Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2) de Sylvie Ginestet

  • Titre : Le Champ des Loups (Le Livre des Âmes, #2)
  • Autrice : Sylvie Ginestet
  • Éditeur : Livr’S Editions
  • Catégorie : Fantastique, Romance

« A vous lecteur, cet article sera le dernier si vous êtes allergique au spoiler » C’est avec ce clin d’œil à l’autrice du Livre des Âmes que je vous déconseille de lire cette chronique si vous n’avez pas dévoré le précédent tome. En effet, il m’est impossible d’aborder ce second opus sans évoquer un événement majeur qui se déroule dans le premier livre de cette saga. Je décline toutes responsabilités en cas de curiosité aiguë qui entrainerait une crise de larmes torrentielles. 😉

Le Champ des Loups se situe un certain temps après l’irruption volcanique provoquée par l’ire de la Mort qui n’a pas apprécié la désobéissance d’Arny. La plaine est devenue une terre mémorielle pour la seule survivante : Emma. Celle-ci souhaite reconstruire et redonner vie à sa ville natale. Avec force et persévérance, la jeune femme réussit à avoir l’accord et le soutien du gouvernement pour développer son projet. Elle débarque sur ce lieu de désolation où les loups ont repris leur droit sur le territoire, et elle est déterminée à accomplir le but qu’elle s’est fixée : Faire de cet endroit un lieu de vie et de tourisme en cohabitation avec les loups. Pour cela, elle renomme La Plaine en Champ des Loups.

L’histoire de ce deuxième volume ressemble à un prologue car elle est axée sur la renaissance de ce patelin montagneux et elle établi les relations entre Emma et les autres protagonistes. Vur est devenu un beau loup qui fait office de familier, de guide et de protecteur. Il est le lien entre la Mort et Emma. Ayden est un reporter muté sur place pour couvrir la mission. D’abord perplexe, il va prendre goût à l’aventure et s’investir autant professionnellement que personnellement. Enfin, Paul est le meilleur spécialiste des loups et il est appelé pour édifier une maison d’observation des meutes locales.

Mise à part quelques interventions de la Grande Faucheuse, le roman développe surtout un projet de vie et une histoire d’amour agrémentés d’une pincée de fantastique mortelle à la sauce Sylvie Ginestet bien entendu. Malgré cette impression de prélude, les pages défilent facilement sous les yeux et les doigts grâce à l’écriture fluide de la romancière qui pallie au manque d’action qui était plus présente dans le premier tome. Les personnages principaux sont tous plus attachants les uns que les autres. Et cette fin ! La romancière lance l’intrigue du troisième bouquin qui promet d’être intéressant. Elle sait comment allécher ses lecteurs et délier les cordes de leur bourse.

En bref, Le Champ des Loups est plus calme et paisible que son prédécesseur tout en restant plaisant à lire. Il semble placer les pions sur l’échiquier pour un prochain épisode. Du moins, c’est le sentiment ressenti au fil de la lecture. J’ai hâte de me procurer le suivant.  

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Une fille comme elle de Marc Levy

  • Titre : Une fille comme elle
  • Auteur : Marc Levy
  • Éditeur : Pocket
  • Catégorie : Comédie, Romance

Marc Levy et moi c’est une grande et longue histoire. Je mentirai si je disais que je n’avais pas lu tous ses romans (sauf le tout nouveau sorti en 2019) et si je ne gardais pas une petite place dans ma mémoire pour ses sorties annuelles, avec toujours cet espoir que la nouveauté sera aussi passionnante et pleine d’émotion que mon premier amour : Et si c’était vrai. Cette fois-ci, c’est raté.

Loin d’être déplaisante, Une fille comme elle est tout simplement une comédie romantique typée grand public. Elle est facile à lire, peu profonde, malgré les grandes idées sous-jacentes, et terriblement prévisible.   

Deepak travaille depuis des années comme liftier au numéro 12 de la 5eme Avenue et il est fier de son poste. Discret, il monte et descend les locataires de ce petit immeuble en pierre de taille et compte les kilomètres parcourus pour atteindre l’équivalent de trois mille fois la hauteur du Nanda Devi. Deux éléments vont venir perturber son quotidien réglé comme une horloge suisse. Le premier est l’arrivée de son neveu Sanji tout droit venu d’Inde pour développer son entreprise auprès d’investisseurs américains. Le deuxième est l’accident de son collègue de nuit qui est cloué pendant plusieurs mois au lit et qui met en péril le futur professionnel de Deepak. Embrigadé malgré lui dans cette affaire, Sanji accepte de jouer les remplaçants surtout que ça lui permet de se rapprocher de l’atypique et charmante Chloé.

Une fois le décor planté, les protagonistes se révèlent au fil des pages. Leur histoire et les épreuves par lesquelles ils sont passés sont loin d’être faciles. Surtout concernant Chloé dont la vie actuelle commence avec le tristement célèbre « 14h50 » à Boston. Pourtant, j’ai trouvé leurs caractères et leurs manières d’être fortement similaires et légers. Petit fait étonnant, j’ai souvent oublié l’invalidité de Chloé sauf quand l’auteur en fait mention lors de différents passages. Je ne sais pas si c’est le pari de Marc Lévy de la rendre « normale » aux yeux d’autrui et de mettre en avant principalement sa force mentale et sa détermination ou si c’est juste dû à ma nature de voir plus la personnalité des gens que leur handicap ou ce petit élément qui les met au ban de la société. La normalité n’est pas un concept auquel j’adhère. C’est une conception du monde qui est décidée par l’être humain pour faire entrer les gens dans un moule. Nous avons tous nos petites particularités et c’est ce qui forme notre richesse.  

Revenons à nos moutons après ce minuscule intermède philosophique pour parler des points que j’ai le plus appréciés au cours de cette lecture. Le développement de l’intrigue au sein de certains personnages secondaires est bien plus intéressant que la trame principale. Je n’en dirais pas plus pour éviter de spoiler mais un épisode m’a fait sourire. Enfin, le cadre et la dualité ancien-nouveau, humanité-robotique sont plaisants. Je parle évidemment de l’antique ascenseur dont on s’imagine très bien les grilles et le levier actionné par le liftier en costume.

En bref, loin d’être le meilleur récit de Marc Lévy, Une fille comme elle a le mérite de divertir tout en évoquant des concepts importants. Une bonne comédie romantique new-yorkaise sans prétention et sans surprise.

Des hommes sans femmes de Haruki Murakami

  • Titre : Des hommes sans femmes
  • Auteur : Haruki Murakami
  • Éditeur : 10/18
  • Catégorie : Nouvelles

Haruki Murakami est l’un de mes auteurs nippons préférés. J’aime les univers réalistes agrémentés d’un peu de surréalisme qu’il crée et les réflexions qu’il partage. Cela faisait un petit temps que je ne m’étais pas plongée dans l’un de ses ouvrages. C’est la première fois que je suis déçue par l’auteur.

Des hommes sans femmes dépeint les facettes des hommes à travers différents prismes : relations, séparations, adultères, amours, passion, questionnements, reconstruction de soi … J’ai toujours vu ses recueils de nouvelles comme un moyen lui permettant de partager ses idées et ses réflexions sur la vie, en gros sa philosophie. D’ailleurs, l’auteur met souvent en scène les mêmes personnages (acteurs, écrivains, …) pour lui prêter voix et décrire la société humaine. Cette uniformité avec ses écrits passés est l’un des points qui m’a ennuyée. Je ressens un manque d’originalité.

Le manque de contrebalance entre les paroles proférées par les protagonistes a parfois titillé mon côté féministe. De plus, Murakami n’offre pas toujours un beau portrait des femmes. Il a tendance à les rendre étranges, bizarres dans leurs comportements. Comme si on était des esprits impossibles à cerner : un mystère. Mais ce n’est pas cette vision qui m’a dérangée. Il a une forte propension à faire de la gente féminine une race propre à tromper leur congénère masculin. Cinq des sept nouvelles en compte ! Et il fait passer cela comme si c’était une attitude commune, normale, naturelle. J’avoue n’avoir relevé ce dernier point qu’en écrivant cet article et non lors de ma lecture. C’est probablement dû à sa manière d’écrire.  

En effet, la plume du romancier reste efficace pour rendre ces éléments anodins. Quelques aspects atypiques et mystérieux permettent d’apprécier certains récits de cet ouvrage. Le bar de Kino, Shéhérazade et Samsa amoureux sont ceux que j’ai le mieux aimées.

En bref, je ne recommanderai Des hommes sans femmes ni aux personnes qui ont déjà un pied dans l’univers d’Haruki Murakami ni à ceux qui souhaite le découvrir. Tournez vous plutôt vers ses romans qui véhiculent des idées plus profondes et plus tendre envers les femmes.  

La fille qui tressait les nuages de Céline Chevet

  • Titre : La fille qui tressait les nuages
  • Autrice : Céline Chevet
  • Éditeur : Éditions du Chat Noir
  • Catégorie : Drame, Fantastique

Le Chat Noir est une maison d’édition que je suis depuis l’année passée. En consultant régulièrement leur catalogue des nouveautés mon attention s’est posée sur La fille qui tressait les nuages. Vous prenez un titre accrocheur, une superbe couverture et une histoire qui se passe au Japon et vous obtenez les ingrédients de la recette du gâteau devant lequel je ne peux qu’avoir l’eau à la bouche. Ainsi, ce roman est devenu l’une de mes cibles lors de la Foire du Livre de Bruxelles.

L’intrigue met en scène quatre élèves. Julian, Souichiro et Haru sont des amis d’enfance. Le premier est incapable d’oublier la sœur de son meilleur pote qui est décédée quelques années plus tôt et qui était son premier amour. Poussé par les taquineries et la mesquinerie d’Haru, il remet progressivement en question les raisons de sa mort. Akiko, une camarade de classe discrète au point d’être invisible aux yeux des gens, l’aide à dévoiler la vérité et les secrets de la famille Sakai malgré les avertissements de Souichiro.

Si La fille qui tressait les nuages prend quelques accents de polar, il s’agit avant tout d’un drame emprunt de fantastique et d’horreur humaine. Le rythme de l’histoire est plus lent que trépidant, sauf pour les derniers chapitres dans lesquels les retournements de situation et les explications s’enchaînent. Si certains éléments clés sont facilement décelables, la fin est plutôt inattendue. Le développement psychologique des personnages et leur personnalité bien différente les unes des autres ajoutent une réelle profondeur à l’histoire.

Le style de Céline Chevet oscille entre émerveillement enfantin et maturité. Son écriture est poétique et très imagées. Ses descriptions rappellent parfois les livres pour enfant et gomment les frontières entre réalité et univers magique. Toutefois, les thèmes abordés sont forts et marquent le passage de l’innocence au monde des adultes.

En bref, les fantômes du passé hantent les vivants dans La fille qui tressait les nuages en peignant une fresque fantastique aux couleurs du drame qui ne m’a pas laissée indifférente malgré les quelques longueurs de la narration. Une belle découverte.