Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre, #1)

  • Titre : Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre #1)
  • Autrice : Audrey Marin-Pache
  • Éditeur : Auto-édition
  • Catégorie : Fantasy

Les dérobés de Berenia (L’éclat et l’ombre, #1) est mon tout premier service presse et la première auto-édition chroniquée sur ce blog. Je remercie l’autrice Audrey Marin-Pache de m’avoir choisie via la plateforme SimPlement.pro et de me faire confiance pour donner un avis honnête.

Eryn, une jeune femme possédant l’éclat de soin, se réveille dans un cachot. Elle se remémore son enlèvement et la naïveté de son comportement face à la vague de kidnapping qui frappe le royaume. Comme trop souvent dans ces cas-là, elle pensait que ça n’arrivait qu’aux autres et s’en moquait. La porte de sa prison s’ouvre sur Lucya. Celle-ci lui explique la raison de son emprisonnement et le dessein néfaste qui l’attend. Accompagnées d’autres dérobés, Eryn embarque sur un bateau en direction de la capitale. Le voyage est loin de se dérouler tranquillement.

Cette histoire est le premier ouvrage de la romancière et ça se ressent au fil de la lecture. Il y a un réel travail de préparation de l’intrigue en amont. Toutes les questions que je me suis posée ont trouvé une réponse. La romancière a bien ficelé son univers. La faiblesse de cette première écriture réside plutôt dans la forme et la mise en place. Très vite le monde, son histoire, les événements proches, sa particularité sont décrits. La rivalité entre l’éclat (une sorte de don) et l’ombre qui découle de son utilisation, est intéressante mais trop peu exploitée dans cet opus. La manière d’amener tout ça est un peu trop directe et rapide. De plus, l’enchainement des scènes se fait trop aisément. Chaque obstacle est vite abattu pour aller dans le sens du récit et le final choisi par l’écrivaine.

Les personnages et le développement de leurs relations laissent également cette impression de facilité pour faire avancer le roman. La petite histoire d’amour m’a d’ailleurs laissée de marbre. Il est vrai que je suis difficile en romance, je l’avoue, mais la manière dont les choses ont été amenées, m’a fait penser qu’elle était là pour simplement en avoir une. Je pense qu’il faudrait un travail plus en profondeur pour améliorer la cohérence des actes et de la psychologie par rapport aux backgrounds. Quand je vois le travail préalable pour la construction de ce monde de fantasy, je crois sincèrement que le livre a été lâché sur le net un peu trop tôt.

Si le déroulement du récit ne prend pas aux tripes, celui-ci reste captivant grâce à la simplicité du style de l’autrice qui, malgré les faiblesses susmentionnées, nous entraîne aux côtés d’Eryn et de ses compagnons d’infortune et d’arme. L’intrigue possède sa part d’ombre et les retournements de situation sont plutôt bien pensés.

En bref, Les dérobés de Berenia est un diamant brut. S’il souffre des défauts d’un premier roman, il possède de nombreuses qualités telle une histoire bien ficelée et maîtrisée par Audrey Marin-Pache. Une plus longue maturation en ferait un vrai petit bijou de la fantasy.

The Invisible Library (#1) by Genevieve Cogman

  • Title : The Invisible Library (#1)
  • Novelist : Genevieve Cogman
  • Publisher : Pan MacMillan
  • Categories : Steampunk, Fantasy, Mystery

A cover that imitates the leather, a title that mentions a mysterious library, a summary talking about a book-based treasure hunt…You needn’t a bigger hook to catch me.

The invisible Library is a shelter of thieves! That place is out of space and time and is keeping many books from alternative worlds. However, it’s not just any works. Only the unique and specific to the world books can join the labyrinthine bookshelves. The librarians collect them because of :

  1. The senior librarians’ research.
  2. Their effect on the language
  3.  Their power to strengthen the link between the Library and the alternative world

Irene wanders the alternative universes for this secrete society. Sometime she puts her life in danger to get and to keep the precious pamphlets. Her intelligence and the language (a non-magic power that works on object when you respect their essence) help her to fulfil the missions. She is perceptive. She analyses the situations from every angles. She has her own librarian code of honour. She dares to use every tools or persons even the undesirable ones if it/he helps her to find the book.

During her new task, she must head an apprentice, Kai. Behind his good boy and newbie image, he is slightly mysterious. You can rely on him. He has a gift to get used to the situation. It is an important quality to melt into the worlds to find the target without drawing the attention. 

Our book thieves cross over the gate that brings them in a 19th century London where Steampunk stands alongside fantastic beasts. Werewolves, vampires, faes are common. The aim of the mission is to collect an edition of the Grimms’ Fairy Tales. There are two problems. Firstly, this world is infected by the Chaos. Secondly, Belphegor stole the book and his owner was murdered.

Irène and Kai put on Sherlock Holmes’s hat and they make their own enquiries in avoiding their enemies and their metallic bugs. During their adventure, they meet colourful characters:  Bradamant the rival and Irene’s former mentor, and Peregrine Vale, the famous detective.

Genevieve Cogman built a fascinating and complex universe where the literary genres and references melted. One of the strong points of the novel is the working of the language and its constraints. The action blends with the investigation using fight and strategy. The boredom is absent. However, some episodes are similar and leave a déjà-vu feeling. Faes, dragons, magic and other beasts match with science and technology of the 19th century perfectly. I like that the novelist mentions small countries even if the main plot is taking place in London.

There is only an extract that made me gnashing my teeth because it leads to the idea that smile can distinguish women and men. « His lips curved in a smile that was somehow more a man’s than a woman’s. » I could have understood it if that sentence was said by a native of this alternative world. Its etiquette might cause a different behavior according to your sex. However, Irene is from another world, she experienced a lot of universe and society. Therefore, it’s illogical that she has such kind of idea.

I have a mixed view about the end. I wasn’t expected such development. Because of the synopsis and the kind of series, I had thought it was something more classical. I’m both curious and fearful about the next opus.

Briefly, The Invisible Library is a novel that is at the crossroad of genres (mystery, steampunk, fantasy). It has a captivating and complex world.

The Invisible Library (#1) de Genevieve Cogman

  • Titre : The Invisible Library (#1)
  • Autrice : Genevieve Cogman
  • Éditeur : Pan MacMillan
  • Catégories : Fantastique, Steampunk, Policier

Une couverture qui imite le cuir, un titre évoquant une mystérieuse bibliothèque, un résumé qui parle de chasse aux trésors livresques… Il ne faut pas un plus gros hameçon pour m’attraper.

The Invisible Library est un repère de voleurs ! Située hors de l’espace et du temps, cette bibliothèque abrite une myriade de livres issus de mondes parallèles. Mais attention, ce ne sont pas n’importe quels ouvrages. Seuls ceux qui sont uniques et propres à l’univers dont ils sont natifs, rejoignent les étagères labyrinthiques. Les bibliothécaires les récoltent pour trois raisons :

  1. Les recherches des bibliothécaires séniors.
  2. Leurs effets sur le langage
  3.  Renforcer le lien entre la bibliothèque et le monde en question

C’est pour cette organisation secrète qu’Irène parcourt les univers alternatifs, parfois au péril de sa vie, pour récupérer et conserver les précieux bouquins. Pour accomplir sa tâche, elle use d’intelligence et du langage, un pouvoir différent de la magie, qui agit sur les objets à condition de respecter la nature profonde des choses. Irène est perspicace. Elle analyse les situations sous toutes les coutures. Elle fait tout pour ne pas dévier de son code d’honneur de bibliothécaire. Pour retrouver un livre, elle est prête à utiliser les moyens et les personnes peu recommandables sans pour autant verser elle-même dans le crime (sauf le vol bien sûr).

Dans sa nouvelle mission, notre aventurière va devoir chapeauter un apprenti répondant au nom de Kai. Sous ses airs de novice et de gentil garçon, il possède une part de mystère. C’est quelqu’un sur qui ont peu compté et il a un bon sens de l’adaptation. Cette dernière qualité est importante pour se fondre dans la société et dénicher les cibles sans attirer l’attention.

Nos voleurs de livres passent le portail qui les amène dans une capitale anglaise du XIXe siècle où steampunk et créatures fantastiques se côtoient. Loups-garous, vampires, fées et bien d’autres sont monnaies courantes. L’objectif de la mission est de récupérer une édition des contes de Grimm. Ils rencontrent deux problèmes. Premièrement, ce monde est infesté par le Chaos. Deuxièmement, le manuscrit a été dérobé par Belphégor et son propriétaire s’est fait assassiné.

Ainsi, Irène et Kai doivent revêtir l’habit de Sherlock Holmes et mener l’enquête tout en évitant leurs ennemis et leurs insectes de métal. Au cours de leur pérégrination, ils rencontrent des personnages hauts en couleur dont Bradamant, la rivale et ancienne mentor d’Irène et Peregrine Vale, le célèbre détective.

Genevieve Cogman décrit un univers fascinant et complexe où les genres et les références littéraires se croisent. Le fonctionnement du langage et ses contraintes sont l’un des points forts du roman. L’action se mêle à l’enquête en mettant en scène combat et stratégie. Si l’ennui est absent, la redondance de certains épisodes terni légèrement l’excitation par une impression de déjà-vu. Fées, dragons, magie et autres créatures se fondent parfaitement avec la science et la technologie du siècle. Bien que l’intrigue se déroule à Londres, j’apprécie que l’autrice mentionne des petits pays.

Un seul passage m’a fait grincer des dents car il induit l’idée que les hommes et les femmes peuvent être distingués par leur sourire. « Ses lèvres se recourbèrent en un sourire qui était d’une certaine façon plus celui d’un homme que celui d’une femme. » Si cette pensée venait d’une personne issue de cet univers parallèle j’aurai pu comprendre que l’étiquette qui régit ce monde engendre une différence de comportement dans la manière de sourire. Mais ici, il s’agit d’une pensée d’Irène qui a vécu et connu tellement de sociétés qu’il est invraisemblable et peu cohérent qu’elle ait ce type d’opinion.

Je suis mitigée sur la fin. Je ne m’attendais pas à la tournure que les événements ont prise. En raison du résumé et du type de série, je m’attendais à quelque chose de plus classique. Je suis curieuse et craintive à la fois pour la suite.

En bref, The Invisible Library est un roman à la croisée des genres (policier, steampunk et fantastique) mettant en scène un univers attrayant et complexe.

Deijan (Nordie, #2) de Cécile Ama Courtois

  • Titre : Deijan (Nordie, #2)
  • Autrice : Cécile Ama Courtois
  • Éditeur : L’ivre Book
  • Catégorie : Fantastique médiéval, romance

Attention, si vous n’avez pas lu le premier tome, évitez de lire cette chronique. En effet, je ne peux aborder ce deuxième opus sans évoquer des événements majeurs du premier. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entraînerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Après l’apaisement du tumulte émotionnel qui m’avait envahie lors de la lecture du premier livre, j’ai finalement ouvert les pages du second volume de Nordie de Cécile Ama Courtois avec sérénité. La situation à la fin de l’épisode précédent pouvait suggérer que Guilendria allait se transformer en princesse en détresse. Mais cette pensée est tout de suite à écarter quand on connaît l’autrice.

Si la partie deux de cette duologie porte le nom de Deijan, c’est Guilendria qui reste l’héroïne de l’histoire. L’intrigue reprend là où la romancière s’est arrêtée. Ici, il n’y a pas de bond dans le temps pour lancer la course-poursuite contre les écumeurs. Le premier chapitre s’ouvre sur le château en flamme et la vivacité de Jorel et de Sauge à prendre les choses en main pour sauver Deijan et son personnel de l’incendie. Ensuite, le récit prend un tournant inattendu pour ce genre de roman bien que certains points restent prévisibles. Il se focalise d’une part sur la convalescence du comte et d’autre part sur la bataille de Guilendria pour survivre aux écumeurs et à la réalité qui lui saute aux yeux.

La comtesse de Bucail analyse rapidement la situation et elle se rend vite compte de l’échappatoire qui s’offre aux habitants du château. Elle décide de continuer la lutte psychologique qu’elle a lancée contre Ifhoras mais celle-ci ne la laissera pas indemne et la découverte de sa destinée va lui faire comprendre la naïveté de sa vision du monde et la tâche importante qu’Esca lui a confiée.      

Au cours de sa captivité, elle rencontre des personnages surprenant et surtout des femmes courageuses qui ont réussi à rester vraies malgré les épreuves qu’elles ont endurées. Je pense principalement à Kharyne, la sorcière aux chats qui m’a immédiatement plu.

Parallèlement, Deijan tente de prendre son mal en patience pour guérir et rassembler les troupes pour débusquer les écumeurs et récupérer son épouse. L’incendie signe d’une certaine manière la fin de ce qu’il est devenu après sa prise de fonction à la tête du comté. Toutefois, personne ne change du jour au lendemain même suite à un événement tragique. Dans le précédent volume, j’ai eu envie de le frapper et dans cet ouvrage, j’ai encore été prise par ce désir mais pas pour les mêmes raisons. En gros, on peut dire que Deijan est une tête à claque !

Le comte du Bucail revête la notion de chevalier et de seigneur avec l’ensemble des stéréotypes que l’on attribue habituellement à ce titre. Grâce à Guilendria, il ouvre peu à peu les yeux sur les gens qui l’entourent et la culpabilité le saisit à la gorge à de nombreuses reprises. Néanmoins, Deijan est orgueilleux et c’est sa dignité typiquement masculine qui le fait avancer aux risques d’aggraver sa situation et de faire souffrir autrui. Il est loin d’être aussi posé et intuitif que sa femme. Son évolution est lente et il me fait l’effet d’un enfant naïf qui ne peut comprendre les choses que si on lui explique et qu’on l’aide à ouvrir les yeux. Pour ma part, je pense qu’il a encore beaucoup à apprendre avant d’être pardonné pour son comportement et sa stupidité.  

Dans ce deuxième tome, le royaume de Nordie se dévoile un peu plus. Avec ses conflits, son histoire et la nature des prêtresses d’Esca qui peut être considérée comme la partie magique de ce roman fantastique médiéval sur fond de romance. Cependant, je conçois leurs pouvoirs moins comme une puissance surnaturelle que comme l’expression d’une sensibilité accrue au monde et aux êtres qui les côtoient ainsi qu’à une grande expérience dans l’art médicinal.

En bref, la seconde partie de Nordie laisse de côté la romance pour mettre en avant une histoire faisait place aux valeurs humanistes et à la révélation de soi. Elle est moins riche en émotion mais reste plaisante à lire.