La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard

  • Titre : La vie est belle et drôle à la fois
  • Autrice : Clarisse Sabard
  • Éditeur : Charleston
  • Catégories : romance, comédie

Je suis très pointilleuse dans le choix de mes comédies romantiques. Me faire rire n’est pas aisé mais me parler d’amour en me touchant l’est encore moins. De plus, je ne me laisse pas facilement avoir par les titres de noël, car cette fête est trop commerciale à mon goût. Lorsque j’ai entendu parler de La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard, le pitch de départ m’a interpellé.

Léna déteste noël. Pourtant, elle se laisse embobiner par le mail de sa mère qui souhaite annoncer de vive voix une nouvelle importante aux alentours de cette fête. Une fois arrivée dans sa maison et sa ville natales qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir un mot de sa maman les plantant, elle, son frère et sa nièce pour réaliser son rêve. Loin de déguerpir, Léna reste et va pratiquer les traditions de noël à côté de Tom et de Violette. Elle redécouvre Vallenot et renoue avec de vielles connaissances comme Clément.

Si le postulat de départ m’avait attirée, j’ai fini par être déçue par cette intrigue bien trop prévisible et sans originalité. Je n’ai pas adhéré au rythme du livre qui dévoile le fil tellement lentement que les épisodes m’ont semblé anodins et sans réelle incidence sur le changement d’esprit du personnage principal.  L’équilibre des révélations m’a paru mal géré. Je sais que ce n’est pas un thriller mais la vérité sur le passé enfoui qui a engendré la haine de cette fête méritait d’être mieux distillée. Les moments-clés m’ont semblé arriver pour la plupart comme un cheveu dans la soupe. Ils ne sont pas amenés subtilement. Ce n’est seulement qu’à la fin que j’ai commencé à vraiment accrocher.

La plume est plutôt passe-partout. Les tournures de phrases sont simples, légères avec une pointe d’humour. Malheureusement, la mayonnaise n’a pas pris car c’est prévisible et j’ai l’impression d’avoir trop souvent lu ce genre de phrases comiques. A côté de ce style générique, la romancière fait tout de même appel de temps à autres à des termes issus du monde psychologique.

Les personnages ne m’ont pas spécialement marquée. Léna est une entrepreneuse sûre d’elle et qui est cash ce qui l’a rend par moment un peu méchante. Elle est bosseuse et fortement critique. Toutefois, elle a un côté superficiel digne des magazines féminins. Tom est le frère et le père qui aime sa famille mais qui ne sait pas gérer toutes les crises. Il a d’ailleurs parfois du mal avec sa fille Violette qui est gentille et qui cultive son côté rebelle d’adolescente. Le seul acteur qui a retenu mon attention est leur grand-mère: Jacotte. Elle est un mélange entre la mamie gâteau et un certain atypisme par sa façon de penser et sa manière jeune d’agir.

En bref, La vie est belle et drôle à la fois est une comédie romantique qui partait d’une idée alléchante mais qui s’est retrouvé bien fade une fois entamée. Une histoire qui passe le temps et qui ne restera pas dans ma mémoire.

Ghost in Love de Marc Levy

  • Titre : Ghost in Love
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Robert Laffont/Versilio
  • Catégories : comédie, fantastique, romance

Lorsque j’ai vu pour la première fois Ghost in Love en miniature sur Internet, j’ai d’abord cru que c’était l’édition anglaise d’un précédent livre de Marc Levy. Non en raison du titre (je n’avais pas vu le sous-titre en français en plus) mais pour sa merveilleuse couverture. Si j’apprécie l’auteur, aucune des illustrations que ce soit des éditions originales ou des nouvelles, ne m’ont jamais marquée. D’où mon erreur quand j’ai aperçu la magnifique Ghost in Love.

Ce roman raconte l’histoire rocambolesque de Thomas qui s’envole vers l’autre côté de l’Atlantique pour exaucer le vœu de son père, ou devrais-je dire sa dernière volonté secrète ? En effet, Raymond est décédé il y a 5 ans en emportant avec lui une partie de sa vie cachée. Il demande à Thomas de parcourir des milliers de kilomètres pour mélanger ses cendres à celles de la femme qu’il a profondément aimée, qui vient de mourir et qui n’est pas la mère de Thomas.

Entre faire entrer illégalement les cendres d’un défunt aux USA et infiltrer l’enterrement d’une inconnue, les protagonistes vont traverser et engendrer des situations absurdes et cocasses. Dans cette intrigue, l’écrivain renoue avec les ingrédients magiques qui avaient fait de son premier livre Et si c’était vrai une aventure trépidante, hilarante et touchante. Fantôme, amour, humour s’entremêlent pour offrir un gâteau savoureux sans avoir autant d’impact que son premier best-seller dont il fait ressurgir Lauren et Arthur.

Bien entendu, Marc Levy ne parle pas uniquement d’amour fantomatique. Thomas se fait limite harcelé par son père et sa mère car sa vie de pianiste professionnel et son caractère ne favorise pas une vie de couple ou de famille. De plus, il n’en a pas vraiment envie. Ce portrait de la vieille génération engluée dans l’image d’une vie réussie et accomplie grâce à la naissance de petits-enfants et qui pressent leur progéniture à se caser et procréer, est réaliste. Bien que les femmes en font plus souvent l’objet que les hommes. Autant vous dire que j’ai ressenti de la compassion envers Thomas dans ces moments. 

La famille et les enfants est un thème cher à l’auteur. En dédiant sa comédie fantastique à son père et en lançant dans le prologue : « Dis, Papa, c’est quoi être un père ? », le sujet ne pouvait pas être évité. Si l’intrigue ne finit pas par un happy end à la sauce conte de fées (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), les balbutiements d’une romance vont apparaitre pour le pianiste et ne va pas empiéter sur l’objectif principal de l’histoire.

Comme toujours, l’écriture du romancier est fluide et les traits d’humour sont croustillants. Bien que les personnages restent assez sobres, naturels et semblables à ses protagonistes passés, je me suis délectée de ce bouquin bien plus qu’Une fille comme elle que j’avais lu au printemps.

En bref, si Ghost in Love n’égale pas Et si c’était vrai, c’est un plaisir de lire à nouveau un Marc Levy mêlant fantastique, fantôme et humour dans une histoire pleine des situations cocasses autour de l’enterrement et de la mort.