Ma première box livresque ! Et si le temps n’était qu’une illusion?

Une fois n’est pas coutume, voici un article différent de mes écrits habituels. Je l’avais annoncé fin septembre et début octobre, j’ai sauté un grand pas dans ma vie de lectrice assidue et blogueuse néophyte en succombant à la tentation de la box livresque.

Depuis que j’écume les blogs et les booktubes, j’ai vu passer un nombre incalculable de petit colis mystère à thème dans lequel trône un livre et des goodies. Toutefois, je n’ai jamais été tentée car disons le clairement, c’est les livres qui m’intéressent. Ce qu’il y a autour risque fort de finir comme attrape-poussière et de tomber dans les oubliettes. Non, je ne vis pas dans un ancien château fort mais mes placards peuvent parfois y ressembler.

La question que vous vous posez certainement est : comment Escape with a Book a-t-elle réussi à me convaincre ? Rien de magique, si ce n’est la formule : autoédition. Le choix de proposer des romans qui risquent de ne jamais croiser ma route réelle ou virtuelle à fortement peser dans la balance. La deuxième raison concerne la nationalité belge de cette jeune entrepreneuse. Et oui, un peu de chauvinisme de ma part. Blague à part, soutenir les initiatives locales est l’un des mes dadas.

Trêve de bavardage introductif, rentrons dans le vif du sujet. *Roulement de tambour*

A l’ouverture de la box Et si le temps n’était qu’une illusion?, je suis tombée sur un petit mot de remerciement écrit de la main de la patronne. C’est une petite touche agréable en cette ère numérique. Ensuite, un feuillet présente l’auteur, le contenu de la boîte et l’avis de la blogueuse et entrepreneuse sur le roman. Étant donné qu’elle me l’a envoyée lors du Weekend du client, j’ai eu droit à un ballon en extra.

Les goodies sont de trois sortes : boisson, illustration et artisanat. Grande amatrice de thé, j’aime boire mon mug en dévorant les chapitres sous un pilou et le chat qui ronronne. Souvent, mes goûts changent avec les saisons. Au printemps, je suis plus thé vert et en hiver thé noir. Deux sachets Yogi Tea vont accompagner ma lecture. Les saveurs sont Choco et Ginger Lemon. Je connais la marque mais je n’ai pas encore tenté ces mélanges. Et là, une question me taraude. Qu’est-ce qui a présidé aux choix de ces essences pour accompagner la box? Leur variété vont-elle de pair avec l’intrigue du livre ou est-ce le hasard ? Ce serait amusant d’associer un thé avec un récit.

Ensuite, j’ai découvert deux portraits des personnages du roman. Elles sont réalisées par la sœur jumelle de la romancière, Céline P. Cachée sur le côté, la carte de visite de Nouneko, créatrice de pin’s. J’entends déjà des voix s’élever : de la pub !!! Personnellement, je suis contente de voir qu’Escape with a book va au font de sa mission et met à l’honneur des artisans locaux. En plus, la business carte est juste trop adorable avec son logo et les petits dessins. J’ai jeté un œil sur la page de Facebook…amateurs de chats évitez ! C’est un gouffre pour nos portefeuilles. Les pins sont trop mignons en plus d’être originaux et raffinés.

Enfin, le dernier accessoire accompagnant le secret livresque est un bracelet réalisé par notre jeune indépendante. Les couleurs siéent à ravir avec la couverture du roman et le médaillon rappelle le thème de la box.

Levons le rideau sur l’objet tant attendu et qui est le centre de cette aventure : Une couverture bleutée nuit, avec un encadrement doré et un titre accrocheur, j’ai nommé La voleuse des toits de Laure Dargelos. Un magnifique signet reprenant la jaquette l’accompagne.

En lisant le résumé, j’ai réalisé que l’univers de ce roman young adulte fantastique est mon pire cauchemar. Une civilisation où l’art, la littérature et la musique sont interdits ! Les trois piliers de ma vie, le quatrième étant les chats ! Autant dire que je suis attirée par le synopsis : révolte et liberté d’expression mêlées.

Le résumé :

Véritables piliers de la société, les règles écarlates ont prohibé toutes formes d’expression : l’art, la littérature et la musique n’existent plus. Chaque jour, la milice multiplie les exécutions pour asseoir l’autorité du régime.
Dans ce monde totalitaire, Éléonore Herrenstein, une jeune aristocrate, s’élève contre l’ordre établi. Demoiselle respectable le jour et voleuse la nuit, elle espère rejoindre la rébellion pour renverser le gouvernement. Hélas, la voilà brusquement fiancée à l’un des hommes les plus puissants du royaume. Qui est donc Élias d’Aubrey, cet être impénétrable qui semble viser le pouvoir absolu ? Un étrange secret ne tarde pas à ressurgir du passé, un mystère qui entoure une toile peinte un demi-siècle plus tôt.
Éléonore ignore encore que sa quête l’entraînera bien plus loin qu’elle ne l’imagine. Dans un voyage au-delà du possible…

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Je termine cet article de présentation par un autre produit proposé par Escape with a book. Vous en avez marre de voir vos livres écornés dans votre sac ou sali car le sachet de votre biscuit s’est déchiré et le contenu s’est répandu partout sur la toile et des miettes ont réussi à s’insérer entre les pages de votre roman favoris ? Alors faites comme moi, optez pour l’une des magnifiques pochettes. Le cinquième pilier de mon sanctuaire étant les cactus, le choix était vite fait :

Sept morts à vivre de Southeast Jones

  • Titre : Sept morts à vivre
  • Auteur : Southeast Jones
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelles, science-fiction

Sept morts à vivre est mon premier service presse offert en toute confiance sans plateforme intermédiaire. Je remercie chaleureusement mon compatriote Southeast Jones de m’avoir donné la possibilité de découvrir son univers en échange d’un avis honnête.

Ce recueil est un voyage au cœur du système solaire de la mort. Celui-ci compte sept planètes aux couleurs et aux paysages différents. Seule une atmosphère de réincarnation, de renaissance, d’éternité ou je devrais dire de transcendance de la mort est commune à la plupart des nouvelles. C’est ce tableau qui me vient à l’esprit en essayant de décrire ce livre.

Je me suis sentie comme une aventurière posant son vaisseau sur chaque écosystème pour découvrir et étudier l’histoire des autochtones et leurs conceptions de la mort. L’auteur propose une réelle variété d’histoires allant de l’entretien philosophique au rapport scientifique en passant par la confrontation avec l’horreur ou le contact inter-espèce. Le tout arrosé d’une rasade moralisatrice sur la folie humaine.  

L’un des aspects qui m’a le plus scotchée, est la facilité avec laquelle Southeast Jones réussi à passer d’une plume à l’autre. Tour à tour, son écriture est philosophique, simple et contemporaine, ou soutenue voire scientifique, parfois poétique ou comique. Par exemple, dans L’Antre de la bête, il place l’intrigue au XIXe siècle. Le vocabulaire des protagonistes sied à merveille à cette époque. Une pléthore de mots et d’expressions anciens refont surface si bien que j’avoue avoir dû en vérifier quelques uns au dictionnaire. Dans Mon dragon et moi il déploie l’univers à coup d’explications physiques pour le fonctionnement des voyages. Les fans de science-fiction spatiale s’y retrouveront facilement et les néophytes devront restés attentifs pour comprendre le jargon. Toutefois, aucune description ne m’a semblé incompréhensible. Au contraire, l’écrivain explicite avec clarté et précision les théories scientifiques, médicales et philosophiques. Quelques coquilles se cachent dans le texte.

Les nouvelles sont fouillées et travaillées. Elles dévoilent majoritairement des idées originales et des tournures inattendues. Anamnèse reçoit la palme d’or des approches inédites. Si l’histoire pose un cadre de départ banal, l’enchainement des actes m’a surprise tant par le style que la nature de la révélation finale. Un passage parait déstructuré mais on comprend vite qu’il imite à la perfection le fil des pensées et des rêves dont les épisodes ne se suivent pas toujours de façon cohérente. 

Au-delà du thème de la mort et de ses compagnons de route les biens nommés réincarnation et éternité, les notions de maladie et de vieillissement sont récurrentes. Un peu comme si elles étaient le moteur de la mort et de l’idée de vaincre ses états qui génèrent souvent de la souffrance. D’ailleurs, il est amusant de noter que le recueil s’ouvre sur l’invitation à résoudre ce problème.

L’aventure se clôture avec une huitième nouvelle qui se situe à part, telle une exoplanète. En effet, il s’agit plus d’un hommage d’un fils à son père. J’ai trouvé qu’elle différait des autres par sa nature et la sensibilité qui éclot au fil des mots.      

En bref, Septs mort à vivre est une plongée intéressante et exaltante dans la recherche de l’éternité à travers la mort. Ce recueil propose un véritable panel d’histoires plus riches les unes que l’autre sur la question.

Sept Morts à Vivre (Trailer)

Une nuit dans le passé de ma mère de Dimitri Doye

  • Titre : Une nuit dans le passé de ma mère
  • Auteur : Dimitri Doye
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégorie : drame, mystère

Les livres qui racontent la vie de gens comme vous et moi avec leurs bonheurs et leurs malheurs est un genre qui passe ou casse. Le style d’écriture et la manière de faire passer les sentiments des personnages ainsi que les thèmes abordés sont très importants pour que je m’y arrête et que j’apprécie leur histoire. J’ai accepté de chroniquer Une nuit dans le passé de ma mère de Dimitri Doye parce que l’idée sous-jacente de son roman a titillé ma curiosité : L’importance que doit avoir le passé dans la vie actuelle et son impact sur le futur. Je remercie chaleureusement l’auteur de m’avoir confié, via SimPlement.pro, son premier bébé qui semble, d’après la postface, avoir mis des décennies de gestation. 

Mélissa stationne sa voiture dans une rue d’un petit village belge. Elle fixe la maison qui lui a fait parcourir trois heures de route pour trouver des réponses. Il y a quatre mois, sa mère a mis fin à ses jours en laissant une lettre incompréhensible. En faisant des recherches pour comprendre son acte et faire son deuil, sa fille découvre une photo qui l’a amenée ici. Vers un homme du passé qui détient les réponses. La première étape, le convaincre de lui dévoiler une histoire manifestement douloureuse, n’est pas si facile que ça. Une fois la porte des secrets ouverte, on ne peut plus la refermer peu importe ce que l’on y découvre.

Dimitri Doye nous entraîne dans un récit de rédemption, de délivrance et de construction d’identité. En revenant vingt ans en arrière, Sébastien va affronter les cauchemars qui le hantent depuis la tragédie qui a touché sa dernière année d’humanités (1995-1996). Mélissa va apprendre ce que sa mère lui a toujours caché et sa manière de voir la vie et autrui va évoluer.

Si le départ du livre semble un peu long, j’ai très vite été happée par le récit et la narration éloquente de l’auteur au point d’avoir du mal à le lâcher. Pourtant, les évènements qui sont racontés ne sont pas extraordinaires, juste dramatiques lorsqu’ils arrivent dans notre vie. Ce sont des faits divers, traités généralement sommairement dans les journaux, que les personnes extérieures lisent, compatissent et oublient trois minutes après avoir laissé l’article sur la table ou éteint la télé. Le roman aurait pu être court. L’instant résumé en cinq minutes et Mélissa repartie en un rien de temps. Le choix de Sébastien de décrire en profondeur l’année scolaire au lieu de synthétiser les élèves à un seul événement tragique de leur vie est une sorte d’hommage et un pied de nez aux journaux qui les déshumanisent presque comme si ce n’étaient que des rats écrasés sur la route.

Le point de vue choisi par Dimitri Doye est universel. Cela permet d’alterner les ressentis des protagonistes et de voir à travers les yeux d’un adulte ayant vécu une expérience traumatisante qui le poursuit depuis vingt ans, et une adolescente de 18 ans qui tout en ayant été confrontée à un drame, possède encore l’énergie de la jeunesse. Peu à peu, Mélissa se remet en question et cesse de juger l’épave qu’elle a devant elle et qui revit avec douleur et bravoure un épisode désagréable pour qu’elle en apprenne plus sur sa mère et son acte.

Ce roman est bourré de philosophies de vie diverses. Il apprend à briser les apparences, à se positionner dans les chaussures d’autrui, à trouver la force de vivre avec un lourd passé et surtout la culpabilité et la responsabilité qui s’en suivent. Qui ne s’est jamais demandé à un moment donné de sa vie comment ça se serait passé si…. ? Un passage m’a profondément touchée par sa véracité :

« Certaines personnes disent que nous avons la vie que nous méritons.

Avant de juger la vie des autres, ces personnes estiment-elles avoir la vie qu’elles méritent ?

Certes, nous récoltons généralement ce que nous avons semé, comme le dit si bien le dicton.

Cependant il arrive bien souvent que nous ne récoltions pas à sa juste valeur ce que nous avons semé ou ce que nous espérions récolter lors des semailles.

Après ce que nous avons vécu, j’ai longuement réfléchi à ce qui s’est produit ainsi qu’aux conséquences sur chacun d’entre nous ; en toute franchise, je ne pense pas que nous ayons fait d’excellentes moissons.

Bien au contraire !

Nous ne méritions pas cette récolte !

Je veux dire par là que nous n’avions rien semé qui justifie cette récolte.

J’ai compris par la suite que la vie était aussi injuste que dans ces livres dont je me délectais ; une personne sans histoire, ne demandant rien à la vie et qui se retrouve malgré elle au cœur d’une intrigue. »

La plume de l’écrivain est agréable et descriptive. Il portraiture les pensées de ses personnages sans filtre et les nargue à l’aide de la petite voix de la raison. Celle qui ne cesse de nous juger, de nous critiquer et de nous houspiller. Bien que la trame soit dramatique, l’humour est présent par petites touches sous la forme du cynisme. Par moment, quelques clichés font leur apparition comme le seul fait de posséder une moto permet de facilement embrasser une fille ou la drague poétique à deux balles de Sébastien ado. Ces phrases me font soupirer mais d’un autre côté, elles collent avec ce que des adolescents âgés de 17 ans peuvent penser après avoir été éduqué par les séries et les films de l’époque. De plus, Sébastien est tellement peu sûr de lui qu’il ne peut se raccrocher qu’à ce qu’il a lu.

L’intrigue est développée de manière intéressante et captivante. La mise en bouche du retour dans le passé narrée par Sébastien me rappelle la façon de construire un roman. C’est un peu comme une mise en abyme du métier d’auteur. Le déroulement du mystère est méticuleusement déployé. Bien que certains indices et un peu de recoupement personnel permettent de savoir des points de l’histoire avant leur divulgation, Un nuit dans le passé de ma mère n’en perd pas pour autant sa saveur. D’ailleurs, j’avoue avoir versé une petite larme à la fin.

Enfin, une certaine nostalgie m’a envahi durant certains épisodes en raison de ma nationalité, de ma personnalité et d’un évènement qui s’est produit également lors de ma dernière année à l’école. Si je ne vais pas m’attarder sur les deux dernières causes, je vais au moins explicité la première. Lire les explications de Sébastien sur la rhéto m’a projetée en arrière et m’a rappelé de bons souvenirs. Comme quoi, les auteurs belges devraient mettre plus en avant les particularités de notre pays non seulement parce que ça fait partie de leur identité mais aussi parce qu’ils peuvent toucher plus facilement leurs compatriotes.

En bref, Une nuit dans le passé de ma mère est un premier roman autoédité magistral. Plus qu’une histoire relatant un drame arrivé à des gens ordinaires, c’est une véritable plongée philosophique sur la vie, le passé et son poids sur l’avenir.

Emi, Lucette et la coiffeuse d’Evelyne Larcher

  • Titre : Emi, Lucette et la coiffeuse
  • Autrice : Evelyne Larcher
  • Éditeur : Librinova
  • Catégories : tranche de vie, policier

Emi, Lucette et la coiffeuse m’a été confié par Evelyne Larcher via la plateforme SimPlement.pro en échange d’un avis honnête. Un grand merci à elle pour sa confiance.

Ce livre nous plonge dans la banlieue parisienne auprès de Lucette, une mamie guadeloupéenne veuve qui mêle sa vie aux habitants de son quartier suite à la mort de son mari Nestor. Le 11 avril au matin, pompiers et policiers arrivent toutes sirènes hurlantes au bas de l’immeuble d’en face. Man Lucette se précipite sur les lieux pour savoir ce qui se passe et voir si la petite Emi Robert va bien car sa maman s’est faite agressée. Son état est grave et elle reste dans le coma pendant plusieurs mois. Les voisins du quartier sont chamboulés par cet événement qui va impacter leur vie. Chacun se demande qui a fait le coup et Lucette semble en déranger plus d’un !

Evelyne Larcher nous entraîne dans une histoire qui ressemble aux premiers abords à un Miss Marple transplanté à Paris. Man Lucette n’hésite pas à se rendre sur les lieux du crime et à s’impliquer dès le début du drame. Toutefois, son enquête est vite remisée à l’arrière plan. En effet, entre son sprint pour passer à travers la barrière des pompiers et les cinquante dernières pages, c’est principalement la vie des habitants du faubourg qui est exposée. D’ailleurs, l’investigation officielle menée par Carrie et officieuse de Man détective piétine longtemps.

Ce roman est avant tout le portrait d’un quartier. Les personnalités, les histoires, les interactions, la solidarité qui se développe suite à l’attaque, y sont décrits. Lucette est une mamie qui est cash. Elle se mêle des affaires des autres et dit ce qu’elle pense. Elle a un caractère bien trempé mais elle fait aussi attention à autrui comme durant sa carrière d’assistante sociale. Elle prend soin de la petite Emi Robert en lui faisant des gâteaux guadeloupéens et en lui contant des légendes des îles. Tour à tour, elle rouspète dans l’épicerie de Rachid et lui donne un coup de pouce quand il en a besoin. Elle imagine la relation amoureuse de la baby-sitter d’Emi avec le dentiste. Elle prend soin du chat du quartier qui assiste à la scène du crime et qui se balade librement dans tous les appartements bien qu’il ait un propriétaire.

La narration et la succession des scènes du passé et du présent des habitants se font souvent sans transition et je me suis sentie un peu perdue par moment. J’avais besoin d’un petit laps de temps pour comprendre à quelle période appartenait le passage.

La force majeure d’Emi, Lucette et la coiffeuse réside incontestablement dans le style d’écriture d’Evelyne Larcher. Sa plume est légère, humoristique, dynamique. Elle est rythmée et parfois poétique. En parlant du mari de la victime qui chronique des livres à la radio, l’autrice dépeint parfaitement sa propre façon de coucher les mots sur le papier : « Il adore quand les mots composent des partitions mélodieuses, harmoniques, rythmées. » Certaines lignes m’ont donné l’impression d’être déclamées en chanson, surtout avec l’utilisation de rimes. Enfin, la romancière use du langage antillais et arabe en les traduisant en notes de bas de page. Cela donne un certain cachet et nous plonge dans la diversité culturelle de ce quartier parisien.

En bref, si vous chercher une grande enquête menée de main de maître par une grand-mère casse-pied et attachante à la fois, passez votre chemin. Mais si vous cherchez un véritable portrait de quartier et si vous adorer les romans avec une écriture dynamique et rythmique alors foncez !

Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre, #1)

  • Titre : Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre #1)
  • Autrice : Audrey Marin-Pache
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégorie : Fantasy

Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre, #1) est mon tout premier service presse et la première auto-édition chroniquée sur ce blog. Je remercie l’autrice Audrey Marin-Pache de m’avoir choisie via la plateforme SimPlement.pro et de me faire confiance pour donner un avis honnête.

Eryn, une jeune femme possédant l’éclat de soin, se réveille dans un cachot. Elle se remémore son enlèvement et la naïveté de son comportement face à la vague de kidnapping qui frappe le royaume. Comme trop souvent dans ces cas-là, elle pensait que ça n’arrivait qu’aux autres et s’en moquait. La porte de sa prison s’ouvre sur Lucya. Celle-ci lui explique la raison de son emprisonnement et le dessein néfaste qui l’attend. Accompagnées d’autres dérobés, Eryn embarque sur un bateau en direction de la capitale. Le voyage est loin de se dérouler tranquillement.

Cette histoire est le premier ouvrage de la romancière et ça se ressent au fil de la lecture. Il y a un réel travail de préparation de l’intrigue en amont. Toutes les questions que je me suis posée ont trouvé une réponse. La romancière a bien ficelé son univers. La faiblesse de cette première écriture réside plutôt dans la forme et la mise en place. Très vite le monde, son histoire, les événements proches, sa particularité sont décrits. La rivalité entre l’éclat (une sorte de don) et l’ombre qui découle de son utilisation, est intéressante mais trop peu exploitée dans cet opus. La manière d’amener tout ça est un peu trop directe et rapide. De plus, l’enchainement des scènes se fait trop aisément. Chaque obstacle est vite abattu pour aller dans le sens du récit et le final choisi par l’écrivaine.

Les personnages et le développement de leurs relations laissent également cette impression de facilité pour faire avancer le roman. La petite histoire d’amour m’a d’ailleurs laissée de marbre. Il est vrai que je suis difficile en romance, je l’avoue, mais la manière dont les choses ont été amenées, m’a fait penser qu’elle était là pour simplement en avoir une. Je pense qu’il faudrait un travail plus en profondeur pour améliorer la cohérence des actes et de la psychologie par rapport aux backgrounds. Quand je vois le travail préalable pour la construction de ce monde de fantasy, je crois sincèrement que le livre a été lâché sur le net un peu trop tôt.

Si le déroulement du récit ne prend pas aux tripes, celui-ci reste captivant grâce à la simplicité du style de l’autrice qui, malgré les faiblesses susmentionnées, nous entraîne aux côtés d’Eryn et de ses compagnons d’infortune et d’arme. L’intrigue possède sa part d’ombre et les retournements de situation sont plutôt bien pensés.

En bref, Les dérobés de Berenia est un diamant brut. S’il souffre des défauts d’un premier roman, il possède de nombreuses qualités telle une histoire bien ficelée et maîtrisée par Audrey Marin-Pache. Une plus longue maturation en ferait un vrai petit bijou de la fantasy.