Genesis (Angela et le chiffre des anges, #1) d'Yvan Premier

  • Titre : Genesis (Angela et le chiffre des anges, #1)
  • Auteur : Yvan Premier
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : jeunesse, fantastique, mystère

Quand j’ai reçu la proposition de chroniquer le premier tome des aventures d’Angela qui promettait la rencontre entre Harry Potter et le Da Vinci Code, ma curiosité a été piquée. Un monde empli d’énigmes et de magie ? Comment résister longtemps? Je remercie chaleureusement Yvan Premier de m’avoir confié son livre en échange d’une critique honnête via SimPlement.pro. A noter qu’une partie de l’argent récolté à l’achat du livre est reversée à Break Poverty pour les enfants.

Hollygrove est un orphelinat situé à Los Angeles qui accueille ceux qui ont perdu leur famille, ceux qui ont été abandonnés et ceux dont les parents ne peuvent pas s’occuper d’eux en raison de problèmes divers. Il s’agit aussi de la maison d’Angela dont la mère et le père, anciens professeurs d’Hollygrove, sont décédés dans un accident de voiture un an auparavant. Malgré sa tristesse, elle vit avec le sourire aux lèvres en compagnie de son meilleur ami Gabriel et de son chat Azraël qui ronronne pour la réconforter. Le premier jour d’école, un nouveau venu, Luc, rejoint l’orphelinat. De prime abord hautain, notre héroïne ne l’apprécie pas beaucoup. Pourtant, elle va devoir compter sur son aide lorsqu’un matin elle reçoit une lettre énigmatique de ses parents. Une incroyable aventure et de nombreuses surprises attendent nos trois camarades.

Genesis nous emmène dans une histoire basée sur la mythologie des anges. Le roman est structuré en longs chapitres qui commencent par un extrait de la genèse du monde terrestre et céleste inventée par l’auteur qui la révèle à la manière biblique. Des sous-chapitres la suivent et sont centrés uniquement sur les orphelins que l’on suit durant une année scolaire.

Tout au long du récit, Angy, Gaby et Luc vont devoir résoudre des énigmes. En cela, le bouquin a un côté ludique et pédagogique car le romancier utilise les professeurs pour expliquer de manière claire et exemplifiée les jeux de mots tels les anagrammes ou les palindromes, et la cryptologie qui vont leur servir plus tard. De plus, chaque mystère est accompagné de son illustration. Ainsi, le lecteur peut réfléchir et tenter de résoudre le puzzle avec les enfants. Outre ces définitions, Yvan Premier intègre une partie de l’histoire de Los Angeles et une anecdote sur une actrice célèbre (je vous laisse découvrir son nom pendant votre lecture). J’apprécie beaucoup lorsque les écrivains se basent sur des éléments historiques ou issus de la réalité pour construire une histoire magique et fantastique. Cela permet d’apprendre des choses intéressantes différemment en facilitant leur mémorisation, surtout quand une émotion est associée à l’épisode en question. Enfin, l’auteur a recours à l’anglais qu’il traduit au fur et à mesure.

La musique a une place prépondérante dans le roman. Pour citer Hélène Ségara dans Vivo per lei : « Quand notre cœur se fait trop lourd. Elle est la seule à pouvoir nous porter secours ». Elle a ce pouvoir d’apaiser, d’encourager, d’accompagner nos sentiments. Elle entre en résonance avec notre âme par sa mélodie. Ici, ce sont les paroles qui soulagent et qui guident nos trois comparses. Si bien qu’Angela et Luc ont l’impression que leurs proches disparus leur envoient des messages depuis l’au-delà pour affronter les épreuves. Étant musicienne, cette implication de la musique me parle énormément même si certains lignes peuvent paraître assez banales. Les noms des interprètes et les titres des chansons sont cités à chaque fois. Toutefois, la plupart sont modifiés, tout en étant reconnaissables, pour un souci de copyright. Le romancier est tellement pointilleux et respectueux des droits d’auteur qu’il reprend les références à la fin du livre. Il a été jusqu’à créer carrément une playlist disponible sur Spotify.

Si l’univers est bien édifié et ficelé, il n’est pas sans rappeler la trame des livres d’Harry Potter (auxquels l’écrivain fait un clin d’œil dans son récit) par différents aspects comme sa durée (un an scolaire), des épisodes similaires (Halloween) ainsi que la situation de l’héroïne (orpheline). A plusieurs reprises, j’ai ressenti l’influence du plus célèbre des sorciers de ce début de siècle. Je tiens bien à souligner que mes propos ne signifient aucunement qu’il s’agit d’une copie. Que les choses soient claires, mon sentiment est de la nostalgie qui fait fleurir un sourire sur mes lèvres en me rappelant l’impact de cette histoire avec laquelle j’ai grandi. Si certains éléments de base sont analogues, le monde d’Angela et le chiffres des anges développe une histoire distincte et originale avec ses propres révélations et rebondissements. Si ce livre peut offrir à des enfants le même engouement et la même fébrilité que j’ai connus à l’époque, j’en serai ravie. Car c’est une expérience qui marque pour la vie.  

Les personnages principaux sont touchants. Angela a un fort caractère et ne se laisse pas marcher sur les pieds, Gabriel a une imagination débordante et ses réactions enfantines m’ont fait sourire, et Luc est intelligent et sensible. Tous les trois sont débrouillards et possèdent un esprit de réflexion complémentaire. A noter que leur intelligence ne semble pas démesurée pour leur âge. La résolution des énigmes ne se fait pas en un claquement doigt. Elle prend souvent plusieurs jours, semaines, voire mois. Par moment, la réponse leur vient grâce à une source extérieure. Le seul élément relatif aux personnalités qui m’a fait froncer les sourcils concerne leur langage. Certaines expressions qu’ils utilisent me semblent étonnantes dans la bouche d’un enfant car c’est le genre de phrases types plutôt prononcées par des adultes envers des gamins qu’entre enfants.

Quelques passages m’ont paru invraisemblables. Lors de l’incendie, les orphelins repeignent la chambre d’où est parti le foyer quelques jours après l’incident. Ayant connu un tel événement, je peux affirmer que le délai est bien trop court. Surtout quand celui-ci est si intense que les pompiers ont dû mal à entrer dans le bâtiment. La fumée est une réelle crasse qui s’incruste et dont l’odeur persiste même après le nettoyage par des professionnels. Donc repeindre après à peine deux jours est bien trop rapide. Il faut plus de temps pour aérer. Ensuite, j’ai trouvé que les enfants avaient une trop grande facilité pour obtenir des informations de la part du policier et du chef des pompiers. Même si les affaires les concernent, je doute qu’ils se confieraient sans retenue à des gamins de 10 ans. A moins, qu’il y ait un soupçon de magie derrière pour délier leur langue ? En toute honnêteté, je sais que je suis fortement tatillonne en soulevant ces détails car le public cible ne s’en rendra pas compte mais je tenais à les évoquer car ils ont interpelé l’adulte que je suis au cours de ma lecture. 

Malgré ces points, l’histoire m’a beaucoup plu, notamment grâce à l’aisance avec laquelle Yvan Premier fait monter le suspense et dévoile la réalité à laquelle le trio va être confronté. Sa plume est fluide et il arrive à faire ressortir la vision innocente des enfants. Par exemple, par les réponses extravagantes qu’ils donnent aux cours et qui dénotent bien de leur imagination qui n’a pas encore été bridée et de leur esprit qui n’a pas encore été formaté. Seule l’introduction du Livre des anges du père d’Angy déploie des réflexions qui me semblent compliquées à comprendre pour les jeunes lecteurs. 

En bref, Genesis est une belle découverte dans le monde de la littérature jeunesse. Le premier tome d’Angela et le chiffres des anges mêle brillamment magie angélique, énigme et amitié. J’ai hâte de me plonger dans la suite de cette série après cette fin qui cache sans doute encore bien des mystères. 

Les dieux déchus (Les cénacles du Don, #1) de Régis Moreau

  • Titre : Les dieux déchus (Les cénacles du Don, #1)
  • Auteur : Régis Moreau
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : fantastique, thriller, action

Je remercie chaleureusement Régis Moreau de m’avoir proposé le premier tome des Cénacles du Don sous-titré, Les dieux déchus, en échange d’un avis honnête. C’est un service presse obtenu via la plateforme SimPlement.pro.

Pierre a le besoin vital de s’aventurer dans les lieux bondés ou peuplés, comme le métro parisien, pour toucher les gens. Il profite d’un brusque freinage ou d’un tournant un peu trop courbé pour poser sa main sur le bras d’un voisin. Pourtant, il n’est ni atteint d’une rare maladie psychologique ni un pervers. Au contraire, il est la source de la chance et il doit en distribuer autour de lui. Un soir, il se précipite vers Jessie qui a oublié son parapluie dans le bus. Il la conseille d’éviter de manger italien. Perplexe, la jeune femme rejoint sa meilleure amie qui l’invite dans un restaurant italien tellement apprécié que les tables sont vite remplies. Se rappelant l’avertissement de l’homme, elle la convainc d’aller ailleurs. A peine éloignées, une explosion de gaz souffle le bâtiment. Marquée par les évènements, Jessie fait tout pour retrouver le vieux médium car elle ne veut plus vivre son triste quotidien. Elle veut changer sa vie peu importe le prix. Sauf qu’il ne faut jamais souhaiter cela à la légère et accepter de succéder aveuglément au donneur de fortune.

Le monde développé par Régis Moreau est bien construit et l’auteur se sert à merveille de l’histoire de la chrétienté pour inclure avec logique et pertinence les personnes possédant un don et qui étaient considérées comme des dieux autrefois. La classification des magies, l’histoire, la création des cénacles et leurs modes de fonctionnement sont décrits avec justesse et réalisme. J’ai particulièrement bien aimé les effets du pouvoir sur le corps de son possesseur en incluant les légendes et le folklore français pour justifier la laideur ou la difformité des êtres tels les bossus ou les sorcières.  

L’écrivain ne s’arrête pas à insérer la magie dans le monde réel. Il apporte également une réflexion philosophique et conceptuelle sur la chance en se questionnant sur ce qu’elle peut apporter à certains et prendre à d’autres. Sur l’impact qu’elle a sur le chanceux et autrui. Sur sa durée et les conséquences. La chance qui opère aujourd’hui n’est-elle pas le premier pas vers le malheur de demain ? Comme trouver un boulot après trois ans de refus (lucky) mais réaliser deux ans plus tard que son patron est un manipulateur qui va vous plonger dans la dépression (bad luck).

Cette dualité reflétée par les deux côtés de la médaille, se retrouve tout au long des Dieux déchus. Notamment au niveau des personnages qui ne sont ni tout blancs ni tout noirs. Jessie est une femme que l’on peut facilement cataloguer sous l’étiquette : métro-boulot-dodo. Sa rencontre avec Pierre va l’entraîner sur un chemin qui va révéler sa part d’ombre et la noirceur qui peut tacher un cœur à haute teneur en pureté après avoir subi de nombreuses épreuves rudes physiquement et psychologiquement. Impossible de rester de marbre face aux protagonistes de cet opus. Je pense par exemple aux membres du cénacle qui « accueillent » Jessie et que j’ai détesté à cause de leur perfidie. Ils sont horriblement bien vivants sous la plume de l’écrivain.

Le style de Régis Moreau sied parfaitement à l’atmosphère et à l’ensemble du livre (quelques coquilles sont présentes). Son portrait de la société dépeint une réalité dure et juste. Il n’hésite pas à user de descriptions crues et suintantes de vérité pour planter le décor. Je pense notamment à la scène du métro qui ouvre le premier chapitre et qui m’a de suite plongée dans son univers. J’aime le regard critique qu’il pose sur le monde actuel. Par ailleurs, je tiens à saluer le féminisme qui sous-tend certaines pensées de Jessie face aux situations qu’elle vit. En particulier, face au machisme de Dick qui est l’archétype du musclé qui a intégré uniquement le principe de virilité véhiculée par la société et qui n’a aucun respect pour les femmes au point de frôler la misogynie.

La vulgarité est fortement présente dans les dialogues de la deuxième partie du bouquin. Au point que des injures sont utilisées à la pelle. Le monde dans lequel Jessie va évoluer est loin d’être tendre : fusillade, course-poursuite et bagarre mêlant poings et magie. L’auteur a le souci du détail pour décrire les scènes de combat au point d’en être même technique.

En bref, Les Dieux déchus nous plonge dans la sphère obscure de la société actuelle en mélangeant avec équilibre la magie et l’action. Régis Moreau nous propose une réflexion profonde sur la chance et ses effets sans verser dans la philosophie compliquée et nous fait réaliser que la porte ouverte par la bonne fortune peut mener à un sombre chemin.

La Citadelle Interdite (Chroniques Célestes,#1) de Léona Everhard

  • Titre : La Citadelle Interdite (Chroniques Célestes,#1)
  • Autrice : Léona Everhard
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : jeunesse, fantasy

Lorsque Léona Everhard m’a proposé le premier tome de sa série de novella en service presse via la plateforme SimPlement.pro, j’ai tout de suite été intéressée par l’un des sujets traités dans cet opus : la question de la tolérance de la société vis-à-vis des personnes en condition de handicap. Je la remercie chaleureusement de me l’avoir confié en échange d’une chronique honnête.

Les Chroniques Célestes nous entraine à Valesphyr, un archipel flottant dans les airs, qui est le centre d’une civilisation divisée en deux classes sociales. Les Privilégiés résident autour du roi et gèrent la cité d’une main ferme grâce notamment à la Marine Céleste. Les Rebuts vivent dans les bas fonds du royaume et ne peuvent exercer que des tâches qui profitent aux premiers. Ils mènent une vie de servitude comme durant les temps médiévaux. Pourtant, il existe un statut bien pire que celui-là. Il s’agit du Mâchefer. Ce mot désigne la scorie produite lors de la combustion de la houille utilisée dans la métallurgie.

Sylwen est un adolescent qui croit en son rêve d’intégrer la Marine Céleste pour parcourir les cieux malgré les tragiques épreuves qu’il a traversées dans son enfance et qui l’ont paralysé à vie. Grâce à la dextérité de son père adoptif, M. Bîshale, qui lui a construit un exosquelette en métal, il vit comme les autres. C’est ce qui lui confère le statut de Mâchefer. Si cette technologie permet des miracles, les hautes sphères le voient d’un mauvais œil et n’arrivent pas à écarter son handicap, symbolisé par sa prothèse, sans doute trop effrayées par son aspect humanoïde. En effet, le gouvernement est récalcitrant face à l’utilisation de la métallurgie et des automates au grand dam de M. Bîshale qui doit réparer encore et encore leurs navires fragiles alors qu’il pourrait les renforcer et augmenter leur durée de vie.

Dépité par son recalage pour inaptitude en dépit de ses bonnes notes à l’académie militaire, Sylwen se laisse entrainer par l’allégresse de son ami Trévor pour partir à l’aventure après avoir été témoin d’une étrange affaire. Alors qu’il passe le balai à la Société d’archéologie, il entend un échange entre sa patronne et un homme discret qui lui demande d’annuler le projet de fouille de Babylone en lui tendant de l’argent. Que cache donc de si important cette ruine ancestrale pour enclencher un tel manège ? Intrigués, les deux camarades s’élancent à bord d’un vieux rafiot pour rejoindre la citadelle interdite avec la Marine Céleste à leurs trousses et une invitée surprise dont la perspicacité leur sera d’un grand secours : Enolie.

L’univers oscillant entre fantasy et science-fiction développé par Léona Everhard reste basique mais les concepts liés à l’insertion des personnes handicapées et à l’inversion des tendances en matière d’évolution technologique et de son impact sur la société telle la robotisation du travail (ici rejetée par les Privilégiés alors que dans la réalité les entrepreneurs voient le profit avant l’humain), confère un aspect intéressant à l’histoire au point de créer des idées propres à son monde. Je pense notamment à la notion de transcendance positive qui signifie « le dépassement de soi passionnel dirigé vers l’Unité, le Bien, le Vrai et le Juste. » En gros, vivre pour la société selon les principes qu’elle édicte. Ainsi, c’est le côté humain de Sylwen qui est reconnu et non sa moitié robot. Cette loi lui permet d’être soi-disant intégré car en voulant entrer dans la Marine Céleste il prouve qu’il a l’esprit du bon citoyen. Enfin, les légendes racontées sur Valesphyr s’insèrent parfaitement au milieu dans lequel les personnages évoluent et siéent à merveille au déroulement du récit.

Outre le travail de construction de cette civilisation en profondeur par des lois, j’apprécie l’application de l’écrivaine à expliquer le mécanisme qui permet aux bateaux de flotter et de se déplacer dans les cieux grâce aux particules. C’est à ce genre de détail que l’on comprend le soin préliminaire accordé par son créateur à une histoire.

Les interactions entre les personnages de la Citadelle Interdite ont particulièrement retenu mon attention. L’unité du trio formé par Sylwen, Trévor et Enolie constitue le ciment du roman. Si le premier est censé être le héros central de l’histoire, les deux autres ne restent pas dans son ombre. Sylwen manque de confiance en lui face au rejet injuste qu’il subit. C’est son ami Trévor qui sert de moteur à l’intrigue dans un premier temps grâce à sa gentillesse, sa sensibilité qui booste naturellement le moral, ainsi que sa curiosité. Lorsque l’insupportable Enolie qui vit dans le même foyer que Trévor, se joint à l’aventure, les échanges promettent d’être tumultueux. Pourtant, elle est vite appréciée et intégrée au duo malgré son côté, de prime abord, suffisant et hautain. Très vite, ils comprennent que cette apparence cache une détermination et une intelligence qui sont juste considérées comme déplacées par la société dans la bouche d’une fille appartenant aux Rebuts. En fait, elle soulève trop de questions et de constats pertinents pour son statut.

La plume de Léona Everhard est agréable à lire et elle s’accorde bien au genre jeunesse. Elle utilise par moment le jargon spécifique à la navigation ainsi que de belles descriptions et métaphores. Sa formulation est fluide et entrainante tout comme sa manière de distiller le suspens et d’éveiller l’intérêt. Ainsi, si l’univers donne un sentiment de déjà-vu, ce point est compensé par une écriture attractive qui empêche de lâcher le livre. La version que j’ai reçue comportait des coquilles. Mais l’autrice a réagit avec rapidité à mes remarques. Ceux qui sont allergiques aux fautes peuvent donc plonger dans le livre sans crainte.

Si l’intrigue est bien ficelée et comporte des rebondissements intéressants et inattendus, le tout m’a donné un goût de trop peu. En effet, j’ai trouvé que l’exploration de Babylone était bien trop courte alors qu’elle est le titre du volume. C’est sans doute dû au format de la novella et j’espère en apprendre plus dans les prochains tomes.

En bref, La Citadelle Interdite est un bonne histoire jeunesse abordant des concepts liés à une situation de handicap et à la différence. Il donne vie à des personnages touchants qui se dépassent pour accomplir leurs rêves. Il semble juste un peu trop court.

Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelle, fantasy

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir proposé de chroniquer Gienah la mercenaire via SimPlement.pro. Cette nouvelle est issue d’un projet consistant à présenter un personnage qui évolue dans le monde de Barcil. Chaque histoire du cycle est indépendante des autres. Vous pouvez donc les lire dans l’ordre que vous voulez en commençant par celle dont le résumé vous attire le plus. Ce principe de petits chapitres ayant la même scène sur laquelle se développer, me fait un peu penser aux Contes & Légendes inachevés de J.R.R. Tolkien dont l’auteur est un admirateur, sauf qu’ici le recueil est introductif. En effet, un roman final rassemblera les protagonistes des nouvelles. Il s’agit d’une manière intéressante d’appréhender son univers et son style. Je vous invite à vous rendre sur le site de Jean-Marc Dopffer pour avoir plus de détails.

Linn et ses compagnons sont tapis dans l’ombre d’un volcan en quête de la cachette du dragon, gardien de rubis. Leur cible est de dérober les joyaux afin d’en sertir deux couronnes jumelles pour sceller l’amitié entre le peuple des montagnes et les elfes. Malheureusement, la mission tourne au cauchemar. Gienah vient d’accoster quand un enfant lui transmet l’appel à l’aide de son ancien ami d’aventure. Elle n’hésite pas une seconde à le rejoindre.

L’histoire se déroule dans trois paysages distincts de Barcil. Le volcan, la frontière du monde et un dernier dont je vais taire la nature pour laisser la surprise. A travers les quelques pages, une richesse de détails est déployée. Les pièces de l’univers jetées par le romancier sont alléchantes. Ses descriptions permettent de dessiner chaque recoin de ce monde et donne envie d’en découvrir davantage.

Un certain soin est apporté aux personnages. J’ai particulièrement apprécié l’aspect original de Linn, le nain albinos qui se veut l’ami des animaux. A côté de cet état d’esprit actuel, une morale écologique fait également son intrusion dans les lignes des dialogues. Ces convictions auraient pu tranchés avec le style du roman qu’est la fantasy médiévale. Toutefois, elles sont insérées avec réalisme par rapport aux situations que traversent nos deux protagonistes.

Gienah est impétueuse et prend à pleine main son destin. Elle est le symbole du libre arbitre car elle ne se repose pas sur les dieux et elle assume la responsabilité de ses actes. Cependant, elle n’est pas laïque. Elles croient en leur existence. C’est juste qu’elle ne compte pas sur eux pendant les crises et ne les pointent pas du doigt en disant que c’est eux qui façonnent les événements sombres de l’avenir. Ce personnage est intéressant mais je trouve qu’elle répète un peu trop souvent les phrases sur les divinités. De ce fait, les dialogues tournent court.

Le style de Jean-Marc Dopffer est un véritable régal, une vraie perle. Sa plume est descriptive et utilise des tournures métaphoriques, imagées et qui ressemblent par moment à de la poésie picturale romantique (dans le sens peinture romantique et non romance). De véritables tableaux sont dépeints. Il a un verbe soutenu et original. Je me sens bien incapable de lui rendre justice avec mes mots donc voici deux petites citations :

« Le soleil traversa la colonne de fumée cendreuse accrochée au cratère. Le vent, doucereux, en inclinait l’expansion. Une à une les étoiles s’allumèrent dans le saphir du ciel. »

« Le roulement des nuages concassait l’océan. Face au galion, le Mur. Gris anthracite, chargé de trombes opaques et veiné d’éclairs, il se dressait presque à la verticale. Des tourbillons buvaient l’océan et se perdaient dans le firmament avec un grondement dantesque, formidable comme la respiration d’un Dieu. Accroché aux ciels comme à une poutre, il battait les airs et les eaux avec une folle impétuosité. »  

En bref, Gienah la mercenaire est une nouvelle de fantasy pleine de charme au monde déjà bien développé qui rappelle Tolkien, et à l’écriture délicieuse digne des plus grandes peintures de l’époque romantique du XIXe siècle. Jean-Marc Dopffer est un écrivain que je vais garder à l’œil.

Ma première box livresque ! Et si le temps n’était qu’une illusion?

Une fois n’est pas coutume, voici un article différent de mes écrits habituels. Je l’avais annoncé fin septembre et début octobre, j’ai sauté un grand pas dans ma vie de lectrice assidue et blogueuse néophyte en succombant à la tentation de la box livresque.

Depuis que j’écume les blogs et les booktubes, j’ai vu passer un nombre incalculable de petit colis mystère à thème dans lequel trône un livre et des goodies. Toutefois, je n’ai jamais été tentée car disons le clairement, c’est les livres qui m’intéressent. Ce qu’il y a autour risque fort de finir comme attrape-poussière et de tomber dans les oubliettes. Non, je ne vis pas dans un ancien château fort mais mes placards peuvent parfois y ressembler.

La question que vous vous posez certainement est : comment Escape with a Book a-t-elle réussi à me convaincre ? Rien de magique, si ce n’est la formule : autoédition. Le choix de proposer des romans qui risquent de ne jamais croiser ma route réelle ou virtuelle à fortement peser dans la balance. La deuxième raison concerne la nationalité belge de cette jeune entrepreneuse. Et oui, un peu de chauvinisme de ma part. Blague à part, soutenir les initiatives locales est l’un des mes dadas.

Trêve de bavardage introductif, rentrons dans le vif du sujet. *Roulement de tambour*

A l’ouverture de la box Et si le temps n’était qu’une illusion?, je suis tombée sur un petit mot de remerciement écrit de la main de la patronne. C’est une petite touche agréable en cette ère numérique. Ensuite, un feuillet présente l’auteur, le contenu de la boîte et l’avis de la blogueuse et entrepreneuse sur le roman. Étant donné qu’elle me l’a envoyée lors du Weekend du client, j’ai eu droit à un ballon en extra.

Les goodies sont de trois sortes : boisson, illustration et artisanat. Grande amatrice de thé, j’aime boire mon mug en dévorant les chapitres sous un pilou et le chat qui ronronne. Souvent, mes goûts changent avec les saisons. Au printemps, je suis plus thé vert et en hiver thé noir. Deux sachets Yogi Tea vont accompagner ma lecture. Les saveurs sont Choco et Ginger Lemon. Je connais la marque mais je n’ai pas encore tenté ces mélanges. Et là, une question me taraude. Qu’est-ce qui a présidé aux choix de ces essences pour accompagner la box? Leur variété vont-elle de pair avec l’intrigue du livre ou est-ce le hasard ? Ce serait amusant d’associer un thé avec un récit.

Ensuite, j’ai découvert deux portraits des personnages du roman. Elles sont réalisées par la sœur jumelle de la romancière, Céline P. Cachée sur le côté, la carte de visite de Nouneko, créatrice de pin’s. J’entends déjà des voix s’élever : de la pub !!! Personnellement, je suis contente de voir qu’Escape with a book va au font de sa mission et met à l’honneur des artisans locaux. En plus, la business carte est juste trop adorable avec son logo et les petits dessins. J’ai jeté un œil sur la page de Facebook…amateurs de chats évitez ! C’est un gouffre pour nos portefeuilles. Les pins sont trop mignons en plus d’être originaux et raffinés.

Enfin, le dernier accessoire accompagnant le secret livresque est un bracelet réalisé par notre jeune indépendante. Les couleurs siéent à ravir avec la couverture du roman et le médaillon rappelle le thème de la box.

Levons le rideau sur l’objet tant attendu et qui est le centre de cette aventure : Une couverture bleutée nuit, avec un encadrement doré et un titre accrocheur, j’ai nommé La voleuse des toits de Laure Dargelos. Un magnifique signet reprenant la jaquette l’accompagne.

En lisant le résumé, j’ai réalisé que l’univers de ce roman young adulte fantastique est mon pire cauchemar. Une civilisation où l’art, la littérature et la musique sont interdits ! Les trois piliers de ma vie, le quatrième étant les chats ! Autant dire que je suis attirée par le synopsis : révolte et liberté d’expression mêlées.

Le résumé :

Véritables piliers de la société, les règles écarlates ont prohibé toutes formes d’expression : l’art, la littérature et la musique n’existent plus. Chaque jour, la milice multiplie les exécutions pour asseoir l’autorité du régime.
Dans ce monde totalitaire, Éléonore Herrenstein, une jeune aristocrate, s’élève contre l’ordre établi. Demoiselle respectable le jour et voleuse la nuit, elle espère rejoindre la rébellion pour renverser le gouvernement. Hélas, la voilà brusquement fiancée à l’un des hommes les plus puissants du royaume. Qui est donc Élias d’Aubrey, cet être impénétrable qui semble viser le pouvoir absolu ? Un étrange secret ne tarde pas à ressurgir du passé, un mystère qui entoure une toile peinte un demi-siècle plus tôt.
Éléonore ignore encore que sa quête l’entraînera bien plus loin qu’elle ne l’imagine. Dans un voyage au-delà du possible…

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Je termine cet article de présentation par un autre produit proposé par Escape with a book. Vous en avez marre de voir vos livres écornés dans votre sac ou sali car le sachet de votre biscuit s’est déchiré et le contenu s’est répandu partout sur la toile et des miettes ont réussi à s’insérer entre les pages de votre roman favoris ? Alors faites comme moi, optez pour l’une des magnifiques pochettes. Le cinquième pilier de mon sanctuaire étant les cactus, le choix était vite fait :

Sept morts à vivre de Southeast Jones

  • Titre : Sept morts à vivre
  • Auteur : Southeast Jones
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelles, science-fiction

Sept morts à vivre est mon premier service presse offert en toute confiance sans plateforme intermédiaire. Je remercie chaleureusement mon compatriote Southeast Jones de m’avoir donné la possibilité de découvrir son univers en échange d’un avis honnête.

Ce recueil est un voyage au cœur du système solaire de la mort. Celui-ci compte sept planètes aux couleurs et aux paysages différents. Seule une atmosphère de réincarnation, de renaissance, d’éternité ou je devrais dire de transcendance de la mort est commune à la plupart des nouvelles. C’est ce tableau qui me vient à l’esprit en essayant de décrire ce livre.

Je me suis sentie comme une aventurière posant son vaisseau sur chaque écosystème pour découvrir et étudier l’histoire des autochtones et leurs conceptions de la mort. L’auteur propose une réelle variété d’histoires allant de l’entretien philosophique au rapport scientifique en passant par la confrontation avec l’horreur ou le contact inter-espèce. Le tout arrosé d’une rasade moralisatrice sur la folie humaine.  

L’un des aspects qui m’a le plus scotchée, est la facilité avec laquelle Southeast Jones réussi à passer d’une plume à l’autre. Tour à tour, son écriture est philosophique, simple et contemporaine, ou soutenue voire scientifique, parfois poétique ou comique. Par exemple, dans L’Antre de la bête, il place l’intrigue au XIXe siècle. Le vocabulaire des protagonistes sied à merveille à cette époque. Une pléthore de mots et d’expressions anciens refont surface si bien que j’avoue avoir dû en vérifier quelques uns au dictionnaire. Dans Mon dragon et moi il déploie l’univers à coup d’explications physiques pour le fonctionnement des voyages. Les fans de science-fiction spatiale s’y retrouveront facilement et les néophytes devront restés attentifs pour comprendre le jargon. Toutefois, aucune description ne m’a semblé incompréhensible. Au contraire, l’écrivain explicite avec clarté et précision les théories scientifiques, médicales et philosophiques. Quelques coquilles se cachent dans le texte.

Les nouvelles sont fouillées et travaillées. Elles dévoilent majoritairement des idées originales et des tournures inattendues. Anamnèse reçoit la palme d’or des approches inédites. Si l’histoire pose un cadre de départ banal, l’enchainement des actes m’a surprise tant par le style que la nature de la révélation finale. Un passage parait déstructuré mais on comprend vite qu’il imite à la perfection le fil des pensées et des rêves dont les épisodes ne se suivent pas toujours de façon cohérente. 

Au-delà du thème de la mort et de ses compagnons de route les biens nommés réincarnation et éternité, les notions de maladie et de vieillissement sont récurrentes. Un peu comme si elles étaient le moteur de la mort et de l’idée de vaincre ses états qui génèrent souvent de la souffrance. D’ailleurs, il est amusant de noter que le recueil s’ouvre sur l’invitation à résoudre ce problème.

L’aventure se clôture avec une huitième nouvelle qui se situe à part, telle une exoplanète. En effet, il s’agit plus d’un hommage d’un fils à son père. J’ai trouvé qu’elle différait des autres par sa nature et la sensibilité qui éclot au fil des mots.      

En bref, Septs mort à vivre est une plongée intéressante et exaltante dans la recherche de l’éternité à travers la mort. Ce recueil propose un véritable panel d’histoires plus riches les unes que l’autre sur la question.

Sept Morts à Vivre (Trailer)

Une nuit dans le passé de ma mère de Dimitri Doye

  • Titre : Une nuit dans le passé de ma mère
  • Auteur : Dimitri Doye
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégorie : drame, mystère

Les livres qui racontent la vie de gens comme vous et moi avec leurs bonheurs et leurs malheurs est un genre qui passe ou casse. Le style d’écriture et la manière de faire passer les sentiments des personnages ainsi que les thèmes abordés sont très importants pour que je m’y arrête et que j’apprécie leur histoire. J’ai accepté de chroniquer Une nuit dans le passé de ma mère de Dimitri Doye parce que l’idée sous-jacente de son roman a titillé ma curiosité : L’importance que doit avoir le passé dans la vie actuelle et son impact sur le futur. Je remercie chaleureusement l’auteur de m’avoir confié, via SimPlement.pro, son premier bébé qui semble, d’après la postface, avoir mis des décennies de gestation. 

Mélissa stationne sa voiture dans une rue d’un petit village belge. Elle fixe la maison qui lui a fait parcourir trois heures de route pour trouver des réponses. Il y a quatre mois, sa mère a mis fin à ses jours en laissant une lettre incompréhensible. En faisant des recherches pour comprendre son acte et faire son deuil, sa fille découvre une photo qui l’a amenée ici. Vers un homme du passé qui détient les réponses. La première étape, le convaincre de lui dévoiler une histoire manifestement douloureuse, n’est pas si facile que ça. Une fois la porte des secrets ouverte, on ne peut plus la refermer peu importe ce que l’on y découvre.

Dimitri Doye nous entraîne dans un récit de rédemption, de délivrance et de construction d’identité. En revenant vingt ans en arrière, Sébastien va affronter les cauchemars qui le hantent depuis la tragédie qui a touché sa dernière année d’humanités (1995-1996). Mélissa va apprendre ce que sa mère lui a toujours caché et sa manière de voir la vie et autrui va évoluer.

Si le départ du livre semble un peu long, j’ai très vite été happée par le récit et la narration éloquente de l’auteur au point d’avoir du mal à le lâcher. Pourtant, les évènements qui sont racontés ne sont pas extraordinaires, juste dramatiques lorsqu’ils arrivent dans notre vie. Ce sont des faits divers, traités généralement sommairement dans les journaux, que les personnes extérieures lisent, compatissent et oublient trois minutes après avoir laissé l’article sur la table ou éteint la télé. Le roman aurait pu être court. L’instant résumé en cinq minutes et Mélissa repartie en un rien de temps. Le choix de Sébastien de décrire en profondeur l’année scolaire au lieu de synthétiser les élèves à un seul événement tragique de leur vie est une sorte d’hommage et un pied de nez aux journaux qui les déshumanisent presque comme si ce n’étaient que des rats écrasés sur la route.

Le point de vue choisi par Dimitri Doye est universel. Cela permet d’alterner les ressentis des protagonistes et de voir à travers les yeux d’un adulte ayant vécu une expérience traumatisante qui le poursuit depuis vingt ans, et une adolescente de 18 ans qui tout en ayant été confrontée à un drame, possède encore l’énergie de la jeunesse. Peu à peu, Mélissa se remet en question et cesse de juger l’épave qu’elle a devant elle et qui revit avec douleur et bravoure un épisode désagréable pour qu’elle en apprenne plus sur sa mère et son acte.

Ce roman est bourré de philosophies de vie diverses. Il apprend à briser les apparences, à se positionner dans les chaussures d’autrui, à trouver la force de vivre avec un lourd passé et surtout la culpabilité et la responsabilité qui s’en suivent. Qui ne s’est jamais demandé à un moment donné de sa vie comment ça se serait passé si…. ? Un passage m’a profondément touchée par sa véracité :

« Certaines personnes disent que nous avons la vie que nous méritons.

Avant de juger la vie des autres, ces personnes estiment-elles avoir la vie qu’elles méritent ?

Certes, nous récoltons généralement ce que nous avons semé, comme le dit si bien le dicton.

Cependant il arrive bien souvent que nous ne récoltions pas à sa juste valeur ce que nous avons semé ou ce que nous espérions récolter lors des semailles.

Après ce que nous avons vécu, j’ai longuement réfléchi à ce qui s’est produit ainsi qu’aux conséquences sur chacun d’entre nous ; en toute franchise, je ne pense pas que nous ayons fait d’excellentes moissons.

Bien au contraire !

Nous ne méritions pas cette récolte !

Je veux dire par là que nous n’avions rien semé qui justifie cette récolte.

J’ai compris par la suite que la vie était aussi injuste que dans ces livres dont je me délectais ; une personne sans histoire, ne demandant rien à la vie et qui se retrouve malgré elle au cœur d’une intrigue. »

La plume de l’écrivain est agréable et descriptive. Il portraiture les pensées de ses personnages sans filtre et les nargue à l’aide de la petite voix de la raison. Celle qui ne cesse de nous juger, de nous critiquer et de nous houspiller. Bien que la trame soit dramatique, l’humour est présent par petites touches sous la forme du cynisme. Par moment, quelques clichés font leur apparition comme le seul fait de posséder une moto permet de facilement embrasser une fille ou la drague poétique à deux balles de Sébastien ado. Ces phrases me font soupirer mais d’un autre côté, elles collent avec ce que des adolescents âgés de 17 ans peuvent penser après avoir été éduqué par les séries et les films de l’époque. De plus, Sébastien est tellement peu sûr de lui qu’il ne peut se raccrocher qu’à ce qu’il a lu.

L’intrigue est développée de manière intéressante et captivante. La mise en bouche du retour dans le passé narrée par Sébastien me rappelle la façon de construire un roman. C’est un peu comme une mise en abyme du métier d’auteur. Le déroulement du mystère est méticuleusement déployé. Bien que certains indices et un peu de recoupement personnel permettent de savoir des points de l’histoire avant leur divulgation, Un nuit dans le passé de ma mère n’en perd pas pour autant sa saveur. D’ailleurs, j’avoue avoir versé une petite larme à la fin.

Enfin, une certaine nostalgie m’a envahi durant certains épisodes en raison de ma nationalité, de ma personnalité et d’un évènement qui s’est produit également lors de ma dernière année à l’école. Si je ne vais pas m’attarder sur les deux dernières causes, je vais au moins explicité la première. Lire les explications de Sébastien sur la rhéto m’a projetée en arrière et m’a rappelé de bons souvenirs. Comme quoi, les auteurs belges devraient mettre plus en avant les particularités de notre pays non seulement parce que ça fait partie de leur identité mais aussi parce qu’ils peuvent toucher plus facilement leurs compatriotes.

En bref, Une nuit dans le passé de ma mère est un premier roman autoédité magistral. Plus qu’une histoire relatant un drame arrivé à des gens ordinaires, c’est une véritable plongée philosophique sur la vie, le passé et son poids sur l’avenir.