Je vais choper mon boss d’A.D. Martel

  • Titre : Je vais choper mon boss (#1)
  • Autrice : A.D. Martel
  • Éditeur : autoédition
  • Catégorie : comédie romantique

J’ai réussi à sortir de ma panne de lecture. L’envie revenant, j’ai décidé de me lancer dans le service presse qu’A.D. Martel m’a gentiment proposé début juillet. D’un, car c’est une histoire légère et de deux, parce que l’extrait du premier tome de cette série ( Je vais tuer mon boss) m’avait interpellé par sa belgitude, c’est-à-dire : la localisation à Bruxelles et l’humour. Je précise que Je vais choper mon boss n’est pas une réelle suite, mais plus un spin-off qui peut se lire indépendamment. Étant donné qu’il s’agit de romance, il n’y a pas de grands spoils vu qu’on sait que les protagonistes meurent tous à la fin ! C’est le principe même d’une Happy Ending. Bon, j’arrête de dire des âneries à cause de la chaleur, place à Je vais choper mon boss :

Depuis toujours, Alexis Janssens et sa sœur, Christine, s’entendent comme chien et chat. Ils se défient, se disputent, se réconcilient en boucle sur une piste de marathon pour prouver qui est le meilleur. Alors quand celui-ci décide de postuler au job de garde du corps du nouveau PDG d’Electronic Dreams (Sung-Jae Park), c’est en partie pour lui prouver sa force. En partie, car il a complètement craqué sur le Coréen. Après un entretien pour le moins…atypique, il le prendra pour cible. Arrivera-t-il à l’entraîner dans son lit ? Saura-t-il le protéger comme il se doit lorsqu’une situation dangereuse se profile, surtout quand les soupçons portent sur des êtres chers ?

L’autrice nous plonge dans une histoire riche en rires et en détournements. Elle joue sur des clichés et des comportements stéréotypés pour, tout à coup, renverser la situation en l’intégrant dans le contexte, le fil conducteur du chapitre. Ainsi, mes émotions ressemblaient à un yoyo : je souriais là où une seconde auparavant je levai les yeux au ciel. Très vite, je me suis retrouvée incapable de lâcher le roman tant il me faisait du bien.

Élaborer des personnages nuancés, profonds et humains n’est pas une tâche facile dans l’écriture d’un récit. C’est eux qui touchent l’âme des lecteurs et qui les emmènent dans une valse de sentiments et d’aventures qui les marquent, et ce, même si l’histoire porte l’étiquette du déjà-vu. Étant à mon troisième roman d’A.D. Martel cette année, et la première dans une comédie romantique, je salue et j’admire son habileté à créer de tels protagonistes.

Dans Je vais choper mon boss, on découvre un Alexis à la fois cynique et justicier dès les premières pages. Il sauve une mamie indécise de l’impatience d’un gars en costard, pressé d’avoir son café. Plus on avance, plus cette belle image s’effrite . Sous la couche du héros, ancien militaire de carrière, il est imbu de lui-même. Il connaît ses charmes et en joue auprès de la gent féminine pour arriver à ses fins (sans dépasser les limites de la bienséance, bien sûr), il a un côté m’as-tu-vu ? L’apparence et l’image qu’il montre aux autres sont importantes pour lui. Il adore attirer le regard sur son corps, sa beauté, sa force. De plus, le machiavélisme coule dans ses veines. Quand il n’apprécie pas quelqu’un, il recourt à la menace et au harcèlement. Le pauvre David Langlois en fait les frais tout au long du récit alors que c’est un ange sensible qui le défend au lieu de le dénoncer, car la sécurité du patron et de l’entreprise lui tient à cœur.

Si Alexis est détaillé tel un kaléidoscope, Sung-Jae Park est, quant à lui, plus opaque. Il revêt le costume habituel du Big Boss asiatique dont les émotions restent personnelles. Ils dévoilent quelques expressions seulement devant ses amis et un peu plus en face d’Alexis. Cependant, il n’est pas moins douloureux de lire ses interactions à travers le regard de son garde du corps préféré. On ressent le poids que la succession à la tête d’Electronic Dreams, pèse sur ses épaules. Il incarne l’homme qui doit rester droit dans ses bottes, qui ne s’ouvre pas facilement, d’autant plus que chaque parole, chaque attitude, et même, sa vraie identité peuvent avoir des retombées négatives sur des centaines d’employés.

La plume d’A.D. Martel est efficace et témoigne de sa belgitude. L’humour est de la pure dérision de notre pays. Tout est passé sous ce filtre, des immeubles vitrés, aux comportements jusqu’à l’hygiène des tables de pique-nique. Les coups bas entre les personnages (Alexis VS Christine et Alexis VS Bruce) sont juste exquis.

En bref, Je vais choper mon boss est une comédie romantique aux délicieux accents d’humour belge. À travers une histoire drôle et pleine d’émotions, elle secoue les clichés et les préjugés grâce à des personnages authentiques qui ébranlent de manière intelligente et subtile les visions. Même notre protagoniste n’en ressortira pas indemne. Vivement la suite !

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