Yencil le Stratège (Le Cycle de Barcil, #4) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Yencil le Stratège (Le Cycle de Barcil, # 4)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégories : fantasy, nouvelle

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir confié une nouvelle fois son service presse via SimPlement.pro. Yencil le Stratège est l’une des nouvelles qui fait partie du Cycle de Barcil. Pour rappel, ce projet englobe 10 nouvelles qui peuvent se lire indépendamment les unes des autres, et un roman final qui regroupera les figures rencontrées dans les courtes histoires. J’aimerais signaler qu’il est préférable de lire Gienah la Mercenaire que j’ai chroniquée l’année passée, avant de vous lancer dans celle-ci. En effet, des événements et le dénouement sont résumés dans Yencil le Stratège, ce qui pourrait diminuer votre plaisir lors de la lecture de la précédente nouvelle.

La paix entre les nains et les elfes vacille. Dans l’ombre, un être agit dans ce sens et Yencil doit à tout prix l’en empêcher. Pour cela, il dépêche auprès du messager et espion Ikor, l’une de ses baignes, Orglin, afin de l’aider à combattre les obstacles qui se dressent sur son passage et à le garder en vie. Le nain a une mission importante à remplir.

Ce quatrième récit nous plonge dans la magnificence du royaume souterrain d’Oukta creusé et sculpté par les mains des nains, et la cité suspendue des elfes dans la forêt de Pevek. Un contraste propre à ces créatures magiques qui sont reliées par un sens artistique fort. Le point majeur de cette nouvelle se situe pourtant dans l’autre monde : celui des dieux. La mythologie, la création de Barcil et le fonctionnement de la terre divine y sont exposés. J’ai adoré l’humanité des divinités qui ne possèdent pas un physique parfait et musclé à jalouser ou à admirer. Ils ont des caractéristiques de mortel tout en dégageant la puissance des dieux.

Yencil, sous son large chapeau et son regard sévère, est un paradoxe. Il est le dieu de la guerre et il est le protecteur de l’Equilibre de Barcil. Alors que ce type de divinité est souvent prompte à engendrer le sang et l’esprit belliqueux, lui doit faire en sorte de maintenir la paix tout en permettant aux êtres d’évacuer leur soif de vengeance. Comment peut-on concilier ces deux facettes opposées me direz-vous ? Je vous laisse découvrir l’idée de l’auteur pour réaliser cette prouesse qui fait de Yencil un personnage très intéressant. Au vu de son qualificatif, le Stratège, j’aurai voulu qu’il y ait encore plus d’intervention de sa part dans le monde d’en dessous. J’ai apprécié ce que j’ai lu, mais j’ai un goût de trop peu.

Les protagonistes de cette histoire sont intéressants sauf Orglin qui semble trop esquissée et trop serviable. Elle exécute les ordres sans broncher. Cependant, j’ai remarqué qu’elle est l’actrice principale de la première nouvelle du cycle de Barcil. Sa personnalité y est sans doute plus développée. Le format court ne permettant pas d’approfondir tous les aspects ou les intervenants, il est possible que ce soit la raison qui a engendré le manque de relief de ce personnage dans Yencil le Stratège.

La plume de Jean-Marc Dopffer est toujours aussi exquise et poétique. Ses descriptions m’ont encore une fois facilement émergée dans son univers.

En bref, Yencil le Stratège dévoile une partie du monde divin de Barcil en mettant en scène le moment où la balance de l’univers est menacée. Cette nouvelle est tout aussi captivante que la précédente bien qu’elle m’a semblé trop courte. Encore heureux que l’aventure n’est pas finie.

Le dernier vœu (Le Sorceleur, #1) d’Andrzej Sapkowski

  • Titre : Le dernier vœu (Le Sorceleur, #1)
  • Auteur : Andrzej Sapkowski
  • Éditeur : Bragelonne
  • Catégories : fantasy médiévale, nouvelles

Ma rencontre avec Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski s’est déroulée dans les rayons de la libraire lorsque mes yeux tombèrent sur la nouvelle édition de Bragelonne. Il ne faut pas toujours une grande complexité ou une grande originalité pour attirer le public vers son produit. Les couvertures de cette série sont simples avec le fond imitant le parchemin pâle tirant sur le gris et un blason peint dont les contours, brossés grossièrement, sont entourés de tâches qui, pour le premier tome, rappellent par sa couleur carmin, le sang répandu par le glaive du sorceleur. Le titre, lui-même imprimé en lettres dorées, suscite la curiosité par la fusion évidente des mots sorcier et ensorceleur.

Un sorceleur est une sorte de héros vagabond qui va de royaume en comté et de ville en hameau pour tuer les monstres en échange d’un salaire. Afin d’accomplir leur tâche, il s’aide de deux éléments : les armes et la magie des signes. Geralt de Riv booste ses capacités, sa défense ou agit sur ses attaquants en usant du second. Mis à part quelques noms de signes qui apparaissent ça et là dans les chapitres, cette magie reste encore bien secrète. L’auteur n’en dévoile pas plus et reste sporadique quant à son utilisation. Les nombreuses scènes de combats exploitent plus le côté lutte à coup d’épée.

Le dernier vœu est un ensemble de nouvelles qui s’articulent autour d’un fil conducteur appelé La voix de la raison qui aide à présenter et à dévoiler peu à peu l’univers et le passé du Sorceleur où se mêlent bagarres de rue, intrigues de château et querelles de races. Cette structure me rappelle énormément les séries TV où l’histoire principale est révélée morceau par morceau avant ou après le chapitre exposé dans l’épisode. Elle est inhabituelle pour un recueil de nouvelles mais pas dérangeante. 

Les histoires sont d’une grande variété par les endroits où se situe l’action : ville, forêt, champ, montagne, … Toutefois, aucun des lieux n’est développé. Une myriade de noms de royaume, de comté et de ville sont mentionnés mais aucun ne fait réellement l’objet d’une description complète ou d’un élément original. Ils pourraient se trouver n’importe où dans l’hémisphère nord de la terre. C’est un monde médiéval de type occidental sans grande prétention et typique de la fantasy.

Le seul élément qui peut nous aider à situer le roman géographiquement autre que l’origine du romancier, est la mythologie et le bestiaire slave. Des noms inconnus dans nos contrées sont cités à plusieurs reprises si bien qu’il est dommage qu’Andrzej Sapkowski n’en décrive que deux trois. J’espère que les futurs livres mettront plus en exergue ces animaux fantastiques et légendaires.

L’écrivain exploite également certains contes tels Blanche-Neige ou la Belle et la Bête en les adaptant à son univers sombre et en les réinterprétant.

Le personnage principal se dévoile peu à peu au fil des pages : son passé, son présent et même son futur probable. Geralt de Riv respecte son propre code d’honneur de sorceleur. Sa vision du monde s’est forgée au fil de ses expériences en combattant les monstres et en côtoyant les humains qui ne sont pas toujours d’une grande bonté d’âme si bien que l’on se demande qui possède le plus d’humanité.

Ce questionnement sur la différence, les catégories du bien et du mal, les mutations, sur le monde en général, apporte un petit côté philosophique à l’œuvre. Par moment, des passages sont criants de vérité.

« Les gens, dit Geralt en détournant la tête, aiment bien inventer des monstres et des monstruosités. Ça leur donne l’impression d’être moins monstrueux eux-mêmes. Quand ils boivent comme des trous, qu’ils escroquent les gens, les volent, qu’ils cognent leurs femmes à coup de rênes, laissent crever de faim la vieille grand-mère, qu’ils assènent un coup de hache à un renard pris dans un panneau ou criblent de flèches la dernière licorne qui subsiste sur terre, ils aiment se dire que la Moire qui entre dans les chaumières au point du jour est plus monstrueuse qu’eux. Alors ils se sentent le cœur plus léger. Et ils ont moins de mal à vivre. »

Dans la première moitié du volume, j’ai eu l’impression que les personnages secondaires des différentes nouvelles se ressemblaient tous dans leur manière d’être et de parler (ex : un type bavard et cynique). Ensuite, certains protagonistes ont enfin relevé le niveau comme Calanthe de Cintra dont j’ai beaucoup aimé sa personnalité de régente même si à la fin de l’histoire elle retourne un peu trop vite sa veste pour aller dans le happy end. La voix de la raison et les derniers récits ont l’air de présenter les compagnons récurrents de notre Sorceleur comme Nenneke, Yennefer et Jaskier. Comme une sorte de mise en bouche pour la suite.

L’écriture de l’auteur m’a semblé bien inégale. Dans les premiers chapitres, le style est parfois bien simple et répétitif. Dans Le Sorceleur qui sert d’introduction réelle à l’univers, je me suis retenue de compter le nombre de fois que le mot strige était cité. Mais par moment, chaque phrase le possédait. Par la suite, la plume s’est améliorée et diversifiée notamment dans les dialogues dont le verbe des protagonistes semblaient être le seul à avoir été l’objet d’une vraie attention. Dans Le bout du monde, les discours font même intervenir un vieux patois (ici du vieux français pour la traduction) parlé par les autochtones et la langue elfique. L’humour employé allège l’emphase des paroles qui rappellent par moment les poètes ou les jeux scéniques qui utilisent beaucoup de grands et beaux mots pour décrire et relater les faits.

Enfin, l’un des éléments qui m’a le plus plu est l’ère dans laquelle évolue Geralt de Riv. Il s’agit d’une période où l’on sent arriver une rupture, la fin probable de la vocation de sorceleur car notre héros a dû mal à trouver des personnes prêtes à payer pour éradiquer des monstres gênants et qui semble disparaitre de la lumière du monde. Les êtres fantastiques comme les nains et les elfes, laissent à contrecœur la place aux hommes dont l’hégémonie approche à grands pas. Je me demande quel axe l’écrivain choisira dans le futur.

En bref, Le dernier vœu est un recueil de nouvelles à la structure intéressante qui pose les bases de l’histoire du Sorceleur. Ce tome est plutôt inégal au niveau de sa qualité et l’univers n’est pas original. Il se laisse simplement lire à petits doses.  

Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelle, fantasy

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir proposé de chroniquer Gienah la mercenaire via SimPlement.pro. Cette nouvelle est issue d’un projet consistant à présenter un personnage qui évolue dans le monde de Barcil. Chaque histoire du cycle est indépendante des autres. Vous pouvez donc les lire dans l’ordre que vous voulez en commençant par celle dont le résumé vous attire le plus. Ce principe de petits chapitres ayant la même scène sur laquelle se développer, me fait un peu penser aux Contes & Légendes inachevés de J.R.R. Tolkien dont l’auteur est un admirateur, sauf qu’ici le recueil est introductif. En effet, un roman final rassemblera les protagonistes des nouvelles. Il s’agit d’une manière intéressante d’appréhender son univers et son style. Je vous invite à vous rendre sur le site de Jean-Marc Dopffer pour avoir plus de détails.

Linn et ses compagnons sont tapis dans l’ombre d’un volcan en quête de la cachette du dragon, gardien de rubis. Leur cible est de dérober les joyaux afin d’en sertir deux couronnes jumelles pour sceller l’amitié entre le peuple des montagnes et les elfes. Malheureusement, la mission tourne au cauchemar. Gienah vient d’accoster quand un enfant lui transmet l’appel à l’aide de son ancien ami d’aventure. Elle n’hésite pas une seconde à le rejoindre.

L’histoire se déroule dans trois paysages distincts de Barcil. Le volcan, la frontière du monde et un dernier dont je vais taire la nature pour laisser la surprise. A travers les quelques pages, une richesse de détails est déployée. Les pièces de l’univers jetées par le romancier sont alléchantes. Ses descriptions permettent de dessiner chaque recoin de ce monde et donne envie d’en découvrir davantage.

Un certain soin est apporté aux personnages. J’ai particulièrement apprécié l’aspect original de Linn, le nain albinos qui se veut l’ami des animaux. A côté de cet état d’esprit actuel, une morale écologique fait également son intrusion dans les lignes des dialogues. Ces convictions auraient pu tranchés avec le style du roman qu’est la fantasy médiévale. Toutefois, elles sont insérées avec réalisme par rapport aux situations que traversent nos deux protagonistes.

Gienah est impétueuse et prend à pleine main son destin. Elle est le symbole du libre arbitre car elle ne se repose pas sur les dieux et elle assume la responsabilité de ses actes. Cependant, elle n’est pas laïque. Elles croient en leur existence. C’est juste qu’elle ne compte pas sur eux pendant les crises et ne les pointent pas du doigt en disant que c’est eux qui façonnent les événements sombres de l’avenir. Ce personnage est intéressant mais je trouve qu’elle répète un peu trop souvent les phrases sur les divinités. De ce fait, les dialogues tournent court.

Le style de Jean-Marc Dopffer est un véritable régal, une vraie perle. Sa plume est descriptive et utilise des tournures métaphoriques, imagées et qui ressemblent par moment à de la poésie picturale romantique (dans le sens peinture romantique et non romance). De véritables tableaux sont dépeints. Il a un verbe soutenu et original. Je me sens bien incapable de lui rendre justice avec mes mots donc voici deux petites citations :

« Le soleil traversa la colonne de fumée cendreuse accrochée au cratère. Le vent, doucereux, en inclinait l’expansion. Une à une les étoiles s’allumèrent dans le saphir du ciel. »

« Le roulement des nuages concassait l’océan. Face au galion, le Mur. Gris anthracite, chargé de trombes opaques et veiné d’éclairs, il se dressait presque à la verticale. Des tourbillons buvaient l’océan et se perdaient dans le firmament avec un grondement dantesque, formidable comme la respiration d’un Dieu. Accroché aux ciels comme à une poutre, il battait les airs et les eaux avec une folle impétuosité. »  

En bref, Gienah la mercenaire est une nouvelle de fantasy pleine de charme au monde déjà bien développé qui rappelle Tolkien, et à l’écriture délicieuse digne des plus grandes peintures de l’époque romantique du XIXe siècle. Jean-Marc Dopffer est un écrivain que je vais garder à l’œil.

Terminus pour l’humanité d’Arnaud Niklaus

  • Titre : Terminus pour l’humanité
  • Auteur : Arnaud Niklaus
  • Éditeur : Mon petit éditeur
  • Catégorie : Nouvelles, Horreur

Octobre est la dernière ligne droite avant l’ouverture de la porte de l’au-delà et la venue des morts parmi les vivants. Je parle bien entendu d’Halloween et de l’ambiance monstrueusement fascinante que cette fête engendre depuis des siècles peu importe le nom qu’elle revête selon l’époque et la civilisation.

C’est pour cette raison que j’ai décidé de réserver la parution de ma chronique sur Terminus pour l’humanité à ce mois. Cela vous donnera peut-être envie de l’ajouter à votre PAL pour cette nuit d’horreur et de frisson. Je remercie Arnaud Niklaus de m’avoir confié son recueil de nouvelles via la plateforme SimPlement.pro en échange d’un avis honnête.

Le volume renferme huit histoires aux sujets et approches variés. J’ai particulièrement apprécié le mélange d’horreur fantastique et humaine. On rencontre aussi bien des monstres issus de l’imaginaire que de la réalité. C’est cette deuxième facette qui m’a le plus touchée car elle correspond à merveille au titre. Ainsi, l’auteur met en scène la mort physique des hommes par des créatures de l’ombre et philosophique par la déshumanisation des personnages eux-mêmes. Je ne vais pas en dire davantage pour ne pas spoiler. J’aimerais juste saluer l’écrivain d’avoir inclus et traité comme la fin de l’humanité l’une des actions perfide, horrible, terrible et malheureusement trop courante dans la réalité. Certains sujets sont durs mais ils ne font pas l’objet de longues descriptions violentes.

Si le recueil se laisse lire, les histoires manquent souvent d’ambiance. Arnaud Niklaus démarre avec des scènes de la vie courante (parfois empruntes d’humour cynique) et apporte sans réelle mise en bouche ou transition les aspects horrifiques. Cette absence de profondeur qui se remarque aussi au niveau du traitement des personnages, est peut-être due à la formule d’histoire courte. En effet, j’ai eu l’impression que plusieurs nouvelles auraient eu plus d’impact en étant développées. Comme dit plus haut, le concept de base est intéressant. C’est dommage que le développement soit si superficiel.

Les personnages ne restent pas en mémoire. Ils sont pour la plupart banals et stéréotypés : la belle-mère qui n’aime pas son gendre, le mari parti avec une plus jeune à gros seins, le sportif hautain, etc. Toutefois, l’auteur réussi à se servir de ces portraits et à les inclure avec cohérence dans la suite de l’histoire et dans l’élément horrifique final. Le défaut se transforme en raison, en cause.

La plume est simple et plutôt basique. L’auteur recourt souvent à la technique de la pensée cynique. Plusieurs coquilles parsèment le recueil.

En bref, Terminus pour l’humanité est un corpus de nouvelles au thème bifacial intéressant mais qui n’arrive pas à déployer une réelle atmosphère d’horreur et immerger le lecteur dans le monde de l’auteur.

L’école du futur du Collectif #1

  • Titre : L’école du futur
  • Auteur : Collectif #1
  • Éditeur : Marathon Editions
  • Catégories : science-fiction, nouvelles

Je tiens à remercier chaleureusement Marathon Editions pour m’avoir fait parvenir une copie de L’école du futur contre un avis honnête via la plateforme SimPlement.pro. 

Ce recueil de nouvelles est né à l’initiative de l’éditrice Florence et de la blogueuse Virginie de Beltane de (lit en) secret qui mettent l’enseignement scolaire au premier plan dans l’apprentissage de la vie. Elles ont organisé un concours sur le thème de l’école du futur pour laisser les auteurs envisager ou rêver l’éducation de l’avenir. Leur dévouement va même plus loin étant donné que l’argent récolté à l’achat de cet ouvrage sera reversé aux Apprentis d’Auteuil. Cette fondation est créée en 1866 par des catholiques. Elle se consacre d’abord à l’éducation des orphelins et des plus démunis pour leur donner une chance de trouver un travail. Aujourd’hui, elle se concentre sur les jeunes en difficulté (principalement des ados) afin de les épauler et de les aider à s’insérer dans la société grâce notamment à des formations.

Alors que nous allons finir la deuxième décennie du XXIe siècle, le système scolaire subit des changements, parfois lents, car il doit s’adapter à l’avancée technologique et réinventer la manière d’appréhender le monde. Ainsi, cet ouvrage tombe à pique. Il englobe les visions de quinze écrivains chevronnés ou débutants qui partagent leur vision sur le thème. Chaque nouvelle ayant une voix différente, les plumes et les approches varient si bien qu’au moins une histoire devrait plaire à chacun. Le style d’écriture touche à la jeunesse, à l’adolescent et à l’adulte. La façon d’aborder le récit est narratif, descriptif, actif, doux, horrifique, aventureux, paisible, violent, sentimental, etc. Donc, il y a le choix.

Un côté moralisateur accompagne souvent l’intrigue. Surtout par rapport à l’importance des innovations technologiques du futur comme les intelligences artificielles, les robots ou les androïdes et celles qui sont déjà bien présentes dans la vie des enfants (tablettes, réseaux sociaux, etc.). Mais au fond, c’est moins une simple critique de l’ancien contre le nouveau système que la crainte de voir une déshumanisation, une dépendance et une désocialisation réelle.

Vu que L’école du futur est le premier recueil de nouvelles à plusieurs voix que je chronique et vu sa diversité et sa richesse, j’ai réfléchi à la meilleur approche pour vous le présenter. Je vais détailler mon top 3 des histoires afin de vous donnez l’eau à la bouche sans tout vous dévoilez.

Neurotoxicité du bouquinage d’Ange Beuque

Cette nouvelle ouvre le bal avec un système dictatorial où les livres papiers sont proscrits car ce sont des armes de destruction. Littéralement car il parait qu’ils peuvent nous exploser à la figure à moins que ce soit l’ouverture d’esprit et le développement de l’esprit critique qu’ils peuvent engendrer qui font peur ? Quoi qu’il en soit, Monsieur Alek est terrorisé lorsqu’il voit son élève Aylin déposer un bouquin fait de papier et d’encre sur son pupitre. Très vite, il met en place la procédure de sécurisation pour s’en débarrasser. Cependant, l’œil de l’inspection de l’enseignement se pose sur sa classe et sa manière d’enseigner qui prend quelques libertés par rapport au programme établi….Je vous laisse lire la suite et la fin surprenante qui laisse à réfléchir.  

Isaac de David Ruiz Martin

Isaac Aisner est un petit garçon de 12 ans qui a perdu la mémoire suite à un accident. Il intègre une nouvelle école en plein milieu d’année. Se faire des amis n’est pas aisé quand les groupes et les clans sont déjà faits. Mais c’est encore plus difficile lorsque l’on est spécial. Cette nouvelle est intéressante par son approche. Au lieu de s’intéresser à l’éduction des matières, elle se concentre sur le vivre ensemble. Comment faire face lorsque l’on est différent ? Comment aller au-delà de la peur que les autres ressentent ? Comment se développer et prendre confiance en ce que l’on est ? Ce conte philosophique m’a profondément émue malgré sa ressemblance avec un célèbre film de Steven Spielberg. Mais chut ! je ne vous en dis pas plus. A vous de découvrir de quoi je parle et surtout de le vivre à travers cette écriture fluide qui vous entraine dans ce mystère.

La vie bascule de Zoé Faverais Roy

Bienvenue au collège du futur où les cours se passent la tête dans les nuages. L’école, un bâtiment en verre, est suspendue au ciel. Plus d’odeur de papier, de cri strident quand la craie dérape sur le tableau noir…Tout est technologique au point que le professeur est devenu un tas de ferraille qui peut parfois avoir quelques dératés. Encore heureux que les élèves sont des as de l’électronique et savent réparer des unités centrales de la taille d’un pouce. Notre narrateur, un gars de 17 ans, est en train de suivre les cours de Vieux Boulon lorsqu’une tempête monstrueuse approche…Avec un langage d’adolescent (je précise que c’est compréhensible et qu’il n’y a pas de langage sms. Juste quelques mots de leur patois), Zoé Faverais Roy nous entraine dans un récit descriptif et narratif captivant avec une fin inattendue.

Pour information, je vous laisse une liste des autres nouvelles afin que les titres titillent votre curiosité :  

  • Une nouvelle à l’ancienne de Philippe Aurèle Leroux
  • Dans la chaleur de l’étable d’Abel Meiers
  • La clef du bonheur d’Esthel Cozzi
  • Un drôle de Fénix de Philippe Caza
  • Mon père, ce héros de Marguerite Aloze
  • L’appel de Céline P Bantam
  • Perdus dans le futur d’Elsa Malkoun
  • L’évasion d’Emilie Chevallier Moreux
  • Erreur de téléchargement de Laurent Contie
  • Hors de la bulle de Sienna Pratt
  • Quelques touches de couleur de Mathilde Bernardin
  • La pépinière de Florence Metge

En bref, L’école du futur est un recueil riche en approches et en visions sur le monde éducatif. Mettant en dialogue le passé et l’avenir, les avantages et les défauts des nouveautés et des idées, c’est avant tout une ode à l’apprentissage de l’enfant dans la société et le monde dans lequel ils vont grandir et évoluer.