Orglin la Primitive (Le Cycle de Barcil, #1) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Orglin la Primitive (Le Cycle de Barcil, #1)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégorie : fantasy

Après Gienah et Yencil, je viens de me plonger dans le passé d’Orglin qui m’avait posé question dans la nouvelle présentant le dieu de la guerre. Un grand merci à Jean-Marc Dopffer de m’avoir encore une fois donné l’opportunité d’approfondir son monde avec le premier récit du Cycle de Barcil (via SimPlement.pro). Pour rappel, l’auteur a le projet d’écrire dix récits mettant en scène des personnages qui seront réunis dans un ultime roman. N’hésitez pas à aller faire un tour sur son site pour en apprendre plus.

La guerre des Elfes et des Hommes n’a laissé qu’horreur et tristesse par les innombrables corps massacrés à coup de flèches et d’épées. Syph et Himir en prennent pleinement conscience à la fin de la guerre. Alors qu’ils sont ennemis à la base, ils errent ensemble vers un lieu reculé et loin de la stupidité des espèces. De leur union naîtra Orglin qui est au cœur d’une prophétie édictée par Yencil qui lui enlèvera tout en lui donnant une nouvelle vie.

Cette histoire se centre sur la manière dont Orglin est devenue une baigne, une Danseuse du Ciel au service du dieu de la guerre. Elle commence sur les chapeaux de roue puisque la demi-elfe est poursuivie par les meurtriers de ses parents. Dès les premiers mots, la nouvelle m’a happée.

Orglin agit comme une sauvageonne aux yeux des hommes. Elle ne parle pas leur langue et elle ne connait du monde que ses parents et la nature qui l’entoure.  De ce fait, une pureté émane d’elle. Elle est dotée d’un caractère innocent et curieux tout en étant capable de se défendre. Un peu comme un jeune animal sauvage.

Encore une fois, le format de la nouvelle s’est fait ressentir. Une fois qu’Orglin est une baigne, l’auteur fait un bon dans le temps. Si bien qu’on voit une danseuse du ciel fière et impliquée dans sa tâche sans transition entre celle qui ne connaissait rien et l’être surdoué qui se trouve devant nous. Du coup, j’ai eu un peu de mal à m’attacher à elle. J’aurais aimé savoir ce qui l’a poussée à être aussi déterminée à remplir son rôle auprès de ce dieu dont elle ne connaissant rien, même pas l’existence avant sa rencontre.

En peu de mots, l’écrivain arrive à partager des concepts importants. Le premier concerne la fatalité. Tout être possède un rôle dans le cycle du destin. Vivre en dehors du monde et de la société ne suffit pas à le fuir. Le deuxième expose l’incapacité des hommes à voir plus loin que le bout de leur nez. Ils osent penser qu’ils comprennent les desseins divins quand ils n’arrivent à dépasser leur milieu contextuel qu’après bien des événements. Enfin, j’aimerais citer les mots plein de bon sens de Jean-Marc Dopffer et qui s’appliquent encore à cette ère que nous vivons.

« La paix n’envoie personne chargé d’acier.».

Une phrase loin d’être anodine quand on sait qu’encore aujourd’hui les dirigeants politiques disent vouloir apporter la paix dans tel ou tel pays en envoyant des armées.  

En bref, Orglin la Primitive met en scène un personnage qui pourrait encore être approfondi. Toutefois, l’histoire qui est mise en relief et en mouvement par la magnifique plume de l’auteur, est plaisante et attrayante. C’est une bonne mise en bouche pour la suite.   

Yencil le Stratège (Le Cycle de Barcil, #4) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Yencil le Stratège (Le Cycle de Barcil, # 4)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégories : fantasy, nouvelle

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir confié une nouvelle fois son service presse via SimPlement.pro. Yencil le Stratège est l’une des nouvelles qui fait partie du Cycle de Barcil. Pour rappel, ce projet englobe 10 nouvelles qui peuvent se lire indépendamment les unes des autres, et un roman final qui regroupera les figures rencontrées dans les courtes histoires. J’aimerais signaler qu’il est préférable de lire Gienah la Mercenaire que j’ai chroniquée l’année passée, avant de vous lancer dans celle-ci. En effet, des événements et le dénouement sont résumés dans Yencil le Stratège, ce qui pourrait diminuer votre plaisir lors de la lecture de la précédente nouvelle.

La paix entre les nains et les elfes vacille. Dans l’ombre, un être agit dans ce sens et Yencil doit à tout prix l’en empêcher. Pour cela, il dépêche auprès du messager et espion Ikor, l’une de ses baignes, Orglin, afin de l’aider à combattre les obstacles qui se dressent sur son passage et à le garder en vie. Le nain a une mission importante à remplir.

Ce quatrième récit nous plonge dans la magnificence du royaume souterrain d’Oukta creusé et sculpté par les mains des nains, et la cité suspendue des elfes dans la forêt de Pevek. Un contraste propre à ces créatures magiques qui sont reliées par un sens artistique fort. Le point majeur de cette nouvelle se situe pourtant dans l’autre monde : celui des dieux. La mythologie, la création de Barcil et le fonctionnement de la terre divine y sont exposés. J’ai adoré l’humanité des divinités qui ne possèdent pas un physique parfait et musclé à jalouser ou à admirer. Ils ont des caractéristiques de mortel tout en dégageant la puissance des dieux.

Yencil, sous son large chapeau et son regard sévère, est un paradoxe. Il est le dieu de la guerre et il est le protecteur de l’Equilibre de Barcil. Alors que ce type de divinité est souvent prompte à engendrer le sang et l’esprit belliqueux, lui doit faire en sorte de maintenir la paix tout en permettant aux êtres d’évacuer leur soif de vengeance. Comment peut-on concilier ces deux facettes opposées me direz-vous ? Je vous laisse découvrir l’idée de l’auteur pour réaliser cette prouesse qui fait de Yencil un personnage très intéressant. Au vu de son qualificatif, le Stratège, j’aurai voulu qu’il y ait encore plus d’intervention de sa part dans le monde d’en dessous. J’ai apprécié ce que j’ai lu, mais j’ai un goût de trop peu.

Les protagonistes de cette histoire sont intéressants sauf Orglin qui semble trop esquissée et trop serviable. Elle exécute les ordres sans broncher. Cependant, j’ai remarqué qu’elle est l’actrice principale de la première nouvelle du cycle de Barcil. Sa personnalité y est sans doute plus développée. Le format court ne permettant pas d’approfondir tous les aspects ou les intervenants, il est possible que ce soit la raison qui a engendré le manque de relief de ce personnage dans Yencil le Stratège.

La plume de Jean-Marc Dopffer est toujours aussi exquise et poétique. Ses descriptions m’ont encore une fois facilement émergée dans son univers.

En bref, Yencil le Stratège dévoile une partie du monde divin de Barcil en mettant en scène le moment où la balance de l’univers est menacée. Cette nouvelle est tout aussi captivante que la précédente bien qu’elle m’a semblé trop courte. Encore heureux que l’aventure n’est pas finie.

Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelle, fantasy

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir proposé de chroniquer Gienah la mercenaire via SimPlement.pro. Cette nouvelle est issue d’un projet consistant à présenter un personnage qui évolue dans le monde de Barcil. Chaque histoire du cycle est indépendante des autres. Vous pouvez donc les lire dans l’ordre que vous voulez en commençant par celle dont le résumé vous attire le plus. Ce principe de petits chapitres ayant la même scène sur laquelle se développer, me fait un peu penser aux Contes & Légendes inachevés de J.R.R. Tolkien dont l’auteur est un admirateur, sauf qu’ici le recueil est introductif. En effet, un roman final rassemblera les protagonistes des nouvelles. Il s’agit d’une manière intéressante d’appréhender son univers et son style. Je vous invite à vous rendre sur le site de Jean-Marc Dopffer pour avoir plus de détails.

Linn et ses compagnons sont tapis dans l’ombre d’un volcan en quête de la cachette du dragon, gardien de rubis. Leur cible est de dérober les joyaux afin d’en sertir deux couronnes jumelles pour sceller l’amitié entre le peuple des montagnes et les elfes. Malheureusement, la mission tourne au cauchemar. Gienah vient d’accoster quand un enfant lui transmet l’appel à l’aide de son ancien ami d’aventure. Elle n’hésite pas une seconde à le rejoindre.

L’histoire se déroule dans trois paysages distincts de Barcil. Le volcan, la frontière du monde et un dernier dont je vais taire la nature pour laisser la surprise. A travers les quelques pages, une richesse de détails est déployée. Les pièces de l’univers jetées par le romancier sont alléchantes. Ses descriptions permettent de dessiner chaque recoin de ce monde et donne envie d’en découvrir davantage.

Un certain soin est apporté aux personnages. J’ai particulièrement apprécié l’aspect original de Linn, le nain albinos qui se veut l’ami des animaux. A côté de cet état d’esprit actuel, une morale écologique fait également son intrusion dans les lignes des dialogues. Ces convictions auraient pu tranchés avec le style du roman qu’est la fantasy médiévale. Toutefois, elles sont insérées avec réalisme par rapport aux situations que traversent nos deux protagonistes.

Gienah est impétueuse et prend à pleine main son destin. Elle est le symbole du libre arbitre car elle ne se repose pas sur les dieux et elle assume la responsabilité de ses actes. Cependant, elle n’est pas laïque. Elles croient en leur existence. C’est juste qu’elle ne compte pas sur eux pendant les crises et ne les pointent pas du doigt en disant que c’est eux qui façonnent les événements sombres de l’avenir. Ce personnage est intéressant mais je trouve qu’elle répète un peu trop souvent les phrases sur les divinités. De ce fait, les dialogues tournent court.

Le style de Jean-Marc Dopffer est un véritable régal, une vraie perle. Sa plume est descriptive et utilise des tournures métaphoriques, imagées et qui ressemblent par moment à de la poésie picturale romantique (dans le sens peinture romantique et non romance). De véritables tableaux sont dépeints. Il a un verbe soutenu et original. Je me sens bien incapable de lui rendre justice avec mes mots donc voici deux petites citations :

« Le soleil traversa la colonne de fumée cendreuse accrochée au cratère. Le vent, doucereux, en inclinait l’expansion. Une à une les étoiles s’allumèrent dans le saphir du ciel. »

« Le roulement des nuages concassait l’océan. Face au galion, le Mur. Gris anthracite, chargé de trombes opaques et veiné d’éclairs, il se dressait presque à la verticale. Des tourbillons buvaient l’océan et se perdaient dans le firmament avec un grondement dantesque, formidable comme la respiration d’un Dieu. Accroché aux ciels comme à une poutre, il battait les airs et les eaux avec une folle impétuosité. »  

En bref, Gienah la mercenaire est une nouvelle de fantasy pleine de charme au monde déjà bien développé qui rappelle Tolkien, et à l’écriture délicieuse digne des plus grandes peintures de l’époque romantique du XIXe siècle. Jean-Marc Dopffer est un écrivain que je vais garder à l’œil.