Le Crépuscule Violet (La Chronique des Joyaux, #1) de Mélanie Dufresne

  • Titre : Le Crépuscule Violet (La Chronique des Joyaux, #1)
  • Autrice : Mélanie Dufresne
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : romance fantasy

Nouvelle lecture de mon partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire. Pour rappel, il s’agit d’un groupe sur Facebook rassemblant des autrices autoéditées ou hybrides francophones ainsi que leur lecteur.rices. C’est un lieu d’échanges et de convivialité où vous serez les bienvenues.

Dans le nord, Sabaya est la précieuse du château violet. Elle attend avec impatience le retour de Lord Baygund avec le potentiel maître d’armes. Cette femme dont la vie fut insufflée par le joyau fondateur du royaume doit se lier avec un combattant et stratège capable de guider ses troupes afin de défendre les remparts et les habitants. Pendant l’absence du seigneur, une caravane demande l’hospitalité. Le mercenaire, Jonas, l’accompagne. Sa rencontre avec Sabaya va bouleverser l’ordre des choses et leurs cœurs.

Je suis restée perplexe durant la première moitié de ce roman en raison du manque de clarté de sa direction, ou plutôt à cause du genre dans lequel l’a catégorisé l’autrice. Placé sur l’étagère de la fantasy épique, je m’attendais à des batailles, des complots, de l’aventure, du frisson. C’est pourquoi, je ne cessais de me demandais où l’intrigue allait mener ? Je me suis sentie perdue avant de comprendre la chose suivante : ce récit est de la romance plongée dans un univers de fantasy. L’amour entre Sabaya et Jonas est le centre du livre et surpasse l’aspect épique.

En effet, la majeure partie du bouquin se passe entre les murs du château et juxtapose des saynètes entre les habitants et les mercenaires, mais surtout entre Jonas et Sabaya. Ce qui a trait au genre de la fantasy épique est soit évoqué, soit sert à faire évoluer la romance (et non l’inverse). Par exemple, les deux attaques de gargouilles contribuent juste à rapprocher ses deux âmes, puis à révéler Jonas auprès des soldats, et donc à renforcer sa valeur aux yeux de Sabaya, tout en déclenchant son tourment personnel. Concernant l’aspect des complots qui est un trope important dans ce genre, je l’ai vécu plus comme un élément anecdotique se déroulant en marge du développement de leur amour. Je sais que leur relation est fondamentale pour la bataille finale et l’émergence du nouveau maître d’armes. C’est un ingrédient de la recette élaborée par l’écrivaine dans son univers, mais cette romance a pris trop d’importance sur les codes du genre de la fantasy épique de mon point de vue. Du coup, mes attentes n’ont pas été comblées et, même une fois, cet aspect intégré, j’ai eu du mal à adhérer complètement au concept.

Le manque de substance de l’intrigue et de nuance des personnages y est pour beaucoup. Le roman met fait penser à un squelette construit correctement, mais dont les os seraient à peine recouverts de chair et de peau, si bien qu’on devine aisément les ficelles scénaristiques de ce récit linéaire et sans surprises. Il aurait gagné à être approfondi, car si l’humain prend le pas sur l’équipe, j’ai trouvé que les personnages manquaient de densité et de dualité, surtout concernant les deux protagonistes.

Sabaya est chaleureuse, protectrice et adore les bonbons au grand dam de la cuisinière. Façonnée par la pierre précieuse, elle a déjà vécu des centaines d’années, pourtant elle possède encore une sorte de naïveté dérangeante propre aux adolescentes. Elle ne possède pas de zones d’ombres, si ce n’est le questionnement sur l’incompatibilité de ses sentiments et de son devoir. Je peux comprendre que cette pureté soit induite par le joyau vu qu’elle n’y est pas seulement reliée, il lui a donné naissance, une sorte d’incarnation sur terre. Toutefois, il aurait été intéressant que l’autrice exploite l’humanité que sa prêtresse a acquise au fil du temps à côtoyer son peuple. C’est vraiment dommage qu’elle n’ait pas creusé à fond les implications des troubles qu’elle ressent et n’ait pas profité des impacts que ceux-ci auraient pu engendrer lors de la bataille finale, par exemple.

Jonas est en quête d’un moyen pour sauver son père qui croupit injustement dans les geôles d’un traitre dans les royaumes du sud. Il est l’archétype du preux chevalier. Malgré ses désirs personnels, il se dévoue à la protection du château violet dès la première attaque de gargouilles. Gentil, il prête main-forte aussitôt qu’il le peut dans les occupations des habitants. Tout comme Sabaya, il ne possède pas vraiment de noirceur. La vengeance constitue seulement un enjeu dans leur relation plutôt qu’un moyen d’engendrer un comportement problématique qui contrebalancerait sa pureté. 

À côté de ses deux âmes, l’autrice nous esquisse une multitude de personnages à la pelle. Encore une fois, je saisis leur utilité : ils sont là pour donner envie à Jonas de s’investir et de rester en cette demeure. Malheureusement, la sauce n’a pas pris. Comme expliqué plus haut, Mélanie Dufresne place l’humain avant l’épique. Seulement, les épisodes entre le mercenaire et les citoyens s’avèrent trop brefs et peu nombreux (vu qu’elle se focalise sur les deux tourtereaux). Je n’ai pas ressenti la formation des liens. J’ai été d’autant plus surprise qu’au moment de la concrétisation de l’union, Jonas ne mentionne pas le forgeron dans ses relations marquantes, alors qu’il s’agit du premier avec qui il a réellement vécu quelque chose, bien qu’on voit le « duel » plus du point de vue de la précieuse que de Jonas.

À côté de ces évocations de relation, le développement de Ksara m’a rendu perplexe. Contrairement aux autres personnages secondaires, l’autrice s’attarde sur elle et ses capacités qui doivent rester un secret. Vu ce traitement privilégié, je m’attendais à tout moment qu’elle ait un impact dans le récit. Cependant, une fois cette intrigue secondaire amorcée, la porte demeure ouverte sans qu’elle intervienne par la suite.

Je me dois d’aborder Maelora dans la mesure où il s’agit du potentiel maître d’arme choisie par le Seigneur Baygund. Cette chevaleresse en provenance du château bleu est droite dans ses bottes. La discipline et le respect ne font pas seulement partie de son vocabulaire, ces concepts l’incarnent. Ses hommes suivent ses ordres sans que son sexe entre en jeu. Ils connaissent sa valeur de guerrière. Fière de pouvoir accéder à un rôle si important, elle met de côté son amertume lorsqu’elle se retrouve évincée. Ici encore, aucune noirceur ne vient ombrager la droiture du personnage. Aucun acte ne montre son désarroi ou sa colère.

En dépit des faiblesses évoquées (et qui relèvent de mes goûts personnels, je le précise) et une fois la romance intégrée, cette lecture s’est révélée distrayante. Elle se laisse lire. J’ai apprécié l’univers reposant sur la notion des joyaux et de la puissance qui augmente grâce à la prospérité du royaume ainsi que l’apparition d’une créature fantastique inhabituelle. Les Symargs sont des chiens ailés issus de toutes races. L’inversion des codes sur le Nord et le Sud m’a également plu, le premier s’avérant bien plus ouvert d’esprit que le second.

En bref, Le crépuscule violet est une romance sympathique sur fond de fantasy. Toutefois, elle manque de nuances, de profondeurs et d’équilibres sur bien des points (personnages, univers, développements des relations) pour satisfaire mes goûts personnels, d’autant plus que je m’attendais à de l’épique, comme mentionné sur le site de l’autrice auquel je m’étais fiée. Je ne poursuivrais donc pas la série, même si on change de lieux et de protagonistes. 

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Second Souffle de K. Sangil

  • Titre : Second Souffle
  • Autrice : K. Sangil
  • Éditeur : Nutty Sheep
  • Catégories : romance fantastique, vampires

Je vois déjà vos yeux écarquillés de surprise en lisant romance et vampire. Vos neurones sortir des tiroirs de la mémoire le fameux : “elle n’avait pas dit qu’elle n’aimait pas beaucoup ces deux genres ?”. Vous avez raison, mais je ne pouvais pas passer à côté de cet ouvrage écrit par ma collègue et amie K. Sangil dont j’ai déjà bêta-lu des nouvelles (dont celles de 11 Contes et légendes revisités et 10 destinées). Elle appartient à cette catégorie d’autrices dont la plume réussit à me tirer hors de ma zone de confort et à frayer avec l’en.. euh les créatures et les genres que j’apprécie le moins. Second Souffle m’a-t-il convaincu ? Voici ma réponse : 

À 16 ans, Eustenée Milesi embrasse son destin avec fierté et tristesse. Elle doit porter le dernier souffle du Premier Né vampire pour l’offrir à son successeur. Cette transmission de pouvoir suscite jalousie et avidité, car une partie des suceurs de sang déteste le Traité de Paix avec les sorcières et l’ombre dans laquelle leur condition les oblige à vivre auprès des humains. Sa rencontre avec le traqueur Lajos Walkil va bousculer sa vie et son cœur, pour le bien comme pour le pire. 

Le roman s’ouvre sur une lettre écrite par Ellura Milesi, la mère d’Eustenée. Elle plante la situation initiale et les enjeux de façon succincte et captivante à la fois. L’histoire se déroule en 1890 dans l’empire austro-hongrois dirigé par François-Joseph Ier. Vous savez l’époux de la femme la plus célèbre et tragique de ce pays : Sissi. Juste par la mention de cette duchesse et iméparitrice, je suis sûre que la scène vient de se dessiner d’un coup dans votre esprit : des châteaux, des bals, des robes somptueuses, des conspirations… 

C’est dans ce contexte que prend place la romance entre Eustenée et Lajos. La première partie du livre développe l’amour entre ces deux âmes tandis que la seconde nous plonge dans les complots liés à la révolte populaire qui secouent la Hongrie. J’avoue avoir eu un peu de mal à imbriquer certains passages, car ce morceau d’histoire que je ne connais pas est juste esquissé et sert surtout à renforcer le lien qui unit Eusténée et Lajos. J’aurais d’ailleurs aimé avoir plus de complots et de sournoiseries, mais je comprends qu’il ne s’agit pas d’un roman historique à la Ken Follet dans lequel les coups bas sont roi. Le genre principal est la romance et les fans de ce type littéraire ne seront pas déçus. 

K. Sangil a réussi à briser mon cœur de pierre grâce à l’émotion qu’elle insuffle dans les relations et interactions entre ses personnages. Et ce, même dans les scènes de sexe qui sont bestiales pour certaines. Un point m’a frappé dès les premières pages : l’esprit de famille qui unit Eustenée et ses parents. N’étant pas friande de récits vampiresque, je ne peux affirmer que cet aspect est original. Les férus vont peut-être lever les yeux aux ciels devant mes idées vieillottes et dépassées sur ces créatures. Je ne cache pas que hautains et sensuels sont les mots qui me viennent les premiers en tête pour les décrire. Dans Second souffle, Karey le père respire d’amour pour sa femme sorcière et sa fille. On ressent la chaleur et l’union de cette famille avec une force qui m’a fait fondre. Surtout quand on sait les épreuves que les parents ont dû endurer pour convaincre leur clan à cause de la guerre ancestrale entre vampires et sorcières.

À leur rencontre, Eustenée n’apprécie pas Lajos en raison de son attitude froide et rustre envers sa mère et elle. Du coup, je pensais avoir affaire à un ennemi to lovers. Cependant, ce passage m’a paru tellement rapide que je ne le glisserai que partiellement dans ce trope. Le couple devient inséparable en quelques pages, même si des problèmes surgissent dans leur idylle, notamment dus au statut particulier de Lajos et à ses préjugés. 

Ce chasseur solitaire ne se rend pas compte que certains de ses comportements peuvent engendrer des situations délicates. De plus, son dégoût des sorcières ne facilite pas les relations. Sa fidélité envers Karey, les souvenirs du Premier Né et l’amour qu’il porte à Eustenée vont l’aider à les surmonter à ouvrir la porte d’une nouvelle ère. 

En bref, Second souffle est une romance fantastique mettant en scène la puissance de ce sentiment qui vainc les différences raciales et  les ambitions personnelles d’individus peu recommandables. La plume captivante de l’autrice qui peint les émotions sans filtre m’a plongée dans ce récit flirtant avec l’histoire d’un pays que je connais peu. Même si elle manque de conspirations et faux-semblants pour pimenter les rebondissements à mon goût, elle fait parfaitement son job dans ce genre littéraire.

Le jour de ton arrivée d’Isabel Komorebi

  • Titre : Le jour de ton arrivée
  • Autrice : Isabel Komorebi
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégories : romance, science-fiction

Le jour de ton arrivée est le second livre tiré de la box L’amour sous toutes ses formes d’Escape with a Book, que j’ai lu. Avec son résumé, il promettait une histoire de reconstruction de soi grâce à l’amour entre deux personnes opposées. Un garçon taciturne et une fille haute en couleur.

Dix-neuf ans plus tôt, Eux sont arrivés. Ces êtres venus d’ailleurs ont rencontré les humains qui les ont rejetés. Malgré cela, ils restent au-dessus de la Terre, dans leurs pentacles, pour les accompagner vers leur destinée. Enfant, Logan gardait les yeux levés au ciel à les observer jusqu’au jour ou son monde à basculer. Un jour, Tammy le bouscule dans les couloirs de son université. Et, sa vie goûte de nouveau la saveur du bonheur.

Le début de ce roman court (à peu près 200 pages) est captivant. Il plante le décor étrange et mystérieux de cette époque que j’ai eu dû mal à situer tant les indices sont donnés au compte-goutte. D’abord, j’ai cru qu’il s’agissait d’un futur plus ou moins proche dans lequel la terre aurait subi un changement climatique avec l’arrivée d’une nouvelle ère glaciaire. Les températures restent froides tout au long de l’année avec une pointe de gel mortifère aux heures obscures de la nuit. Cependant, on apprend que c’est le cas sur l’ensemble de la planète. Au vu des modifications de biotopes, j’ai alors supposé qu’il s’agissait d’une ère plus lointaine.  Les éléments de décors s’avèrent peu présents et aucune innovation technologique ne pointe le bout de son nez, au contraire, tous portent à croire que cette société est similaire à la nôtre, comme si ça faisait longtemps qu’elle avait cessé d’évoluer. Ainsi, on vogue entre le présent et l’avenir. Bref, c’est assez déroutant.

Toutefois, ce contexte, même flou, permet de comprendre la léthargie et la routine dans laquelle les humains vivent. Un quotidien rassurant dans lequel on vit à court terme. L’éphéméride rythme les cœurs et les histoires sans lendemain, ce qui agace Logan qui ne veut pas faire semblant que tout va bien.

Ce garçon cassé est pessimiste, voire fataliste, et mélancolique. Il étudie sérieusement sans pour autant avoir de rêves. Matt est sa bouée qui le maintient au-dessus de l’eau. Ce sportif possède des caractéristiques qui au départ ont l’air clichées : beau, extrêmement grand, musclé et coureur de jupons. Toutefois, sa gentillesse et son empathie transparaissent vite au fur et à mesure des échanges entre les amis.

Tammy provient du ciel. Logan le voit directement dans ses yeux. C’est le coup de foudre au premier regard. Au cours d’une nuit, d’un rendez-vous, ils vont se découvrir, l’humain s’ouvrit et reprendre le gouvernail de sa vie auprès de celle qu’il aime. D’elle, on connait peu de choses. Les chapitres qui lui sont dédiés, permettent de savoir que leur rencontre n’est pas un hasard, car on lui a confié une mission et qu’elle a quelque chose d’important à lui transmettre. À travers son regard, on voit l’humanité autrement, comme un observateur extérieur étonné et intrigué par les comportements volatiles de cette espèce que l’on compare à ceux de la sienne. Le flou autour de Tammy m’a empêchée de l’apprécier, surtout qu’à la lecture du résumé, je m’attendais à un personnage rayonnant qui m’aurait étreint le cœur par sa personnalité et ses réparties.

Le thème central de ce roman (à côté de l’importance de la communication, du deuil et de l’écologie) est la reconstruction d’une âme qui a perdu son étincelle de vie. Le choix du coup de foudre comme électrochoc m’a dérangée, car il élimine la transition entre les deux états de Logan. D’un regard, il quitte sa peau d’homme taciturne pour revêtir celle débordante de vie et d’amour. Il parle de son passé sans difficultés ni réticences à cette inconnue, seule une légère peur de rejet lui serre le cœur lorsqu’il attend avec impatience le rendez-vous. J’aurai préféré un développement en douceur, car personne n’évolue en un claquement de doigts dans la vie. Surtout si le monde se trouve à la limite de son effondrement et que la dépression nous suit depuis des années. 

En dépit de cette irréalité et le manque de vraisemblance dans les personnages, je tiens à préciser que j’ai apprécié ma lecture. La plume de l’autrice est agréable, quoiqu’un peu répétitive. Durant la moitié de l’histoire, on ne connait pas les prénoms des amoureux. Malgré la narration à la première personne du singulier, cela aurait pu conférer un caractère impersonnel, mais sa maîtrise du « je » et la couleur qu’elle insuffle à son écriture a empêché ce sentiment de naître.

Néanmoins, une belle plume ne suffit pas. Les vingt dernières pages tirent en longueur pour amener LA révélation qui n’en était pas réellement une. Je n’ai ressenti aucun vertige, malgré l’insistance de l’autrice à ce propos. Le risque que Logan fasse demi-tour en y étant confronté, était élevé. Le problème pour moi ne vient pas de la faiblesse de la révélation, mais de la manière d’interrompre sans cesse la progression de l’histoire par des baisers incessants et des épisodes qui ne font que répéter des informations dévoilées plus tôt et qui coupent le moment véridique. La technique a tourné à l’effet gadget plutôt que page turner.

En bref, Le jour de ton arrivée est une ode au sentiment de l’amour et aux sensations. Le roman relate la rencontre de deux êtres étrangers qui va ranimer le cœur de Logan. Si la manière de reconstruire ce personnage et le manque de consistance des extra-terrestres apportent une faiblesse à l’histoire, la plume de l’autrice a réussi à m’immerger dans la relation de ce couple durant la majeure partie du roman.

Une fin d’année givrée de Virginie T.

  • Titre : Une fin d’année givrée 
  • Autrice : Virginie T.
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : comédie romantique, Noël

Toute première chronique de mon nouveau partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire. Vous ne connaissez pas ? Il s’agit d’un groupe sur Facebook qui rassemble plusieurs autrices qui prennent la parole chacune à leur tour (une par jour). Elles présentent leurs livres bien entendu, mais elles poursuivent aussi l’objectif de créer des liens et des discussions autour de divers sujets proches des thématiques issus de leurs romans et de leurs sources d’inspirations. N’hésitez pas à faire un tour sur la page et même à vous y inscrire. Le groupe a fêté ses un an il y a quelques mois, et ça m’a fait l’effet d’une bombe, car j’avais l’impression que nos relations dataient depuis bien plus longtemps que cela. 

Une fin d’année givrée de Virgnie T. est une comédie romantique de Noël autoéditée qui ne m’a pas laissée de glace. Si vous me suivez depuis mes débuts, vous savez que ce genre ne fait pas partie de mes préférés. Je trouve, en effet, peu de romance en adéquation avec ma personnalité. Toutefois, cela ne m’empêche pas de tenter l’aventure en sortant de ma zone de confort. En cette période sombre (je parle de la météo) et de la fatigue accumulée avec mon job, le besoin de légèreté martelait mon âme. Ce livre tombait donc à pic. 

Lilas se prélasse sur un transat au bord de la piscine d’un hôtel à Tahiti sans se rendre compte de ce qui l’attend à son retour. Voyagiste de métier, elle parcourt le globe et les destinations ensoleillées aux frais de son entreprise pour tester et dénicher de nouvelles formules de vacances à destination d’une clientèle aisée. Elle adore son job au point de prier qu’une mission l’envoie loin des remontrances de sa mère et de sa sœur pendant la période des fêtes. Son vœu sera exaucé. Le problème ? Elle part pour le Québec. Pire, elle séjourne à l’Hôtel de Glace qui, comme son nom l’indique, surgit de la neige chaque année sous les mains des sculpteurs de glace. Elle qui déteste le froid, n’est pas à la fin de ses surprises lorsqu’elle est accueillie par un Yéti qu’elle va devoir se coltiner comme guide. Sous sa barbe d’ours mal léché, il se pourrait bien que Nathan réussisse à briser ses principes professionnels. 

Ce enemy to lover version Noël reste assez basique dans sa structure. Sa force repose sur la plume humoristique et cynique de l’autrice ainsi que sur le mordant du personnage principal qui m’a conquis rapidement. 

Lilas est une fille d’origine modeste qui a dû adapter ses valeurs à celles de sa clientèle. De prime abord, elle paraît hautaine. Pourtant, on remarque vite qu’il s’agit plutôt de professionnalisme. Elle se met dans la peau de ceux qu’elle doit appâter avec ses circuits découvertes. Son job, c’est toute sa vie, si bien que seule une plante verte l’attend chez elle. Enfin, pas tout à fait, car vu la durée d’abandon, elle en change à chaque retour. Malgré le sentiment de solitude qui l’étreint de temps en temps, elle n’incarne cependant pas la pauvre petite princesse qui désire à tout prix son prince charmant, elle représente la femme moderne. 

À 35 ans, Lilas est indépendante et carriériste en plus d’avoir la langue pendue. Son caractère et ses choix de vie l’empêchent d’avoir de bonnes relations avec sa mère qui porte la femme au foyer sur le sommet de la gloire, ainsi que sa cadette qui pond aussi vite qu’une poule. Le célibat commence à lui peser, car elle n’a pas beaucoup d’amis. Néanmoins, elle ne veut pas pour autant fonder une famille juste pour rentrer dans le moule de la perfection selon sa maman. 

À travers ce personnage, Virgine T. expose les problématiques sociétales liées à la condition de la femme. Les échecs sentimentaux de Lilas reposent sur la différence de salaire et son indépendance. Dans le premier cas, elle gagne plus que ses fréquentations, dans le second, elle privilégie son boulot qui lui impose de longues périodes d’absences. La question de la charge mentale des célibataires et des femmes qui ont envie de concilier travail et relation est donc au cœur de ce roman. Le sujet est bien traité sauf pour la fin qui, en plus d’être expéditive, m’a paru trop unilatérale. 

Attention spoiler à vos risques et périls : 

L’absence de concession de la part de Nathan me dérange. Lilas quitte son travail pour le rejoindre au Canada. Bien qu’elle retrouve facilement un job identique, elle est la seule à tout plaquer pour lui. De son côté, il n’a rien abandonné de sa vie précédente pour qu’ils soient ensemble et la liberté qu’il lui laisse s’apparente à un os sans viande à mâcher. Je sais que je chipote, mais je ne peux m’empêcher d’y voir un vestige de la femme qui change sa vie pour l’homme qui lui, garde la sienne intacte. Surtout que je n’ai pas ressenti de réel bouleversement dans l’amour que Lilas porte au Québec et à sa neige. Elle a adoré les activités qu’elle y a découvertes, mais je n’ai pas senti que la glace était brisée avec ce pays où on se les gèle. Nathan semble être l’unique raison qui la pousse à rompre avec sa vie d’avant.

Fin du spoiler. 

Nathan est d’un naturel sportif et sociable. Seulement, il peut aussi revêtir un aspect bourru. Il a tendance à trop vite juger les gens et recourt à la mauvaise foi devant ses amis pour ne pas perdre sa fierté de mâle. Cependant, il possède cette belle qualité nommée remise en question qui brise ses défauts au moment où il aperçoit les autres (et donc Lilas) sous une facette différente. Ce trait va lui permettre de blanchir la vision que Lilas a de lui suite à leur première rencontre. Son ouverture d’esprit va également la séduire ainsi que leur point commun : vouloir être aimé pour ce que l’on est. 

La plume de l’autrice est fluide et dynamique. Par moment, les phrases sont un peu bancales, mais je ne saurai dire si ce sont des maladresses ou si ça fait partie du personnage vu que la narration est à la première personne du singulier et alterne les points de vue des deux protagonistes principaux. Rien ne semble superficiel. L’écrivaine va droit au but et esquisse la richesse nuancée des portraits en peu de paragraphes sans listing ennuyeux. 

En bref, j’ai passé un très bon moment avec Une fin d’année givrée malgré la façon de réunir nos deux guimauves à la fin. L’humour et les duels verbaux de Lilas et Nathan sont un véritable régal. Ils m’ont permis de déconnecter tout en appréciant les valeurs féministes défendues dans ce roman. 

P-S : Joyeux Noël (anthologie)

  • Titre : P-S : Joyeux Noël
  • Autrices : Georgia Caldera, Cécile Chomin, Amélie C Astier, Mary Matthews, Fanny André, Angéline Michel, Fanny Gayral
  • Éditeur : J’ai lu
  • Catégorie : nouvelles

Avec l’arrivée du mois de décembre, j’ai toujours envie d’hiberner. De rester au chaud sous le plaid avec mon chat et de lire de bons bouquins. Cet hiver, mon esprit a eu besoin de lâcher prise en m’immergeant dans des histoires cocooning et chaleureuses. Ainsi, je me suis tournée vers l’anthologie P-S : Joyeux Noël écrite par sept autrices qui nous offrent six récits. Voici mon top trois :

De l’autre côté du miroir : mission, talons, flocons de Cécile Chomin

Par le passé, j’avais déjà lu une comédie romantique de Noël de cette écrivaine. Je n’avais pas accroché, car son humour et sa plume n’avaient pas réussi à estomper les clichés du genre. Dans le monde des livres, une mauvaise expérience ne constitue pas une règle générale. Après tout, on peut rester de marbre devant une histoire de son auteur préféré. Ainsi, j’ai commencé la nouvelle de Cécile Chomin, l’esprit serein et sans préjugé ou presque… j’avoue que le mot talon dans le titre me faisait un peu peur, car il fait référence à la mode dont je ne valorise pas les carcans qu’elle impose. Crainte idiote, parce que j’ai adoré ce récit touchant qui aborde un sujet important : l’amour de soi.  

L’essentiel se trouve au fond de nous, quand on finit par accepter le fait que l’on est quelqu’un de bien. 

Mélie aima sa jumelle. Pourtant, elle ne peut s’empêcher d’entrer en conflit avec Élie, car elle la jalouse pour sa perfection. Sa sœur est l’emblème de la féminité décrite par la société. Alors que Mélie porte des pantalons et des moon boots, Élie est toujours classe avec ses vêtements hors de prix et son maquillage idéal. Envier l’image que l’on perçoit de l’autre est un vilain défaut. Leur grand-mère l’a bien compris. Même morte, elle s’incruste dans leur vie et leur lance via une lettre rédigée sur du papier rose un challenge : les jumelles doivent échanger leur place, vêtements, habitudes et téléphones inclus, et vivre dans les chaussures de sa sœur sans que les autres s’en aperçoivent.

Le style de la nouvelle écrite du point de vue de Mélie est fluide, dynamique et drôle. Ce duel sororal aux punchlines excellentes, porte un très beau message émouvant sur le bonheur et l’acceptation de soi.

Le cercle des Pères Noël disparus de Georgia Caldera

Après une conversation avec son ex, Armance réalise que sa vie est fade. Face aux autres, elle rentre dans le moule et réagit selon leur volonté. Elle n’ose pas être elle-même. Et, c’est encore pire devant sa famille. Lorsqu’elle tombe sur le groupe du Cercle des Pères Noël disparus sur Facebook, elle décide de les rejoindre. Sa rencontre avec Lilas va bouleverser son quotidien.

Si les premières pages du texte me faisaient redouter une simple réconciliation romantique, la suite a vite balayé cette impression à mon grand contentement. L’objectif du cercle est adorable et j’adhère à leurs idées : combattre le Noël consumériste et capitaliste. Mais ce que j’ai encore plus apprécié, ce sont les discussions entre Armance et Lilas qui vont leur permettre de se surpasser.

Deux nouvelles se partagent la troisième place du podium. Je n’ai pas pu les départager et la courbe de mon sentiment d’appréciation a été similaire, mais inversée. Je les décris dans l’ordre d’apparition dans l’anthologie. Je vous explique :

Sapins blancs et moutons noirs de Fanny Gayral

Clara a décidé de briser la coutume ancestrale du réveillon de Noël en famille. Elle a remporté une semaine au ski grâce à un concours et elle compte bien en profiter. Sauf qu’il n’est pas facile de se relaxer lorsque sa famille lui fait passer cet acte comme une haute trahison et la harcèle au téléphone. Tiraillée entre son envie de liberté et sa culpabilité, elle tente tant bien que mal de s’amuser et se refuse à tomber amoureuse du moniteur de ski dont la timidité lui rappelle trop les hommes de sa parenté.

Ce texte intrigue dès le début, car les éléments qui constituent la trame sont révélés progressivement. Cependant, on plonge très vite dans une histoire plutôt banale où Clara découvre les autres gagnants du concours et les propriétaires du chalet où ils logent. Grâce au style simple et fluide, le récit se laisse lire. Je m’attendais à une romance typique et sans grande surprise, jusqu’à ce que l’autrice fasse plutôt appel à un personnage secondaire pour activer la réflexion psychologique de Clara autour du mouton noir, au lieu de mettre en scène uniquement le futur couple. Ainsi, j’ai vraiment aimé la fin même si ça reste prévisible.

Qui veut remplacer le Père Noël ? d’Angeline Michel

Noëlie déteste Noël. C’est pourquoi elle a ouvert son échoppe sur le sable blanc des Îles Grenadines. Pourtant, elle s’envole à l’approche de cette fête pour la Finlande afin d’aider sa mère lors de l’opération de son père. Comme elle aurait dû s’y attendre, ce dernier lui demande de reprendre les rênes de l’entreprise familiale : la fabrique à jouets du Père Noël. Malgré ses réticences, elle accepte et redécouvre d’un nouvel œil ce monde.

La plume légère et empreinte d’humour m’a séduite dès les premières lignes. Toutefois, cette comédie devient au fil des pages une carte postale de la Laponie où tout est beau et blanc, si pure que le Père Noël ne présente aucun défaut et qu’on finit par avoir un étalage de bonnes actions et de perfection, si bien que l’histoire a commencé par me lasser. Elle a un fort côté film de Noël pour ceux et celles qui adorent le genre.

En bref, P-S : Joyeux Noël est une anthologie permettant de lâcher prise et de se détendre sous le pilou lors d’une soirée d’hiver. Certains textes sont dans la lignée des productions sur le thème et d’autres se sont révélées bien plus surprenantes et émouvantes que je ne pensais.  

Comment j’ai failli ne pas me marier à Noël de Lucie Castel

  • Titre : Comment j’ai failli ne pas me marier à Noël
  • Autrice : Lucie Castel
  • Éditeur : Autoédition
  • Catégorie : Comédie romantique

C’est avec un plaisir inhabituel que je me suis plongée dans Comment j’ai failli ne pas me marier à Noël de Lucie Castel, alors qu’Halloween et la Toussaint n’étaient pas encore passées. Une lecture peu commune, car les comédies romantiques centrées sur cette fête respirent un peu trop les stéréotypes et les coutumes, à mon goût. Bien entendu, ce roman n’échappe pas à cette règle, surtout que ceux du mariage y sont joints. Pourtant, il a réussi à m’attirer dans ses guirlandes lumineuses dès la lecture de son résumé incroyable. 

Quoi de plus magique que de se marier le jour du réveillon de Noël ? Scarlett allait enfin avoir le mariage parfait dont elle avait toujours rêvé. Malheureusement, c’était sans compter la loi de Murphy. La mort de son wedding planner, étouffé par le strass d’un string de strip-teaseuse, est le premier domino qui enclenche l’enchainement des calamités. Notre héroïne doit sauver le plus beau jour de sa vie en une semaine, top chrono, tout en gérant sa famille et celle de son futur époux, car ce dernier est aux abonnés absents.

Ce roman est une véritable séance de sport pour les zygomatiques. Les situations que vit Scarlett, sont rocambolesques. Le prologue annonce directement la couleur par la mise en scène originale de la demande en mariage de William, qui n’aurait peut-être pas sauté le pas, sans l’intervention théâtrale de cette fameuse vache en travers de la route.

L’humour ne se base pas uniquement sur de l’invraisemblance. Il fait partie intégrante de l’amour entre Scarlett et William. Française d’un côté et Anglais, de l’autre, une guerre de piques (et de fourches) entre ses deux nationalités opposées par des siècles de batailles, alimente les conversations dans lesquelles aucun des deux camps ne souhaitent mettre de côté sa fierté.  

Les personnages sont diversifiés et construits avec nuance bien que leur noyau repose sur des clichés. Par exemple, nous avons Lena, l’aristocrate britannique coincée, qui ne sait pas comment montrer son amour, Thomas, l’homosexuel frivole, qui aimerait qu’on lui fasse plus confiance, ou encore Rosa, la maman encombrante, qui passe son temps à cuisiner mais qui est toujours là pour soutenir sa fille dans les pires moments. Deux protagonistes sortent du lot. Mélie, la sœur de Scarlett, qui semble sur une autre planète depuis son accident. Elle est si directe et honnête qu’elle en est déstabilisante pour le commun des mortels. C’est grâce à elle que j’ai ressenti de l’émotion lors du mariage. Lizzie, la grand-mère de William, est complètement timbrée avec ses recettes qui mettent du piquant et des couleurs dans les esprits.

L’écriture est acérée, sarcastique et cynique comme je l’aime pour ce type de comédie. Cela n’empêche pas le sérieux de pointer le bout de son nez dans certaines scènes qui abordent des sujets révoltants comme l’homophobie. Le sexisme et le patriarcat sont également de la partie. Enfin, certaines répliques amènent de la profondeur à l’histoire. J’ai adoré celle sur la robe de mariée :

Une robe ne fait qu’habiller l’âme pour qu’elle ne prenne pas froid, elle ne la définit pas. 

En bref, Comment j’ai failli ne pas me marier à Noël est une bouffée de rire dans un écrin de célébration de fin d’année. Une comédie romantique comme je les apprécie car, elle présente des sujets profonds et importants en dépit des stéréotypes liés au genre. J’ai passé un excellent moment entre ses pages. Et, en cette période, ça fait un bien fou.

P.S. : Ce livre est la suite de Pas si simple. Toutefois, il n’est pas nécessaire de l’avoir lu pour se plonger dedans.  

La Quête (Le Conte des Sept Chants, #2) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : La Quête (Le Conte des Sept Chants, #2)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : autoédition
  • Catégories : fantasy, romance

Je remercie du fond du cœur Cécile Ama Courtois de m’avoir confié son dernier roman en échange d’une chronique sincère, et d’avoir été aussi patiente et clémente face au temps que j’ai pris pour l’écrire.

Étant donné que j’aborde des éléments cruciaux du précédent tome, je vous invite à passer votre chemin sur cet article si vous ne l’avez pas lu. A moins que vous aimiez la torture à coup de spoilers.

Saraë, la haute-reine des elfes se vide de son énergie vitale pour tisser le bouclier d’amour qui protège son peuple. Les trois prêtresses se relayent à son chevet pour l’aider, quitte à en mourir. La situation semble perdue lorsque le grand mage Hermanus fait irruption dans la chambre et l’empêche de sombrer dans l’au-delà. Porteur du chant do, il rapporte à sa majesté la prophétie des sept chants et la quête pour les retrouver et sauver Gahavia. Pour ce faire, trois héros doivent être rassemblés : le Protecteur, la Double et l’Inattendu. Impatiente de retrouver Edoran parti en guerre contre les forces de Mork Örn, Saraë, devenue oracle lors de sa guérison, se montre dure en affaire. Elle donnera les noms des trois en échange de sa participation à la recherche des porteurs des chants.

Bien qu’on entre rapidement dans le vif du sujet, j’ai ressenti des longueurs dans la première partie du bouquin en raison des rappels et des explications supplémentaires sur l’univers qui arrivent presque d’un bloc. Certains passages m’ont semblé répétitifs par leur proximité comme le périple d’Hermanus qui est largement évoqué puis détaillé en profondeur quelques chapitres plus loin.

J’ai été quelque peu interloquée par les relations entre les personnages. L’autrice a fait un travail remarquable en amont pour tisser les liens entre les protagonistes. C’est indéniable. Malheureusement, elle les synthétise en quelques lignes descriptives, et fait de nombreux raccourcis sur des moments-clés que j’aurais aimé vivre avec eux. Je prendrai l’exemple de Thésis et Edoran qui forment un duo de choc sans qu’on vive la naissance de cette symbiose dans le combat. La seule véritable relation qui est traitée avec minutie, est celle entre Edoran et Saraë. Si je devais exprimer le style de ce bouquin à coup de fusain, je représenterais une balance qui ne cesse d’osciller entre fantasy et romance sans savoir quel genre choisir en priorité.

Ce résultat provient du pari que l’écrivaine s’est lancée en intégrant au noyau principal de nouveaux protagonistes plutôt que de repêcher ceux de La Délégation. Qui dit du sang frais, signifie bâtir, en repartant de zéro, de nouveaux liens en parallèle de la multitude d’événements qui doivent être relatés dans le roman pour faire avancer l’histoire.

Les épisodes de la seconde partie deviennent de plus en plus intenses et exploitent à merveille la notion de dimensions introduites avant le début de l’aventure dans le premier tome du Conte des Sept Chants. La quête qui avait des allures classiques, prend un tournant inattendu.

Parmi les nouveaux arrivants, le mage Hermanus fait figure de grand sage malgré ses nombreux préjugés envers la reine, qui tomberont les uns après les autres face à sa ténacité, son intelligence et, surtout, son aptitude à apprendre de ses erreurs rapidement. Le nain Olbur est plutôt standard : grognon et jovial. L’aelder Thesis est, quant à elle, brave et droite. Elle prend les responsabilités à bras le corps.  

Le Bestiaire inventé par Cécile Ama Courtois est l’un de mes petits plaisirs de lecture même si seules les hordes du Seigneur Noir en font partie. Elle fait preuve d’une grande imagination pour nous dépeindre ses monstres que l’on ne voudrait pas rencontrer même dans une avenue illuminée de soleil.  

Gageons que le chant des Sept pourra les exterminer grâce à l’harmonie qui apaise les ires, fait vibrer les cœurs et transcendent les langues et les peuples. C’est le pouvoir de la musique sur lequel l’histoire de La Quête est élaborée. Un art important chez la romancière au point qu’elle partage avec nous ses compositions lyriques pour accompagner le voyage des compagnons.

Sa plume est toujours aussi captivante. Elle allie le style poétique et médiéval avec brio. Le tout parsemé ça et là d’humour et teinté de noirceur pour nous faire trembler. Son écriture décrit des scènes de batailles avec détail et dynamisme.

En bref, La Quête est un second roman qui nous fait réellement entrer dans le vif du sujet. S’il m’a semblé déséquilibré au début par les raccourcis des relations entre certains personnages, la seconde partie avec le développement de l’histoire autour des sept chants ainsi que la manière de les retrouver, m’a conquise. Je me demande quel sera la tonalité du concert dans le troisième livre ?

La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard

  • Titre : La vie est belle et drôle à la fois
  • Autrice : Clarisse Sabard
  • Éditeur : Charleston
  • Catégories : romance, comédie

Je suis très pointilleuse dans le choix de mes comédies romantiques. Me faire rire n’est pas aisé mais me parler d’amour en me touchant l’est encore moins. De plus, je ne me laisse pas facilement avoir par les titres de noël, car cette fête est trop commerciale à mon goût. Lorsque j’ai entendu parler de La vie est belle et drôle à la fois de Clarisse Sabard, le pitch de départ m’a interpellé.

Léna déteste noël. Pourtant, elle se laisse embobiner par le mail de sa mère qui souhaite annoncer de vive voix une nouvelle importante aux alentours de cette fête. Une fois arrivée dans sa maison et sa ville natales qu’elle n’est pas sa surprise de découvrir un mot de sa maman les plantant, elle, son frère et sa nièce pour réaliser son rêve. Loin de déguerpir, Léna reste et va pratiquer les traditions de noël à côté de Tom et de Violette. Elle redécouvre Vallenot et renoue avec de vielles connaissances comme Clément.

Si le postulat de départ m’avait attirée, j’ai fini par être déçue par cette intrigue bien trop prévisible et sans originalité. Je n’ai pas adhéré au rythme du livre qui dévoile le fil tellement lentement que les épisodes m’ont semblé anodins et sans réelle incidence sur le changement d’esprit du personnage principal.  L’équilibre des révélations m’a paru mal géré. Je sais que ce n’est pas un thriller mais la vérité sur le passé enfoui qui a engendré la haine de cette fête méritait d’être mieux distillée. Les moments-clés m’ont semblé arriver pour la plupart comme un cheveu dans la soupe. Ils ne sont pas amenés subtilement. Ce n’est seulement qu’à la fin que j’ai commencé à vraiment accrocher.

La plume est plutôt passe-partout. Les tournures de phrases sont simples, légères avec une pointe d’humour. Malheureusement, la mayonnaise n’a pas pris car c’est prévisible et j’ai l’impression d’avoir trop souvent lu ce genre de phrases comiques. A côté de ce style générique, la romancière fait tout de même appel de temps à autres à des termes issus du monde psychologique.

Les personnages ne m’ont pas spécialement marquée. Léna est une entrepreneuse sûre d’elle et qui est cash ce qui l’a rend par moment un peu méchante. Elle est bosseuse et fortement critique. Toutefois, elle a un côté superficiel digne des magazines féminins. Tom est le frère et le père qui aime sa famille mais qui ne sait pas gérer toutes les crises. Il a d’ailleurs parfois du mal avec sa fille Violette qui est gentille et qui cultive son côté rebelle d’adolescente. Le seul acteur qui a retenu mon attention est leur grand-mère: Jacotte. Elle est un mélange entre la mamie gâteau et un certain atypisme par sa façon de penser et sa manière jeune d’agir.

En bref, La vie est belle et drôle à la fois est une comédie romantique qui partait d’une idée alléchante mais qui s’est retrouvé bien fade une fois entamée. Une histoire qui passe le temps et qui ne restera pas dans ma mémoire.

Oblivictus de Sylvine Ploix-Hugé

  • Titre : Oblivictus
  • Autrice : Sylvine Ploix-Hugé
  • Éditeur : Lansdalls éditions
  • Catégories : science-fiction, anticipation, romance

Oblivictus fait partie de mes achats de la Foire du Livre de Bruxelles 2019. Ne connaissant pas l’éditeur, je me suis approchée de leur petit stand. Mon regard s’est porté sur ce bouquin en raison de son titre accrocheur et de sa couverture soignée qui sent bon la science-fiction.

Juillet 2038. Mila attend patiemment à l’extérieur du laboratoire de ses parents pour aller manger avec eux. Ils travaillent dans le domaine de la mémoire. Un sujet qui passionne également leur fille. Soudain, une série d’explosions souffle le bâtiment. Mila se réveille allongée sur un lit d’hôpital où des urgentistes s’affairent autour d’elle. En état post-traumatique, elle se débat et reçoit un tranquillisant. En attendant que celui-ci fasse effet, elle est laissée sous la surveillance d’un infirmier, Rafael Alcaroz, qui profite du moment pour lui faire une injection dans le cou. Elle devient la patiente 34. 

Mila se réveille du coma le mois suivant. Son frère Noa, un as de l’informatique, est à son chevet complètement paniqué par son état et rassuré qu’elle se réveille enfin. Suite au choc de la mort de leur parent, une partie de leur mémoire a disparu. La fratrie va devoir se serrer les coudes pour retrouver l’histoire manquante. La mémoire effacée.

Ce roman d’anticipation explore une réalité basée sur les attaques terroristes réelles de novembre 2015 puis fictives de 2019, et du protectionnisme qui en découle. Le territoire est découpé en communautés soit disant pour raviver la solidarité. La peur de l’intrus reste pourtant forte. Pour passer de l’une à l’autre, des camps d’intégration sont organisés. Une certaine communication via le sport existe tout de même bien qu’elle suscite plus la rivalité que la cohésion. Mila et Noa sont des citoyens de Mirenvella dans l’arrondissement de Bellevue. Après l’attentat à la bombe, ils vont être transférés dans celui de Bonne Aventure.

La première partie de l’intrigue est captivante. Dès le début du prologue, j’ai été happée. Il commence sur une touche un peu philosophique et contemplative, et enchaine sur la description du personnage principal et de l’univers dans lequel il évolue. L’enchantement dans lequel j’étais plongée, s’est rompu dans la seconde partie du livre lorsque l’histoire tourne plus à la romance qu’au combat.

Rafael est le genre soft du bad boy. Il est asocial, antipathique, hautain et peu aimable. Il préfère éviter le contact et la communication mais il prend soin de ses patients. Comme dans beaucoup de romance de ce type, il a un triste passé qui permet d’excuser son comportement odieux auprès de Mila. Celle-ci tombe amoureuse de lui parce qu’il existe un loi universelle disant que deux âmes sont faites l’une pour l’autre et que même si l’autre agit de manière horrible avec elle et lui fait dire qu’elle le déteste, elle ne peut défaire le lien qui les unit. Bref, vous l’aurez compris. Je ne suis pas une adepte du coup de foudre au premier regard juste parce que le mec à une belle nuque et une tablette de chocolat, alors qu’il se comporte comme un enfoiré même après l’évolution de leur relation de couple. Étant une humaine paradoxale ce type de romance peut m’émouvoir. Certains livres ont déjà réussi cet exploit car je peux comprendre que tout le monde n’est pas un génie des relations sociales et que l’on peut agir de façon maladroite. Oblivictus n’entre pas dans le camp des vainqueurs.   

L’intrigue en elle-même est bien développée et plutôt cohérente. Toutefois, en étant attentif il est possible de comprendre les événements, les retournements de situation et les identités des personnages avant qu’ils soient exposés. Contrairement à ce que j’avais compris suite au résumé et à la dédicace de l’autrice, l’histoire ne se compose pas comme une réelle enquête avec des indices dissimulés et une résolution finale. Il s’agit plus d’une suite de révélations qui permet de comprendre pas à pas ce qui s’est passé. Certaines actions m’ont semblé improbables pour une personne blessée. Pour ne pas trop en dire, j’exemplifierai seulement par le passage où Rafael laisse Mila porter un sac à dos sur le ventre alors que son abdomen est suturé. Je doute qu’une personne ayant un bon sens médical comme lui la laisserait faire.

Les personnalités de Mila et de Rafael ont été bien travaillés par l’autrice dans l’ensemble. Néanmoins, la réaction de notre amnésique suite à son sentiment de trahison vis-à-vis de son frère, et à la fin, est trop irréelle et rapide. Vu sa situation et sa condition, elle accepte trop facilement les explications à mon goût.

Enfin, le style de Sylvine Ploix-Hugé est agréable et fluide. Son roman est parsemé de termes et d’explications sur le sujet de la mémoire. Les pathologies sont facilement compréhensibles et ce fut un plaisir d’en découvrir plus sur cette matière. Certains passages furtifs possèdent un côté moralisateur. En plus de l’individualisme et la peur de l’autre, elle met en avant la dépendance à la technologie, l’impatience des gens qui ne savent plus attendre ni prendre le temps d’apprécier ce qui les entoure comme si on avait peur de s’ennuyer.

En bref, l’histoire d’Oblivictus est intéressante pour le côté scientifique sur lesquels il est basé et pour les idées probables et réalistes de l’univers. C’est juste dommage qu’elle change de trajectoire en cours de route et se transforme en romance sur fond de science-fiction.   

Ghost in Love de Marc Levy

  • Titre : Ghost in Love
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Robert Laffont/Versilio
  • Catégories : comédie, fantastique, romance

Lorsque j’ai vu pour la première fois Ghost in Love en miniature sur Internet, j’ai d’abord cru que c’était l’édition anglaise d’un précédent livre de Marc Levy. Non en raison du titre (je n’avais pas vu le sous-titre en français en plus) mais pour sa merveilleuse couverture. Si j’apprécie l’auteur, aucune des illustrations que ce soit des éditions originales ou des nouvelles, ne m’ont jamais marquée. D’où mon erreur quand j’ai aperçu la magnifique Ghost in Love.

Ce roman raconte l’histoire rocambolesque de Thomas qui s’envole vers l’autre côté de l’Atlantique pour exaucer le vœu de son père, ou devrais-je dire sa dernière volonté secrète ? En effet, Raymond est décédé il y a 5 ans en emportant avec lui une partie de sa vie cachée. Il demande à Thomas de parcourir des milliers de kilomètres pour mélanger ses cendres à celles de la femme qu’il a profondément aimée, qui vient de mourir et qui n’est pas la mère de Thomas.

Entre faire entrer illégalement les cendres d’un défunt aux USA et infiltrer l’enterrement d’une inconnue, les protagonistes vont traverser et engendrer des situations absurdes et cocasses. Dans cette intrigue, l’écrivain renoue avec les ingrédients magiques qui avaient fait de son premier livre Et si c’était vrai une aventure trépidante, hilarante et touchante. Fantôme, amour, humour s’entremêlent pour offrir un gâteau savoureux sans avoir autant d’impact que son premier best-seller dont il fait ressurgir Lauren et Arthur.

Bien entendu, Marc Levy ne parle pas uniquement d’amour fantomatique. Thomas se fait limite harcelé par son père et sa mère car sa vie de pianiste professionnel et son caractère ne favorise pas une vie de couple ou de famille. De plus, il n’en a pas vraiment envie. Ce portrait de la vieille génération engluée dans l’image d’une vie réussie et accomplie grâce à la naissance de petits-enfants et qui pressent leur progéniture à se caser et procréer, est réaliste. Bien que les femmes en font plus souvent l’objet que les hommes. Autant vous dire que j’ai ressenti de la compassion envers Thomas dans ces moments. 

La famille et les enfants est un thème cher à l’auteur. En dédiant sa comédie fantastique à son père et en lançant dans le prologue : « Dis, Papa, c’est quoi être un père ? », le sujet ne pouvait pas être évité. Si l’intrigue ne finit pas par un happy end à la sauce conte de fées (ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants), les balbutiements d’une romance vont apparaitre pour le pianiste et ne va pas empiéter sur l’objectif principal de l’histoire.

Comme toujours, l’écriture du romancier est fluide et les traits d’humour sont croustillants. Bien que les personnages restent assez sobres, naturels et semblables à ses protagonistes passés, je me suis délectée de ce bouquin bien plus qu’Une fille comme elle que j’avais lu au printemps.

En bref, si Ghost in Love n’égale pas Et si c’était vrai, c’est un plaisir de lire à nouveau un Marc Levy mêlant fantastique, fantôme et humour dans une histoire pleine des situations cocasses autour de l’enterrement et de la mort.