. Il est prévenant et possède une qualité que peut de personnes ont : l’altruisme. Quand il offre son toit, qu’il tend la main, il ne demande rien en retour. Il est prévenant sans être invasif, ce qui déroute un Alexis aux nombreux secrets. Pourtant, David n’est pas aussi pur que les premières interactions le laissent entendre. La lumière ne peut vivre sans obscurité. Progressivement le masque de bonté se fissure. Cela commence par le cynisme pour dissimuler les blessures, juste avant d’éclater pour laisser déborder la noirceur. Une ombre triste qui m’a juste donné l’envie de surgir dans le roman pour réconforter notre pauvre David.

Dans le premier tome de Je vais choper mon boss, David m’avait déjà tapé dans l’œil alors qu’il s’agissait d’un personnage secondaire (voire tertiaire ?). Je ne sais pas si c’est l’atypisme de ce genre de personnage dans la comédie romantique qui m’a touchée où si les compétences en écriture de l’autrice ont un tel niveau d’expertise dans la manipulation qu’elle a réussi à tisser, l’air de rien, son filet pour que David capture mon cœur. Vous l’aurez compris, plus je lisais et entrais, comme Alexis, dans le monde de son collègue, plus j’adorais ce protagoniste.

Les nouveaux personnages ne sont pas en reste dans cette aventure. La mignonne attitude d’Henry m’a fait sourire à plusieurs reprises. Ce petit bonhomme muet en raison de ce qu’il a vécu et possède, comme son père, une vraie force (surtout avec sa copine Licorne). Sans mot, il arrive à véhiculer ses sentiments avec puissance.

Lise est un vrai ouragan. De primes abords, on pourrait croire qu’il s’agit juste d’une adolescente rebelle qui a de mauvaises relations avec une mère tout aussi perdue que sa fille. Cependant, les apparences sont tout aussi trompeuses pour elle que pour David. Derrière le mur d’enceinte qu’elle a construit, se cache un oiseau blessé par la vie. Ses querelles avec Alexis, en plus d’être divertissantes, témoignent de l’insécurité que la présence de l’homme engendre chez elle. Elle considère David comme un père et la venue d’un autre chaton éclopé de la vie dans la famille l’effraie au plus haut point.

Enfin, nous retrouvons l’adorable grand-mère du chapitre un : Nadège. On apprend pourquoi elle ne pouvait plus venir au café. Elle secoue et soutient Alexis à plusieurs reprises au cours de cette nouvelle aventure. On découvre une mamie pleine d’énergie qui n’a pas sa langue dans sa poche, surtout quand il s’agit de fermer le bec aux préjugés sur les personnes âgées.

À travers ces relations qui se font, se défont et se reconstruisent, A.D. Martel nous parle de liens familiaux, de la force de ceux qui ne découlent pas du sang. Elle nous parle de solidarité, de rédemption. Alexis va comprendre ses erreurs ou plutôt, celles-ci vont lui exploser en pleine face avec une telle puissance qu’il lui faudra du temps pour les digérer. Toutefois, il se donnera à fond pour réparer les dégâts qu’il a causés. Il s’investira dans la protection de David et Henry, et même de Lise qui subit des horreurs dans le milieu scolaire.

Et S.J. Park dans tout ça me direz vous ? Il est toujours bien présent dans ce roman et on découvre une autre facette de l’homme. Derrière l’impassibilité de son visage, se dissimule un chat qui aime jouer avec les souris. Et la souris dans ce tome, c’est Alexis bien sûr. Cependant, il ne le malmène pas au point de le faire pleurer, je vous rassure. Il y a une même une volonté de lui faire comprendre les choses tout en se vengeant un peu quand même des émotions que les actes de son garde du corps lui font ressentir.

Je pourrais sans doute encore écrire pas mal de choses sur la deuxième partie de Je vais choper mon boss. La chronique parait plus de deux semaines après ma lecture passionnée qui m’a valu des heures de sommeil en moins. Mon cerveau rencontrait des difficultés pour ordonner les mots et formuler mon opinion sur cette histoire bouleversante, renversante et riche en humanité. Elle m’a émue par la force de ses personnages. Ceux-ci sont construits avec réalisme et authenticité. La manière de les découvrir à travers leurs interactions, leurs silences et leurs actes est juste : wouah (une interjection vaut parfois mieux que des mots pour exprimer son ressenti). Les thèmes de la solidarité et de la solidité des liens hors sang sous-tendent l’ensemble du récit qui a insufflé un malstrom d’émotions allant du rire à la colère en passant par la tristesse et l’amour. Bref, cette duologie entre dans mes lectures favorites.

Publicité

Rendez-vous au Café du bonheur de Lucy Diamond

  • Titre : Rendez-vous au Café du bonheur
  • Autrice : Lucy Diamond
  • Éditeur : Éditions Charleston
  • Catégories : feel-good, comédie romantique

J’ai acheté cette lecture au printemps dernier en suivant mon besoin de rire et de positivité. Du coup, mes attentes n’étaient pas très hautes, je ne croyais pas rencontrer le livre qui changerait ma vie, juste un bouquin qui égaierait un peu cette période anniversaire du confinement qui me plombait le moral sans trop savoir pourquoi. Malheureusement, il n’a pas rempli la petite mission que je lui avais confiée.

Évie travaille dans une boite qu’elle déteste et vit aux crochets de son copain Matthew. Elle se plaît dans ce cocon, bien qu’elle porte en vérité un masque. Lorsque la réalité la rattrape avec la mort de sa tante adorée Jo, elle comprend qu’elle ne possède qu’une chance de vivre vraiment. Acceptant l’héritage de sa parente, elle emménage pour bien des galères à Carrawen Bay pour empêcher le Café du bonheur de sombrer dans l’oubli.

Le pitch de départ est attirant. Les premières pages qui relatent d’une manière saugrenue la venue au monde d’Évie m’ont de suite plu. Elles me promettaient un personnage à part. Le petit mouton noir de la famille qui va se démener comme un beau diable pour faire renaitre de ses cendres le joyeux café du passé. Toutefois, le portrait s’est vite dénaturé. Si Évie est marginale, elle ne l’est que pour sa situation de femme trentenaire sans enfant et sans alliance à l’annulaire, malgré le fait qu’elles vivent depuis longtemps avec Matthew, ce manipulateur invétéré qui ne fait aucun compromis et étouffe sa compagne ainsi que son plaisir.

En effet, on réalise rapidement qu’elle est incapable de gérer sa vie et sa petite personne, ce qui pourrait être intéressant au vu de l’intrigue, mais qui devient pesant au bout de quelques pages, car elle déplace le pion de sa vie uniquement sous l’impulsion des autres et des hommes en particulier. D’ailleurs, Évie est atteinte (j’en parle comme d’une maladie vu son impact dans l’histoire) du syndrome de la princesse en détresse. Ainsi, le mouton noir se délave au cours des chapitres pour devenir gris.

Sa rencontre avec Matthew repose sur un sauvetage tout comme le fera le protagoniste masculin suivant, Ed. En débarquant à Carrawen Bay emplie de souvenirs de sa jeunesse, elle se retrouve confrontée à la dure réalité du café. Elle n’est pas la bienvenue. Les employés ont, en plus, sale caractère. Ils ont pris le contrôle de leurs horaires et de la gestion qui est désastreuse. Cette première épreuve sera résolue trop aisément, vu qu’ils démissionnent. Écarter purement et simplement les fauteurs de trouble ressort pour moi d’une facilité de l’intrigue au lieu de faire briller Évie qui perd de plus en plus son côté femme forte.

Vous l’aurez compris avec ces exemples, le portrait du protagoniste principal brossé avec humour en introduction de l’histoire s’est donc vite étiolé pour devenir fade malgré un personnage empli de défauts contre lesquels il doit se battre pour gérer le café et se (re) construire tout en faisant son deuil.

La fausse image de mouton noir et le syndrome de la princesse en détresse ne sont pas les seuls éléments qui m’ont déplu. Plus le récit avançait et plus j’ai eu cette impression d’assister à une suite d’événements juxtaposés sans réel lien entre eux. Les situations manquent de couleurs, de ce petit truc qui apporte une personnalité propre à l’histoire qui est diablement prévisible.

Au fond, le café survit plus grâce aux autres qu’à sa nouvelle tenancière. De ce fait, les thèmes de l’importance de la solidarité et de l’intégration dans une nouvelle ville, finissent par supplanter celui de départ : profiter de la vie courte comme on l’entend en volant de ses propres ailes. Un choix qui n’est pas déplaisant, mais qui aurait pu être mieux tourné sans avoir recours à des pivots « catastrophes » qui n’ont pas réussi à produire un suspense dans l’histoire d’Évie.

Au niveau de la plume, l’autrice emploie à beaucoup de descriptions qui alourdissent la narration. Si j’avais adoré son humour au commencement de la comédie, je me suis lassée de sa touche comique au fur et à mesure qu’elle levait le voile sur Évie.

En bref, Rendez-vous au café du bonheur fut une lecture décevante. Mon avis est certainement teinté par l’humeur de l’époque et mon besoin avide de positivité, pourtant je ne suis pas sûre que dans d’autres circonstances j’aurai apprécié ce livre, car mis à part un brin de rire, je n’attendais pas grand-chose jusqu’au moment ou l’introduction m’a fait miroiter une fausse image de la protagoniste principale. Seuls les sujets de la solidarité et de l’acceptation parmi une communauté ont relevé le roman.

Le jour de ton arrivée d’Isabel Komorebi

  • Titre : Le jour de ton arrivée
  • Autrice : Isabel Komorebi
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégories : romance, science-fiction

Le jour de ton arrivée est le second livre tiré de la box L’amour sous toutes ses formes d’Escape with a Book, que j’ai lu. Avec son résumé, il promettait une histoire de reconstruction de soi grâce à l’amour entre deux personnes opposées. Un garçon taciturne et une fille haute en couleur.

Dix-neuf ans plus tôt, Eux sont arrivés. Ces êtres venus d’ailleurs ont rencontré les humains qui les ont rejetés. Malgré cela, ils restent au-dessus de la Terre, dans leurs pentacles, pour les accompagner vers leur destinée. Enfant, Logan gardait les yeux levés au ciel à les observer jusqu’au jour ou son monde à basculer. Un jour, Tammy le bouscule dans les couloirs de son université. Et, sa vie goûte de nouveau la saveur du bonheur.

Le début de ce roman court (à peu près 200 pages) est captivant. Il plante le décor étrange et mystérieux de cette époque que j’ai eu dû mal à situer tant les indices sont donnés au compte-goutte. D’abord, j’ai cru qu’il s’agissait d’un futur plus ou moins proche dans lequel la terre aurait subi un changement climatique avec l’arrivée d’une nouvelle ère glaciaire. Les températures restent froides tout au long de l’année avec une pointe de gel mortifère aux heures obscures de la nuit. Cependant, on apprend que c’est le cas sur l’ensemble de la planète. Au vu des modifications de biotopes, j’ai alors supposé qu’il s’agissait d’une ère plus lointaine.  Les éléments de décors s’avèrent peu présents et aucune innovation technologique ne pointe le bout de son nez, au contraire, tous portent à croire que cette société est similaire à la nôtre, comme si ça faisait longtemps qu’elle avait cessé d’évoluer. Ainsi, on vogue entre le présent et l’avenir. Bref, c’est assez déroutant.

Toutefois, ce contexte, même flou, permet de comprendre la léthargie et la routine dans laquelle les humains vivent. Un quotidien rassurant dans lequel on vit à court terme. L’éphéméride rythme les cœurs et les histoires sans lendemain, ce qui agace Logan qui ne veut pas faire semblant que tout va bien.

Ce garçon cassé est pessimiste, voire fataliste, et mélancolique. Il étudie sérieusement sans pour autant avoir de rêves. Matt est sa bouée qui le maintient au-dessus de l’eau. Ce sportif possède des caractéristiques qui au départ ont l’air clichées : beau, extrêmement grand, musclé et coureur de jupons. Toutefois, sa gentillesse et son empathie transparaissent vite au fur et à mesure des échanges entre les amis.

Tammy provient du ciel. Logan le voit directement dans ses yeux. C’est le coup de foudre au premier regard. Au cours d’une nuit, d’un rendez-vous, ils vont se découvrir, l’humain s’ouvrit et reprendre le gouvernail de sa vie auprès de celle qu’il aime. D’elle, on connait peu de choses. Les chapitres qui lui sont dédiés, permettent de savoir que leur rencontre n’est pas un hasard, car on lui a confié une mission et qu’elle a quelque chose d’important à lui transmettre. À travers son regard, on voit l’humanité autrement, comme un observateur extérieur étonné et intrigué par les comportements volatiles de cette espèce que l’on compare à ceux de la sienne. Le flou autour de Tammy m’a empêchée de l’apprécier, surtout qu’à la lecture du résumé, je m’attendais à un personnage rayonnant qui m’aurait étreint le cœur par sa personnalité et ses réparties.

Le thème central de ce roman (à côté de l’importance de la communication, du deuil et de l’écologie) est la reconstruction d’une âme qui a perdu son étincelle de vie. Le choix du coup de foudre comme électrochoc m’a dérangée, car il élimine la transition entre les deux états de Logan. D’un regard, il quitte sa peau d’homme taciturne pour revêtir celle débordante de vie et d’amour. Il parle de son passé sans difficultés ni réticences à cette inconnue, seule une légère peur de rejet lui serre le cœur lorsqu’il attend avec impatience le rendez-vous. J’aurai préféré un développement en douceur, car personne n’évolue en un claquement de doigts dans la vie. Surtout si le monde se trouve à la limite de son effondrement et que la dépression nous suit depuis des années. 

En dépit de cette irréalité et le manque de vraisemblance dans les personnages, je tiens à préciser que j’ai apprécié ma lecture. La plume de l’autrice est agréable, quoiqu’un peu répétitive. Durant la moitié de l’histoire, on ne connait pas les prénoms des amoureux. Malgré la narration à la première personne du singulier, cela aurait pu conférer un caractère impersonnel, mais sa maîtrise du « je » et la couleur qu’elle insuffle à son écriture a empêché ce sentiment de naître.

Néanmoins, une belle plume ne suffit pas. Les vingt dernières pages tirent en longueur pour amener LA révélation qui n’en était pas réellement une. Je n’ai ressenti aucun vertige, malgré l’insistance de l’autrice à ce propos. Le risque que Logan fasse demi-tour en y étant confronté, était élevé. Le problème pour moi ne vient pas de la faiblesse de la révélation, mais de la manière d’interrompre sans cesse la progression de l’histoire par des baisers incessants et des épisodes qui ne font que répéter des informations dévoilées plus tôt et qui coupent le moment véridique. La technique a tourné à l’effet gadget plutôt que page turner.

En bref, Le jour de ton arrivée est une ode au sentiment de l’amour et aux sensations. Le roman relate la rencontre de deux êtres étrangers qui va ranimer le cœur de Logan. Si la manière de reconstruire ce personnage et le manque de consistance des extra-terrestres apportent une faiblesse à l’histoire, la plume de l’autrice a réussi à m’immerger dans la relation de ce couple durant la majeure partie du roman.

Une fin d’année givrée de Virginie T.

  • Titre : Une fin d’année givrée 
  • Autrice : Virginie T.
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : comédie romantique, Noël

Toute première chronique de mon nouveau partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire. Vous ne connaissez pas ? Il s’agit d’un groupe sur Facebook qui rassemble plusieurs autrices qui prennent la parole chacune à leur tour (une par jour). Elles présentent leurs livres bien entendu, mais elles poursuivent aussi l’objectif de créer des liens et des discussions autour de divers sujets proches des thématiques issus de leurs romans et de leurs sources d’inspirations. N’hésitez pas à faire un tour sur la page et même à vous y inscrire. Le groupe a fêté ses un an il y a quelques mois, et ça m’a fait l’effet d’une bombe, car j’avais l’impression que nos relations dataient depuis bien plus longtemps que cela. 

Une fin d’année givrée de Virgnie T. est une comédie romantique de Noël autoéditée qui ne m’a pas laissée de glace. Si vous me suivez depuis mes débuts, vous savez que ce genre ne fait pas partie de mes préférés. Je trouve, en effet, peu de romance en adéquation avec ma personnalité. Toutefois, cela ne m’empêche pas de tenter l’aventure en sortant de ma zone de confort. En cette période sombre (je parle de la météo) et de la fatigue accumulée avec mon job, le besoin de légèreté martelait mon âme. Ce livre tombait donc à pic. 

Lilas se prélasse sur un transat au bord de la piscine d’un hôtel à Tahiti sans se rendre compte de ce qui l’attend à son retour. Voyagiste de métier, elle parcourt le globe et les destinations ensoleillées aux frais de son entreprise pour tester et dénicher de nouvelles formules de vacances à destination d’une clientèle aisée. Elle adore son job au point de prier qu’une mission l’envoie loin des remontrances de sa mère et de sa sœur pendant la période des fêtes. Son vœu sera exaucé. Le problème ? Elle part pour le Québec. Pire, elle séjourne à l’Hôtel de Glace qui, comme son nom l’indique, surgit de la neige chaque année sous les mains des sculpteurs de glace. Elle qui déteste le froid, n’est pas à la fin de ses surprises lorsqu’elle est accueillie par un Yéti qu’elle va devoir se coltiner comme guide. Sous sa barbe d’ours mal léché, il se pourrait bien que Nathan réussisse à briser ses principes professionnels. 

Ce enemy to lover version Noël reste assez basique dans sa structure. Sa force repose sur la plume humoristique et cynique de l’autrice ainsi que sur le mordant du personnage principal qui m’a conquis rapidement. 

Lilas est une fille d’origine modeste qui a dû adapter ses valeurs à celles de sa clientèle. De prime abord, elle paraît hautaine. Pourtant, on remarque vite qu’il s’agit plutôt de professionnalisme. Elle se met dans la peau de ceux qu’elle doit appâter avec ses circuits découvertes. Son job, c’est toute sa vie, si bien que seule une plante verte l’attend chez elle. Enfin, pas tout à fait, car vu la durée d’abandon, elle en change à chaque retour. Malgré le sentiment de solitude qui l’étreint de temps en temps, elle n’incarne cependant pas la pauvre petite princesse qui désire à tout prix son prince charmant, elle représente la femme moderne. 

À 35 ans, Lilas est indépendante et carriériste en plus d’avoir la langue pendue. Son caractère et ses choix de vie l’empêchent d’avoir de bonnes relations avec sa mère qui porte la femme au foyer sur le sommet de la gloire, ainsi que sa cadette qui pond aussi vite qu’une poule. Le célibat commence à lui peser, car elle n’a pas beaucoup d’amis. Néanmoins, elle ne veut pas pour autant fonder une famille juste pour rentrer dans le moule de la perfection selon sa maman. 

À travers ce personnage, Virgine T. expose les problématiques sociétales liées à la condition de la femme. Les échecs sentimentaux de Lilas reposent sur la différence de salaire et son indépendance. Dans le premier cas, elle gagne plus que ses fréquentations, dans le second, elle privilégie son boulot qui lui impose de longues périodes d’absences. La question de la charge mentale des célibataires et des femmes qui ont envie de concilier travail et relation est donc au cœur de ce roman. Le sujet est bien traité sauf pour la fin qui, en plus d’être expéditive, m’a paru trop unilatérale. 

Attention spoiler à vos risques et périls : 

L’absence de concession de la part de Nathan me dérange. Lilas quitte son travail pour le rejoindre au Canada. Bien qu’elle retrouve facilement un job identique, elle est la seule à tout plaquer pour lui. De son côté, il n’a rien abandonné de sa vie précédente pour qu’ils soient ensemble et la liberté qu’il lui laisse s’apparente à un os sans viande à mâcher. Je sais que je chipote, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un vestige de la femme qui change sa vie pour l’homme qui lui, garde la sienne intacte. Surtout que je n’ai pas ressenti de réel bouleversement dans l’amour que Lilas porte au Québec et à sa neige. Elle a adoré les activités qu’elle y a découvertes, mais je n’ai pas senti que la glace était brisée avec ce pays où on se les gèle. Nathan semble être l’unique raison qui la pousse à rompre avec sa vie d’avant.

Fin du spoiler. 

Nathan est d’un naturel sportif et sociable. Seulement, il peut aussi revêtir un aspect bourru. Il a tendance à trop vite juger les gens et recourt à la mauvaise foi devant ses amis pour ne pas perdre sa fierté de mâle. Cependant, il possède cette belle qualité nommée remise en question qui brise ses défauts au moment où il aperçoit les autres (et donc Lilas) sous une facette différente. Ce trait va lui permettre de blanchir la vision que Lilas a de lui suite à leur première rencontre. Son ouverture d’esprit va également la séduire ainsi que leur point commun : vouloir être aimé pour ce que l’on est. 

La plume de l’autrice est fluide et dynamique. Par moment, les phrases sont un peu bancales, mais je ne saurai dire si ce sont des maladresses ou si ça fait partie du personnage vu que la narration est à la première personne du singulier et alterne les points de vue des deux protagonistes principaux. Rien ne semble superficiel. L’écrivaine va droit au but et esquisse la richesse nuancée des portraits en peu de paragraphes sans listing ennuyeux. 

En bref, j’ai passé un très bon moment avec Une fin d’année givrée malgré la façon de réunir nos deux guimauves à la fin. L’humour et les duels verbaux de Lilas et Nathan sont un véritable régal. Ils m’ont permis de déconnecter tout en appréciant les valeurs féministes défendues dans ce roman. 

La Quête (Le Conte des Sept Chants, #2) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : La Quête (Le Conte des Sept Chants, #2)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : fantasy, romance

Je remercie du fond du cœur Cécile Ama Courtois de m’avoir confié son dernier roman en échange d’une chronique sincère, et d’avoir été aussi patiente et clémente face au temps que j’ai pris pour l’écrire.

Étant donné que j’aborde des éléments cruciaux du précédent tome, je vous invite à passer votre chemin sur cet article si vous ne l’avez pas lu. A moins que vous aimiez la torture à coup de spoilers.

Saraë, la haute-reine des elfes se vide de son énergie vitale pour tisser le bouclier d’amour qui protège son peuple. Les trois prêtresses se relayent à son chevet pour l’aider, quitte à en mourir. La situation semble perdue lorsque le grand mage Hermanus fait irruption dans la chambre et l’empêche de sombrer dans l’au-delà. Porteur du chant do, il rapporte à sa majesté la prophétie des sept chants et la quête pour les retrouver et sauver Gahavia. Pour ce faire, trois héros doivent être rassemblés : le Protecteur, la Double et l’Inattendu. Impatiente de retrouver Edoran parti en guerre contre les forces de Mork Örn, Saraë, devenue oracle lors de sa guérison, se montre dure en affaire. Elle donnera les noms des trois en échange de sa participation à la recherche des porteurs des chants.

Bien qu’on entre rapidement dans le vif du sujet, j’ai ressenti des longueurs dans la première partie du bouquin en raison des rappels et des explications supplémentaires sur l’univers qui arrivent presque d’un bloc. Certains passages m’ont semblé répétitifs par leur proximité comme le périple d’Hermanus qui est largement évoqué puis détaillé en profondeur quelques chapitres plus loin.

J’ai été quelque peu interloquée par les relations entre les personnages. L’autrice a fait un travail remarquable en amont pour tisser les liens entre les protagonistes. C’est indéniable. Malheureusement, elle les synthétise en quelques lignes descriptives, et fait de nombreux raccourcis sur des moments-clés que j’aurais aimé vivre avec eux. Je prendrai l’exemple de Thésis et Edoran qui forment un duo de choc sans qu’on vive la naissance de cette symbiose dans le combat. La seule véritable relation qui est traitée avec minutie, est celle entre Edoran et Saraë. Si je devais exprimer le style de ce bouquin à coup de fusain, je représenterais une balance qui ne cesse d’osciller entre fantasy et romance sans savoir quel genre choisir en priorité.

Ce résultat provient du pari que l’écrivaine s’est lancée en intégrant au noyau principal de nouveaux protagonistes plutôt que de repêcher ceux de La Délégation. Qui dit du sang frais, signifie bâtir, en repartant de zéro, de nouveaux liens en parallèle de la multitude d’événements qui doivent être relatés dans le roman pour faire avancer l’histoire.

Les épisodes de la seconde partie deviennent de plus en plus intenses et exploitent à merveille la notion de dimensions introduites avant le début de l’aventure dans le premier tome du Conte des Sept Chants. La quête qui avait des allures classiques, prend un tournant inattendu.

Parmi les nouveaux arrivants, le mage Hermanus fait figure de grand sage malgré ses nombreux préjugés envers la reine, qui tomberont les uns après les autres face à sa ténacité, son intelligence et, surtout, son aptitude à apprendre de ses erreurs rapidement. Le nain Olbur est plutôt standard : grognon et jovial. L’aelder Thesis est, quant à elle, brave et droite. Elle prend les responsabilités à bras le corps.  

Le Bestiaire inventé par Cécile Ama Courtois est l’un de mes petits plaisirs de lecture même si seules les hordes du Seigneur Noir en font partie. Elle fait preuve d’une grande imagination pour nous dépeindre ses monstres que l’on ne voudrait pas rencontrer même dans une avenue illuminée de soleil.  

Gageons que le chant des Sept pourra les exterminer grâce à l’harmonie qui apaise les ires, fait vibrer les cœurs et transcendent les langues et les peuples. C’est le pouvoir de la musique sur lequel l’histoire de La Quête est élaborée. Un art important chez la romancière au point qu’elle partage avec nous ses compositions lyriques pour accompagner le voyage des compagnons.

Sa plume est toujours aussi captivante. Elle allie le style poétique et médiéval avec brio. Le tout parsemé ça et là d’humour et teinté de noirceur pour nous faire trembler. Son écriture décrit des scènes de batailles avec détail et dynamisme.

En bref, La Quête est un second roman qui nous fait réellement entrer dans le vif du sujet. S’il m’a semblé déséquilibré au début par les raccourcis des relations entre certains personnages, la seconde partie avec le développement de l’histoire autour des sept chants ainsi que la manière de les retrouver, m’a conquise. Je me demande quel sera la tonalité du concert dans le troisième livre ?

La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard

  • Titre : La vie est belle et drôle à la fois
  • Autrice : Clarisse Sabard
  • Éditeur : Charleston
  • Catégories : romance, comédie

Je suis très pointilleuse dans le choix de mes comédies romantiques. Me faire rire n’est pas aisé mais me parler d’amour en me touchant l’est encore moins. De plus, je ne me laisse pas facilement avoir par les titres de noël, car cette fête est trop commerciale à mon goût. Lorsque j’ai entendu parler de La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard, le pitch de départ m’a interpellé.

Léna déteste noël. Pourtant, elle se laisse embobiner par le mail de sa mère qui souhaite annoncer de vive voix une nouvelle importante aux alentours de cette fête. Une fois arrivée dans sa maison et sa ville natales qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir un mot de sa maman les plantant, elle, son frère et sa nièce pour réaliser son rêve. Loin de déguerpir, Léna reste et va pratiquer les traditions de noël à côté de Tom et de Violette. Elle redécouvre Vallenot et renoue avec de vielles connaissances comme Clément.

Si le postulat de départ m’avait attirée, j’ai fini par être déçue par cette intrigue bien trop prévisible et sans originalité. Je n’ai pas adhéré au rythme du livre qui dévoile le fil tellement lentement que les épisodes m’ont semblé anodins et sans réelle incidence sur le changement d’esprit du personnage principal.  L’équilibre des révélations m’a paru mal géré. Je sais que ce n’est pas un thriller mais la vérité sur le passé enfoui qui a engendré la haine de cette fête méritait d’être mieux distillée. Les moments-clés m’ont semblé arriver pour la plupart comme un cheveu dans la soupe. Ils ne sont pas amenés subtilement. Ce n’est seulement qu’à la fin que j’ai commencé à vraiment accrocher.

La plume est plutôt passe-partout. Les tournures de phrases sont simples, légères avec une pointe d’humour. Malheureusement, la mayonnaise n’a pas pris car c’est prévisible et j’ai l’impression d’avoir trop souvent lu ce genre de phrases comiques. A côté de ce style générique, la romancière fait tout de même appel de temps à autres à des termes issus du monde psychologique.

Les personnages ne m’ont pas spécialement marquée. Léna est une entrepreneuse sûre d’elle et qui est cash ce qui l’a rend par moment un peu méchante. Elle est bosseuse et fortement critique. Toutefois, elle a un côté superficiel digne des magazines féminins. Tom est le frère et le père qui aime sa famille mais qui ne sait pas gérer toutes les crises. Il a d’ailleurs parfois du mal avec sa fille Violette qui est gentille et qui cultive son côté rebelle d’adolescente. Le seul acteur qui a retenu mon attention est leur grand-mère: Jacotte. Elle est un mélange entre la mamie gâteau et un certain atypisme par sa façon de penser et sa manière jeune d’agir.

En bref, La vie est belle et drôle à la fois est une comédie romantique qui partait d’une idée alléchante mais qui s’est retrouvé bien fade une fois entamée. Une histoire qui passe le temps et qui ne restera pas dans ma mémoire.

Oblivictus de Sylvine Ploix-Hugé

  • Titre : Oblivictus
  • Autrice : Sylvine Ploix-Hugé
  • Éditeur : Lansdalls éditions
  • Catégories : science-fiction, anticipation, romance

Oblivictus fait partie de mes achats de la Foire du Livre de Bruxelles 2019. Ne connaissant pas l’éditeur, je me suis approchée de leur petit stand. Mon regard s’est porté sur ce bouquin en raison de son titre accrocheur et de sa couverture soignée qui sent bon la science-fiction.

Juillet 2038. Mila attend patiemment à l’extérieur du laboratoire de ses parents pour aller manger avec eux. Ils travaillent dans le domaine de la mémoire. Un sujet qui passionne également leur fille. Soudain, une série d’explosions souffle le bâtiment. Mila se réveille allongée sur un lit d’hôpital où des urgentistes s’affairent autour d’elle. En état post-traumatique, elle se débat et reçoit un tranquillisant. En attendant que celui-ci fasse effet, elle est laissée sous la surveillance d’un infirmier, Rafael Alcaroz, qui profite du moment pour lui faire une injection dans le cou. Elle devient la patiente 34. 

Mila se réveille du coma le mois suivant. Son frère Noa, un as de l’informatique, est à son chevet complètement paniqué par son état et rassuré qu’elle se réveille enfin. Suite au choc de la mort de leur parent, une partie de leur mémoire a disparu. La fratrie va devoir se serrer les coudes pour retrouver l’histoire manquante. La mémoire effacée.

Ce roman d’anticipation explore une réalité basée sur les attaques terroristes réelles de novembre 2015 puis fictives de 2019, et du protectionnisme qui en découle. Le territoire est découpé en communautés soit disant pour raviver la solidarité. La peur de l’intrus reste pourtant forte. Pour passer de l’une à l’autre, des camps d’intégration sont organisés. Une certaine communication via le sport existe tout de même bien qu’elle suscite plus la rivalité que la cohésion. Mila et Noa sont des citoyens de Mirenvella dans l’arrondissement de Bellevue. Après l’attentat à la bombe, ils vont être transférés dans celui de Bonne Aventure.

La première partie de l’intrigue est captivante. Dès le début du prologue, j’ai été happée. Il commence sur une touche un peu philosophique et contemplative, et enchaine sur la description du personnage principal et de l’univers dans lequel il évolue. L’enchantement dans lequel j’étais plongée, s’est rompu dans la seconde partie du livre lorsque l’histoire tourne plus à la romance qu’au combat.

Rafael est le genre soft du bad boy. Il est asocial, antipathique, hautain et peu aimable. Il préfère éviter le contact et la communication mais il prend soin de ses patients. Comme dans beaucoup de romance de ce type, il a un triste passé qui permet d’excuser son comportement odieux auprès de Mila. Celle-ci tombe amoureuse de lui parce qu’il existe un loi universelle disant que deux âmes sont faites l’une pour l’autre et que même si l’autre agit de manière horrible avec elle et lui fait dire qu’elle le déteste, elle ne peut défaire le lien qui les unit. Bref, vous l’aurez compris. Je ne suis pas une adepte du coup de foudre au premier regard juste parce que le mec à une belle nuque et une tablette de chocolat, alors qu’il se comporte comme un enfoiré même après l’évolution de leur relation de couple. Étant une humaine paradoxale ce type de romance peut m’émouvoir. Certains livres ont déjà réussi cet exploit car je peux comprendre que tout le monde n’est pas un génie des relations sociales et que l’on peut agir de façon maladroite. Oblivictus n’entre pas dans le camp des vainqueurs.   

L’intrigue en elle-même est bien développée et plutôt cohérente. Toutefois, en étant attentif il est possible de comprendre les événements, les retournements de situation et les identités des personnages avant qu’ils soient exposés. Contrairement à ce que j’avais compris suite au résumé et à la dédicace de l’autrice, l’histoire ne se compose pas comme une réelle enquête avec des indices dissimulés et une résolution finale. Il s’agit plus d’une suite de révélations qui permet de comprendre pas à pas ce qui s’est passé. Certaines actions m’ont semblé improbables pour une personne blessée. Pour ne pas trop en dire, j’exemplifierai seulement par le passage où Rafael laisse Mila porter un sac à dos sur le ventre alors que son abdomen est suturé. Je doute qu’une personne ayant un bon sens médical comme lui la laisserait faire.

Les personnalités de Mila et de Rafael ont été bien travaillés par l’autrice dans l’ensemble. Néanmoins, la réaction de notre amnésique suite à son sentiment de trahison vis-à-vis de son frère, et à la fin, est trop irréelle et rapide. Vu sa situation et sa condition, elle accepte trop facilement les explications à mon goût.

Enfin, le style de Sylvine Ploix-Hugé est agréable et fluide. Son roman est parsemé de termes et d’explications sur le sujet de la mémoire. Les pathologies sont facilement compréhensibles et ce fut un plaisir d’en découvrir plus sur cette matière. Certains passages furtifs possèdent un côté moralisateur. En plus de l’individualisme et la peur de l’autre, elle met en avant la dépendance à la technologie, l’impatience des gens qui ne savent plus attendre ni prendre le temps d’apprécier ce qui les entoure comme si on avait peur de s’ennuyer.

En bref, l’histoire d’Oblivictus est intéressante pour le côté scientifique sur lesquels il est basé et pour les idées probables et réalistes de l’univers. C’est juste dommage qu’elle change de trajectoire en cours de route et se transforme en romance sur fond de science-fiction.   

Ghost in Love de Marc Levy

  • Titre : Ghost in Love
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Robert Laffont/Versilio
  • Catégories : comédie, fantastique, romance

Lorsque j’ai vu pour la première fois Ghost in Love en miniature sur Internet, j’ai d’abord cru que c’était l’édition anglaise d’un précédent livre de Marc Levy. Non en raison du titre (je n’avais pas vu le sous-titre en français en plus) mais pour sa merveilleuse couverture. Si j’apprécie l’auteur, aucune des illustrations que ce soit des éditions originales ou des nouvelles, ne m’ont jamais marquée. D’où mon erreur quand j’ai aperçu la magnifique Ghost in Love.

Ce roman raconte l’histoire rocambolesque de Thomas qui s’envole vers l’autre côté de l’Atlantique pour exaucer le vœu de son père, ou devrais-je dire sa dernière volonté secrète ? En effet, Raymond est décédé il y a 5 ans en emportant avec lui une partie de sa vie cachée. Il demande à Thomas de parcourir des milliers de kilomètres pour mélanger ses cendres à celles de la femme qu’il a profondément aimée, qui vient de mourir et qui n’est pas la mère de Thomas.

Entre faire entrer illégalement les cendres d’un défunt aux USA et infiltrer l’enterrement d’une inconnue, les protagonistes vont traverser et engendrer des situations absurdes et cocasses. Dans cette intrigue, l’écrivain renoue avec les ingrédients magiques qui avaient fait de son premier livre Et si c’était vrai une aventure trépidante, hilarante et touchante. Fantôme, amour, humour s’entremêlent pour offrir un gâteau savoureux sans avoir autant d’impact que son premier best-seller dont il fait ressurgir Lauren et Arthur.

Bien entendu, Marc Levy ne parle pas uniquement d’amour fantomatique. Thomas se fait limite harcelé par son père et sa mère car sa vie de pianiste professionnel et son caractère ne favorise pas une vie de couple ou de famille. De plus, il n’en a pas vraiment envie. Ce portrait de la vieille génération engluée dans l’image d’une vie réussie et accomplie grâce à la naissance de petits-enfants et qui pressent leur progéniture à se caser et procréer, est réaliste. Bien que les femmes en font plus souvent l’objet que les hommes. Autant vous dire que j’ai ressenti de la compassion envers Thomas dans ces moments. 

La famille et les enfants est un thème cher à l’auteur. En dédiant sa comédie fantastique à son père et en lançant dans le prologue : « Dis, Papa, c’est quoi être un père ? », le sujet ne pouvait pas être évité. Si l’intrigue ne finit pas par un happy end à la sauce conte de fées (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), les balbutiements d’une romance vont apparaitre pour le pianiste et ne va pas empiéter sur l’objectif principal de l’histoire.

Comme toujours, l’écriture du romancier est fluide et les traits d’humour sont croustillants. Bien que les personnages restent assez sobres, naturels et semblables à ses protagonistes passés, je me suis délectée de ce bouquin bien plus qu’Une fille comme elle que j’avais lu au printemps.

En bref, si Ghost in Love n’égale pas Et si c’était vrai, c’est un plaisir de lire à nouveau un Marc Levy mêlant fantastique, fantôme et humour dans une histoire pleine des situations cocasses autour de l’enterrement et de la mort.

Deijan (Nordie, #2) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : Deijan (Nordie, #2)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : L’ivre Book
  • Catégorie : Fantastique médiéval, romance

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome, évitez de lire cette chronique. En effet, je ne peux aborder ce deuxième opus sans évoquer des événements majeurs du premier. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entraînerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Après l’apaisement du tumulte émotionnel qui m’avait envahie lors de la lecture du premier livre, j’ai finalement ouvert les pages du second volume de Nordie de Cécile Ama Courtois avec sérénité. La situation à la fin de l’épisode précédent pouvait suggérer que Guilendria allait se transformer en princesse en détresse. Mais cette pensée est tout de suite à écarter quand on connaît l’autrice.

Si la partie deux de cette duologie porte le nom de Deijan, c’est Guilendria qui reste l’héroïne de l’histoire. L’intrigue reprend là où la romancière s’est arrêtée. Ici, il n’y a pas de bond dans le temps pour lancer la course-poursuite contre les écumeurs. Le premier chapitre s’ouvre sur le château en flamme et la vivacité de Jorel et de Sauge à prendre les choses en main pour sauver Deijan et son personnel de l’incendie. Ensuite, le récit prend un tournant inattendu pour ce genre de roman bien que certains points restent prévisibles. Il se focalise d’une part sur la convalescence du comte et d’autre part sur la bataille de Guilendria pour survivre aux écumeurs et à la réalité qui lui saute aux yeux.

La comtesse de Bucail analyse rapidement la situation et elle se rend vite compte de l’échappatoire qui s’offre aux habitants du château. Elle décide de continuer la lutte psychologique qu’elle a lancée contre Ifhoras mais celle-ci ne la laissera pas indemne et la découverte de sa destinée va lui faire comprendre la naïveté de sa vision du monde et la tâche importante qu’Esca lui a confiée.      

Au cours de sa captivité, elle rencontre des personnages surprenant et surtout des femmes courageuses qui ont réussi à rester vraies malgré les épreuves qu’elles ont endurées. Je pense principalement à Kharyne, la sorcière aux chats qui m’a immédiatement plu.

Parallèlement, Deijan tente de prendre son mal en patience pour guérir et rassembler les troupes pour débusquer les écumeurs et récupérer son épouse. L’incendie signe d’une certaine manière la fin de ce qu’il est devenu après sa prise de fonction à la tête du comté. Toutefois, personne ne change du jour au lendemain même suite à un événement tragique. Dans le précédent volume, j’ai eu envie de le frapper et dans cet ouvrage, j’ai encore été prise par ce désir mais pas pour les mêmes raisons. En gros, on peut dire que Deijan est une tête à claque !

Le comte du Bucail revête la notion de chevalier et de seigneur avec l’ensemble des stéréotypes que l’on attribue habituellement à ce titre. Grâce à Guilendria, il ouvre peu à peu les yeux sur les gens qui l’entourent et la culpabilité le saisit à la gorge à de nombreuses reprises. Néanmoins, Deijan est orgueilleux et c’est sa dignité typiquement masculine qui le fait avancer aux risques d’aggraver sa situation et de faire souffrir autrui. Il est loin d’être aussi posé et intuitif que sa femme. Son évolution est lente et il me fait l’effet d’un enfant naïf qui ne peut comprendre les choses que si on lui explique et qu’on l’aide à ouvrir les yeux. Pour ma part, je pense qu’il a encore beaucoup à apprendre avant d’être pardonné pour son comportement et sa stupidité.  

Dans ce deuxième tome, le royaume de Nordie se dévoile un peu plus. Avec ses conflits, son histoire et la nature des prêtresses d’Esca qui peut être considérée comme la partie magique de ce roman fantastique médiéval sur fond de romance. Cependant, je conçois leurs pouvoirs moins comme une puissance surnaturelle que comme l’expression d’une sensibilité accrue au monde et aux êtres qui les côtoient ainsi qu’à une grande expérience dans l’art médicinal.

En bref, la seconde partie de Nordie laisse de côté la romance pour mettre en avant une histoire faisait place aux valeurs humanistes et à la révélation de soi. Elle est moins riche en émotion mais reste plaisante à lire.

Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2) de Sylvie Ginestet

  • Titre : Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2)
  • Autrice : Sylvie Ginestet
  • Éditeur : Livr’S Editions
  • Catégorie : Fantastique, Romance

« A vous lecteur, cet article sera le dernier si vous êtes allergique au spoiler » C’est avec ce clin d’œil à l’autrice du Livre des Âmes que je vous déconseille de lire cette chronique si vous n’avez pas dévoré le précédent tome. En effet, il m’est impossible d’aborder ce second opus sans évoquer un événement majeur qui se déroule dans le premier livre de cette saga. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entrainerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Le Champ des Loups se situe un certain temps après l’irruption volcanique provoquée par l’ire de la Mort qui n’a pas apprécié la désobéissance d’Arny. La plaine est devenue une terre mémorielle pour la seule survivante : Emma. Celle-ci souhaite reconstruire et redonner vie à sa ville natale. Avec force et persévérance, la jeune femme réussit à avoir l’accord et le soutien du gouvernement pour développer son projet. Elle débarque sur ce lieu de désolation où les loups ont repris leur droit sur le territoire, et elle est déterminée à accomplir le but qu’elle s’est fixée : Faire de cet endroit un lieu de vie et de tourisme en cohabitation avec les loups. Pour cela, elle renomme La Plaine en Champ des Loups.

L’histoire de ce deuxième volume ressemble à un prologue car elle est axée sur la renaissance de ce patelin montagneux et elle établi les relations entre Emma et les autres protagonistes. Vur est devenu un beau loup qui fait office de familier, de guide et de protecteur. Il est le lien entre la Mort et Emma. Ayden est un reporter muté sur place pour couvrir la mission. D’abord perplexe, il va prendre goût à l’aventure et s’investir autant professionnellement que personnellement. Enfin, Paul est le meilleur spécialiste des loups et il est appelé pour édifier une maison d’observation des meutes locales.

Mise à part quelques interventions de la Grande Faucheuse, le roman développe surtout un projet de vie et une histoire d’amour agrémentés d’une pincée de fantastique mortelle à la sauce Sylvie Ginestet bien entendu. Malgré cette impression de prélude, les pages défilent facilement sous les yeux et les doigts grâce à l’écriture fluide de la romancière qui pallie au manque d’action qui était plus présente dans le premier tome. Les personnages principaux sont tous plus attachants les uns que les autres. Et cette fin ! La romancière lance l’intrigue du troisième bouquin qui promet d’être intéressant. Elle sait comment allécher ses lecteurs et délier les cordes de leur bourse.

En bref, Le Champ des Loups est plus calme et paisible que son prédécesseur tout en restant plaisant à lire. Il semble placer les pions sur l’échiquier pour un prochain épisode. Du moins, c’est le sentiment ressenti au fil de la lecture. J’ai hâte de me procurer le suivant.