Sans nouvelles (anthologie)

  • Titre : Sans nouvelles
  • Auteur.rices : Alexys Méan, Christelle Colpaert Soufflet, Geoffrey Claustriaux, Graham Masterton, Hélène Duc, Marine Stengel
  • Éditeur : Livr’S Éditions
  • Catégories : nouvelles, horreur

Sans nouvelles est une anthologie centrée sur le thème de la disparition dans le genre de l’horreur. Je l’ai eu en cadeau lors d’une précommande ce printemps. L’éditrice et autrice, Émilie Ansciaux, a par moment, des coups de folie en créant des packs ou des promotions avantageux. 

Le recueil regroupe six textes aux plumes diverses qui empruntent majoritairement au fantastique où légendes, fantômes et monstres se côtoient. Seul Enquête en sang trouble d’Hélène Duc reste dans la réalité sordide en explorant une part de l’humanité qui sévit sans une once de remord. 

Petit tour de mon top trois : 

La boîte de Marine Stengel. 

L’autrice fait partie des Plumes de l’imaginaire qui dort encore dans ma liseuse. C’est avec ce court texte que je découvre son écriture et son univers. La nouvelle est prenante dès le départ. Phoebe se réveille dans un caisson. Vous imaginez l’horreur ? Est-elle enterrée vivante? Enfermée par un fou furieux ? La vérité est bien pire que ça ! L’écrivaine donne des détails de la situation avec parcimonie. Un peu comme si nous étions Phoebe elle-même. Nous appréhendons le contexte, le décor, la douleur, pas à pas, telle une lampe torche qui éclaire des pans de la grotte avant que notre esprit ne reforme les morceaux du puzzle. En ouvrant cette boîte de Pandore, la romancière nous montre l’horreur humaine dans toute son ignominie. Celle qui n’agit pas dans l’ombre, qui est soutenue par les plus grands sous le couvert de valeur et de solidarité. En 2022, ce récit a une résonance encore plus profonde et significative. L’expression la réalité rejoint la science-fiction sonne terriblement vraie. 

Au cœur de l’horizon de Geoffrey Claustriaux

Fred (14 ans) garde sa cousine Fanny (8 ans) quand ils sont enlevés et emmenés sur un paquebot. Pourquoi ? Où vont-ils? Que va-t-il leur arriver ? Les réponses à ces questions sont aussi ingénieuses qu’effrayantes. L’auteur a judicieusement employé une triste problématique sociétale pour nous transporter dans l’horreur, car la mésaventure que vivent les cousins est le résultat d’un excès, du paroxysme, d’une obsession insatiable que cette réalité engendre. Mes propos restent flous, je le sais. Ils vous ennuient peut-être, vous pensez sans doute que ce n’est que du charabia et je m’en excuse. Je ne peux pas révéler le sujet sur lequel repose cette intrigue parce que ça gâcherait son effet. Je l’ai tellement adoré que j’ai peur de dire le mot de trop. 

Sous les draps de Graham Masterton

Après La maison aux cent murmures, il s’agit de mon second contact avec le romancier qui est aussi le parrain de cette anthologie. Martin est un enfant à l’imagination abondante. Chaque nuit, il s’invente une nouvelle vie. Cette fois, il endosse le rôle d’un spéléologue à la recherche d’un gamin égaré. Sa plongée dans les profondeurs du lit l’emmène dans des mondes parallèles où le mal rôde. Au départ, cette nouvelle ressemble franchement à un récit jeunesse par son côté innocent et aventureux. Toutefois, il glisse vers une prose plus philosophique. Si les monstres sont répugnants et dangereux, le texte nous entraîne dans un univers onirique proche du cauchemar. C’est une sensation d’étrangeté qui m’a suivie plutôt que l’angoisse, même si la fin renoue avec l’horreur avec brio. Le dernier paragraphe est d’ailleurs bien mené. 

En bref, Sans nouvelles est une anthologie intéressante lorsque l’on désire découvrir le genre de l’horreur. Certaines nouvelles restent classiques quand d’autres nous emmènent dans des récits plus originaux et atypiques où les créatures de l’ombre revêtent parfois une peau humaine. 

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