Tout ira bien d’Elena Tenace

  • Titre : Tout ira bien
  • Auteur : Elena Tenace
  • Éditeur : Liv’S Éditions
  • Catégories : young adult, fantastique  

La thématique et la beauté déchirante de la couverture (confection d’Alexandra Gille) de Tout ira bien m’ont de suite attirées lorsque Livr’S Éditions l’a proposé en précommande.

Le harcèlement scolaire apparaît quelques fois dans mes lectures (par exemple : Éliott et la bibliothèque fabuleuse de Pascaline Nolot). Toutefois, je lis peu de romans centrés exclusivement sur ce fléau. Ce n’est pas un désintérêt de ma part, c’est juste que je n’ai pas forcément envie de côtoyer cette réalité terrifiante dans les livres. Le harcèlement dans le milieu scolaire (et même professionnel) est bien trop présent et répandu dans notre société.

Je sais, cependant, que ce type de récit est nécessaire (voire essentiel), car il peut être une révélation, une bouée de secours, un moyen pour les victimes de comprendre qu’elles ne sont pas en tort. Elles n’ont rien fait de mal et qu’elles ont le droit de demander de l’aide. De la même manière, il peut contribuer à faire bouger les témoins (les professeurs comme les proches, souvent démunis face à ce crime). D’ailleurs, cher.ère.s enseignant.es, vous pouvez contacter Livr’S Éditions pour vous procurer un dossier pédagogique sur le sujet.

J’ai lu Tout ira bien dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge.

Emma se réveille dans une chambre d’hôpital. Elle a oublié les raisons qui l’y ont amenée. Très vite, elle se rend compte qu’elle est devenue un spectre dont le corps est plongé dans le coma. Chaque fois, qu’elle touche une personne ou un objet qu’elle a connu, elle voit des morceaux de son passé. Lors de sa quête de la vérité, elle rencontre Pablo, l’esprit d’un rhétoricien décédé qui va la guidez et égayer son entre-deux monde grâce à son cynisme et sa douceur.

L’enquête retrace la vie d’Emma en choisissant son arrivée à l’Institut Saint-Joseph comme point de départ. C’est le mot idéal, car il s’agit d’une nouvelle école, pour une nouvelle vie. Toutefois, elle rencontre des difficultés à s’intégrer à cause de sa timidité. Seule Fanny, sa meilleure amie, tentera de la protéger des agressions orales, psychologiques et physiques qu’elle subit.

Nous suivons principalement le point de vue d’Emma entrecoupé par la narration de sa mère qui nous envoi un coup de poing dans la figure tant celle-ci se sent désarmée par la situation de sa fille, qu’elle souhaite aider du plus profond de son cœur. Elle culpabilise à mort. Elle cherche les mots, l’absence de mots, les actes manqués qui ont conduit à cette tragédie. Qu’a-t-elle fait de travers pour en arriver là ? Elle représente les victimes collatérales du harcèlement qui n’ont pourtant rien à se reprocher, surtout s’iels ont été à l’écoute. C’est déchirant, bouleversant de voir l’impuissance des proches qui gardent toujours cette note d’espoir qui leur susurre à l’oreille : Tout ira bien.

Ce roman ne nous expose pas seulement les événements horribles, il nous montre la force de cette élève brimée. Elle poursuit sa quête malgré le fait qu’elle vive une seconde fois cette violence. Il représente également les œillères immenses que des profs et l’école portent pour se dédouaner de leur immobilisme, en évitant d’évoquer celle dont la chaise est vide dans la classe. Il faut dire que cela fait tache pour l’image de l’institution et qu’il vaut mieux enterrer ça le plus vite possible tout en laissant les coupables vivres en toute liberté. Cette réalité révoltante est tellement véridique.

De nombreux harceleurs restent victorieux et insouciants. Ils ne sont ni blâmés ni emprisonnés. À peine punis. C’est toujours la victime qui paie et il est temps que cela cesse.

Bien que cette part d’ombre, cette réalité crue est présente dans Tout ira bien, le récit se veut positif. Il lance, non pas un appel, mais une main tendue vers les trop nombreuses Emma de par le monde.

En bref, Tout ira bien est un court texte percutant, à la fois doux et puissant. Il traite du harcèlement scolaire en nous faisant vivre et analyser le passé d’Emma de manière intelligente. Sortez les mouchoirs si vous le lisez, mais surtout sortez les mains de vos poches pour aider ceux qui en ont besoin. Une oreille attentive et sans jugement peut sauver des vies innocentes.

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Nova et Juliette, un Halloween pas comme les autres (#1) de Victoria May

  • Titre : Nova et Juliette, un Halloween pas comme les autres
  • Autrice : Victoria May
  • Éditeur : Éditions Leonis (auto-édition)
  • Catégories : fantastique, young adult

Si vous êtes du genre à détester la période d’Halloween pour ses histoires horrifiques qui vous empêchent de dormir la nuit sans veilleuse, alors Nova et Juliette de Victoria May est fait pour vous. Oui, vous ne rêvez pas. L’autrice a réussi à associer la fête de Jack O’Lantern avec la douceur que l’on rencontre dans la période suivante au pied du sapin.

Nova est déterminée à regagner sa place d’héritière du clan Damona. C’est elle l’aînée. Pourtant, sa sœur la dépasse en puissance et en habilité magique. La jeune sorcière réalise un rituel censé lui apporter cette gloire perdue, elle se retrouve propulsée dans un monde parallèle où elle est accueillie par Juliette, une adolescente recluse chez elle. L’amitié naissante va se transformer en un lien fort qui perdurera au-delà des frontières.

Lorsque j’ai commencé le récit à une heure tardive, je pensais en lire un chapitre ou deux malgré sa taille. Le sortilège lancé par Nova m’a embarqué dans cette relation apaisante, si bien que je ne me suis pas vue tourner les pages. Le roman ne comporte, pourtant, ni monstre ni aventure extraordinaire où le suspense serait insoutenable. C’est une source de pur bien-être qui remonte le moral après une longue semaine. Il est parfait pour un moment cocooning enveloppé dans un plaid bien chaud et une tasse de thé.

Les personnages sont nuancés, forts et authentiques. Nova est un vrai rayon de soleil. Malgré sa rancune envers sa sœur, elle incarne l’optimisme et la positivité grâce à sa franchise et à son honnêteté. Son origine magique apporte cette touche d’enchantement qui rappelle les balades en forêt : la côtoyer permet de se ressourcer, de revenir à la simplicité, de profiter de l’instant présent et des cadeaux de la nature. Issue d’une société matriarcale, Nova se retrouve confrontée au monde de Juliette, dont la grisaille des immeubles étouffe la verdure.

Juliette, quant à elle, incarne une entité lunaire. Elle s’est enfermée dans le monde virtuel suite aux relations horribles qu’elle a subies. L’adolescente s’attache à faire respecter l’ordre sur son forum préféré et elle déguste les fanfictions basées sur l’univers de sa série adorée : Les Royaumes oubliés. Angoissée et peureuse, elle souffre de cette solitude. Affronté les autres, tenir debout face à eux l’a rend anxieuse. Juliette possède, pourtant, la force de briller dans la nuit triste qui l’entoure. Nova va l’aider à s’en rendre compte et à retrouver confiance en elle. Popcorn (je me devais de mentionner le chat) apportera sa touche de douceur et de soutien.  

En plus du thème de l’amitié, l’autrice aborde des notions historiques et magiques qui lui sont chères. Si Halloween est devenu la fête des monstres terrifiants, elle rappelle à travers le personnage de Nova, qu’il s’agissait avant tout d’une célébration en communion avec la nature. Samhain était loin d’être démoniaque pour les peuples anciens, tout comme la sorcellerie blanche ou verte.

En bref, Nova et Juliette, un Halloween pas comme les autres est un écrin de douceur. C’est frais, tendre et mignon. Cette novella nous rappelle que l’amitié est une source de pouvoir incroyable contre la solitude et la noirceur engendrée par autrui. La magie des liens est puissante.

Bad Karma (Bayou détective, #1) de C. C. Mahon

  • Titre : Bad Karma (Bayou détective, #1)
  • Autrice : C. C. Mahon
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégorie : policier, fantastique

Ayant reçu le premier tome de la série Bayou détective de C. C. Mahon dans le cadre du partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire, je l’ai sélectionné dans ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge dans le Menu Automne Frissonnant. L’histoire se passe en Louisiane, riche en fantômes et démons, elle était parfaite pour la catégorie Ghost Hunt.

Noter que Bayou détective se déroule après la trilogie Bayou Fantasy que je n’ai pas lue. Je n’ai pas été gênée lors de ma lecture, car l’autrice insère certains éléments du passé des deux détectives privés. Ça pourrait s’apparenter au divulgâchage. Toutefois, j’ai tellement apprécié les personnages que ça m’a donné envie de me plonger dans le récit de leur rencontre.  

Prudence et Moore se rendent à Beau Séjour pour enquêter sur un mystérieux fantôme qui balance des objets à la tête des touristes. Juju, imminent sorcier et ami, leur a seulement demandé de vérifier la véracité des faits et la présence réelle d’un spectre à exorciser. Cependant, le professionnalisme de Moore le pousse à découvrir l’identité et le meurtrier du poltergeist au grand dam de sa collègue qui redoute son expérience passée avec le monde surnaturel. Leur investigation va déterrer plus d’un secret terrifiant et scandalisant.

L’univers de Bad Karma se déroule au cœur de La Louisiane historique avec ses plantations de cannes à sucre dirigées par les maîtres blancs qui exploitent les esclaves noirs. De nos jours, Beau Séjour est devenu un lieu touristique qui privilégie la suprématie des maîtres à la réalité des opprimés. La majestueuse demeure est mise en avant alors que le quartier des esclaves est soigneusement dissimulé sous la végétation. Enfin, c’était la gestion de l’ancien directeur : Auguste Gauthier. Sa remplaçante, Grace Morgan, a une tout autre vision. L’application de ses décisions semble coïncider avec le début des événements mystérieux.

« Ce n’est pas parce que le passé est désagréable qu’il faut le glisser sous le tapis. »

Le récit oscille entre sphère humaine et fantastique. À un moment, on se demande si l’origine des maux prend sa source dans la première, l’instant d’après, on croit que la vérité se trouve dans la seconde. J’ai adoré la façon dont l’autrice tisse la toile de cette intrigue. Même si les thèmes (racisme, esclavagisme) et la trame de fond ont déjà été exploités par pléthore d’écrivain.es, sa manière de tricoter l’histoire m’a entraînée dès les premières pages. D’autant plus que ses protagonistes sont attachants.

Prudence a abandonné ses études. Les épreuves qu’elle a endurées ont baissé l’estime en ses capacités. Elle se sent plus fragile qu’elle ne l’est. C’est pourquoi Juju lui a fabriqué un bracelet protecteur. Au fil de l’enquête, elle va apprendre les ficelles du métier de détective. Les bons, comme les mauvais côtés. Son empathie rend l’exercice du rôle d’actrice difficile. Elle n’aime pas interroger les personnes ébranlées par la disparition de leur proche ni mentir pour obtenir des informations sans éveiller la méfiance. À travers ce personnage, C. C. Mahon exploite la complexité et la noirceur de l’âme humaine par la question : doit-on rendre justice à un criminel qui a été assassiné ?

Moore est un ancien policier originaire de New York. Né pour investiguer, il se reconvertit en détective privé et entraîne son amie pour l’aider à reconstruire une confiance en elle. Il croit en ses aptitudes et est déterminé à lui prouver. Prudence le nomme le chevalier servant, car il a une nette tendance à protéger la veuve et l’orphelin et à courir délivrer la princesse en détresse. Derrière sa droiture se cache un homme qui n’hésite pas à tirer profit de son côté beau gosse pour charmer les suspect.es et leur extorquer les indices.

J’aime leur duo. Leur amitié est palpable dans leurs gestes, leurs paroles et leurs disputes. Ils se taquinent en jouant sur leur différence du Nord et du Sud. Cette touche d’humour donne une légèreté au roman dont le style fluide élabore une atmosphère tantôt énigmatique tantôt terrifiante.

En bref, j’ai dévoré Bad Karma. Si le décor des plantations ne lui confère pas un cachet original, la construction de l’intrigue et son duo attachant ont verrouillé mon âme, à coup de signes Hoodoo, dans le monde élaboré par C. C. Mahon. Les tomes suivants et la série précédente sont d’or et déjà inscrits à ma wishlist.   

La Rose de ronces et de fer de Marine Stengel

  • Titre : La Rose de ronces et de fer
  • Autrice : Marine Stengel
  • Éditeur : auto-édition
  • Catégorie : fantasy

Le Rose de ronces et de fer est l’une des réécritures de contes de Marine Stengel. Je remercie chaleureusement l’autrice de m’avoir confié son roman dans le cadre du partenariat avec Les Plumes de l’imaginaire. J’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge et de son menu Automne de l’Étrange pour le sortir.

Enfermée dans les cachots de Kaarlade depuis ses trois ans, Jane a appris à survivre. Cette prison n’est pas normale. Empêchant ses hôtes de côtoyer la lumière du soleil, le maître des lieux les pousse aux combats. De temps en temps, des nobles viennent les moissonner pour le pire. Jane a établi des règles pour éviter d’être sélectionnée. Elle a toujours réussi à échapper à ce destin, jusqu’à l’arrivée de Rauzan. L’homme l’a choisi et il ne veut qu’elle. Il va façonner sa Rose pour assouvir son plan. Contrer la Reine Aleza, source des maux qui touchent le royaume.

Le roman est divisé en deux parties. La première pose les bases avec l’arrivée de Jane au château, son entrainement et ses premiers crimes. On passe les années rapidement et l’autrice esquisse un rapprochement entre Rauzan et sa Rose. La mise en place est un peu longue, mais elle permet de comprendre l’univers, les règles et les menaces qui pèsent sur le royaume. La seconde partie enclenche la mission contre la reine qui invite ses sujets à un bal dans le but de trouver des épouses à ses fils : Lucius et Erik.

Le cadre de l’histoire jongle entre décor médiéval propre aux contes de Disney et éléments issus de notre monde tel l’électricité et la médecine. Ici, nulle plante ou décoction préparée par des sorcières. Les docteurs maîtrisent le bistouri. Ils utilisent un équipement avancé sur Jane pour modifier son apparence et son corps. Le but ? Lui conférer une beauté fatale (c’est le cas de le dire vu son nouveau « métier » d’assassin) et une peau inaltérable. Malgré les coups, aucun hématome ou égratignure ne la marque.

Employer la chirurgie esthétique sur une femme pour qu’elle rentre dans les canons de beauté de la société aurait pu me faire grincer les dents. Heureusement, Marine Stengel contrebalance ce fait par la réaction de Jane.

« Je sais qu’il veut m’entendre dire merci, ou bien, que je suis belle. Mais cette fille, ce n’est pas moi. Il m’a enlevé mon identité, changé le corps que j’avais entraîné et qui m’appartenait. Il a modifié la couleur de mes yeux, de mes cheveux… Rauzan a complètement effacé Jane. »

Jane va devoir se réapproprier sa vie. À Kaarlade, elle connaissait les règles et avait réussi à devenir quelqu’un, même si elle n’était pas libre. Elle se tenait à carreau malgré son amour propre et la fierté formée par ses victoires successives. Avec ce nouveau visage, elle va devoir se reconstruire et trouver sa place, soit en fuyant, soit en adhérant au plan de Rauzan. C’est bien entendu la deuxième option qui sera choisie. En voulant sauver les citoyens maudits, Jane va endosser une nouvelle identité. Levana signe le début de sa véritable naissance.

Sous les traits de la cousine de Rauzan, Levana va découvrir la cour et ses secrets. De créature emprisonnée, elle va, enfin, pouvoir décider de son destin grâce à sa force. J’ai adoré ce personnage tout en mesure. Elle s’adapte aux situations avec facilité grâce à son expérience dans les cachots et au château.

D’un abord froid et distant, Rauzan est l’archétype du manipulateur qui dissimule un cœur tendre. Derrière ses répliques sarcastiques, on se rend vite compte qu’il n’est pas aussi démoniaque que le conçoit Jane au début. Même s’il reste dominateur et agit comme un propriétaire envers elle. Au fil des pages, on comprend qu’il a une soif de justice. Il déteste voir les citoyens s’endormir et dépérir sous la magie de la reine. C’est sa peine et son empathie qui vont convaincre Jane de le suivre, et ce même s’il cache la deuxième raison qui le pousse à combattre la souveraine.  

N’étant déjà pas une grande fan de romance, j’ai d’autant plus de difficultés à apprécier celles qui utilisent le syndrome de Stockholm pour réunir intimement les protagonistes. Surtout que dans La Rose de ronces et de fer le rapprochement entre eux m’a paru peu naturel, contrairement à l’amitié naissante entre Levana et Lucius. Pourtant, ce dernier est le reflet de Rauzan.

Lucius est le premier fils royal. Digne, il a une attitude froide envers les sujets. Il se drape dans le protocole pour parler avec les autres. Cependant, il a droiture des rois justes qui vivent pour servir leur peuple. Il est proche de Rauzan.

Le cadet, Erik est tout le contraire. Il se pavane auprès des donzelles et tente de séduire Levana. Nonchalant, il cache du mépris sous son sourire étincelant. C’est un enfant gâté. Sa méchanceté est héritée de sa mère.

Aleza est la reine au cœur de glace que l’on s’imaginait pour ce récit. Sèche à l’intérieur, elle affiche une image de bienséance devant les nobles. Malgré son passé et les révélations qui en découlent, j’ai eu du mal l’apprécié en tant que personnage. Elle n’est plus que le Mal incarné dans le présent. Ses nombreuses absences, une fois que Levana et Rauzan arrivent au palais, ne m’aident pas à la considéré comme l’antagoniste principal et marquant de l’histoire. Erik en fait un bien meilleur.

En bref, j’ai adoré le world-building de La Rose de ronces et de fer, qui insère des éléments de la science-fiction dans ce conte à la sauce moderne, ainsi que sa protagoniste principale. Le développement rend le récit addictif. Toutefois, la romance et le manque de substance de l’antagoniste égratignent de ses épines le tableau merveilleux.   

12 km sous terre de Julien Maero

  • Titre : 12 km sous terre
  • Auteur : Julien Maero
  • Éditeur : Nombre 7 Éditions
  • Catégorie : science-fiction

12 km sous terre est le dernier roman court de Julien Maero que je remercie pour sa confiance. Par ses thématiques, ce récit d’anticipation entre parfaitement dans le menu Automne Rayonnant (You cannot eat the money) du Pumpkin Autumn Challenge.  

Le gouvernement russe requiert l’aide de l’éminent géologue Igor Romanovsky pour enquêter sur un événement étrange qui se déroule à Kola. Lieu d’un des plus profonds forages terrestres, le trou s’élargit de façon inexpliquée. La mission dont le professeur fait partie doit en trouver la cause. Dans les entrailles obscures de la planète, Igor fera une découverte qui chamboulera sa conception du monde.

L’URSS a démarré un forage dans le nord de son territoire, près de la ville de Kola, en 1970. Outre l’étude du sol, l’objectif était d’atteindre le Moho (la limite entre la croute terrestre et le manteau supérieur) avec une profondeur de 15 000 m. Le projet a été arrêté à un peu plus de 12 km pour des raisons politiques et techniques.

Julien Maero base son roman sur ce brin d’histoire. Ce cratère creusé par l’homme, oublié de la plupart des gens, qui se rappelle à eux en s’effondrant sur ses bords. Pourquoi cela arrive-t-il après tant d’années ? Que se passe-t-il dans ces profondeurs ? Qui ou quoi menace la Russie ? L’auteur nous entraîne à la manière de Jules Verne dans une exploration où le mystère se construit en quelques chapitres courts et rythmés. Les secrets des équipiers d’Igor et de la présidente suscitent l’intérêt tel des filaments qui nous emprisonnent et nous attirent entre les pages qui se tournent à une vitesse folle jusqu’à la révélation… Inattendue et extraordinaire.

La chose dissimulée dans les abysses porte un message cher à l’auteur. Elle intègre la conséquence de la bêtise humaine, celle des politiciens avides et des scientifiques sans scrupules. N’essayez pas de deviner quel monstre est dévoilé à la fin (et surtout, ce que sa présence signifie), vous n’arriverez pas à vous l’imaginez tant elle est frappante et atypique. Notez que je ne lis pas beaucoup de science-fiction. Du coup, mon jugement est peut-être altéré. Toutefois, il est indéniable que Julien Maero a réussi à créer à partir du néant issu de ce trou noir terrestre, une conception exceptionnelle du monde en jouant sur la notion du microscopique et du macroscopique, mais pas dans le sens habituel des termes.

Cette fin m’a vraiment bluffée. C’est le point fort du roman. Les personnages sont bien construits, même si certains sont peu esquissés. Igor a la grosse tête. Nommé chef d’équipe, il ne cesse de se disputer avec Ivan qui a plus de qualité de leader. Sa curiosité scientifique lui confère un certain courage face à la menace.

Brossons les autres membres de la mission : Ivan se présente comme un foreur asocial, taiseux et mystérieux. Son attitude soulève la suspicion, car il possède de multiples talents qui les sauvent. Des aptitudes qu’un simple foreur n’a généralement pas. Les frères Rybakov sont des militaires associés au groupe pour le protéger. Et enfin, nous avons Evgeny, un sismologue et Mikhail le pilote d’hélicoptère. Que des hommes ! Oui, mon sourcil s’est levé jusqu’à ce que j’apprenne que la Russie était dirigée par une femme. Une seconde femme apparait au cours de l’histoire et aura un rôle plus ordinaire vu qu’Igor en tombe amoureux. Svetlana prend soin de son père dans les bois, proche de Kola. Elle a fait des études de géologie. L’énigme du forage, la pousse à suivre la mission.

La plume de Julien Maero nous plonge dans les paysages enneigés de la Russie. Il distille des données scientifiques de façon compréhensible. Élaborant le mystère avec brio, il nous emmène dans l’obscurité où l’horreur nous attend. Si vous aimez les animaux faites demi-tour, les humains ne sont pas les seuls à subir la violence brute de la chose.

En bref, 12 km sous terre porte un message percutant. Il intègre et joue avec plusieurs notions scientifiques pour stimuler notre cerveau face au mal qui ronge la planète. Avec sa plume affutée, il nous entraîne vers les abysses insondables et incroyables.

Le Salon du Livre de Wallonie 2022

Après l’Ere obscure, le Salon du Livre de Wallonie fut mon premier salon depuis deux ans. Même si l’événement remonte à début octobre, j’avais envie de partager mon petit retour sur cette expérience enrichissante.

Le salon se déroulait au Wallonia Conference Center Mons situé juste derrière la gare par laquelle je suis arrivée malgré les horaires de week-end peut enviables pour partir et revenir chez moi. Encore heureux, le livre est le meilleur ami des trajets en train. Tributaire de ce transport et de ses retards, j’ai débarqué une grosse heure après l’ouverture du site. Le monde s’amassait devant les portes en deux serpents. Encore heureux, il s’agissait des files d’attente pour les dédicaces de deux grosses pointures et non pas pour l’entrée. Ouf.

J’ai pour habitude de commencer par du repérage. Je déambule entre les stands sans m’y arrêter pour rencontrer des nouveautés (par là, j’entends des auteur.rices que je ne connais pas). Cela me permet d’orienter ma sélection pour respecter mon budget. Par la suite, je me dirige vers ceux qui m’intéressent et ceux que je connais déjà.

Mons ne fait pas seulement office de premier salon depuis longtemps. C’est aussi le premier salon où j’ai osé me présenter comme chroniqueuse. Si écrire derrière un écran est un exercice plus ou moins facile, divulguer mon identité en face à face est une autre paire de manche. Pourtant, je sais que les éditeurs avec qui j’ai déjà travaillé (Livr’S Éditions), sont adorables. Les personnes que j’ai rencontrées le sont tout autant. D’ailleurs, j’ai fait la connaissance des Éditions Academia par l’intermédiaire de la correctrice Anne Ledieu.

Cet échange m’a permis de découvrir la nouvelle collection de la ME, nommé Noirs desseins, qui souhaite promouvoir les polars noirs belges dont l’intrigue se situe chez nous. La collection compte actuellement deux romans que j’ai reçu en service presse. Les couvertures sont soignées et magnifiques. J’ai pu échanger quelques mots avec l’auteur Ludovic Pierard qui a réussi à allumer ma curiosité pour Absolution dont l’histoire se déroule à Ciney. 

Absolution de Ludovic Pierard

Une petite ville secouée par une série de meurtres à la mise en scène étrange.
Un flic passionné et fougueux qui se lance à corps perdu dans l’enquête, alors que son couple est au bord de la rupture.
Une femme accablée de remords, n’aspirant plus qu’à une chose. Trouver l’absolution. À n’importe quel prix.
Un suspense haletant, un dénouement inattendu. Ce thriller bercé par l’album éponyme de Muse, célèbre groupe de rock britannique, ne laissera personne indifférent.

L’affaire Octavia Effe de Ziska Larouge

Sur une route de campagne gersoise, un motard est laissé pour mort, renversé par une mystérieuse voiture rouge. Les enquêteurs, Joy Froissart et Michaël Cornillac, également couple à la ville, font une découverte déconcertante : l’homme n’est autre que le présumé mari de la romancière Octavia Effe, amie intime du maître Stephen King. Présumé, car ce Mathieu M. n’a pas d’existence légale. Présumé, car Octavia Effe a disparu et ne peut donc attester de l’identité de ce soi-disant époux. Vidée de tout objet personnel, sa maison est muette. Et si la vérité n’était qu’une histoire parmi d’autres ?

Je profite de cet article pour relayer l’appel à texte pour Noirs Desseins.

Voici mes autres acquisitions :

Le naufrage du Titan C de Philippe Aurèle Leroux et Sébastien Louis qui ont réussi à se fondre sur le territoire belge grâce à leur humour ;-).

En 2412, la Terre est menacée par un astéroïde géant, l’Humanité n’a d’autre recours que l’exode. Les jumeaux Juliet et Kelvin Jayro, ainsi que de nombreuses personnalités, tel Krys Kart, le célèbre fightballeur, s’apprêtent à embarquer sur le centième vaisseau Titan pour un voyage sans retour vers Proxima du Centaure.
Dans les entrailles du vaisseau, Mertyn, jeune passager clandestin, tente d’échapper à la vigilance du quartier-maître Brett en se cachant parmi les animaux dont la belle Arja et son père sont responsables.
Sur la passerelle, le radio Redjy et le prodige de l’astrogation Dan sont les témoins de la tension qui règne entre le capitaine et sa second.
L’intelligence, l’héroïsme et la bravoure des uns suffiront-ils à compenser l’attitude irresponsable des autres ? Le Titan C atteindra-t-il Proxima du Centaure ?

Vu que Livr’S Éditions a déjà une main sur mon compte en banque, j’ai été très sage en ne prenant qu’un seul livre que je voulais depuis un moment : Le Père Noël a perdu sa barbe de S.A. William.

Le Père Noël a perdu sa barbe ! Mais comment va-t-il faire pour accomplir son travail le vingt-quatre décembre ? Si les parents ne le reconnaissent pas, ils ne voudront jamais le laisser passer par la cheminée pour déposer les cadeaux au pied du sapin ! Heureusement, une petite fille est prête à partir à l’aventure pour que tous les enfants du monde reçoivent leurs présents le jour de Noël ! Accompagnée de son fidèle border collie Filou et de trois petites souris, Sophie va parcourir le monde pour sauver la magie de Noël, et ainsi s’assurer que le Père Noël lui apporte son cadeau très spécial !

J’ai refait un stock aux Editions de l’Homme sans Nom, ayant lu le dernier de ma PAL cette année. J’ai eu le plaisir de discuter avec Adrien Mangold que j’avais rencontré lors de la Foire du Livre de Bruxelles en 2020. Délaissant la science-fiction, son nouveau roman nous ouvre les portes d’un monde de fantasy.

Journal intime d’un Dieu omniscient d’Adrien Mangold

Le dieu omniscient en question a fait de moi son prête-plume. Disposant d’un peu de temps libre, il s’improvise guide pour vous faire découvrir sa planète. S’il vous plaît, ayez pour lui une certaine indulgence si ses obligations le rattrapent. Il a beau être un dieu, il n’aurait pas besoin de mon aide s’il était sans failles.

— Ysmahel…

Diantre ! Il me surveille jusqu’ici. Puisque je ne pourrai pas en dire plus, je le laisserai se présenter selon ses propres mots.

Cher lecteur, chère lectrice, les humains sont passés de mode. Bienvenue dans une société d’eau, de feu et de roche, bienvenue dans un monde où les villes naissent, la révolution approche et le Jour paresse. Bienvenue sur Astria !

Et Dieu se leva du pied gauche d’Oren Miller

LA MORT S’INVITE PARTOUT. MAIS, PARFOIS, ELLE DOIT FAIRE PREUVE D’IMAGINATION.

« — Les cadavres sont de grands bavards par nature, croyez-moi. À peine sont-ils froids qu’ils ne pensent qu’à parler. »

Après avoir avoué à sa femme qu’il avait toujours détesté le thé, Ambroise Perrin se défenestre sous les yeux médusés des personnes présentes.

Dans un palace vénitien, Louise Duval se réveille d’une soirée de gala et découvre que sept de ses collègues sont morts au même moment dans leur lit de causes inexpliquées. Rien ne lie ces deux affaires. Si ce n’est leur mystère. C’est assez pour intéresser Évariste Fauconnier, enquêteur émérite spécialisé dans les affaires que personne ne peut résoudre.

Entre crimes en série, esprits diaboliques et complots politiques, le fin limier va devoir dénouer les fils d’une gigantesque toile qui risque bien d’avaler son âme autant que sa raison.

Car l’araignée a souvent le dessus sur le papillon.

Les bras de Morphée de Yann Bécu

À QUOI RESSEMBLERAIT LE MONDE SI L’ON DORMAIT 20 HEURES PAR JOUR ? 

Voici un futur proche où l’on veille en moyenne quatre heures par jour. En amour, à l’école, au travail, la routine a forcément l’allure d’un sprint : faire vite, faire court, ne pas trop ramener sa fraise… Trois lois sacrées que Pascal Frimousse profane au quotidien.

Professeur de français désœuvré, il a dû se recycler.

Avec 12 heures de veille, il est une perle rare. Toujours fauché, souvent libre… Tuer le temps, c’est son nouveau gagne-pain.

Allongez 100 écus, glissez-lui le nom de votre ennemi, il se charge du reste : Frimousse est troll professionnel. Un des meilleurs.

Vous pourrez dormir sur vos deux oreilles.

Ayant terminé le tome 1 la veille du salon, j’ai profité de la présence de l’autrice Ielenna sur le stand de la Librairie Jeunes Pousses pour me procurer le second opus des Chroniques des fleurs d’Opale.

La Candeur de la Rose, Partie 2 (Les Chroniques des Fleurs d’Opale) d’Ielenna

Dépossédée et trahie de toutes parts, Diphtil n’a pas d’autre choix que de poursuivre le destin que les Dieux lui montrent du doigt. Mais sa foi ébranlée, la jeune Neltiade commence à remettre en question leurs décisions, à aller à leur encontre. Naid à ses côtés, elle revient sur ses premiers pas de femme libre, mais décide de remonter jusqu’à la capitale de l’Empire. Là où la prophétie du Devin de Naralir devra s’accomplir.

Ni le prêtre Sarïn ni Drehardir, le roi d’Edenor, n’acceptent que la Déesse franchisse la frontière. Et pour cela, ils mettront tout en œuvre, quels que soient les moyens, quelle que soit l’issue…

Mais il persiste un dilemme qui pourrait bien changer le monde. Diphtil doit choisir celle qui défendra ses intérêts : la Déesse de Vie ou celle de la Mort ?

J’ai lu pas de chroniques sur les romans de la ME Noir d’Absinthe. Cependant, je n’avais pas encore sauté le pas de me procurer l’un de leurs bouquins. C’est chose faite.

Sorcière de chair de Sarah Buschmann

Australie, 2016.
Sept ans après un massacre qui a décimé toute une famille, de nouveaux meurtres surviennent à Melbourne. Des homicides si sordides que la Sorcellerie de Chair, taboue depuis les grandes chasses qui ont déchiré le pays, est évoquée.
Pour Arabella Malvo, lieutenant de la brigade criminelle, ils s’avèrent particulièrement déstabilisants. Pourquoi les victimes lui ressemblent-elles comme des sœurs ? Le meurtrier la connaît-elle ? Pourquoi maintenant ?
Une chose est sûre : l’abîme qu’elle fuit depuis toutes ces années risque de s’ouvrir à nouveau sous ses pieds. Et cette fois, de l’engloutir pour de bon…

J’ai également craqué pour l’un des romans de Tiphs dont j’adore les illustrations.

Elvira, Kee’vah des clans unifiés de Tiphs

Elvira Kel’Taor est la Kee’vah des clans unifiés : la cheffe spirituelle qui règne sur le continent glacé d’Arshka. Liée par le sang à son rôle de guide, elle est contrainte d’obéir aux injonctions des âmes qui s’expriment à travers elle. Chaque écart met sa vie en danger.
Jusqu’au jour où le Conseil Clanique décide de l’éliminer.
En fuite dans l’éternelle nuit hivernale, Elvira trouve refuge au sein d’un clan dissident, et en particulier auprès de Rhün, un Veilleur solitaire et rancunier qui la considère – à raison – comme une menace.
Malheureusement, avec ou sans trône, elle reste une Kee’vah. Bientôt, la pression des âmes sur la sienne devient trop forte.
Elvira doit choisir : se battre pour retrouver sa place au sein d’un système millénaire, ou partir en quête d’un moyen de rompre ses chaînes et de gagner une liberté tant désirée ?

En attendant la dédicace de Tiphs, la couverture du tome 1 de Les cycles corrompus : Les aînés, me faisait de l’œil. Serenya Howell m’a convaincu en quelques mots.

Les Aînés (Les cycles corrompus, #1) de Serenya Howell

Depuis la Tour, leur demeure, les Aînés et leurs Maîtres veillent sur les Sept-Royaumes. Être appelé à les servir est un honneur, se lier à l’un de ces dieux est le rêve. Il en existe toutefois un pour lequel personne ne nourrit la moindre ambition : Asroth, l’incarnation de la Mort, qui entraîne l’esprit de ses Maîtres, l’un après l’autre, vers les ténèbres et nourrit leur âme du sang de la guerre…

Enfin, je devais m’arrêter au stand d’A.D. Martel, l’une des Plumes de l’Imaginaire, que j’avais connue dans une vie ;-). J’ai sauté sur la version papier de Je vais choper mon boss (T1) que j’ai chroniqué cet été. Je la remercie pour l’adorable dédicace.

Le Salon du Livre de Wallonie fut une expérience enrichissante. C’est un événement convivial qui me correspond totalement. Y êtes-vous déjà allé ?