12 km sous terre de Julien Maero

  • Titre : 12 km sous terre
  • Auteur : Julien Maero
  • Éditeur : Nombre 7 Éditions
  • Catégorie : science-fiction

12 km sous terre est le dernier roman court de Julien Maero que je remercie pour sa confiance. Par ses thématiques, ce récit d’anticipation entre parfaitement dans le menu Automne Rayonnant (You cannot eat the money) du Pumpkin Autumn Challenge.  

Le gouvernement russe requiert l’aide de l’éminent géologue Igor Romanovsky pour enquêter sur un événement étrange qui se déroule à Kola. Lieu d’un des plus profonds forages terrestres, le trou s’élargit de façon inexpliquée. La mission dont le professeur fait partie doit en trouver la cause. Dans les entrailles obscures de la planète, Igor fera une découverte qui chamboulera sa conception du monde.

L’URSS a démarré un forage dans le nord de son territoire, près de la ville de Kola, en 1970. Outre l’étude du sol, l’objectif était d’atteindre le Moho (la limite entre la croute terrestre et le manteau supérieur) avec une profondeur de 15 000 m. Le projet a été arrêté à un peu plus de 12 km pour des raisons politiques et techniques.

Julien Maero base son roman sur ce brin d’histoire. Ce cratère creusé par l’homme, oublié de la plupart des gens, qui se rappelle à eux en s’effondrant sur ses bords. Pourquoi cela arrive-t-il après tant d’années ? Que se passe-t-il dans ces profondeurs ? Qui ou quoi menace la Russie ? L’auteur nous entraîne à la manière de Jules Verne dans une exploration où le mystère se construit en quelques chapitres courts et rythmés. Les secrets des équipiers d’Igor et de la présidente suscitent l’intérêt tel des filaments qui nous emprisonnent et nous attirent entre les pages qui se tournent à une vitesse folle jusqu’à la révélation… Inattendue et extraordinaire.

La chose dissimulée dans les abysses porte un message cher à l’auteur. Elle intègre la conséquence de la bêtise humaine, celle des politiciens avides et des scientifiques sans scrupules. N’essayez pas de deviner quel monstre est dévoilé à la fin (et surtout, ce que sa présence signifie), vous n’arriverez pas à vous l’imaginez tant elle est frappante et atypique. Notez que je ne lis pas beaucoup de science-fiction. Du coup, mon jugement est peut-être altéré. Toutefois, il est indéniable que Julien Maero a réussi à créer à partir du néant issu de ce trou noir terrestre, une conception exceptionnelle du monde en jouant sur la notion du microscopique et du macroscopique, mais pas dans le sens habituel des termes.

Cette fin m’a vraiment bluffée. C’est le point fort du roman. Les personnages sont bien construits, même si certains sont peu esquissés. Igor a la grosse tête. Nommé chef d’équipe, il ne cesse de se disputer avec Ivan qui a plus de qualité de leader. Sa curiosité scientifique lui confère un certain courage face à la menace.

Brossons les autres membres de la mission : Ivan se présente comme un foreur asocial, taiseux et mystérieux. Son attitude soulève la suspicion, car il possède de multiples talents qui les sauvent. Des aptitudes qu’un simple foreur n’a généralement pas. Les frères Rybakov sont des militaires associés au groupe pour le protéger. Et enfin, nous avons Evgeny, un sismologue et Mikhail le pilote d’hélicoptère. Que des hommes ! Oui, mon sourcil s’est levé jusqu’à ce que j’apprenne que la Russie était dirigée par une femme. Une seconde femme apparait au cours de l’histoire et aura un rôle plus ordinaire vu qu’Igor en tombe amoureux. Svetlana prend soin de son père dans les bois, proche de Kola. Elle a fait des études de géologie. L’énigme du forage, la pousse à suivre la mission.

La plume de Julien Maero nous plonge dans les paysages enneigés de la Russie. Il distille des données scientifiques de façon compréhensible. Élaborant le mystère avec brio, il nous emmène dans l’obscurité où l’horreur nous attend. Si vous aimez les animaux faites demi-tour, les humains ne sont pas les seuls à subir la violence brute de la chose.

En bref, 12 km sous terre porte un message percutant. Il intègre et joue avec plusieurs notions scientifiques pour stimuler notre cerveau face au mal qui ronge la planète. Avec sa plume affutée, il nous entraîne vers les abysses insondables et incroyables.

Publicité

L’odyssée de Jason de Julien Maero

  • Titre : L’odyssée de Jason
  • Auteur : Julien Maero          
  • Éditeur : Éditions Maïa
  • Catégorie : science-fiction

J’ai accepté de chroniquer L’odyssée de Jason, lorsque son auteur me l’a proposé, sans avoir lu le résumé. Aventureux ? Pas vraiment, car la lecture de son recueil de nouvelles L’écume des âmes m’avait déjà permis de découvrir son univers et de voguer sur l’océan de ses visions de notre monde. De plus, je suis assidument sa page Facebook sur laquelle il publie des textes. Je me délecte de sa plume qui joue sur les mots à chaque fois. Si vous souhaitez vous familiariser avec son style, n’hésitez pas à y faire un tour.

L’odyssée de Jason est une livre de science-fiction. Ne vous fiez pas à sa couverture qui sent bon la jeunesse, car ce récit interpellera aussi les adultes à travers les questions qu’il aborde. Cette chronique se centrera principalement sur ces sujets. Je tiens à préciser que mes propos refléteront ce que je pense et non les idées de l’écrivain. S’ils me sont chers, je me rends bien compte qu’il n’a pas forcément voulu abonder dans mon sens. Chaque acte, parole des personnages et thème sont utilisés de manière à amener la finalité de l’histoire, à la construire de manière cohérente et indémontable. À noter que je vais faire l’impasse sur certaines problématiques pour ne pas spoiler le dénouement, mais sachez que le livre va bien au-delà de ce que je vais en dire. Je remercie Julien Maero pour la confiance qu’il m’accorde à nouveau.

Vivant à Last Chance Neighborhood, Jason mène une vie d’adolescent tout ce qu’il y a de plus normale. Il se lève chaque matin pour se rendre au lycée en compagnie de son meilleur pote, Franck, et de sa petite amie, Vanessa. Un quotidien similaire au mécanisme d’une horloge bien entretenue, qui se dérègle le jour où un SDF bouscule ses certitudes. Une fois les engrenages de la réflexion mis en route, Jason n’arrive plus à les arrêter, surtout face aux réactions des personnes qu’ils pensaient connaître depuis toujours.

La construction de l’intrigue repose sur de curieuses coïncidences qui succèdent à la rupture du quotidien de Jason. Le premier chapitre dessine un monde et un personnage principal lisses. Une perfection ennuyeuse, mais nécessaire pour la suite du récit. L’adolescent est gentil, bien élevé. Il rentre dans les rangs à la minute où on le lui ordonne. Il aime papoter en classe, par exemple. C’est son seul défaut. Néanmoins, une remarque du professeur le fait taire.

Dès le deuxième chapitre, cette perfection s’efface au profit du doute qui s’insinue dans l’esprit de Jason. Le rythme s’accélère au point d’en devenir haletant à mesure que le malaise grossit, l’impression de vivre avec un voile sur les yeux. Après les paroles du SDF, le protagoniste réagit comme tout enfant de son âge le ferait, il questionne les adultes qui l’entourent afin de trouver l’apaisement. Cependant, leur réponse renforce son trouble qui le pousse à quitter les limites de son confort. Au lieu d’oublier d’enterrer ses interrogations, il renonce à son quotidien rassurant pour découvrir la vérité.

« La plupart des gens ne veulent pas vraiment la vérité, ils veulent juste être constamment rassurés sur le fait que ce qu’ils croient est la vérité… »

Les échanges avec ses parents, ses professeurs et ses amis le confrontent à des réalités de la société. Les paroles reflètent le formatage du monde avec les formules toutes faites que l’on sort pour se conformer aux grands principes promulgués par le bien commun, l’esprit civique. Ces citoyens bien pensants qui rejettent la marginalité en la qualifiant de poison, de maladie psychiatrique, car tout le monde le sait : notre monde est parfait. Tout va bien et tout est beau dans le meilleur des mondes en d’autres mots. Alors quand une voix s’élève contre la majorité, elle ne peut venir que d’un être fou dont il faut étouffer la ferveur et pousser au ban de la société. Pourtant, cette différence est essentielle, car c’est de la différence que naît l’avenir. Elle engendre l’éveil, l’imagination, la création et l’évolution des civilisations.

À travers son récit, Julien Maero oppose ainsi l’esprit collectif et l’individualisme. Toutefois, il ne les représente pas de manière manichéenne. Si le premier est important pour vivre ensemble sans se détruire, le second reste essentiel pour contrer les visions dominantes et totalitaires où l’expression de la diversité est anéantie. C’est la marginalité qui éveille Jason de son doux rêve dissimulant la réalité. Or, il faut se confronter à la réalité pour avancer. Inversement, un individualisme trop prononcé mène à l’égoïsme, et quand celui-ci devient la norme, il engendre un déséquilibre qui peut être fatal.

Quand le doute s’insinue dans l’esprit de Jason, celui-ci se tourne d’abord vers ses professeurs. J’ai trouvé cet élément intéressant, car il pose la question de l’importance de l’éducation et la confronte à la vision que l’on voit souvent partagée sur les réseaux sociaux ou transmise lors de manifestation. Je précise, avant de continuer, qu’il s’agit surtout de mon point de vue ici. L’éducation est brandie tel un bouclier contre l’ignorance et l’effet mouton. Pour ma part, je pense que l’enseignement est en réalité une arme. Il peut, certes, ouvrir l’esprit des enfants et des adultes à la tolérance, le vivre ensemble et les aider à développer un esprit critique, mais mal employé, il peut aussi leur faire un lavage de cerveau grâce au pouvoir des mots. Ceux qu’on rabâche à l’infini, qui s’insinuent et s’ancrent dans les esprits en étouffant les questionnements. J’ai, donc, trouvé rafraichissant de donner un rôle de berger aux professeurs qui répètent les saintes paroles de la société dans L’odyssée de Jason.

Cette richesse thématique est portée par une plume fluide et originale qui recourt à des tournures singulières. Julien Maero emploie des adjectifs inhabituels qui colorent son récit à côté des dialogues empreints de nuances (notamment avec l’humour matheux de l’un des profs) et les figures de style.

En bref, L’odyssée de Jason décortique le fonctionnement de la société en brisant le reflet de perfection qu’elle nous fait miroiter. L’auteur bouscule les esprits en jouant à l’équilibriste marchant sur la corde tendue entre l’esprit collectif et l’individualisme pour construire une réflexion sur le monde, notre monde, avec un dénouement interpellant.

L’écume des âmes de Julien Maero

  • Titre : L’écume des âmes
  • Auteur : Julien Maero
  • Éditeur : Éditions Maïa
  • Catégories : nouvelles, fantastique, science-fiction

L’écume des âmes est le premier recueil de nouvelles que j’ai lu cette année. Je remercie chaleureusement Julien Maero de m’avoir proposé son œuvre en échange d’un retour honnête et de mon œil critique. J’espère être à la hauteur de tes attentes.

L’âme fait partie des sujets qui me passionnent. Cette entité est si présente et impalpable à la fois qu’elle ne peut qu’intriguer. Lorsque l’auteur explique ses intentions dans son prologue, ma curiosité a été encore plus piquée. L’ouvrage met en scène des récits fantastique et de science-fiction qui exposent des problématiques sociétales en quelques mots : la défense des animaux, le féminisme, l’écologie, la puberté ou l’anthropocentrisme pour n’en citer que quelques-unes. Un recueil riche en histoire et en réflexion dont les personnages (sauf un, mais je soupçonne une volonté derrière cet aspect, voir plus bas pour mon explication) sont nuancés et profonds.

Voici un petit tour d’horizon de chaque nouvelle.

Au cœur du mystère relate une transplantation du cœur qui influence son receveur jusqu’au plus profond de son être. Chrysalis est une adolescente déterminée à écraser les garçons pendant une course lorsqu’une crise cardiaque l’amène aux portes de la mort. Seules les recherches du professeur Müller peuvent déjouer cette situation désespérée malgré leurs côtés obscurs. Ce texte oscille entre action prenante et raccourci pour conduire l’histoire à son point final. Ces passages plus descriptifs et résumés coupent l’ambiance et le rythme de la narration alors que Julien Maero arrive à construire une atmosphère palpitante en peu de mots. La nouvelle aurait mérité d’être développée en novella ou en roman.

Olé nous entraine dans le monde la corrida. Rodriguez se laisse convaincre par son ami d’assister à cette tradition où la mise à mort d’un être vivant est acclamée par une foule en délire. Si le déroulement parait au premier abord banal, cette histoire s’avère percutante grâce au savant dosage pour révéler la réalité qu’elle dépeint. Le choix des mots est parfois plus important qu’on ne le croit.

La nouvelle Entre les lignes présente le protagoniste superficiel que j’ai évoqué plus haut. Ici, la plume de l’écrivain est simpliste et répétitive. Il décrit le réveil de Sébastien dans un monde étrange. Ce rêve où il évolue pose un décor intéressant, mais le tout semble faible, comme un premier texte. D’ailleurs, ce fut mon hypothèse jusqu’à la lecture des dernières lignes dont je n’exposerai pas le contenu pour éviter de spoiler. L’identité réelle de ce personnage et la raison de ce qu’il vit m’ont fait revoir ma position, si bien que je me demande si l’auteur n’aurait pas ingénieusement adapté son écriture exprès.

Un horizon peut en cacher un autre nous fait voyager vers Vénus où une déformation inexplicable a été repérée par les Terriens. Yohann s’y rend pour analyser le problème. Ce qu’il va y découvrir va changer sa vision de l’univers pour un temps. Ce texte fait appel à des définitions d’astrophysiques très bien expliquées, si bien qu’il reste accessible aux néophytes du genre. Il me rappelle un peu le cycle des dieux de Bernard Werber. Cependant, Julien Maero opte pour une opinion philosophique plutôt qu’une aventure. J’ai aimé l’humour avec lequel il argumente et défend ses idées.

 —  La fin du monde ?

— Quel nombrilisme…Juste la fin de ton univers. 

Oups. Et si notre monde résultait du zèle d’un jeune dieu fraichement diplômé en création terrestre ? Zeus suit les instructions de son pack « Comment créer votre planète et ses habitants » avec euphorie et assiduité. Mais comme pour tout tutoriel réalisé pour la première fois, il y a toujours quelque chose qui coince. Oups est un récit léger et comique qui parait tellement probable quand nous connaissons le monde dans lequel on vit.

Le nivellement par l’eau joue sur les mots avec perfection pour décrire ce qui se passe dans les abysses ténébreux. L’aventureuse Léa relève le défi de Jean et part explorer l’épave d’un navire dans le triangle des Bermudes. Les créatures qui l’enlèvent, dévoilent un enjeu écologique intégré d’une manière brillante dans notre modernité. Si le début était simplement divertissement, la révélation finale m’a beaucoup plu.

Troie fois rien reprend l’idée de la machine à remonter dans le temps créée par Ferdinand, qui est considéré comme un illuminé par ses compères. Passionné d’histoire, il souhaite vivre l’un des moments légendaires les plus mémorables de la civilisation humaine : la Guerre de Troie qui a amorcé la déchéance de la Grèce. Non, je ne me m’emmêle pas les pinceaux. L’auteur inverse les rôles des gagnants et des perdants comme postulat de départ. Dans le monde de Ferdinand, les Troyens ont vaincu les Grecs et leur peuple a profondément imprégné la société moderne, jusqu’à son voyage. Si l’idée de changer le cours de l’histoire et l’impact actuel du passé en quelques lignes est intéressante, on se doute aisément de la suite logique de cette nouvelle. C’est une lecture agréable, mais sans surprise.

L’ultime imposteur est similaire au premier texte de ce recueil dans le sens où il alterne action et résumé pour faire avancer le récit. Les scènes importantes sont jouées, puis le rythme est ralenti par une description intercalée entre elles. C’est pourquoi j’ai eu des difficultés à accrocher. Charles est un enfant pauvre qui vole la console de ses rêves à son camarade de classe Lionel. Sauf que sa tentative tourne mal et qu’il découvre son pouvoir : transférer son âme dans un autre corps. Il en profite grandement avant de changer de vie inlassablement jusqu’à…je n’en dirais pas plus, mais la fin possède une morale et un retour de karma appréciable.

Kevin ne sait ni se taire ni écouter les autres. Encore moins sa professeure qui tente de le calmer lors d’une excursion au centre spatial. L’adolescent fausse compagnie à son groupe et trouve La chambre sourde. Un lieu qui lui apprend simultanément le silence, le bruit et la folie. Ce récit très court est simple et efficace.

Ca ne tient qu’à un fil nous envoi dans la société du futur en 3013 où les humains ont quittés une terre polluée pour habiter dans d’autres galaxies et où le système de caste entre les riches et les pauvres s’est exacerbé. On suit Ilex qui vit avec son robot qui illustre la pérennité de la femme-objet vu que Pamela assouvit le moindre de ses désirs sans poser de question. Bref, une société loin d’être beaucoup plus évoluée que la nôtre. L’intérêt de ce texte se trouve dans le retournement de situation auquel je ne m’attendais pas du tout.

Sans faire de vague nous attire dans la cage de la sirène Adella. La plume dévoile progressivement son quotidien de captive, ses identités et les raisons de son emprisonnement. Le revirement final manque un peu d’originalité. Toutefois, le récit reste addictif grâce au style de l’auteur qui déplie le papier cadeau méthodiquement et en douceur.

La nouvelle suivante est divisée en trois parties. Amnésiques raconte un passage de la vie de trois personnages issus de trois époques , reliés entre eux par la réincarnation de l’âme et la convergence de l’histoire malheureuse vers un happy ending. Une sorte de dessein divin, en gros. En quelques mots, le premier texte porte sur une trop large période d’existence. Du coup, je n’ai pas ressenti l’évolution des relations entre les protagonistes. Notre héros semblait subitement proche du comte qu’il servait pendant la croisade. Je me doute que les combats ont renforcé le lien entre ses deux inconnus, mais je ne l’ai pas vécu. C’est encore une fois le problème dû au format court. La seconde partie parle de Fortune qui souffre d’un handicap au cou depuis sa naissance. Elle va consulter un hypnotiseur pour soulager sa douleur. Enfin, l’histoire se clôture en 2824. Gecko prend part à une mission de la plus haute importance pour l’humanité. Je sens que cette histoire en trois voix m’aurait plus emballée si elle n’avait pas été rédigée en nouvelle, mais en roman. Je n’ai pas accroché, mais je comprends que l’auteur souhaitait mettre l’accent sur la morale de l’ange.

Enfin, La vingt-cinquième heure est sans aucun doute le récit qui m’a le plus touchée. Julien rêve de lui-même. Face à son double, sa conscience, il se confronte à ses incertitudes pour libérer sa créativité. En effet, l’écriture est une affaire bien difficile. L’ennemi numéro un du romancier est généralement lui-même plus que les autres : perfectionnisme, syndrome de l’imposteur …le doute se trouve plus souvent à chaque coin de page que l’on ne croit. Il faut apprendre à s’affronter pour avancer et construire ses histoires.

En bref, l’écume des âmes est un recueil riche en protagonistes et en thèmes. En peu de mots, Julien Maero est capable de nous plonger dans ses aventures tantôt fantastiques tantôt futuristes bien que certaines d’entre elles mériteraient d’être traitées en roman. Ses titres sont choisis avec soin et humour pour sublimer le sens caché de ces histoires profondes. Autant avouer que je vais jeter un œil sur son roman.