Le jour de ton arrivée d’Isabel Komorebi

  • Titre : Le jour de ton arrivée
  • Autrice : Isabel Komorebi
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégories : romance, science-fiction

Le jour de ton arrivée est le second livre tiré de la box L’amour sous toutes ses formes d’Escape with a Book, que j’ai lu. Avec son résumé, il promettait une histoire de reconstruction de soi grâce à l’amour entre deux personnes opposées. Un garçon taciturne et une fille haute en couleur.

Dix-neuf ans plus tôt, Eux sont arrivés. Ces êtres venus d’ailleurs ont rencontré les humains qui les ont rejetés. Malgré cela, ils restent au-dessus de la Terre, dans leurs pentacles, pour les accompagner vers leur destinée. Enfant, Logan gardait les yeux levés au ciel à les observer jusqu’au jour ou son monde à basculer. Un jour, Tammy le bouscule dans les couloirs de son université. Et, sa vie goûte de nouveau la saveur du bonheur.

Le début de ce roman court (à peu près 200 pages) est captivant. Il plante le décor étrange et mystérieux de cette époque que j’ai eu dû mal à situer tant les indices sont donnés au compte-goutte. D’abord, j’ai cru qu’il s’agissait d’un futur plus ou moins proche dans lequel la terre aurait subi un changement climatique avec l’arrivée d’une nouvelle ère glaciaire. Les températures restent froides tout au long de l’année avec une pointe de gel mortifère aux heures obscures de la nuit. Cependant, on apprend que c’est le cas sur l’ensemble de la planète. Au vu des modifications de biotopes, j’ai alors supposé qu’il s’agissait d’une ère plus lointaine.  Les éléments de décors s’avèrent peu présents et aucune innovation technologique ne pointe le bout de son nez, au contraire, tous portent à croire que cette société est similaire à la nôtre, comme si ça faisait longtemps qu’elle avait cessé d’évoluer. Ainsi, on vogue entre le présent et l’avenir. Bref, c’est assez déroutant.

Toutefois, ce contexte, même flou, permet de comprendre la léthargie et la routine dans laquelle les humains vivent. Un quotidien rassurant dans lequel on vit à court terme. L’éphéméride rythme les cœurs et les histoires sans lendemain, ce qui agace Logan qui ne veut pas faire semblant que tout va bien.

Ce garçon cassé est pessimiste, voire fataliste, et mélancolique. Il étudie sérieusement sans pour autant avoir de rêves. Matt est sa bouée qui le maintient au-dessus de l’eau. Ce sportif possède des caractéristiques qui au départ ont l’air clichées : beau, extrêmement grand, musclé et coureur de jupons. Toutefois, sa gentillesse et son empathie transparaissent vite au fur et à mesure des échanges entre les amis.

Tammy provient du ciel. Logan le voit directement dans ses yeux. C’est le coup de foudre au premier regard. Au cours d’une nuit, d’un rendez-vous, ils vont se découvrir, l’humain s’ouvrit et reprendre le gouvernail de sa vie auprès de celle qu’il aime. D’elle, on connait peu de choses. Les chapitres qui lui sont dédiés, permettent de savoir que leur rencontre n’est pas un hasard, car on lui a confié une mission et qu’elle a quelque chose d’important à lui transmettre. À travers son regard, on voit l’humanité autrement, comme un observateur extérieur étonné et intrigué par les comportements volatiles de cette espèce que l’on compare à ceux de la sienne. Le flou autour de Tammy m’a empêchée de l’apprécier, surtout qu’à la lecture du résumé, je m’attendais à un personnage rayonnant qui m’aurait étreint le cœur par sa personnalité et ses réparties.

Le thème central de ce roman (à côté de l’importance de la communication, du deuil et de l’écologie) est la reconstruction d’une âme qui a perdu son étincelle de vie. Le choix du coup de foudre comme électrochoc m’a dérangée, car il élimine la transition entre les deux états de Logan. D’un regard, il quitte sa peau d’homme taciturne pour revêtir celle débordante de vie et d’amour. Il parle de son passé sans difficultés ni réticences à cette inconnue, seule une légère peur de rejet lui serre le cœur lorsqu’il attend avec impatience le rendez-vous. J’aurai préféré un développement en douceur, car personne n’évolue en un claquement de doigts dans la vie. Surtout si le monde se trouve à la limite de son effondrement et que la dépression nous suit depuis des années. 

En dépit de cette irréalité et le manque de vraisemblance dans les personnages, je tiens à préciser que j’ai apprécié ma lecture. La plume de l’autrice est agréable, quoiqu’un peu répétitive. Durant la moitié de l’histoire, on ne connait pas les prénoms des amoureux. Malgré la narration à la première personne du singulier, cela aurait pu conférer un caractère impersonnel, mais sa maîtrise du « je » et la couleur qu’elle insuffle à son écriture a empêché ce sentiment de naître.

Néanmoins, une belle plume ne suffit pas. Les vingt dernières pages tirent en longueur pour amener LA révélation qui n’en était pas réellement une. Je n’ai ressenti aucun vertige, malgré l’insistance de l’autrice à ce propos. Le risque que Logan fasse demi-tour en y étant confronté, était élevé. Le problème pour moi ne vient pas de la faiblesse de la révélation, mais de la manière d’interrompre sans cesse la progression de l’histoire par des baisers incessants et des épisodes qui ne font que répéter des informations dévoilées plus tôt et qui coupent le moment véridique. La technique a tourné à l’effet gadget plutôt que page turner.

En bref, Le jour de ton arrivée est une ode au sentiment de l’amour et aux sensations. Le roman relate la rencontre de deux êtres étrangers qui va ranimer le cœur de Logan. Si la manière de reconstruire ce personnage et le manque de consistance des extra-terrestres apportent une faiblesse à l’histoire, la plume de l’autrice a réussi à m’immerger dans la relation de ce couple durant la majeure partie du roman.

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