Une fin d’année givrée de Virginie T.

  • Titre : Une fin d’année givrée 
  • Autrice : Virginie T.
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : comédie romantique, Noël

Toute première chronique de mon nouveau partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire. Vous ne connaissez pas ? Il s’agit d’un groupe sur Facebook qui rassemble plusieurs autrices qui prennent la parole chacune à leur tour (une par jour). Elles présentent leurs livres bien entendu, mais elles poursuivent aussi l’objectif de créer des liens et des discussions autour de divers sujets proches des thématiques issus de leurs romans et de leurs sources d’inspirations. N’hésitez pas à faire un tour sur la page et même à vous y inscrire. Le groupe a fêté ses un an il y a quelques mois, et ça m’a fait l’effet d’une bombe, car j’avais l’impression que nos relations dataient depuis bien plus longtemps que cela. 

Une fin d’année givrée de Virgnie T. est une comédie romantique de Noël autoéditée qui ne m’a pas laissée de glace. Si vous me suivez depuis mes débuts, vous savez que ce genre ne fait pas partie de mes préférés. Je trouve, en effet, peu de romance en adéquation avec ma personnalité. Toutefois, cela ne m’empêche pas de tenter l’aventure en sortant de ma zone de confort. En cette période sombre (je parle de la météo) et de la fatigue accumulée avec mon job, le besoin de légèreté martelait mon âme. Ce livre tombait donc à pic. 

Lilas se prélasse sur un transat au bord de la piscine d’un hôtel à Tahiti sans se rendre compte de ce qui l’attend à son retour. Voyagiste de métier, elle parcourt le globe et les destinations ensoleillées aux frais de son entreprise pour tester et dénicher de nouvelles formules de vacances à destination d’une clientèle aisée. Elle adore son job au point de prier qu’une mission l’envoie loin des remontrances de sa mère et de sa sœur pendant la période des fêtes. Son vœu sera exaucé. Le problème ? Elle part pour le Québec. Pire, elle séjourne à l’Hôtel de Glace qui, comme son nom l’indique, surgit de la neige chaque année sous les mains des sculpteurs de glace. Elle qui déteste le froid, n’est pas à la fin de ses surprises lorsqu’elle est accueillie par un Yéti qu’elle va devoir se coltiner comme guide. Sous sa barbe d’ours mal léché, il se pourrait bien que Nathan réussisse à briser ses principes professionnels. 

Ce enemy to lover version Noël reste assez basique dans sa structure. Sa force repose sur la plume humoristique et cynique de l’autrice ainsi que sur le mordant du personnage principal qui m’a conquis rapidement. 

Lilas est une fille d’origine modeste qui a dû adapter ses valeurs à celles de sa clientèle. De prime abord, elle paraît hautaine. Pourtant, on remarque vite qu’il s’agit plutôt de professionnalisme. Elle se met dans la peau de ceux qu’elle doit appâter avec ses circuits découvertes. Son job, c’est toute sa vie, si bien que seule une plante verte l’attend chez elle. Enfin, pas tout à fait, car vu la durée d’abandon, elle en change à chaque retour. Malgré le sentiment de solitude qui l’étreint de temps en temps, elle n’incarne cependant pas la pauvre petite princesse qui désire à tout prix son prince charmant, elle représente la femme moderne. 

À 35 ans, Lilas est indépendante et carriériste en plus d’avoir la langue pendue. Son caractère et ses choix de vie l’empêchent d’avoir de bonnes relations avec sa mère qui porte la femme au foyer sur le sommet de la gloire, ainsi que sa cadette qui pond aussi vite qu’une poule. Le célibat commence à lui peser, car elle n’a pas beaucoup d’amis. Néanmoins, elle ne veut pas pour autant fonder une famille juste pour rentrer dans le moule de la perfection selon sa maman. 

À travers ce personnage, Virgine T. expose les problématiques sociétales liées à la condition de la femme. Les échecs sentimentaux de Lilas reposent sur la différence de salaire et son indépendance. Dans le premier cas, elle gagne plus que ses fréquentations, dans le second, elle privilégie son boulot qui lui impose de longues périodes d’absences. La question de la charge mentale des célibataires et des femmes qui ont envie de concilier travail et relation est donc au cœur de ce roman. Le sujet est bien traité sauf pour la fin qui, en plus d’être expéditive, m’a paru trop unilatérale. 

Attention spoiler à vos risques et périls : 

L’absence de concession de la part de Nathan me dérange. Lilas quitte son travail pour le rejoindre au Canada. Bien qu’elle retrouve facilement un job identique, elle est la seule à tout plaquer pour lui. De son côté, il n’a rien abandonné de sa vie précédente pour qu’ils soient ensemble et la liberté qu’il lui laisse s’apparente à un os sans viande à mâcher. Je sais que je chipote, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un vestige de la femme qui change sa vie pour l’homme qui lui, garde la sienne intacte. Surtout que je n’ai pas ressenti de réel bouleversement dans l’amour que Lilas porte au Québec et à sa neige. Elle a adoré les activités qu’elle y a découvertes, mais je n’ai pas senti que la glace était brisée avec ce pays où on se les gèle. Nathan semble être l’unique raison qui la pousse à rompre avec sa vie d’avant.

Fin du spoiler. 

Nathan est d’un naturel sportif et sociable. Seulement, il peut aussi revêtir un aspect bourru. Il a tendance à trop vite juger les gens et recourt à la mauvaise foi devant ses amis pour ne pas perdre sa fierté de mâle. Cependant, il possède cette belle qualité nommée remise en question qui brise ses défauts au moment où il aperçoit les autres (et donc Lilas) sous une facette différente. Ce trait va lui permettre de blanchir la vision que Lilas a de lui suite à leur première rencontre. Son ouverture d’esprit va également la séduire ainsi que leur point commun : vouloir être aimé pour ce que l’on est. 

La plume de l’autrice est fluide et dynamique. Par moment, les phrases sont un peu bancales, mais je ne saurai dire si ce sont des maladresses ou si ça fait partie du personnage vu que la narration est à la première personne du singulier et alterne les points de vue des deux protagonistes principaux. Rien ne semble superficiel. L’écrivaine va droit au but et esquisse la richesse nuancée des portraits en peu de paragraphes sans listing ennuyeux. 

En bref, j’ai passé un très bon moment avec Une fin d’année givrée malgré la façon de réunir nos deux guimauves à la fin. L’humour et les duels verbaux de Lilas et Nathan sont un véritable régal. Ils m’ont permis de déconnecter tout en appréciant les valeurs féministes défendues dans ce roman. 

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DRAGONS et autres bestioles d’Alizée Villemin

  • Titre : DRAGONS et autres bestioles
  • Auteur : Alizée Villemin
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : nouvelles, fantasy, comédie

Après avoir dévoré l’aventure catastrophique des fils du Corbeau, c’est avec plaisir que je me suis délectée du nouveau recueil de nouvelles d’Alizée Villemin. Un énorme merci à l’autrice de m’avoir confié son livre en échange d’une chronique honnête via la plateforme SimPlement.pro

Cet ouvrage présente neuf récits hilarants ou charmants qui inversent et jouent avec les codes de la fantasy. Vous ne verrez plus les créatures fantastiques de la même manière entre un dragon végétarien qui va délivrer une princesse pour de la mousse au chocolat (meilleure raison au monde pour faire ce job ingrat), des licornes pas si merveilleuses que ça avec leur caractère de cochon, ou encore une fée gothique qui sympathise avec un dragon des glaces.

L’autrice ne s’amuse pas seulement à inverser les qualités et les défauts de ces fabuleux personnages, elle ose introduire des thématiques actuelles dans le genre de la fantasy. Ainsi, les dragons ne sont pas seulement friands de légumes, ils veulent du bio et du commerce équitable. 2020 l’a également inspirée pour un mage au nom qu’on voudrait oublier et qui ne se dandine pas comme un jeune homme en dansant malgré son âge avancé. La magie ne semble pas être assez puissante pour éliminer l’arthrose et les rhumatismes de ce vieux sorcier.  

Deux nouvelles tranchent un peu avec le reste des récits. Il s’agit de La Voie de fay et de Corignis Surprise ! La première par la bataille identitaire de deux êtres qui vont se rencontrer et s’accepter tel qu’ils sont. Ils désirent vivre en étant eux-mêmes sans être jugés par leurs pairs. La seconde par la beauté de la fin et le genre qui délaisse le fantasy médiéval pour un Paris steampunk où les Dragons-cyborgs ont envahi le paysage.

J’ai énuméré pas mal de détails de ce recueil. Et pourtant, je ne vous ai décrit qu’une pincée de la richesse de ce livre dont la plume légère, visuelle, dynamique et fluide nous entraîne dans un moment de pur plaisir et de musculation des zygomatiques.

« Tout l’air de l’Himalaya circulait entre ses deux oreilles, sans rencontrer le moindre obstacle neuronal. »

En bref, DRAGONS et autres bestioles du même acabit pour vous donner le titre complet, est un recueil à glisser de son fauteuil à cause d’une crise de fou rire. En plus de présenter une nouvelle vision sur les créatures fantastiques, il véhicule des idées contemporaines avec humour et brio.

La Malédiction d’Ange Beuque

  • Titre : La Malédiction
  • Auteur : Ange Beuque
  • Éditeur : Readiktion
  • Catégories : aventure, mystère, fantastique

Suite à la parution de ma chronique sur L’école du futur, j’ai eu l’agréable surprise d’être contactée par l’un des auteurs qui m’a proposé de découvrir son roman interactif via l’application Readiktion. Ayant adoré la nouvelle d’Ange Beuque, j’ai sauté sur l’occasion, bien que lire sur un écran de smartphone, tablette ou ordinateur n’est pas de tout repos pour mes yeux déjà trop fixés sur la fenêtre illuminée au bureau. Je remercie chaleureusement l’auteur pour m’avoir offert son ouvrage en échange d’une chronique honnête.

C’est en attendant le début de l’enregistrement d’une émission radiophonique humoristique belge (1h d’attente pour avoir des places au premier rang mais ça en valait la peine) que j’ai enfin dégainé mon portable pour passer le temps en commençant La Malédiction.

Le premier chapitre s’ouvre sur le laïus d’un héros de roman à la retraite qui prend la fonction d’errant (il peut voyager d’un livre à l’autre et y rester durant 30 paragraphes) afin de sauver le monde livresque. Une malédiction frappe les protagonistes principaux des histoires. Au 21eme chapitre, ils meurent automatiquement et la narration est alors suspendue. Qui a lancé ce mauvais sort ? Comment l’arrêter ? Notre héros a 21 épisodes pour répondre à ces questions et sauver l’humanité fictionnelle.

L’aventure de La Malédiction fut une expérience délicieuse et enrichissante. L’écrivain joue habilement avec le monde livresque. Je connais de nombreux films et livres mettant en scène des personnes qui sont happées dans un roman ou un jeu vidéo. Toutefois, Ange Beuque se démarque de ceux-ci qui se concentrent généralement sur l’intégration de l’étranger dans l’intrigue en tant que héros principal. Si notre errant doit protéger l’univers fictionnel en entier, ici, l’originalité repose sur l’utilisation en long et en large de ce qui forme intrinsèquement et extérieurement un bouquin. Tout y passe. De l’histoire aux données externes comme l’ISBN, les statuts, les mentions légales, les notes de bas de page, le sommaire, mais aussi la structure, les genres, les fonctions et le poids de l’auteur, de l’éditeur et du lecteur, etc…Il exploite en profondeur les aspects qui font et qui englobent les livres si bien que des réalités et des impressions qui font souvent débats, sont mises en avant.

Si un certain sérieux transparait dans les lignes, l’enrobage est loin d’être pompeux. La plume de l’écrivain est un vrai régal pour les amoureux de la langue française et des figures de style. Les tournures et les jeux de mots ajoutent une touche humoristique et cynique voire satirique à la situation dramatique du héros qui doit sauver ses fesses et celles de la fiction. Ange Beuque est incontestablement un magicien des mots. Il distille un vocabulaire soutenu en usant de jeux de mots ou en détournant les expressions. Certains dialogues n’ont parfois ni queue ni tête. Ils sont excentriques voire absurdes tout en étant terriblement drôle. J’ai simplement adoré le côté rocambolesque et cocasse du passage de l’assureuse par exemple.

Si les techniques d’écriture sont multiples, les genres le sont tout autant : polar, western, science-fiction, fantasy, contes revisités,…et également les classiques qui sont présents sous forme de référence, de clin d’œil ou en épisode entier.

En plus, d’être un marionnettiste jouant avec sa création, l’auteur s’amuse aussi avec son lecteur. Le principe de l’application Readiktion repose sur le choix de ce dernier mais celui-ci est-il réellement le maître de la partie ? Qui manipule vraiment qui ? Qui est le maître du jeu ? Le lecteur ? L’auteur ? Ou bien les deux se font-il berner par l’intrigue elle-même et les protagonistes ? Après tout, on évoque souvent la vie fictionnelle qui évolue d’elle-même sous les doigts ou le stylo de celui qui la couche sur le papier (ou sur l’écran). Bien entendu, cette question n’a pas de réponse ou du moins, elle ne possède pas une unique vérité selon moi car la fiction est une terre riche et mystérieuse que l’homme n’a pas fini d’explorer et qui n’a de limite que l’imagination humaine.

Si la liberté d’action du lecteur est en partie illusoire, Ange Beuque n’hésite pas à l’utiliser dans son histoire. Nous voilà interpelé ou fustigé par notre errant nommant notre pseudonyme qui reste malheureusement masculin quand on est une fille. Cela relève de l’aspect technique de l’écriture textuelle qui n’est pas régie par un code informatique qui changerait le il en elle selon le profil du joueur. Sincèrement, ce n’est qu’un détail bien compréhensible et qui n’a que peu de poids sur ma balance du plaisir qui a jugé cette expérience merveilleuse et pleine de surprises.

Toujours intriguée par le fonctionnement des choses et ce qui se passe en coulisse, je n’ai pu m’empêcher de m’interroger sur la structure arborescente du roman interactif. Ainsi, j’ai exploré plusieurs scénarios-choix. Primo, parce que ma première aventure s’est terminée en 12 épisodes. Oui c’est possible et je n’en dirai pas plus pour ne pas gâcher le coup de théâtre. Secundo, car j’aime tellement la plume de l’auteur et son côté manipulateur que mon appétit n’était pas satisfait après le premier round. J’étais insatiable. A ce jour, il me reste 3 chapitres sur les 56 disponibles à trouver pour compléter le jeu…euh le livre. J’ai vraiment été happée par cet univers que l’on peut explorer encore et encore sans se lasser et en changeant ses choix. Ce qui me plait beaucoup car, par moment, je suis indécise devant les possibilités qui ont l’air toutes plus savoureuses les unes que les autres. L’exploration en profondeur des divers scénarios m’a permis d’assouvir ma curiosité et d’appréhender un minimum ce labyrinthe livresque.

Enfin, abordons le point personnages.  Notre héros est un détective de formation et d’expérience. Fort de son palmarès, il a pris la grosse tête. Il est hautain, vaniteux, imbu de lui-même et arrogant. Il vise avant tout le résultat peu importe les dommages collatéraux. Toutefois, son caractère va évoluer au fil des paragraphes au contact de son adorable partenaire. Sid s’incruste aux côtés de notre errant comme assistant. Il a un cœur en or et est loin d’être aussi bête que le jugement de son patron le laisse penser. Sa gentillesse le pousse à aider autrui et il possède une certaine capacité d’observation qui va les sortir de l’impasse plus d’une fois et faire avancer l’enquête.  Il a ce pouvoir de susciter au lecteur l’envie d’en savoir plus sur ceux qui secondent le héros de l’histoire.

En bref, La Malédiction est une épopée mêlant enquête et aventure mais qui possède une richesse dépassant ces seules catégories. Ce roman interactif est bien plus qu’une simple expérience ou qu’un livre-jeu. C’est une véritable plongée dans l’esprit extravagant et humoristique de son auteur qui joue avec sa création et son lecteur comme si nous étions attablés autour d’un échiquier.  

Pour vous plongez sans plus attendre dedans, c’est par ici : https://www.readiktion.com/la-malediction/

Emi, Lucette et la coiffeuse d’Evelyne Larcher

  • Titre : Emi, Lucette et la coiffeuse
  • Autrice : Evelyne Larcher
  • Éditeur : Librinova
  • Catégories : tranche de vie, policier

Emi, Lucette et la coiffeuse m’a été confié par Evelyne Larcher via la plateforme SimPlement.pro en échange d’un avis honnête. Un grand merci à elle pour sa confiance.

Ce livre nous plonge dans la banlieue parisienne auprès de Lucette, une mamie guadeloupéenne veuve qui mêle sa vie aux habitants de son quartier suite à la mort de son mari Nestor. Le 11 avril au matin, pompiers et policiers arrivent toutes sirènes hurlantes au bas de l’immeuble d’en face. Man Lucette se précipite sur les lieux pour savoir ce qui se passe et voir si la petite Emi Robert va bien car sa maman s’est faite agressée. Son état est grave et elle reste dans le coma pendant plusieurs mois. Les voisins du quartier sont chamboulés par cet événement qui va impacter leur vie. Chacun se demande qui a fait le coup et Lucette semble en déranger plus d’un !

Evelyne Larcher nous entraîne dans une histoire qui ressemble aux premiers abords à un Miss Marple transplanté à Paris. Man Lucette n’hésite pas à se rendre sur les lieux du crime et à s’impliquer dès le début du drame. Toutefois, son enquête est vite remisée à l’arrière plan. En effet, entre son sprint pour passer à travers la barrière des pompiers et les cinquante dernières pages, c’est principalement la vie des habitants du faubourg qui est exposée. D’ailleurs, l’investigation officielle menée par Carrie et officieuse de Man détective piétine longtemps.

Ce roman est avant tout le portrait d’un quartier. Les personnalités, les histoires, les interactions, la solidarité qui se développe suite à l’attaque, y sont décrits. Lucette est une mamie qui est cash. Elle se mêle des affaires des autres et dit ce qu’elle pense. Elle a un caractère bien trempé mais elle fait aussi attention à autrui comme durant sa carrière d’assistante sociale. Elle prend soin de la petite Emi Robert en lui faisant des gâteaux guadeloupéens et en lui contant des légendes des îles. Tour à tour, elle rouspète dans l’épicerie de Rachid et lui donne un coup de pouce quand il en a besoin. Elle imagine la relation amoureuse de la baby-sitter d’Emi avec le dentiste. Elle prend soin du chat du quartier qui assiste à la scène du crime et qui se balade librement dans tous les appartements bien qu’il ait un propriétaire.

La narration et la succession des scènes du passé et du présent des habitants se font souvent sans transition et je me suis sentie un peu perdue par moment. J’avais besoin d’un petit laps de temps pour comprendre à quelle période appartenait le passage.

La force majeure d’Emi, Lucette et la coiffeuse réside incontestablement dans le style d’écriture d’Evelyne Larcher. Sa plume est légère, humoristique, dynamique. Elle est rythmée et parfois poétique. En parlant du mari de la victime qui chronique des livres à la radio, l’autrice dépeint parfaitement sa propre façon de coucher les mots sur le papier : « Il adore quand les mots composent des partitions mélodieuses, harmoniques, rythmées. » Certaines lignes m’ont donné l’impression d’être déclamées en chanson, surtout avec l’utilisation de rimes. Enfin, la romancière use du langage antillais et arabe en les traduisant en notes de bas de page. Cela donne un certain cachet et nous plonge dans la diversité culturelle de ce quartier parisien.

En bref, si vous chercher une grande enquête menée de main de maître par une grand-mère casse-pied et attachante à la fois, passez votre chemin. Mais si vous cherchez un véritable portrait de quartier et si vous adorer les romans avec une écriture dynamique et rythmique alors foncez !