Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3) de Jean-Marc Dopffer

  • Titre : Gienah la mercenaire (Le cycle de Barcil, #3)
  • Auteur : Jean-Marc Dopffer
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégories : nouvelle, fantasy

Je remercie chaleureusement Jean-Marc Dopffer de m’avoir proposé de chroniquer Gienah la mercenaire via SimPlement.pro. Cette nouvelle est issue d’un projet consistant à présenter un personnage qui évolue dans le monde de Barcil. Chaque histoire du cycle est indépendante des autres. Vous pouvez donc les lire dans l’ordre que vous voulez en commençant par celle dont le résumé vous attire le plus. Ce principe de petits chapitres ayant la même scène sur laquelle se développer, me fait un peu penser aux Contes & Légendes inachevés de J.R.R. Tolkien dont l’auteur est un admirateur, sauf qu’ici le recueil est introductif. En effet, un roman final rassemblera les protagonistes des nouvelles. Il s’agit d’une manière intéressante d’appréhender son univers et son style. Je vous invite à vous rendre sur le site de Jean-Marc Dopffer pour avoir plus de détails.

Linn et ses compagnons sont tapis dans l’ombre d’un volcan en quête de la cachette du dragon, gardien de rubis. Leur cible est de dérober les joyaux afin d’en sertir deux couronnes jumelles pour sceller l’amitié entre le peuple des montagnes et les elfes. Malheureusement, la mission tourne au cauchemar. Gienah vient d’accoster quand un enfant lui transmet l’appel à l’aide de son ancien ami d’aventure. Elle n’hésite pas une seconde à le rejoindre.

L’histoire se déroule dans trois paysages distincts de Barcil. Le volcan, la frontière du monde et un dernier dont je vais taire la nature pour laisser la surprise. A travers les quelques pages, une richesse de détails est déployée. Les pièces de l’univers jetées par le romancier sont alléchantes. Ses descriptions permettent de dessiner chaque recoin de ce monde et donne envie d’en découvrir davantage.

Un certain soin est apporté aux personnages. J’ai particulièrement apprécié l’aspect original de Linn, le nain albinos qui se veut l’ami des animaux. A côté de cet état d’esprit actuel, une morale écologique fait également son intrusion dans les lignes des dialogues. Ces convictions auraient pu tranchés avec le style du roman qu’est la fantasy médiévale. Toutefois, elles sont insérées avec réalisme par rapport aux situations que traversent nos deux protagonistes.

Gienah est impétueuse et prend à pleine main son destin. Elle est le symbole du libre arbitre car elle ne se repose pas sur les dieux et elle assume la responsabilité de ses actes. Cependant, elle n’est pas laïque. Elles croient en leur existence. C’est juste qu’elle ne compte pas sur eux pendant les crises et ne les pointent pas du doigt en disant que c’est eux qui façonnent les événements sombres de l’avenir. Ce personnage est intéressant mais je trouve qu’elle répète un peu trop souvent les phrases sur les divinités. De ce fait, les dialogues tournent court.

Le style de Jean-Marc Dopffer est un véritable régal, une vraie perle. Sa plume est descriptive et utilise des tournures métaphoriques, imagées et qui ressemblent par moment à de la poésie picturale romantique (dans le sens peinture romantique et non romance). De véritables tableaux sont dépeints. Il a un verbe soutenu et original. Je me sens bien incapable de lui rendre justice avec mes mots donc voici deux petites citations :

« Le soleil traversa la colonne de fumée cendreuse accrochée au cratère. Le vent, doucereux, en inclinait l’expansion. Une à une les étoiles s’allumèrent dans le saphir du ciel. »

« Le roulement des nuages concassait l’océan. Face au galion, le Mur. Gris anthracite, chargé de trombes opaques et veiné d’éclairs, il se dressait presque à la verticale. Des tourbillons buvaient l’océan et se perdaient dans le firmament avec un grondement dantesque, formidable comme la respiration d’un Dieu. Accroché aux ciels comme à une poutre, il battait les airs et les eaux avec une folle impétuosité. »  

En bref, Gienah la mercenaire est une nouvelle de fantasy pleine de charme au monde déjà bien développé qui rappelle Tolkien, et à l’écriture délicieuse digne des plus grandes peintures de l’époque romantique du XIXe siècle. Jean-Marc Dopffer est un écrivain que je vais garder à l’œil.

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