Permis de Mourir de Delphine Dumouchel

  • Titre : Permis de Mourir
  • Autrice : Delphine Dumouchel
  • Éditeur : Livr’S Èditions
  • Catégories : drame, young adult

À l’annonce de la sortie de Permis de Mourir, j’ai tout de suite été attirée par ce livre au titre dérangeant ainsi que par sa magnifique couverture qui résume parfaitement l’histoire. Si j’avais hésité ne serait-ce qu’une seconde à l’ajouter à ma liste de souhait, l’accroche aurait suffit à me convaincre :

Certains visent le permis de conduire.

Moi, je rêve qu’on me délivre mon permis de mourir.

Je remercie chaleureusement Livr’S Éditions de m’avoir confié cette pépite en échange d’un avis honnête via SimPlement.pro.

Clémentine était une adolescente comme les autres jusqu’à cette fameuse nuit. Il n’aura fallu que d’une seule bêtise pour bouleverser sa vie à jamais. Il y a un an, elle allait enfin connaître le grand amour. Il y a douze mois, c’est le coma qui l’a prise dans ses bras.

Ce court texte est composé de quatre parties : un prologue et trois gros chapitres. Le prologue intitulé, Je passe ma journée au lit, joue avec le lecteur avec brio. Je me suis totalement laissé avoir par l’autrice qui gomme les perceptions en commençant la journée du personnage principal de façon totalement habituelle. La suite raconte l’accident et le quotidien de cette jeune fille qui est normale. C’est là que réside la force de ce roman.

En effet, elle n’a ni pouvoir magique, ni maladie, ni différence. Le récit présente une adolescente quelconque dont la vie a basculé à cause de l’alcool et de la témérité qu’il engendre. Elle a des difficultés à se lever le matin, elle ronchonne devant l’autorité et elle adore trainer avec ses amis. Une fois plongée dans le sommeil, elle reste humaine. Étant la narratrice, elle décrit le monde qu’elle perçoit uniquement par l’ouïe et l’odorat. Elle devine plus qu’elle ne voit. Elle ressent plus qu’elle n’agit. Son corps est devenu une cage qui l’empêche de consoler, de crier, d’aimer. Une prison que Clémentine a construit elle-même. Elle aimerait se réveiller mais elle a peur. Que va-t-elle découvrir ? Qui est-elle devenue ? Ses amis ont-ils changé ?

C’est si simple de rêver plutôt que d’exister en vrai.
Tellement plus facile que d’affronter les changements.

Si cette novella possède une certaine banalité, la plume de Delphine Dumouchel la rend captivante. Elle se lit d’une traite et pas seulement en raison de sa longueur. Son écriture est fluide et dynamique. Elle copie le flux de la pensée en délaissant l’incohérence que cette dernière peut revêtir. Il n’y a pas de place pour l’ennui. Les éléments s’enchainent avec un bon rythme, oscillant entre émotion et légèreté.

En bref, Permis de Mourir est une histoire poignante mettant en scène, à travers Clémentine, les dégâts de l’alcool sur une jeunesse se croyant invincible et qui paie le prix de son inconscience. Le tout est présenté selon un point de vue original qui, je l’espère, touchera le public cible.

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